Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


11 Commentaires

La difficile conversion des habitudes : le cas des Anjou blanc secs

Il y a peu de temps, j’ai parlé ici de l’importance d’un nom, de préférence simple et facile à prononcer, dans la réussite commerciale d’une appellation. Mais que se passe-t-il quand un nom qui réunit ces critères se trouve, par le fait de l’histoire, associé à des vins dont la réputation globale est, disons, faible ou dévalorisante ? Et comment font les producteurs qui souhaitent sortir de ce piège par le haut, convaincus qu’ils sont de la valeur et du potentiel de leur vins et du projet qui les entoure ?

Il y a près d’un an, j’ai assisté à Paris à une dégustation de vins blancs secs d’Anjou dont la qualité générale m’avait fortement impressionnée. Ces vins avaient clairement de l’intensité, de la séduction, de la rigueur et, du coup, la capacité à très bien se conserver et à devenir plus complexe avec le temps. C’est pourquoi j’ai répondu très vite à une invitation de venir voir sur place et à déguster une sélection plus large de ces vins, issus de différents millésimes.

vue sur le LayonLa douceur angevine : vallée du Layon vu du Château de la Soucherie (photo David Cobbold)

La région au sud d’Angers, sur la rive gauche de la Loire, est surtout réputée pour des vins moelleux faits avec le cépage chenin blanc dans les appellations Aubance, Layon, Chaume et Bonnezeaux. Mais pour faire un grand vin doux qui est issu, en partie ou en totalité, de raisins botrytisés, il faut des conditions météorologiques qui ne se commandent pas. L’exemple des deux dernières récoltes le démontre : quand les conditions n’y sont pas, on ne peut guère en faire, à moins de tricher. Et beaucoup ne veulent pas tricher. Comment faire alors, car il faut bien vivre ?

Patrick Baudouin, le rouge n'est plus de misePatrick Baudouin qui préside cette appellation et pour qui le rouge n’est plus de mise (!). (photo David Cobbold)

 

Une solution est de convertir une part significative de son vignoble à la production de vins rosés ou rouges. Et cette tendance gagne du terrain, comme l’explique Patrick Baudouin, qui préside avec intelligence l’appellation Anjou blanc sec : "Les stats sur l’évolution de l’encépagement chenin/cabernet en Anjou sont claires : il y a eu inversion d’encépagement au profit du cabernet, entre les années 50 et aujourd’hui. Il ya eu aussi donc inversion des vins produits, au profit du rosé. Et aussi au niveau des zones plantées."

Mais l’image, et le prix qui va avec, des rosés d’Anjou n’est guère valorisante, même si cela se vend : la part des rosés atteignant maintenant 50% dans la région. Et puis il y a la question de la fidélité à une tradition, ou, plus exactement (car on peut aussi dire que la tradition n’est que la somme des erreurs du passé !), à un potentiel qualitatif pour l’élaboration de vins qui reflètent parfaitement leur site et leur méso-climat (terroir, si vous préférez ce mot valise, bien trop fourre-tout pour moi). Les rouges du coin (14% de la production) sont parfois excellents, mais quand son vignoble est encore planté très largement de chenin blanc, qui, certaines années, produit de grands liquoreux que vous avez un peu de mal à vendre, il vaut mieux peut-être trouver une manière de faire de bons vins blancs secs. C’est cette idée-là qui préside à la volonté d’un groupe significatif de bons producteurs de créer une appellation haut de gamme afin de monter le niveau et la part des blancs secs de la région, qui ne représentent actuellement que 5% de l’ensemble des vins. J’estime cette initiative plus qu’honorable et très fidèle à l’esprit que prônait René Renou quand il présidait l’INAO et qui semble avoir été largement oublié depuis sa disparition. Et tant pis pour quelques esprits chagrins, qui préfèrent avoir raison seuls (car ces gens-là ont toujours raison et l’affirment d’un ton péremptoire) en oubliant la part du collectif nécessaire à l’image d’une région.

chenin début juilletUne vigne de chenin à La Soucherie qui semble bien parti au mois de juillet 2014, sur des sols en partie travaillés et en partie enherbés (photo David Cobbold)

Le chenin blanc, parfois encore appelé Pineau de Loire dans la région, pourrait avoir son origine à Anjou. Une première indication écrite date de 1496 à Chenonceau, et parle de "plants de l’Anjou". Rabelais, dans Gargantua (1534) louait "le vin pineau. O le gentil vin blanc ! et, par mon âme, ce n’est que vin de taffetas." Selon Vouillamoz, un des parents du chenin blanc serait le savagnin (ou traminer), et il serait frère ou sœur avec le trousseau et le sauvignon blanc. Plus surprenant est le fait que son profil génétique est identique avec celui de la variété espagnole agudelo, qu’on trouve aussi bien en Galicia qu’au Penedes.

