Les 5 du Vin

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Sauvignon blanc, et plus si affinités

On a beau râler, ici ou là, disputer les variétés dites « internationales », défendre les cépages locaux et rares, et, quelque part, avoir un peu raison en défendant l’idée de la diversité de cette manière, c’est toujours une petite dizaine de variétés de vigne qui domine largement la production mondiale. Les chiffres sont sans appel, car dix variétés pèsent pour une grosse majorité du vignoble mondial.  Je vous donne ces 10 premières variétés dans l’ordre (source : University of Adelaide, 2010) :

1. Cabernet Sauvignon
2. Merlot
3. Airen (vous l’aurez trouvé, celui-ci ?)
4. Tempranillo
5. Chardonnay
6. Syrah
7. Garnacha tinta
8. Sauvignon blanc
9. Trebbiano Toscano (alias Ugni Blanc)
10. Pinot noir

Ce tableau de chasse est en évolution constante, en fonction de modes, des plantations et des arrachages. Mais que faut-il penser de cette concentration de la production ? Les tenants du « boire locale » diront que c’est très mauvais, que cela uniformise les goûts et favorise une production supposée « industrielle », etc, etc. On connaît cette chanson, et, comme souvent, il y a une part de vrai là-dedans. Mais je vais aussi présenter les arguments pour une simplification d’une partie de l’offre des vins, surtout à destination de la majorité des acheteurs de vin, ceux qui n’ont ni le temps ni l’envie de lire des articles ou livres sur le sujet, et qui sont aussi ceux qui font vivre l’essentiel de la filière, ne l’oublions jamais.

Avant tout, il est très difficile pour un consommateur novice ou occasionnel, qui aime bien boire du vin mais qui ne s’y intéresse pas plus que cela, de se repérer dans la vaste et très diverse offre qui existe dans la plupart des marchés. En France cette offre dépasse très largement les capacités de compréhension de, disons, 90% des consommateurs. Dans des marchés plus ouverts à une offre bien plus variée sur le plan des origines, la situation est bien pire ! Segmenter les vins par leurs cépages, leur saveurs ou leur prix (et les trois à la fois si possible) sont des options bien plus pertinents qu’une approche par l’origine géographique, même si celle-ci fait sens en deuxième position de tri, pour ceux qui savent, ou qui recherchent un accent particulier.

Je rajouterai que c’est justement cette segmentation par variété (unique ou dominante) qui autorise une véritable exploration du résultat des lieux différents : climats, ou, si vous préférez, terroirs. Prenons l’exemple du cépage qui sera le sujet de cet article, le sauvignon blanc. Il n’offre pas les mêmes nuances à Sancerre, à Bordeaux, à Marlborough, en Styrie ou à Rueda. Ces différences, cette portefeuille d’arômes et de saveurs qui sont modulées et parfois amplifiées par les choix de chaque producteur et par les conditions de chaque millésime, confèrent une très grande diversité de styles au sauvignon blanc. Assemblée ou pas, la variété garde presque toujours un axe central, sorte de colonne vertébrale, qui est son acidité naturelle, porteur d’un train d’arômes dont la gamme spécifique traduit les origines géographiques, et parfois aussi les techniques.

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Comme toujours, une seule dimension d’un vin, en l’occurrence son acidité, ne peut être un critère suffisant pour assurer sa qualité. Il lui faut aussi un ensemble de saveurs et de parfums qui lui donne sa cohérence, les uns fonctionnant en harmonie avec les autres, comme de bons partenaires de danse, chacun avec ses qualités et sa partition, mais sans être en rivalité avec l’autre. Cela m’est rappelé avec force chaque fois que je participe à ce concours singulier (par le cépage concerné) qui est le Concours Mondial de Sauvignon Blanc. Chaque jury de 6 personnes déguste, chaque matin, entre 30 à 40 vins, en deux ou trois séries. Les séries sont, dans la mesure du possible, constitués de lots qui sont homogènes : par leur provenance géographique, leur millésime, le fait d’être assemblé ou en mono-cépage, élevé en cuve ou en sous bois, etc. Les vins sont servis à l’aveugle, bien entendu, mais ces paramètres sont connus, ce qui permets de faire glisser sa perspective sur chaque série et de juger chaque vin en fonction d’un étalon réel ou imaginaire, fondé sur l’expérience. Personne ne choisit la région, le pays ou le type de vin dégusté et les membres de chaque jury sont assez diversifié sur le plan des nationalités, ainsi que sur celui de l’activité professionnelle, bien que tous travaillent dans la filière vin.

