Les 5 du Vin

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Des blancs vertigineux aux Printemps de Châteauneuf

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De 2013 à 1985, les blancs castel papaux étaient au rendez-vous et ont marqué les esprits !
Huit cuvées pour le plus grand plaisir de nos papilles, en voici les commentaires relevés en direct comme une interview sur le vif.

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Domaine du Vieux Donjon 2013

Blanc doré lumineux qui donne envie de le humer. Le nez très floral mélange les fleurs d’amandier et d’oranger, quelques épices comme le poivre blanc, des fruits comme la poire fondante.
Bouche très croquante, voire crispy, elle développe des arômes qui rappelle les fleurs et les fruits sentis, ajoute un minéral important dont le relief renforce avec le croquant la fraîcheur, une belle fraîcheur envahissante qui met en valeur le fruit.
Moitié clairette, moitié Roussanne en cuve.

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Château Jas de Bressy 2008

Robe un rien évoluée au jaune plus intense. Nez qui commence à s’ouvrir sur des confits, fruits blancs, poire et figue, bien poivrées avec une note de safran.
Bouche encore fermée, ce qui est classique pour les Chateau9 qui traversent systématiquement une phase ingrate, moment durant lequel il n’est guère souhaite de les déguster, encore moins de les boire, cela dure entre 4 et 9 ans selon les millésimes, après, c’est génial, il faut de la patience…
Mais revenons au Jas qui avoue une texture ferme qui en fin de bouche nous lâche une fragrance d’abricot sec souligné d’un trait de réglisse dont l’amertume agréable nous rafraîchit.
Moitié Grenache, moitié Roussanne, moitié en barriques, moitié en cuve béton, 9 mois d’élevage, puis gardé 1 an en bouteille avant mise en marché.

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Château de Vaudieu 2004

Joli doré très lumineux au nez subtil de bigarreau et de fleur de tilleul, un rien de verveine et du bois de réglisse, un soupçon d’écorce d’orange qui nous émeut comme le souvenir des tisanes de nos grands-mères.
Bouche pareille qui décolle sur une belle fraîcheur qui tout de go met les arômes d’agrumes en valeur, un ensemble juteux qui ne manque pas de grâce.
Assemblage de 80% de Grenache, 15% de Roussanne et 5% du rare Picardan, en barriques pendant 3 à 4 mois.

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Domaine du Grand Tinel 2002

Une belle réussite, si d’aventure on croit tous les vins de ce millésime de plus pluvieux légers et dilués, il faut savoir que nombres de raisins blancs ont été ramassés avant le déluge et pour rappel 2002 se présentait fort bien avant la première goutte.
Doré intense, il offre encore de léger reflets verts. Le nez s’épice de safran, de pamplemousse, de poivre, de thym, de citron vert, de cédrat confit.
Presque vif en bouche, il offre une impression tannique qui renforce sa structure. Sa touche saline équilibre avec grâce le confit des fruits.
Assemblage de 60% de Grenache, 20% de Clairette et 20% de Bourboulenc.

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Domaine de la Janasse 1998

Robe dorée encore verte, le nez expressif de confiture de prune, de reine-claude mélangée de figue, souligné de réglisse, ombré de poivre et petites notes délicates de vanille et de chocolat blanc.
Bouche très fluide qui marque au passage les papilles du goût délicat des fruits charnus et secs, la noisette en tête, puis viennent les jus des agrumes qui redonnent grâce à leur amertume savoureuse un regain de fraîcheur.
J’ai oublié de noter la composition de l’assemblage, malo non faite.

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Domaine Font de Michelle 1994

Jaune doré aux senteurs de grillé, de foin, de cacao, voire du beurre de cacao, un note de vanille, plus la rafraichissante mandarine.
La bouche débute amère, un beau bitter au parfum de gentiane tout de suite enrobé du jus des agrumes qui apportent une fraîcheur intense.
Assemblage de 30% Grenache, 30% de Clairette, 30% de Roussanne et 10% de Bourboulenc.

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Domaine de la Solitude 1993

Robe jaune clair étonnement jeune. Le nez délicat, très élégant, il évoque les fleurs de tilleul et d’amandier, d’oranger aussi, les prunes jaunes confites, la bergamote…
La bouche s’exprime par une très fine amertume et une fraîcheur éclatante, une saveur de noisette un rien beurrée, la fougère qui d’un coup nous fait que ce Châteauneuf "meursaulte" comme un Chardonnay de belle tenue. Quelle délicatesse, quelle légèreté, quelle présence.
Assemblage de 50% de Grenache et itou de Clairette.