Tirer une appellation vers le haut implique nécessairement d’imposer quelques contraintes sur les méthodes de production. J’ai comparé les cahiers de charges pour l’appellation blanc sec existante et celle dite "haut de gamme", et les différences me semblent couler de source. Je résume : chenin blanc à 100% (l’appellation de base autorise un part de chardonnay et/ou de sauvignon blanc), densité de plantation supérieure de 10%, taille plus rigoureuse, charge maximale réduite de 20%, enherbement ou travail des sols obligatoire, vendanges manuelles, rendement réduit de 10%, richesse en sucres plus élevée et pas d’enrichissement artificiel, élevage des vins plus longs et sans morceaux de bois….. rien de très dramatique, juste du bon sens, il me semble.

Luc Delhumeau, Domaine de BrizéLuc Delhumeau, au Domaine de Brizé, qui a produit  le plus beau 2011 que j’ai dégusté (photo David Cobbold)

Et les vins alors ?
J’ai dégusté, au Musée du Vin de Saint Lambert-du-Lattay (excellent endroit pour une dégustation, calme et avec une équipe aussi sympathique qu’enthousiaste) 49 vins issus essentiellement des millésimes 2012, 2011 et 2010, avec quelques vins plus anciens pour suivre l’aspect "vin de garde" inhérent au concept : 2009, 2008, 2005, 2003 et 1996. Mon impression globale était très bonne. Je vais vous paraître trivialement mercantile (je sais, c’est la nature d’un peuple marchand, mais c’est aussi ce qui fait vivre un vigneron !) et vous parler d’abord de prix avant de vous livrer mes préférences et autres remarques. Le prix moyen (prix public) des vins dégustés se situe autour de 10 euros avec un écart assez important entre le moins cher (4,90) et le plus cher (un peu plus de 20 euros). Vu leur niveau qualitatif moyen, je dirai que ces vins valent mieux sur le marché, surtout quant on les compare aux blancs de bourgogne. Un prix moyen de 15 euros me semblerait largement justifié.

Didier Richou, une constance dans la qualitéDidier Richou, auteur, avec son frère Damien, d’une série de vins aussi remarquables que régulière (photo David Cobbold)

Mes vins préférés
Je vous épargnerai des commentaires détaillés pour vous livrer juste une liste de producteurs et quelques remarques. Tous les producteurs de la zone n’ont pas jugé bon de livrer des échantillons. Ils ont clairement tort de bouder des telles dégustations et cette absurdité fait de fierté mal placée me rappelle l’article récent d’Hervé Lalau sur le fait que certains vignerons semble considérer que soumettre ses vins à des dégustations comparatives ressemblerait à de la prostitution !!! Ont-ils peur d’une forme de vérité, certes subjective ? Quant aux autres, plus courageux, toutes des putes et des soumises alors ?
NB. Les vins sont listés par ordre de dégustation, pas de préférence.

Millésime 2012 (sur 18 vins)
Domaine de la Bergerie
Domaine de Juchepie
Domaine des Trottières
Domaine Bablut, Petit Princé
Pithon-Paille, L’Ecart
Domaine Richou, Les Rogeries
Domaine des Forges, Expression d’Automne
Domaine Pierre Chauvin

Millésime 2011 (sur 11 vins)
Domaine des Iris, futs de chêne
Domaine Richou, Les Rogeries
Domaine de Brézé, Loire Renaissance
Château de Fesles, La Chapelle,
Domaine Pierre Chavin, La Fontaine des Bois
Domaine Patrick Baudouin, Le Cornillard
Château Pierre Bise, Les Roannières

Millésime 2010 (sur 8 vins)
Domaine Patrick Baudouin, Le Cornillard
Domaine Richou, Les Rogeries
Château de Passavant, Montchenin

Millésime 2009 (sur 6 vins)
Château Pierre Bise, Le Haut de Garde
Domaine de Juchepie
Domaine de Bablut, Ordovicien
Domaine Richou, Les Rogeries
Domaine Leblanc
Domaine Patrick Baudouin, Le Cornillard

Millésime 2008 (sur 3 vins)
Domaine Richou, Les Rogeries
Domaine Patrick Baudouin, Le Cornillard
Domaine Cady, Cheninsolite

Millésime 2005 (1 vin)
Domaine Patrick Baudouin, Le Cornillard

Millésime 2003 (1 vin)
Domaine des Iris, fûts de chêne

Millésime 1996 (1 vin)
Domaine Ogereau

 Anne Guegniard Guitton, Domaine de la BergerieAnne Guegniard Guitton, au Domaine de la Bergerie, dont j’ai beaucoup aimé le 2012 et dont le mari, David Guitton, tient une très bonne table sur place (photo David Cobbold)

 

Remarques et conclusions

Mon critère de tri pour cette sélection étant une note d’au moins 14,5/20 pour chaque vin, quelques soit le millésime, on constate un taux de réussite, selon ce critère subjectif, de 30/49, soit d’un peu plus de 60%. Je dois dire que je ne trouve que très rarement de genre de taux dans une série de vins d’une même appellation, et surtout à ce niveau de prix. Ce score confirme mes premières impressions. Quelques vins (2 ou 3) furent rejetés parce que je trouvais leur dosage en soufre excessif. Deux autres parce que, manifestement, on avait négligé de sulfiter à bon escient et ces jeunes vins montraient une oxydation prématurée avec une perte d’arômes et de netteté. Quelques autres me plaisaient un peu moins parce qu’une présence de botrytis donnait un nez de cire qui dominait tout le reste. Mais, dans l’ensemble, que du plaisir avec ces vins qui associent, dans des proportions forcément variables, vivacité, saveurs riches, structure et persistance. Autrement dit, les bons Anjou blanc secs sont de vins de caractère avec une capacité de garde affirmée.