L’édition 2014 de ce concours, qui a eu lieu à Bordeaux la semaine dernière, m’a donné l’occasion de déguster des séries de vins de plusieurs pays et régions différentes, tous issus de deux millésimes, 2012 et 2013. La France, la Suisse et l’Espagne étaient le pays, et les régions françaises étaient Bordeaux, Touraine et Languedoc-Roussillon, tandis que les sauvignons suisses venaient de Genève, du Vaud, du Valais et de Neufchâtel. Tous les vins d’Espagne étaient de la DO Rueda. De l’avis unanime de notre jury (une chinoise, une française, deux français, un sud-africain et votre serviteur anglais), de loin la meilleur série étaient celle de Rueda. La grande majorité de cette série de 12 vins du millésime 2012 étaient fins mais murs, leur acidité fine si bien intégrée dans un fruité subtil, peu exubérant, mais savoureux juste comme il le faut pour stimuler le palais. L’équilibre parfait fut souvent au rendez-vous chez ces vins délicats comme des Sancerres mais arrondis comme un sauvignon de Styrie. Surtout ils échappaient parfaitement à ce que je trouve être un piège, voire un lieu commun de trop d’exemples de cette variété : des arômes et saveurs herbacés. Personne n’avait la moindre idée de leur provenance, mais on optait tous pour un climat relativement frais, un bon ensoleillement et absence de maladies cryptogamiques, et, probablement, pour un pays européen, car ils n’avaient jamais l’expressivité parfois envahissante de certaines régions de l’hémisphère sud.

Ces concours, pour les participants en tant que membres d’un jury, doivent aussi servir à cela : nous révéler des potentiels jusqu’alors ignorés par nos petites personnes, mettre en cause nos idées reçues et certitudes fragiles. Bref, nous ouvrir vers le monde toujours plus vaste et diversifié du vin. Et l’aborder par le truchement d’un seul cépage permet, justement, de comparer un peu ce qui est comparable et d’éviter de tout mélanger. Si la perspective doit changer avec chaque série, le cadre, lui reste relativement constant. Et c’est tant mieux pour le consommateur.

 

 David Cobbold

 

 


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2 histoires de cavistes, enfin presque, à vous de choisir

Cab’ Franc, 4 bout’ retrouvées !

«Si si Cap, je suis sûr que c’est ici, le GPS est formel et l’endroit correspond aux vues du sat d’observation.»

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« Mais y a rien ici Marco, encore un de vos fantasmes d’historien fouille-merde, vous m’avez promis du rouge pin’, là y a que des cailloux. »

Ses recherches ont pourtant été longues et précises. Marco sait qu’il n’est pas bon de faire venir d’en haut le Cap sans de concret à lui mettre sous le pied. Le scientifique déballe son nouveau joujou, un goniomètre laser qui trace dans l’air chargé de poussière les contours des anciens bâtiments. C’est top, les rues apparaissent en dentelle lumineuse au teint blafard.

À une époque reculée, il y avait là une mégapole. Aujourd’hui, quelques reliefs à peine perceptibles rompent la monotonie de l’endroit. Tout est ocre jaune, sableux et caillouteux. Le souffle n’a pas fait de différence. Petits ou grands, voire immenses, les immeubles ont été réduits à néant.

C’est ce qui énerve Cap, pour lui ici rien n’a pu subsister.

«Bon, Marco, on ne va pas y passer la journée, je vais renvoyer mes gars à la nav et les faire remonter. Et j’ai bien envie de vous laisser ici pour la nuit. Rien à foutre moi que la femme de Jimibudy a lu dans un vieux bouquin en papier une histoire de bouffe avec du rouge pin’ qui se passe dans la Loire. Qu’en plus, le mec qui en boit dans l’histoire dit que c’est du Chin’ quelque chose et que c’est fait avec du Cab’ Franc. Sais même pas où c’est, ça existe plus.»

«Cap, les archives retrouvées dans les doc de l’ancienne bibliothèque contenaient un plan de la ville. Imaginez les rues, les gens, les pigeons qui volent, l’air frais. Là, regardez bien ce que dessine le laser, on aperçoit le pourtour d’une vitrine.»

C’était avant le dernier réchauffement et l’arrivée des exos qui ont tout pillé. Le gouv central a décidé de les souffler pour s’en débarrasser définitivement. De la ville, il ne reste rien, pas même un morceau de mur.

«Le magasin devait faire l’angle. À l’intérieur une collection de bout’ bien exposées. C’est comme si j’y étais, comme si je pouvais les toucher.»

«Une collection, c’est ça, … et vous allez me lire ce qu’il y a écrit sur les étiquettes. Ça aussi, c’était aussi dans les archives ? C’est bien beau l’imagination, mais trouver du Cab’ Franc ici. Déjà que du rouge pin’, ça se fait plus que dans les serres de la stat’ et que j’en ai jamais bu, je crois qu’on perd son temps. »

«C’est là, j’en suis sûr. Je l’ai lu dans un recueil d’un de mes ancêtres qui a consacré sa vie au pin’.»

«Quoi ? On pouvait se consacrer rien qu’au rouge pin’ ?»

«Oh, il n’y avait pas que du rouge pin’, il y avait du blanc, du rosé, même du bulle pin’»

«Du bulle pin’, du blanc, du rosé, pourquoi pas du sucré, n’importe quoi, on nage en pleine science-fiction, mon petit Marco.»