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Clos du Mont Olivet 1985

D’un beau doré cuivré intense, on passe dans un autre univers. La crème brûlée nous saute au nez et nous met au parfum, nous voilà dans le monde particulier des arômes pâtissiers, poire tatin, biscuit au thé vert et à la verveine, pâte d’amande à la menthe, chocolat à la gentiane étoilé de zestes confit de cédrat, avec en fond un soupçon de truffe qui renforce la sapidité, la longueur nous accompagne longtemps, nous rappelant à chaque instant l’égrainage des notes délicates.

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Encore une belle démonstration de la longévité des blancs du Sud…

Ciao

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Marco


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Le Petit Sommelier: pas si petit que ça !

Il existe certainement bon nombre de bistrots de rêve pour l’amateur de vins, à Paris ou ailleurs dans le monde. Le problème, particulièrement en France, est de les distinguer parmi la masse d’établissements, parfois même ceux qui se disent "bistrot à vins", mais pour lesquels le vin n’est qu’une vache à lait, une quantité négligeable, un truc qu’il faut avoir, un emmerdement de plus dont on s’occupe le moins possible, ou bien un phénomène de mode sur le dos duquel le patron joue la carte de l’opportunisme.

Rassurez-vous, l’établissement dont je vais vous parler relève de la première catégorie mentionnée : celle des bistrots de rêve. J’ai déjà mentionné, en passant, cet endroit dans un autre article sur ce blog (du 20 janvier 2014, si le sujet vous intéresse) à propos d’un repas tout au porto, car Le Petit Sommelier de Paris organise régulièrement des dîners à thème avec d’excellents producteurs parmi ceux qui figurent sur sa carte impressionnante.

IMG_5902Pierre Vila Palleja, qui n’est pas exactement un petit sommelier

Cela dit, quand, à la sortie de la Gare Montparnasse, on découvre dans l’Avenue du Maine la devanture du Petit Sommelier, on ne peut guère soupçonner les richesses viniques que recèle cette enseigne. Son décor "Néo-Art-Nouveau" est d’un style "brasserie chaleureuse" qui peut se trouver ailleurs. C’est sympathique et accueillant, avec une touche rétro qui cache un peu son jeu. Ce lieu est aussi une vraie brasserie, ce qui vous permettra de vous restaurer selon vos besoins et à toute heure. Lors de notre arrivée à midi, un samedi, notre élégant voisin de table en était à son petit déjeuner, avec thé, croissants, jus d’orange et deux œufs au plat.

Le faux semblant du Petit Sommelier, ce lieu aux possibilités multiples, se poursuit avec le patron, Pierre Vila Palleja (voir ci-dessus), qui n’est pas petit du tout, car il doit bien mesurer au moins 1m90.

IMG_5905L’accueil est parfait, du patron à ses co-équipiers (photo David Cobbold)

Le vrai trésor ici, outre un excellent accueil et une très bonne nourriture de bistrot, est évidemment la carte des vins. Jugez pour vous-mêmes, même si cette version de la carte n’est pas nécessairement à jour et qu’il a bien d’autres vins disponibles :

http://www.petit-sommelier.com/carte/vins.pdf

Ce n’est pas par hasard si cette carte a été adoubée 4 ans de suite par le Wine Spectator (que j’appelle parfois Wine Speculator, ou bien Wine Dictator). Pierre a été sommelier dans des grands établissements avant de reprendre ce bistrot familial que ses parents avaient acheté en 2001. Ils ont depuis poussé les murs, refait le décor et constitué une carte de vins qui ferait drôlement envie à beaucoup de lieux prestigieux… les prix en moins. Car le "petit" de l’enseigne pourrait s’appliquer aux coefficients pratiqués : 2 sur les grands vins et 3,5 au maximum sur les vins les moins chers. Pour vous éviter de compter, cette carte comporte 700 références dont 18 sont proposées au verre. Le restaurant est ouvert en permanence du lundi au samedi, entre 11h et 23h, ce qui est exemplaire et bien pratique pour ceux ou celles qui arrivent à la gare avec un peu d’avance, ou bien qui débarquent avec une petite faim ou soif. Mais je vous conseille de prendre votre temps ici et de profiter de ce lieu exceptionnel pour tout amateur de vins.