Il faut aussi noter les très grande régularité de quelques domaines : Richou et Baudouin, en particulier. Mais tous n’ont pas présenté des vins dans tous les millésimes, alors la comparaison est un peu injuste.

la douceur angevineLa douceur angevine vu par les fleurs. Oui, mais les hortensias changent de couleur selon la nature des sols. Qui trouvera la clef de cette histoire ? (photo prise à la Soucherie par DC).

 

Faut-il changer leur nom d’appellation ? Je ne le crois pas. Il faudra en revanche de la persévérance aux producteurs pour passer le message qu’Anjou peut aussi rimer avec blanc sec, et que cette région est aussi très capable de faire des grands blancs de ce type. Je ne rentrerai pas ici dans le débat à la mode sur la nature des sols, qui semblent être majoritairement schisteux par là. Je laisse cela aux spécialistes et je vous réfère aux écrits forts intéressants de Patrick Baudouin :

http://www.patrick-baudouin.com/ puis suivre la rubrique "profession de terroir" et chercher le pdf sur les grands vins d’anjou.

David Cobbold

 


5 Commentaires

What’s in a word?… ou le poids d’un mot.

J’ai souvent pensé qu’une bonne partie de la réussite commerciale et durable d’une appellation de vin réside dans la facilité avec laquelle on peut énoncer le mot qui le résume en plusieurs langues. Mais aussi que la manière de faire tomber le mot en question, en l’enroulant avec une certaine aisance, voire avec gourmandise, renforce l’impact et la notoriété de l’appellation en question. Pour prendre un contre-exemple, je ne crois pas que l’appellation Grignan-les-Adhémar ait un grand avenir commercial à l’international.  En tout cas cela ne sera jamais à la hauteur d’un Chablis, d’un Sancerre, d’un Pommard ou d’un Margaux, pour ne prendre que quelques exemples. Alors, bien sûr, vous allez me trouver, ici ou là, quelques contre exemples, d’ailleurs dans les deux camps. Mais je crois néanmoins que l’affaire est entendue : un nom simple, beau et facile à prononcer en diverses langues est un des facteurs-clé de la réussite d’une appellation. Et si ce nom a par hasard une connotation culturellement valorisante (les marketeurs diraient probablement "aspirationnelle"), par association avec un lieu, un bâtiment ou un personnage, alors l’effet turbo et quasiment garanti.

Un contre exemple aura valeur de démonstration ici. Et c’est justement l’appellation qui a provoqué la création de cette récente appellation de Grignan-les-Adhémar, dans la Drôme, qui va nous le fournir car cette dernière désignation a remplacé celle qui le précédait, pour la même appellation, de Coteaux de Tricastin. Dans ce cas, l’association avec la centrale nucléaire de réputation douteuse du même nom a freiné les ventes des vins ce cette appellation, d’où le changement de nom. Ils auraient dû trouver un nom plus court, mais cela viendra peut-être.

IMG_6083

Le Cher  vu du château de Chenonceau le soir (photo David Cobbold)

 

Comme les lecteurs qui me suivent un peu savent parfaitement que je suis contre la multiplication des appellations en France (je prône plutôt une diminution radicale de leur nombre), ils vont sans doute sourire en lisant ce qui va suivre, car je crois, pour une fois et sous certaines réserves, qu’une des récentes appellations de vin a quand mêmes quelques atouts dans son sac, même si tout n’est par encore parfaitement au point. Il s’agit de Touraine Chenonceaux. Le nom est un peu long, mais le mot Chenonceau, avec  l’imaginaire ou le souvenir qu’il évoque, possède quelques avantages. La château de Chenonceau est un des trésors touristiques du Val de Loire et de la France. Et il se trouve que le domaine du dit château possède quelques vignes, d’où une bonne et étroite association entre le monument et la jeune appellation.