«Il faut creuser là, Cap, juste là. En-dessous, il devrait y avoir une cave remplie de bouteilles, un véritable trésor ! »

«Et pourquoi, je creuserais là ? Qu’est-ce qui me dit que je ne vais pas perdre mon temps et celui de mon équipe ?»

«C’est le prof Georgio Camione, le géol du centre. Dessous, c’est du calcaire. À l’époque, on le creusait facilement et ça faisait de grandes caves bien fraîches où on gardait le pin’.  Et du Cab’ Franc, mon trisaïeul, il en a même bu qui avait plus de cent ans. Je l’ai lu. »

«Ouais, dans les mémoires de votre ancêtre qui devait être alcoolique pour écrire de pareilles inepties. Enfin, si le prof a dit que c’était possible, on creuse. Tout ça pour faire sourire la femme de Jimibudy, ce qui fera plaisir aux oligarques Hervitch, Davitch et Mitch. Les enfoirés, je préférais faire la chasse aux exos, c’était simple, tu partais, t’en cassais, tu revenais, on te posait pas de questions. Aujourd’hui, faut faire des ronds de jambes à ces messieurs et creuser des trous où y a rien, mais où il faut trouver quelque chose.»

Les machines arrivent avec l’équipe du Cap. Le chantier se met en place. C’est rapide, les hommes sont rodés et goguenards comme d’habitude. «Le pauvre Marco ne touche pas souvent le gros lot.» Ça les fait rire, ça, ça n’a pas changé, les jeux de mots, ceux qui font penser à d’autres. «Le Marco y va toucher le gros lot, cette fois? Il aurait plus facile de toucher les gros lolos de la pilote de not’ nav. Mais y prendrait une droite. Farouche la Bellama.» Le bruit se fait aigu, les excavatrices rognent aspirent la poussière, la rejettent plus loin. Puis, elles commencent à entamer la roche. Quelque chose s’esquisse. Un endroit un peu plus sombre. Les engins poursuivent le grattage du calcaire.

«Stop ! Un morceau du sol s’est affaissé. Apportez des pelles et des barres, on va terminer à la main

Une trappe se dégage. L’aspireuse se met en action et dévoile des marches, l’entrée d’un sous-sol. Le travail manuel reprend. Quelques ossements reposent au bas de l’escalier. Marco identifie rapidement les squelettes d’une femme et d’un homme. Ils semblent emmêlés. Un reflet attire son regard. En deux coups de truelles, il dégage une bout, puis quatre autres.

«Cap, cette fois c’est le gros lot. Cinq bout’ de rouge pin’ au bas de cet escalier. Plus loin, il doit en avoir des milliers.»

«Qu’est-ce qui a écrit sur les étiquettes ?»

«C’est vrai, c’est incroyable, elles ont encore leurs étiquettes.»

Avec son frontal grossissant, Marco déchiffre petit à petit l’inscription décolorée, presque effacée. Chino s’inscrit sans son viseur. "Domai d la Nob". Tout excité, il prend vite les quatre autres, et arrive à lire Chi ou encore Chino, enfin Chinon sur la mieux conservée. Le millésime s’est effacé, mais pas entièrement le nom des domaines. Nico… Gro..ois, …thilde Pain, Dom…. Des..urdes et …maine …olas Pag.t.

« Ce sont des Chin’, donc du Cab’ Franc. Cap, si on en buvait une? »

La bout’ s’ouvre sans trop de cérémonie. Deux gobelets de fortune voient le liquide encore bien rouge maculer les parois brillantes du plastocrist. Ils n’osent pas attendent. Regardent le pin, puis le respirent, cette fois avec recueillement. Il leur faut beaucoup de concentration pour se rappeler comment s’appellent les parfums qu’ils sentent. Fruits rouges, des épices, des feuilles sèches, … Ils goûtent, il a la température du sous-sol, un bon 15° de moins qu’à la surface. Ça leur fait frais en bouche, fait croquer le fruité, souligne le poivre, les impressions de cannelle. Ils se regardent, rient.

« Il se fait tard, on leur remonte les quatre bout’. Mais c’était quoi cet endroit où on pouvait trouver autant de pin’ ? » 

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«Ça s’appelait un caviste et celui-ci semble être mort dans sa cave, sauvé du souffle, mais enseveli avec quelqu’un dans les bras. Une mort à la fois atroce et romantique.»

 

 

Thème Loire, Chinon et Cie

«Je suis à la bourre. Comme d’hab’. En plus, j’ai oublié de prendre une bouteille chez moi, parti trop vite. Il est 19 heures. Il y a un caviste pas trop loin, peut-être sera-t-il encore ouvert. Pourvu qu’il ait du Loire.»

 photo www.jeanmiaille.fr

Un couple sort du magasin. En trois pas Marc franchit la porte.

«J’allais fermer!»