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Lors de mon dernier repas ici, qui date de samedi 8 mars à midi, peu de temps avant le triste match du XV de France en Ecosse, j’ai attaqué avec un verre d’un très bon Muscadet, Le Fief de Breil, de Jo Landron (photo ci-dessus). Assez dense, il allait très bien avec des magnifiques huîtres de Bretagne (Prat-ar-Coum, je crois), qui m’ont semblé bien salées. Certains diraient que ce vin a des saveurs "minérales", mais je ne mange pas souvent de clous et ne sais pas trop ce que cela peut bien signifier. Ayant fini mon verre avant les huîtres, j’ai poursuivi avec un splendide blanc d’Espagne, issu de la DO galicienne Valdeorras, et du cépage Godello. Cette variété, que l’on trouve aussi bien au Portugal qu’en Espagne, sous divers noms (Gouveio et aussi, à tort, Verdelho au Portugal), est en pleine renaissance en Galice. Le vin en question, appelé Louro do Bollo (voir photo ci-dessous) et élaboré par la famille Palacios, était plus gras, plus suave et plus parfumé que le Muscadet, mais contenait aussi toute l’acidité utile pour accompagner les sel des huîtres. Il vaut très largement le prix au verre de 8 euros.

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Ma compagne, comme beaucoup de Françaises, il me semble, ne boit que rarement de vin blanc sauf quand il y a des bulles dedans, ce qui m’interpelle car on trouve le comportement inverse en Angleterre avec bon nombre des femmes qui ne boivent jamais de vin rouge: encore une différence culturelle? Mais elle a daigné goûter à ce nectar et elle était d’accord sur sa qualité. Puis elle a pris la direction de l’Italie, plus précisément du Piémont, avec un verre d’un formidable Nebbiolo (oui, je l’ai goûté aussi) de la DOC régionale Langhe et du producteur Parusso (photo ci-dessous). Ferme comme il faut, mais subtilement fruité, ce qui n’est pas toujours le cas avec ce cépage aussi capricieux que le pinot noir. Je pense qu’il serait difficile de déguster des Barolos ou Barbarescos, issus du même cépage, aussi jeunes, mais l’appellation régionale peut produire des vins plus amènes.

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Enfin, pour accompagner mon bœuf bourguignon, j’ai préféré l’intensité d’une syrah rhodanienne à la délicatesse d’un pinot noir de Bourgogne en optant pour un Crozes Hermitage du Domaine Combier. Des deux bouteilles sur la photo ci-dessous, c’était celle de droite, appelé Laurent Combier. Impeccable !

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Et combien ça coûte ?

Le patron ayant eu la gentillesse de nous offrir deux verres parmi les quatre que nous avons consommés, j’estime la facture à environ 95 euros, avec deux entrées, deux plats, les 4 verres d’excellents vins et un café. Soit 47 euros par personne, à peu près. Service au top, lieu agréable, très bonne nourriture avec des produits de qualité, et le plaisir de rêver au regard d’une carte de vins remarquable en largeur comme en profondeur, dont 20% des références vous permettent de voyager bien plus loin que les destinations desservies par la gare d’à côté. Et tout cela au cœur de Paris, à Montparnasse. Si vous disposez de plus de temps, d’un portefeuille suffisamment garni, et que vous n’avez pas de travail à faire dans les heures qui suivent votre repas (ce qui fut malheureusement mon cas samedi) laissez-vous aller avec un Champagne de 1988 et/ou un Vega Sicila de 1985 : c’est dire les ressources de cet établissement que tout amateur de vin devrait inscrire dans son carnet.

Le Petit Sommelier, 49 Avenue du Maine, 75014 Paris (tel : 01 43 20 95 66)

http://www.petit-sommelier.com/

Bon voyage!

David Cobbold

(PS. maintenant, je signe de mon prénom et de mon nom, vu qu’il y a des personnes, que je rechigne un peu d’appeler "bio-cons", qui ne lisent ni les articles complètement, ni la présentation de ce blog, avant de poster leurs commentaires).