Cette appellation Touraine Chenonceaux, qui devrait dans l’avenir s’intituler Chenonceau(x) tout court, existe pour des vins rouges et pour des vins blancs. Les blancs sont issus du seul cépage Sauvignon Blanc, ce qui est assez restrictif mais il semblerait que c’est la seul variété blanche plantée dans la zone. Les rouges autorisent un assemblage entre Malbec (appelé localement côt) et Cabernet Franc. Un peu de gamay était autorisé au début, mais cela va disparaître. L’aire de l’appellation est constitué d’une collection de certaines parcelles dans une zone géographique plus vaste, et qui ont été agrées après analyse et inspection. Puis les vins qui en sont issus sont soumis à une dégustation à l’aveugle qui leur accorde, ou non, le droit d’utiliser l’appellation Touraine Chenonceau. S’ils échouent, il passent en Touraine "simple". Il paraît que le juges sont assez sévères. En tout cas ma récente dégustation d’une quarantaine d’échantillons n’a révélé qu’une seule bouteille ayant un défaut (et ce n’était pas du bouchon) et qui se serait manifesté qu’après la mise. Car le dégustation d’agrément a lieu avant la mise, ce qui ne me semble pas vraiment idéal mais il faut aussi savoir qu’une des contraintes de l’appellation est l’utilisation d’un flacon spéciale pour renforcer l’identité : ce flacon étant assez élégant au demeurant.

Voici le cahier des charges officiel, tel qu’il apparaît sir le site de l’appellation :

"Le Touraine Chenonceaux est produit selon un cahier des charges précis et exigeant ; les efforts menés depuis la vigne ayant permis ce niveau qualitatif. La taille est en effet maîtrisée, les rendements limités à 60 hectolitres/hectare pour les blancs et 55 hectolitres/hectare pour les rouges.
La réglementation s’étend également jusqu’à la mise en marché. 
Les blancs doivent être élevés sur lies fines au minimum jusqu’au 30 avril suivant la récolte et les rouges jusqu’au 31 août.
Étape finale : des dégustateurs experts valident le niveau qualitatif de chaque vin."

Certainement tout cela est encore perfectible mais j’ai trouvé une bonne cohérence qualitative parmi les échantillons de cette appellation que j’ai dégusté. Les vins blancs sont délicats mais fins, sans excès ni du côté du boisé, ni du côté du végétal. Leurs texture sont, dans l’ensemble, assez soyeuses, qui semble signer un soin apporté quant à la maturité, comme de la vinification. Pourtant la plupart étaient issu du millésime 2013, qui est loin de constituer une merveille sur le plan de son potentiel. Je suis plus circonspect en ce qui concerne les rouges, qui ont certainement besoin d’un vieillissement supplémentaire pour arrondir leur angles, même s’il ont du caractère. Le meilleur du reste était un 2011.

Il semble régner une excellent esprit de groupe avec une saine émulation dans cette petite appellation qui compte, pour l’instant, une trentaine de producteurs.  De plus, il y a une nette volonté de soigner les étiquettes, car j’ai trouvé, sur le plan graphique, très peu des lieux commun ringards qui pullulent dans le région.  Les domaines dont je retiens les vins sont :

Domaine Jacky Marteau (avec de beaux vins dans les deux couleurs, le rouge 2011 et un splendide blanc "La Chipie" 2012)

Domaine de la Rochette (rouge 2012)

Cave du Père Auguste (rouge 2012)

Domaine des Caillots (blanc 2012)

Domaine du Vieil Orme, Infini (blanc 2012)

Domaine de la Renaudie (blanc 2012)

Jean-Marc Villemaine (blanc 2013)

Domaine Michaud, Eclat de Silex (blanc 2013)

Domaine de l’Aumonier (excellent blanc 2013)

 

IMG_6085

La magie du Château de Chenonceau aide-t-il le vin qui porte son nom ? (photo David Cobbold)

Créer une appellation en restant exigeant sur le niveau minimal de qualité acceptable (et non pas souhaitable) me semble être une bonne voie pour le futur de ces institutions. Dans ce cas, le travail aura été de longue haleine (20 ans) et semble aujourd’hui porter ses fruits aussi bien sur le plan de l’image (avec l’aide bienveillant du château) que sur celui de la vente, car tout semble se vendre et à un prix public minimum de 8 euros, selon ce qu’on m’a  dit. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un joyau de château très visité sur l’aire de son appellation : alors ce modèle n’est pas extrapolable partout. Néanmoins, le choix du nom aura toujours son importance.

David Cobbold


Poster un commentaire

Echoes of Bourgueil

Image

Vincent Simon – left his restaurant in Belgium last year with his wife Olivia to set up a small restaurant in Ingrandes-de-Touraine next to Domaine Lamé Delisle Boucard. Vincent raises chickens and geese in his vineyard which is looked after by LDB.

Image

Café de la Promenade: you don’t mess with Dorothée!!

It is now two years since Les 5 du Vin spent a truly memorable weekend in Bourgueil and Saint-Nicolas-de-Bourgueil. Sadly to date due to the pressing nature of our diaries this is the last occasion that we have managed to organise trip involving all of Les 5. Last week I was in Bourgueil mainly to take photos for an upcoming exhibition called ‘Aspects of Bourgueil’ which will be starting at the same time as the 2014 Bourgueillothérapie (www.bourgueillothérapie.com). The exhibition will open on Friday 12th September @Café de la Promenade with the proceeds going to this year’s charity. It will close on the 21st October by which time the 2014 vintage here should be well finished.

Here are a few recent photos that may make the selection.

Image

Pierre, Stéphanie and Emmanuel Caslot (Domaine de la Chevalerie) star in Les journées binette.