«Désolé d’arriver si tard, il me faut absolument un vin de Loire. Vous en avez ?»

« Bien sûr, je suis caviste, pas marchande de petits pois. Et quel Loire voulez-vous. Rouge, blanc, moelleux, effervescent ? »

«J’aime beaucoup le Cabernet Franc. Vous auriez du Bourgueil ou du Chinon?»

«J’ai les deux et d’autres. Mais je viens de rentrer quelques jeunes vignerons de Chinon. Ça vous intéresse ?»

«Je ne les connais pas et acheter sans avoir dégusté, c’est risqué !»

«Vous pourriez me faire confiance, c’est mon métier de dénicher de jeunes talents. Après, il faudrait que vous me parliez de ce que vous aimez dans le Chinon, que je puisse vous conseiller la cuvée qui vous plaira.»

Tout à son affaire, Marc regarde les bouteilles, le magasin, les rayons, revient sur les étiquettes, prend les bouteilles en main, sous les yeux amusés de la caviste. Lui, il ne s’est même pas rendu compte du sexe de son interlocutrice. Pourtant, une partie de sa clientèle masculine est loin d’être insensible à son charme. Mais Marc ne pense qu’à sa soirée. Ses potes connaissent son métier. Il écrit sur le vin. Ce qu’il apporte doit être top. Il regarde encore le nom des domaines.

«Nicolas Paget, c’est bien ça ? »

 «C’est une cuvée sur argile à silex, en macération longue, elle a beaucoup de fraîcheur, un fruit croquant, rien que du plaisir.»

 «Et Nicolas Grosbois et Baptiste Desbourdes ? Jamais entendu parler, ils viennent d’arriver, ils ont repris le domaine familial? Je peux en goûter un. En vitesse, si vous voulez, je suis pressé.»

Marie le trouve sympa ce client tardif. Le retenir un peu, ne lui déplaît pas. Elle ouvre Clothilde Pain, cuvée Sans Dessus Sans Dessous, peut-être que ça attirera son attention. Il le déguste, le trouve bon, y va de son petit commentaire. Rien à faire, il paie et s’en va.

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Après quelques pas, Marc s’aperçoit qu’il n’a pas son écharpe autour du cou. S’arrête et refait le chemin à l’envers, histoire de se rappeler où il l’a perdue ou oubliée. Il visualise l’intérieur du magasin. Revoit les bouteilles bien rangées, les cartons dans un coin où il avait déposé son manteau pas son écharpe, l’entrée de la cave d’où elle était remontée avec le vin. Elle !? Il remarque enfin que le caviste… est ravissante. Lui, ne quittait pas des yeux les bouteilles, impatient. Sa mémoire lui renvoie l’image du visage souriant, moqueur. L’écharpe lui servira de prétexte et c’est en courant qu’il retourne à l’angle encore illuminé deux rues plus loin.

«Votre écharpe?»

«Je crois l’avoir oubliée à l’intérieur.»

«Cette fois, j’allais vraiment fermer. Mais, entrez, il commence à pleuvoir. Je vous sers un verre ? J’oubliais, vous êtes très pressé.»

Il ne l’est plus. Le sourire de Marie l’a définitivement conquis. Cette fois c’est lui qui imagine une foule d’astuces pour allonger le temps. Imagination vaine. Notre aveugle lui plaît et elle est bien décidée à le connaître mieux. Oubliée la soirée, la sienne aussi, comme Marc, elle devait retrouver quelques amis pour leur faire déguster ses nouveaux Chinon. Décidément, l’appellation a du succès. La Noblaie colore les verres.

«On trinque?»

«Au Chinon!»

«Ça me va. J’en ai d’autres dans la cave, ça vous tente?»

«J’adorerais!»

Et plus si affinités bien entendu, bien qu’il semble que l’affaire soit depuis longtemps entendue.

La trappe ouverte, quelques marches plus bas, quelques bouteilles dans les bras, les lèvres se rapprochent. Le souffle balaya la ville à ce moment-là. Les exos signent leur arrivée sur notre bonne vieille planète. Paris s’est envolée avant qu’il la prenne dans ses bras. C’est moche.

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L’histoire s’est ensuite réécrite. Les pillages extraterrestres, le refuge des stations orbitales, le départ soudain des exos.