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Crozes-Hermitage rouge : les bonnes affaires du Rhône septentrional ?

Il y a un mois ou deux, j’ai fait part dans ce blog de mon mécontentement à propos d’une manifestation organisée à Paris autour des vins de Crozes-Hermitage dont les conditions rendaient la dégustation très difficile, voir impossible. Les responsables ont parfaitement réagi en me proposant l’envoi d’échantillons afin que je puisse mieux juger des qualités relatives de certains de ces vins. Voici donc ma vision des vins rouges de Crozes-Hermitage dans les millésimes actuellement disponibles sur le marché, sur la base des 35 échantillons dégustés. Je parlerai des blancs une autre fois.

Pays-de-l'Hermitage

Photo: Crozes-Hermitage Commune

Autour du 45e parallèle, sur la rive gauche du Rhône, l’appellation Crozes-Hermitage concerne 11 communes du département de la Drôme. Un superficie de près de 1.650 hectares fait de cette appellation la plus étendue du Rhône septentrional (devant Saint Joseph). Sur le plan de la taille uniquement, il s’agit donc d’un grand parmi les petits, car l’ensemble des appellations septentrionales ne pèse qu’environ 5% dans le vaste ensemble des vins de l’aire rhodanienne française. Si le climat est globalement homogène sur cette aire, la topographie fait varier les situations individuelles des parcelles en matière d’altitude, de pente et d’orientation. Ne comptez pas sur moi pour une présentation de la géologie locale, il y a des spécialistes pour cela ! Les règles de l’appellation en matière de cépages sont assez simples : si c’est rouge (92% de la production), c’est fait avec de la syrah ; si c’est blanc, on peut faire appel à de la marsanne et à de la roussannne.

Cet article ne concerne que les vins rouges et touche à trois millésimes dégustés, selon les vins : 2010, 2011 (majoritaires) et 2012. Il faut évidemment noter que tous les producteurs de l’appellation n’ont pas jugé bon d’envoyer des échantillons : la notoriété des ce blog a beau s’étendre jusqu’en en Asie (voir l’article de samedi dernier), elle a tout de même ses limites!

Je pense néanmoins que cet échantillonnage, qui doit représenter plus de la moitié de l’appellation, est assez représentatif. Pour respecter la volonté des lecteurs, je ne mettrais pas de notes cette fois-ci, même sur 5 ou sur 20. Mais, comme je note toujours les vins pour mes propres besoins, je dois vous dire que les notes de l’ensemble des vins se trouvaient dans une fourchette entre 10/20 et 16/20, et que tous les vins que je commente ci-dessous étaient notés à 14,5/20 ou plus. La moyenne était donc assez élevée et j’ai trouvé la qualité relativement homogène.

Mes vins préférés

Millésime 2010 (9 vins dégustés)

Classique de Clairmont

Ce vin séduit par un beau nez de fruits noirs qui est assez suave et plein, allégé par une pointe de fraîcheur. En bouche, les tanins sont souples et la matière contient de la fraîcheur qui n’a rien d’agressive. Bonne longueur pour un vin assez gourmand à boire jeune. Je ne connaissais pas la production de cette cave coopérative qui a clairement des atouts (désolé), dont cette cuvée entrée de gamme.

Prix plus que raisonnable de 9 euros.

Domaine des Grands Chemins, Delas

Si le nez est un peu animal (réduction ?) ce que j’ n’aime pas du tout, la bouche se rattrape bien avec une structure dynamique et ferme basée sur une belle matière. Ce domaine appartient à Delas Frères, un bon négociant propriété de la maison de Champagne Deutz. Le vignoble est mené avec sérieux, est les vins sont fiables.

Prix: environ 18 euros, soit le double du vin précédent, ce qui n’est pas très favorable en terme de rapport qualité/prix.

Les Clos, Delas

Sélection parcellaire du producteur précédent, ce vin a un très joli nez qui dévoile beaucoup de finesse. La précision de son expression  fruitée est exemplaire, les tannins sont au service de l’ensemble sans chercher à écraser le tout, et l’ensemble est mur et très gourmand. Un des mes vins préférés de la série.

Prix autour de 22 euros.