Image

Unlike last year the 2014 flowering here and elsewhere in the Loire has benefitted from ideal weather. The vignerons are smiling – no frost, no serious hail (so far), the flowering is nearly finished and grapes (Cabernet Franc) should ripen evenly for a harvest from around 20th September. Long way to go yet, of course, but some serious hurdles have already been cleared.

Image

The fence at Vincent’s restaurant in Ingrandes has a triple purpose – keep the chickens in, the foxes out and imprison journalists who push their luck!

Jim Budd


4 Commentaires

Sauvignon blanc, et plus si affinités

On a beau râler, ici ou là, disputer les variétés dites « internationales », défendre les cépages locaux et rares, et, quelque part, avoir un peu raison en défendant l’idée de la diversité de cette manière, c’est toujours une petite dizaine de variétés de vigne qui domine largement la production mondiale. Les chiffres sont sans appel, car dix variétés pèsent pour une grosse majorité du vignoble mondial.  Je vous donne ces 10 premières variétés dans l’ordre (source : University of Adelaide, 2010) :

1. Cabernet Sauvignon
2. Merlot
3. Airen (vous l’aurez trouvé, celui-ci ?)
4. Tempranillo
5. Chardonnay
6. Syrah
7. Garnacha tinta
8. Sauvignon blanc
9. Trebbiano Toscano (alias Ugni Blanc)
10. Pinot noir

Ce tableau de chasse est en évolution constante, en fonction de modes, des plantations et des arrachages. Mais que faut-il penser de cette concentration de la production ? Les tenants du « boire locale » diront que c’est très mauvais, que cela uniformise les goûts et favorise une production supposée « industrielle », etc, etc. On connaît cette chanson, et, comme souvent, il y a une part de vrai là-dedans. Mais je vais aussi présenter les arguments pour une simplification d’une partie de l’offre des vins, surtout à destination de la majorité des acheteurs de vin, ceux qui n’ont ni le temps ni l’envie de lire des articles ou livres sur le sujet, et qui sont aussi ceux qui font vivre l’essentiel de la filière, ne l’oublions jamais.

Avant tout, il est très difficile pour un consommateur novice ou occasionnel, qui aime bien boire du vin mais qui ne s’y intéresse pas plus que cela, de se repérer dans la vaste et très diverse offre qui existe dans la plupart des marchés. En France cette offre dépasse très largement les capacités de compréhension de, disons, 90% des consommateurs. Dans des marchés plus ouverts à une offre bien plus variée sur le plan des origines, la situation est bien pire ! Segmenter les vins par leurs cépages, leur saveurs ou leur prix (et les trois à la fois si possible) sont des options bien plus pertinents qu’une approche par l’origine géographique, même si celle-ci fait sens en deuxième position de tri, pour ceux qui savent, ou qui recherchent un accent particulier.

Je rajouterai que c’est justement cette segmentation par variété (unique ou dominante) qui autorise une véritable exploration du résultat des lieux différents : climats, ou, si vous préférez, terroirs. Prenons l’exemple du cépage qui sera le sujet de cet article, le sauvignon blanc. Il n’offre pas les mêmes nuances à Sancerre, à Bordeaux, à Marlborough, en Styrie ou à Rueda. Ces différences, cette portefeuille d’arômes et de saveurs qui sont modulées et parfois amplifiées par les choix de chaque producteur et par les conditions de chaque millésime, confèrent une très grande diversité de styles au sauvignon blanc. Assemblée ou pas, la variété garde presque toujours un axe central, sorte de colonne vertébrale, qui est son acidité naturelle, porteur d’un train d’arômes dont la gamme spécifique traduit les origines géographiques, et parfois aussi les techniques.

Sauvignon-blanc-wine-and-grapes

Comme toujours, une seule dimension d’un vin, en l’occurrence son acidité, ne peut être un critère suffisant pour assurer sa qualité. Il lui faut aussi un ensemble de saveurs et de parfums qui lui donne sa cohérence, les uns fonctionnant en harmonie avec les autres, comme de bons partenaires de danse, chacun avec ses qualités et sa partition, mais sans être en rivalité avec l’autre. Cela m’est rappelé avec force chaque fois que je participe à ce concours singulier (par le cépage concerné) qui est le Concours Mondial de Sauvignon Blanc. Chaque jury de 6 personnes déguste, chaque matin, entre 30 à 40 vins, en deux ou trois séries. Les séries sont, dans la mesure du possible, constitués de lots qui sont homogènes : par leur provenance géographique, leur millésime, le fait d’être assemblé ou en mono-cépage, élevé en cuve ou en sous bois, etc. Les vins sont servis à l’aveugle, bien entendu, mais ces paramètres sont connus, ce qui permets de faire glisser sa perspective sur chaque série et de juger chaque vin en fonction d’un étalon réel ou imaginaire, fondé sur l’expérience. Personne ne choisit la région, le pays ou le type de vin dégusté et les membres de chaque jury sont assez diversifié sur le plan des nationalités, ainsi que sur celui de l’activité professionnelle, bien que tous travaillent dans la filière vin.