Cap n’avait jamais bu de vin, du Cabernet Franc encore moins. Alors qu’attendons-nous pour jouir de ces nectars de Loire, comme d’autant d’autres. On ne sait jamais…

Ce post participe au concours du Wine Blog Trophy, n’hésitez pas à voter pour lui: ICI

Ciao

 

Marco

 

 

 

 

 


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Tops and flops de 2013

L’heure est aux bilans. Bilans de tous ordres. C’est même un gros marronnier de la saison, de longue date consacré dans tous les supports. Je ne vais pas y échapper, même si cela ressemble à plaquer Philippe Etchebest de front. Car creuser ses souvenirs peut être une épreuve aussi redoutable. Je le sais pour avoir tenté les deux épreuves. Je constate, au passage, à quel point la mémoire est une organe sélective. Elle oublie beaucoup, et surtout tout ce qui n’a pas grand intérêt. J’ai donc du vraiment labourer la mienne pour chercher des "flops", autrement dit mes déceptions. Tandis que les "tops", les vins ou expériences bachiques qui m’ont mis de la joie au cœur, semblent affluer dans ma mémoire au point que je dois en limiter le nombre. Et je vais commencer par ces "tops", car c’est quand-même plus intéressant. Il n’y a pas d’ordre particulier, tout cela est en vrac et il ne faut pas y lire une hiérarchie quelconque.

Mes Tops de 2013

Quelques vins d’abord :

Ridge Montebello 1995, Santa Cruz, California.  Bu a Noël avec amis et famille, et issu de ma cave en Gascogne, mais dégusté à deux autres reprises à Paris en décembre, en compagnie de son responsable, Paul Draper. Un très grand californien, dont le degré d’alcool modeste (12,5%), allié à une parfaite maturité de tanins est une leçon d’équilibre pour beaucoup et de partout.  Assemblage de type médocain et élevage en bois américain, ce qui ne se remarque pas car les bois ont été correctement séchés à l’air libre (encore une idée reçue stupide que de dire que le chêne US est forcément moins bon que le bois français ou polonais).

Clos de l’Eglise, Pur Sang 2010, Madiran. Bu récemment dans un restaurant (Le Grand Pan) à Paris. Formidable de fraîcheur et d’équilibre, juteux et plein mais sans aucune dureté. 100% tannat. J’ai tellement aimé que j’en ai commandé, y compris en magnums. Je l’attends avec impatience.

Les Laquets 2006, Cahors (Cosse et Maisonneuve), magnum. Bu pendant les fêtes de noël et de ma cave dans le sud-ouest. J’avais de l’appréhension en l’ouvrant car j’ai constaté, dans le passé, des déviances déplaisantes dans certains vins de ce producteur très côté. Cette fois-ci rien de tout cela. Ce vin était impeccable de netteté, délicieusement frais et d’une finesse qu’on ne trouve pas tous les jours (mais de plus en plus souvent) à Cahors.

Barolo Riserva Rocche dell’Annunziato 1999, Paolo Scavino. J’ai déjà parlé de ce vin ici, au mois de septembre dernier : http://wp.me/p34cc9-1gB. Rien de plus à dire. Très grand vin, d’une beauté à vous couper le souffle.

J’ai aussi le souvenir d’une très belle dégustation verticale de Château Canon (Saint-Emilion), comme d’un vin du même coin mais beaucoup moins côté : Roc de Calon 2010, un Montagne Saint Emilion de toute beauté et qui ne vaut qu’une douzaine d’euros la bouteille.

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Little James’ Basket Press, Vin de France (nm). Ce vin, fait par Louis Barruol du Domaine Saint Côme, à Gigondas, à égayé beaucoup de mes dîners et déjeuners de cet été et même jusqu’à l’automne. Fait selon le système solera, et avec un majorité de grenache (je crois) il éclate de fraîcheur et de gourmandise sans nier ses origines sudistes, roulant ses "r" et faisant entendre le souffle sourd du mistral. Et tout cela est impeccablement encapsulé et pas cher (moins de 10 euros).

Herri Mina 2011, Irouleguy. Il fallait un vin blanc dans cette série, et cela aurait aussi bien pu être le Pacharenc du Vic-Bilh de Christine Dupuy (Domaine Labranche Lafond), bu cet été à Marciac pendant le festival de jazz. Mais cela sera un autre blanc du sud-ouest, le remarquable Irouleguy de Jean-Claude Berrouet : incisif sans agressivité et plein de saveurs. L’ayant dégusté dans un bar-à-vins à Bordeaux, j’en ai acheté une bouteille pour 13 euros. Rapport qualité/prix exceptionnel aussi.

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Puis les moments de grâce autour du vin

Une soirée de printemps passée dans les caves souterraines de Lamé, Delille, Boucard, Domaine des Chesnaies à Bourgueil, en compagnie de mes 4 collègues de ce blog, au printemps dernier. Nous en avons déjà parlé. Remonter les millésimes jusqu’au magnifique 1893 m’a laissé une impression d’émerveillement et un souvenir particulier.

http://lame-delisle-boucard.com/

Un déjeuner avec Lionel Osmin chez Bernard Daubin, au bar du son restaurant de Montréal-du-Gers. Discussions à bâtons rompus, très bons vins blancs qui défilaient au gré de l’humeur du patron, nourriture excellente servie sans façons, humour et joie de vivre. Et il fallait renter à moto après…..je crois que j’ai du voler.