L’édition 2014 de ce concours, qui a eu lieu à Bordeaux la semaine dernière, m’a donné l’occasion de déguster des séries de vins de plusieurs pays et régions différentes, tous issus de deux millésimes, 2012 et 2013. La France, la Suisse et l’Espagne étaient le pays, et les régions françaises étaient Bordeaux, Touraine et Languedoc-Roussillon, tandis que les sauvignons suisses venaient de Genève, du Vaud, du Valais et de Neufchâtel. Tous les vins d’Espagne étaient de la DO Rueda. De l’avis unanime de notre jury (une chinoise, une française, deux français, un sud-africain et votre serviteur anglais), de loin la meilleur série étaient celle de Rueda. La grande majorité de cette série de 12 vins du millésime 2012 étaient fins mais murs, leur acidité fine si bien intégrée dans un fruité subtil, peu exubérant, mais savoureux juste comme il le faut pour stimuler le palais. L’équilibre parfait fut souvent au rendez-vous chez ces vins délicats comme des Sancerres mais arrondis comme un sauvignon de Styrie. Surtout ils échappaient parfaitement à ce que je trouve être un piège, voire un lieu commun de trop d’exemples de cette variété : des arômes et saveurs herbacés. Personne n’avait la moindre idée de leur provenance, mais on optait tous pour un climat relativement frais, un bon ensoleillement et absence de maladies cryptogamiques, et, probablement, pour un pays européen, car ils n’avaient jamais l’expressivité parfois envahissante de certaines régions de l’hémisphère sud.

Ces concours, pour les participants en tant que membres d’un jury, doivent aussi servir à cela : nous révéler des potentiels jusqu’alors ignorés par nos petites personnes, mettre en cause nos idées reçues et certitudes fragiles. Bref, nous ouvrir vers le monde toujours plus vaste et diversifié du vin. Et l’aborder par le truchement d’un seul cépage permet, justement, de comparer un peu ce qui est comparable et d’éviter de tout mélanger. Si la perspective doit changer avec chaque série, le cadre, lui reste relativement constant. Et c’est tant mieux pour le consommateur.

 

 David Cobbold

 

 


8 Commentaires

2 histoires de cavistes, enfin presque, à vous de choisir

Cab’ Franc, 4 bout’ retrouvées !

«Si si Cap, je suis sûr que c’est ici, le GPS est formel et l’endroit correspond aux vues du sat d’observation.»

 IMG_2147-300x200

« Mais y a rien ici Marco, encore un de vos fantasmes d’historien fouille-merde, vous m’avez promis du rouge pin’, là y a que des cailloux. »

Ses recherches ont pourtant été longues et précises. Marco sait qu’il n’est pas bon de faire venir d’en haut le Cap sans de concret à lui mettre sous le pied. Le scientifique déballe son nouveau joujou, un goniomètre laser qui trace dans l’air chargé de poussière les contours des anciens bâtiments. C’est top, les rues apparaissent en dentelle lumineuse au teint blafard.

À une époque reculée, il y avait là une mégapole. Aujourd’hui, quelques reliefs à peine perceptibles rompent la monotonie de l’endroit. Tout est ocre jaune, sableux et caillouteux. Le souffle n’a pas fait de différence. Petits ou grands, voire immenses, les immeubles ont été réduits à néant.

C’est ce qui énerve Cap, pour lui ici rien n’a pu subsister.

«Bon, Marco, on ne va pas y passer la journée, je vais renvoyer mes gars à la nav et les faire remonter. Et j’ai bien envie de vous laisser ici pour la nuit. Rien à foutre moi que la femme de Jimibudy a lu dans un vieux bouquin en papier une histoire de bouffe avec du rouge pin’ qui se passe dans la Loire. Qu’en plus, le mec qui en boit dans l’histoire dit que c’est du Chin’ quelque chose et que c’est fait avec du Cab’ Franc. Sais même pas où c’est, ça existe plus.»

«Cap, les archives retrouvées dans les doc de l’ancienne bibliothèque contenaient un plan de la ville. Imaginez les rues, les gens, les pigeons qui volent, l’air frais. Là, regardez bien ce que dessine le laser, on aperçoit le pourtour d’une vitrine.»

C’était avant le dernier réchauffement et l’arrivée des exos qui ont tout pillé. Le gouv central a décidé de les souffler pour s’en débarrasser définitivement. De la ville, il ne reste rien, pas même un morceau de mur.

«Le magasin devait faire l’angle. À l’intérieur une collection de bout’ bien exposées. C’est comme si j’y étais, comme si je pouvais les toucher.»

«Une collection, c’est ça, … et vous allez me lire ce qu’il y a écrit sur les étiquettes. Ça aussi, c’était aussi dans les archives ? C’est bien beau l’imagination, mais trouver du Cab’ Franc ici. Déjà que du rouge pin’, ça se fait plus que dans les serres de la stat’ et que j’en ai jamais bu, je crois qu’on perd son temps. »

«C’est là, j’en suis sûr. Je l’ai lu dans un recueil d’un de mes ancêtres qui a consacré sa vie au pin’.»

«Quoi ? On pouvait se consacrer rien qu’au rouge pin’ ?»

«Oh, il n’y avait pas que du rouge pin’, il y avait du blanc, du rosé, même du bulle pin’»

«Du bulle pin’, du blanc, du rosé, pourquoi pas du sucré, n’importe quoi, on nage en pleine science-fiction, mon petit Marco.»

«Il faut creuser là, Cap, juste là. En-dessous, il devrait y avoir une cave remplie de bouteilles, un véritable trésor ! »

«Et pourquoi, je creuserais là ? Qu’est-ce qui me dit que je ne vais pas perdre mon temps et celui de mon équipe ?»

«C’est le prof Georgio Camione, le géol du centre. Dessous, c’est du calcaire. À l’époque, on le creusait facilement et ça faisait de grandes caves bien fraîches où on gardait le pin’.  Et du Cab’ Franc, mon trisaïeul, il en a même bu qui avait plus de cent ans. Je l’ai lu. »

«Ouais, dans les mémoires de votre ancêtre qui devait être alcoolique pour écrire de pareilles inepties. Enfin, si le prof a dit que c’était possible, on creuse. Tout ça pour faire sourire la femme de Jimibudy, ce qui fera plaisir aux oligarques Hervitch, Davitch et Mitch. Les enfoirés, je préférais faire la chasse aux exos, c’était simple, tu partais, t’en cassais, tu revenais, on te posait pas de questions. Aujourd’hui, faut faire des ronds de jambes à ces messieurs et creuser des trous où y a rien, mais où il faut trouver quelque chose.»

Les machines arrivent avec l’équipe du Cap. Le chantier se met en place. C’est rapide, les hommes sont rodés et goguenards comme d’habitude. «Le pauvre Marco ne touche pas souvent le gros lot.» Ça les fait rire, ça, ça n’a pas changé, les jeux de mots, ceux qui font penser à d’autres. «Le Marco y va toucher le gros lot, cette fois? Il aurait plus facile de toucher les gros lolos de la pilote de not’ nav. Mais y prendrait une droite. Farouche la Bellama.» Le bruit se fait aigu, les excavatrices rognent aspirent la poussière, la rejettent plus loin. Puis, elles commencent à entamer la roche. Quelque chose s’esquisse. Un endroit un peu plus sombre. Les engins poursuivent le grattage du calcaire.

«Stop ! Un morceau du sol s’est affaissé. Apportez des pelles et des barres, on va terminer à la main

Une trappe se dégage. L’aspireuse se met en action et dévoile des marches, l’entrée d’un sous-sol. Le travail manuel reprend. Quelques ossements reposent au bas de l’escalier. Marco identifie rapidement les squelettes d’une femme et d’un homme. Ils semblent emmêlés. Un reflet attire son regard. En deux coups de truelles, il dégage une bout, puis quatre autres.

«Cap, cette fois c’est le gros lot. Cinq bout’ de rouge pin’ au bas de cet escalier. Plus loin, il doit en avoir des milliers.»

«Qu’est-ce qui a écrit sur les étiquettes ?»

«C’est vrai, c’est incroyable, elles ont encore leurs étiquettes.»

Avec son frontal grossissant, Marco déchiffre petit à petit l’inscription décolorée, presque effacée. Chino s’inscrit sans son viseur. "Domai d la Nob". Tout excité, il prend vite les quatre autres, et arrive à lire Chi ou encore Chino, enfin Chinon sur la mieux conservée. Le millésime s’est effacé, mais pas entièrement le nom des domaines. Nico… Gro..ois, …thilde Pain, Dom…. Des..urdes et …maine …olas Pag.t.

« Ce sont des Chin’, donc du Cab’ Franc. Cap, si on en buvait une? »

La bout’ s’ouvre sans trop de cérémonie. Deux gobelets de fortune voient le liquide encore bien rouge maculer les parois brillantes du plastocrist. Ils n’osent pas attendent. Regardent le pin, puis le respirent, cette fois avec recueillement. Il leur faut beaucoup de concentration pour se rappeler comment s’appellent les parfums qu’ils sentent. Fruits rouges, des épices, des feuilles sèches, … Ils goûtent, il a la température du sous-sol, un bon 15° de moins qu’à la surface. Ça leur fait frais en bouche, fait croquer le fruité, souligne le poivre, les impressions de cannelle. Ils se regardent, rient.

« Il se fait tard, on leur remonte les quatre bout’. Mais c’était quoi cet endroit où on pouvait trouver autant de pin’ ? » 

 6a00d8341c840853ef00e54f0373f48833-800wi

«Ça s’appelait un caviste et celui-ci semble être mort dans sa cave, sauvé du souffle, mais enseveli avec quelqu’un dans les bras. Une mort à la fois atroce et romantique.»