http://www.bernarddaubin.com/

Une soirée à deux au bar-à-vins BU, à Bordeaux. Bordeaux est une ville magnifique qui cache bien ses petits secrets. Il me semble que j’en découvre un nouveau à chaque fois que j’y mets les pieds. Parmi eux cet excellent bar-à-vins moderne, bien équipé avec des machines dernier cri et pratiquant une bonne cuisine de produits frais. 32 vins au service, dont 8 étrangers, 8 bordelais et 16 du reste de la France. Ils sont bien choisis et les patrons très sympas. Bordeaux est ouvert au monde, et c’est tant mieux.

http://www.baravin-bu.fr

Grenade, ses vins et ses bars à tapas. Visité en septembre pour mon travail, c’était la deuxième fois que j’ai pu me rendre dans cette ville extraordinaire. Une aubaine pour le promeneur curieux et parfois assoiffé. Et les vins locaux sont très bons, issus de ce qui doit être l’appellation la plus élevée d’Europe (l’altitude moyenne de la DO Granada = 1200 metres).

Maintenant les flops : les vins qui m’ont déçus

Je sais que cela ne fera pas plaisir à certains, mais je dois dire que les vins de Savoie m’ont globalement déçu. J’ai pourtant essayé à deux reprises, une fois lors d’un voyage de presse dans cette région, puis une autre lors d’une large dégustation organisée à Paris mais un peu gâté par un chef dont la tête ne rentre plus dans son chapeau et qui n’aime pas le vin (je n’étais pas là pour tâter sa cuisine, mais pour déguster les vins). Avec une exception pour les vins du Domaine de Colchis, je n’ai pas trouvé de choses géniales et beaucoup trop m’ont semblé ordinaires et/ou trop chers. Le cépage jacquère n’a pas grand intérêt mais il y en a partout. C’est un problème. Je pense que leur salut ne peut venir que des autres variétés.

La Coulée de Serrant 1990. Bu de ma cave. Ce vin a été pourtant bien stocké mais il était mort, triste, sans relief, terne et court. Je m’en fous que sa couleur soit presque orangé, mais il n’y avait pas grande chose en bouche et rien au nez. Joly est peut-être un pape de la biomachin mais est-ce qu’il sait faire du bon vin ?

Château de Beaucastel 2003. Dégusté au bar-à-vin Juvenile’s, chez mon ami Tim Johnston, à l’occasion de la fête de fin d’année 2012. Bretts à fond et plat. J’ai du le changer pour autre chose (ce que la patron a évidemment fait). J’aime pourtant beaucoup les vins de la famille Perrin, et Beaucastel ne fait pas exception. Mais là il y avait un vrai problème.

Château Palmer 1981. Another one bites the dust! Encore un grand nom qui m’a déçu, cette fois-ci à l’occasion d’une dégustation pour un enseigne lors de Foires aux Vins vers le mois de mai ou juin. Certes ce millésimes n’est pas dans les annales, mais quand-même ! Indigne de son rang et de son prix. Je dirais de même d’un Duhart-Milon goûté le même jour.

J’ai eu bien d’autres déceptions, bien entendu, mais ils n’ont laissé aucune trace dans ma mémoire. Sélective vous dites ? Je sais que c’est à la fois peu et beaucoup pour une année. Comme tous les ans. J’attends 2014 avec impatience !

David


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Mixed bag: cinq blancs de la Loire et un du Rhône

Oui, je sais que mon titre est en anglais. Et oui, je sais bien que la Loire est le terrain d’expertise de Jim. Mais on a bien le droit de traverser les lignes de temps en temps, non ?

Il y a quelques semaines, j’ai eu l’outrecuidance de me plaindre, très légèrement (http://les5duvin.wordpress.com/2013/11/11/journees-ordin… ) des difficultés de notre métier et des déceptions qui peuvent parfois déferler par vagues parmi les échantillons que nous recevons. Je vais tenter de redresser un peu ce tableau sombre en vous parlant de cinq vins blancs de la Loire, dégustés un matin il y a peu de temps, et qui m’ont tous parus dignes d’intérêt, pour des raison diverses et à des degrés variés. D’où mon titre "mixed bag" car j’ignore son équivalent en français. Cette expression anglaise signifie, au sens propre, "un sac rempli de choses diverses". Miscellanae serait son équivalant en latin. Si quelqu’un peut m’éclairer en français ?

5 LoiresCinq de la Loire, quatre cépages mais un air de famille quand-même

J’ai donc décidé l’autre jour de déguster tous les échantillons de vins blancs de Loire que j’ai trouvé dans ma cave d’échantillons. Il y en avait cinq, issus de 4 sous-régions différentes et de 4 cépages différents. Les sous régions sont Centre-Loire, Touraine, Haut Poitou et Loire Atlantique, et les cépages sont chasselas, sauvignon blanc, chenin blanc et melon de bourgogne.  Donc aucune comparaison directe à faire entre eux, d’autant plus que les millésimes n’étaient pas les mêmes. Néanmoins cela donnait une sorte de voyage le long de la Loire, entre Muscadet et Sancerre en remontant un peu en zig-zag et à l’aide d’une machine à remonter le temps.

Voici les vins et les commentaires qu’ils m’ont inspirés :

Muscadet Sèvre et Maine sur Lie 2007, Chéreau Carré, cuvée Réserve Numérotée

Ce flacon-là j’ai du un peu l’oublier, vu la date. Mais, je me disais, c’est aussi l’occasion de voir comment ces vins-là vieillissent, même pas très bien stockés.  Effectivement la couleur n’est plus d’une jeunesse éclatante. Il est même franchement jaune paille, tirant vers l’ambre. Le nez confirme cette oxydation nette mais, en même temps, est complexe, mêlant des notes de type fumé et foin avec le pain et l’écorce d’orange. La rondeur du temps a bien atténuée l’acidité de la jeunesse en bouche, mais ce vin a encore du répondant avec des saveurs légèrement miellées et épicées. Est-ce que c’est parce que j’aime les Xérès que ce vin me parle ? Sans doute. (Et j’en boirais, de ce grand d’Andaloisie, très bientôt en souvenir de Michel Creignou : voir l’article de Michel Smith de samedi). Je pense que beaucoup considéreraient de muscadet comme "passé", mais je l’aime bien et il souligne la capacité de garde des meilleurs vins de la région.

Pouilly-sur-Loire, Chasselas 2010, Terroir d’Antan

Maintenant le cépage chasselas, devenu, en matière de vin, une rareté en dehors de la Suisse, est revendiqué comme un cépage oublié. Je n’ai pas encore dégusté un vin de ce cépage qui m’a emballé, mais celui-ci est plaisant. La robe est en contraste totale avec la précédente : très pale, presque translucide. Le nez est assez discret, un peu souterrain mais agréable avec des notes de champignon de Paris et de fruits blancs. C’est sa vivacité en bouche qui m’a surpris, donnant un aspect salivant à un ensemble simple.

Montlouis-sur-Loire, Premier Rendez-Vous 2011, Lise et Bernard Jousset

La robe est plus teintée, disons jaune pêche. Petite présence de gaz. Ce vin est le seul de la petite série a s’être altéré par contact avec l’air dans l’espace de 24 heures entre mes deux dégustations. Peut-être manque-t-il d’un peu de soufre ? Il était très agréable, fin et tendre quand je l’ai ouvert pour la première fois, mais au bout de 24 heures ses saveurs s’étaient un peu émoussées, faisant ressortir un peu d’amertume (raisonnable et pas déplaisant) de son cépage chenin.

Haut Poitou, Sauvignon, Sainte Pézenas 2011, Cave de Haut Poitou

Cette production de la (maintenant) défunte Cave de Haut Poitou, est aussi pâle et lumineux de robe que le Pouilly-sur-Loire. Nez perçant, très typé sauvignon selon les canons qui semblent dominer dans ce type de vin. Ce style, fait de verdeur (pyrazines, je crois) n’est pas celui que je préfère, mais c’est honnête et a la mérite de la franchise. A l’aération il a montré des notes plus aimables et complexes. Fermement campé sur son acidité en bouche, mais pas seulement car il a aussi une belle matière fruitée. Un vin honnête et vivifiant.

Sancerre, La Bourgeoise 2010, Henri Bourgeois

J’ai des réticences devant le bouteille lourde et l’étiquette ringarde mais l’habit ne fait pas le moine et ce vin est très bon. Robe brillante et nez riche qui mêle notes subtiles issues, je pense, en partie de son élevage mais aussi de la belle vivacité de sa matière première. La petite nuance de rondeur apportée par l’élevage est très bien dosée et n’estompe nullement la finesse du fruit, ni sa tonicité naturelle. Ce très beau vin recèle une bonne persistence sans quitter le domaine de l’élégance.

Que dire en conclusion ?

Voilà la preuve que des dégustations improvisées peuvent donner des bons résultats. Mais, plus intéressant, il y a quand-même une aire de famille à tous ces vins, dû certainement au climat ligérien. Je sais bien que Sancerre est assez loin de Nantes, mais la latitude ne change pas et le climat est globalement le même, à des nuances près. Les cépages laissent évidemment leur marque, comme le millésime et des détails de vinification ou de vieillissement. Mais, si j’avais à grouper mes vins sur une carte de restaurant par grande typologie gustative, ces vins blancs se trouveraient tous sous un titre du genre "léger et vif" . Tout cela tient la route et il n’y avait pas de mauvais vin dans le lot. Mais est-ce qu’on finirait ces bouteilles ?

Cairanne Blanc BoissonUn contraste bienvenu avec ce beau vin du sud. Non, l’acidité comme support principal d’un vin n’est pas toujours si agréable.