 

 

Thème Loire, Chinon et Cie

«Je suis à la bourre. Comme d’hab’. En plus, j’ai oublié de prendre une bouteille chez moi, parti trop vite. Il est 19 heures. Il y a un caviste pas trop loin, peut-être sera-t-il encore ouvert. Pourvu qu’il ait du Loire.»

 photo www.jeanmiaille.fr

Un couple sort du magasin. En trois pas Marc franchit la porte.

«J’allais fermer!»

«Désolé d’arriver si tard, il me faut absolument un vin de Loire. Vous en avez ?»

« Bien sûr, je suis caviste, pas marchande de petits pois. Et quel Loire voulez-vous. Rouge, blanc, moelleux, effervescent ? »

«J’aime beaucoup le Cabernet Franc. Vous auriez du Bourgueil ou du Chinon?»

«J’ai les deux et d’autres. Mais je viens de rentrer quelques jeunes vignerons de Chinon. Ça vous intéresse ?»

«Je ne les connais pas et acheter sans avoir dégusté, c’est risqué !»

«Vous pourriez me faire confiance, c’est mon métier de dénicher de jeunes talents. Après, il faudrait que vous me parliez de ce que vous aimez dans le Chinon, que je puisse vous conseiller la cuvée qui vous plaira.»

Tout à son affaire, Marc regarde les bouteilles, le magasin, les rayons, revient sur les étiquettes, prend les bouteilles en main, sous les yeux amusés de la caviste. Lui, il ne s’est même pas rendu compte du sexe de son interlocutrice. Pourtant, une partie de sa clientèle masculine est loin d’être insensible à son charme. Mais Marc ne pense qu’à sa soirée. Ses potes connaissent son métier. Il écrit sur le vin. Ce qu’il apporte doit être top. Il regarde encore le nom des domaines.

«Nicolas Paget, c’est bien ça ? »

 «C’est une cuvée sur argile à silex, en macération longue, elle a beaucoup de fraîcheur, un fruit croquant, rien que du plaisir.»

 «Et Nicolas Grosbois et Baptiste Desbourdes ? Jamais entendu parler, ils viennent d’arriver, ils ont repris le domaine familial? Je peux en goûter un. En vitesse, si vous voulez, je suis pressé.»

Marie le trouve sympa ce client tardif. Le retenir un peu, ne lui déplaît pas. Elle ouvre Clothilde Pain, cuvée Sans Dessus Sans Dessous, peut-être que ça attirera son attention. Il le déguste, le trouve bon, y va de son petit commentaire. Rien à faire, il paie et s’en va.

bouteille

Après quelques pas, Marc s’aperçoit qu’il n’a pas son écharpe autour du cou. S’arrête et refait le chemin à l’envers, histoire de se rappeler où il l’a perdue ou oubliée. Il visualise l’intérieur du magasin. Revoit les bouteilles bien rangées, les cartons dans un coin où il avait déposé son manteau pas son écharpe, l’entrée de la cave d’où elle était remontée avec le vin. Elle !? Il remarque enfin que le caviste… est ravissante. Lui, ne quittait pas des yeux les bouteilles, impatient. Sa mémoire lui renvoie l’image du visage souriant, moqueur. L’écharpe lui servira de prétexte et c’est en courant qu’il retourne à l’angle encore illuminé deux rues plus loin.

«Votre écharpe?»

«Je crois l’avoir oubliée à l’intérieur.»

«Cette fois, j’allais vraiment fermer. Mais, entrez, il commence à pleuvoir. Je vous sers un verre ? J’oubliais, vous êtes très pressé.»

Il ne l’est plus. Le sourire de Marie l’a définitivement conquis. Cette fois c’est lui qui imagine une foule d’astuces pour allonger le temps. Imagination vaine. Notre aveugle lui plaît et elle est bien décidée à le connaître mieux. Oubliée la soirée, la sienne aussi, comme Marc, elle devait retrouver quelques amis pour leur faire déguster ses nouveaux Chinon. Décidément, l’appellation a du succès. La Noblaie colore les verres.

«On trinque?»

«Au Chinon!»

«Ça me va. J’en ai d’autres dans la cave, ça vous tente?»

«J’adorerais!»

Et plus si affinités bien entendu, bien qu’il semble que l’affaire soit depuis longtemps entendue.

La trappe ouverte, quelques marches plus bas, quelques bouteilles dans les bras, les lèvres se rapprochent. Le souffle balaya la ville à ce moment-là. Les exos signent leur arrivée sur notre bonne vieille planète. Paris s’est envolée avant qu’il la prenne dans ses bras. C’est moche.

4348647767_06f9a762a8

L’histoire s’est ensuite réécrite. Les pillages extraterrestres, le refuge des stations orbitales, le départ soudain des exos.

Cap n’avait jamais bu de vin, du Cabernet Franc encore moins. Alors qu’attendons-nous pour jouir de ces nectars de Loire, comme d’autant d’autres. On ne sait jamais…

Ce post participe au concours du Wine Blog Trophy, n’hésitez pas à voter pour lui: ICI

Ciao

 

Marco

 

 

 

 

 

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 10 252 autres abonnés