Peut-être, si bien accompagné en mets et en compagnie, mais j’ai quand même cédé, en fin de journée, aux joies plus voluptueuses d’un excellent Cairanne blanc 2012, du Domaine Boisson, riche mais bien équilibré. Sauf à être un janséniste convaincu, on ne peut pas prendre son plaisir tout le temps dans les rets tranchants de ce que certains se plaisent à appeler pompeusement de la "tension minérale", et que j’appelle simplement de l’acidité.

David

(texte et photos)


2 Commentaires

Jusqu’au Réveillon : Blanc de noirs vendéen et Muscadet primeur à gogo !

Les hideuses décorations de fin d’année polluent déjà les rues de ma ville. Raison de plus pour se poser la question : si on s’amusait un peu tout en préparant (déjà ?) le Noël qui ne saurait tarder ? Plutôt que de subir les traditionnelles risettes de fin d’année, les blagues lourdes des copains et les conflits de famille qui resurgissent chaque année, plutôt que de se noyer dans le triste Champagne "maison" qui n’a pas évolué de style depuis les années d’après guerre, pourquoi ne pas s’amuser à sélectionner les bouteilles qui feront sensation ? Pour vous, j’en ai retenu deux. La première que j’ai devant les yeux renferme un vin franc, beurré à souhait, subtilement noisetté, gentiment grillé, gras, long en bouche, riche et généreux. pas si mal, non ?

Photo©MS

Photo©MS

Mieux, ça se boit à pleine bouche laissant place à une fraîcheur sensationnelle au palais, fraîcheur que l’on peut imaginer plus croustillante et briochée en finale lorsque le vin sera encore plus abouti d’ici quelques années de garde. Le vin ayant des bulles et un beau cordon de mousse, vous pensez inévitablement à un grand Crémant de Bourgogne, ou mieux à un de ces remarquables Champagnes de l’Aube ? Trop facile, d’autant plus que le flacon est vraiment bien habillé comme vous pouvez en juger ci-dessus. Eh bien non, ce vin, parfait piège au passage pour une dégustation à l’aveugle entre potes, n’est ni Crémant, ni Champagne. Il vient de Vendée et pour ne rien vous cacher, c’est une amie, Laure, qui me l’a envoyé. Vous me direz que c’est son job, puisqu’elle est attachée de presse…

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Elle est efficace cette Laure Pradel et elle a plutôt intérêt à être aussi réactive, vu que l’un de ses clients, l’auteur de ce vin, est Jérémie Mourat, un jeune homme aussi dynamique qu’entreprenant, un sacré farceur aussi dont j’ai pu apprécier l’humour à maintes reprises chez mes amis les Tulasne, aux Sables d’Olonne. Non dosé, dégorgé en Octobre dernier, composé d’un bon pourcentage de vins de réserve, le plus ancien étant de 2008, ce pinot noir planté sur schistes du côté de Mareuil-sur-Lay, administrativement qualifié de « vin mousseux de qualité » possède, je l’affirme, l’une des contre-étiquettes les plus informative du moment, ce qui m’évitera bien du blabla. Recommandé sur un chocolat noir entre 70 et 80 % cacao ou sur des toasts de foie gras mi-cuit. Ou sur des pommes à la cannelle cuites au four…

Bien que négociant, Jérémie Mourat n’en est pas moins vigneron et les raisins sélectionnés proviennent de son propre domaine. Comme par hasard, il s’est lié d’amitié avec un presque voisin vigneron du Muscadet, un autre Jérémie, Jérémie Huchet pour être plus précis. Un brin facétieux, les deux gars, déjà auteurs d’une série de crus du Muscadet baptisée « Les Bêtes Curieuses » auxquels j’ai déjà consacré un article l’hiver dernier, ont remis le couvert histoire de rappeler qu’il n’y a pas que le Beaujolais qui a droit aux primeurs. Ensemble, ils ont concocté une jouissive cuvée de Muscadet Sèvre et Maine Primeur sans SO2, fermentée sur ses levures indigènes, un joyeux flacon de 2013 que je vous recommande de boire sans retenue toutes affaires cessantes. 

Photo©MS

Photo©MS

Le nom de ce vin ? « Le Lapin de 6 semaines ». Rien que pour l’étiquette, vous vous devez de l’avoir ! Mais boire ce vin à la robe cristalline alors que le pays a la sinistrose, ça vous requinque le morale ! Moi, je l’aime sur une assiette de petites crevettes grises croquées une fois posées sur une tartine de pain de campagne bien beurré au Bordier (beurre aux algues, de préférence), mais je reconnais que ce vin à la fois vif, soyeux et léger, se conduit fort bien sur les langoustines juste poêlées et même sur les amuses bouches à base de charcutailles. Dépêchez-vous car il n’y en a que 6.500 bouteilles et tout doit être bu avant la fin de l’année. Son prix : 6 € départ-cave si vous appelez de ma part Jérémie Huchet en son Domaine de La Chauvinière, au 02 40 06 51 90, ou au Domaine Mourat au 02 51 97 20 10. Bravo les petits gars !

                                                                                                Michel Smith

 

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