Guigal

Je trouve ce vin exemplaire, car produit à 500.000 exemplaires et d’une qualité très régulière. On parle sans arrêt, dans des revues pour snobs faussement "rebelles" qui cherchent la mode éphémère, de cuvées microscopiques et introuvables, mais si l’on déguste à l’aveugle et sans biais, on ne peut que rendre hommage à des producteurs comme Guigal qui allient, depuis longtemps, volume et qualité. Le nez est fin, suave et parfaitement équilibré. C’est un joli vin direct dans son expression, souple mais assez complet et d’une bonne longueur.

Prix (excellent rapport plaisir/prix) : 13 euros

Domaine Belle, Roche Pierre

Le nez est superbe, très complet avec une magnifique expression de fruit. Le boisé est encore présent en bouche et assèche un peu la finale. Va peut-être s’équilibrer dans un an ou deux car il s’agit d’une cuvée de garde.

Un peu cher à 27 euros et dans un flacon inutilement lourd.

Nouvelère, Philippe et Vincent Jaboulet

Issue de très vielles vignes de la propriété familiale, cette cuvée est clairement destinée à une garde d’au moins 5 ans. Les nez est intense, mais, dans ce cas, le boisé est très bien supporté par la densité de la matière (il n’est pas perceptible), à la différence de la cuvée de base du même domaine.  Superbe matière et grande longueur.

Prix : 17 euros

Autres vins dégustés dans ce millésime : Domaine de la Ville Rouge, Terre d’Eclat ; Domaine Pradelle, les Hirondelles ; Philippe et Vincent Jaboulet (cuvée de base)

Millésime 2011 (21 vins dégustés)

Emmanuel Darnand, Les Trois Chênes

Un nez mur et expressif, très fruité. Aucune trace des notes végétales qui semblent marquer certaine cuvées de ce millésime. En bouche c’est assez dense et complexe, parfaitement net au-dessus d’un fond qui porte encore l’empreinte de son élevage. Une bonne cuvée de garde qui aura besoin de 3 à 5 ans de cave.

Prix : 19 euros

Domaine Michelas St. Jemms, La Chasselière

Une très belle qualité de fruit dans ce vin, qui se montre intense, mure et fine de texture. Très joli vin, fait avec des raisins de bonne maturité. Matière bien extraite, sans aucun excès.

Prix : 17 euros

Domaine Michelas St. Jemms, Terres d’Arce

Le nez est encore bien marqué par son élevage en fûts, ce qui lui a aussi apporté une magnifique finesse de texture et se saveurs. Peut-être qu’une part moins importante de bois neuf aurait permis une meilleure expression de fruit, car la matière était clairement de qualité. Aura besoin d’un an ou deux pour trouver sa voie, mais très prometteur..

Prix inconnu, mais probablement plus de 20 euros

Yann Chave, Le Rouvre

De la fraîcheur au nez, malgré une pointe de réduction. Ce vin a pris le parti du fruit, qui domine l’ensemble de belle manière. Juteux et très gourmand, c’est presque délicat et tout à fait délicieux.

Prix : 18 euros

Paul Jaboulet, Domaine de Thalabert

Avec le Crozes de Guigal, voici un autre "classique" de cette appellation pleinement réussi. Le nez est fin et bien équilibré et l’ensemble très bien fruité avec un peu de structure derrière. Délicieux à boire maintenant, positionné entre cuvées à boire jeunes et cuvées de garde, ce vin est d’un bon niveau à ce prix-là.

Prix : 17 euros

Luc Tardy, Domaine du Murinais, cuvée "vieilles vignes"

Je me méfie un peu de ces mentions "vieilles vignes" car il n’y a aucune définition de l’expression, mais, dans ce cas, cela semble justifié car les parcelles ont 39 et 45 ans. Un élevage mixte bois/béton a conservé l’intensité des arômes de cassis au nez et le boisé est parfaitement intégré. La matière en bouche est riche et complexe, avec un très beau fruité et une texture soyeuse. Excellent vin dans un style à mi-chemin entre les vins à boire jeune et les cuvées nettement orientées vers une garde. Un de mes préférés dans cette série.

Prix : 18 euros

David Raynaud, Domaine Les Bruyères, Entre Ciel et Terre

Malgré un nez réduit, il y a une belle matière en bouche, assez dense mais qui contient encore un peu de CO2, ce qui perturbe la texture. Cela est probablement fait exprès pour protéger ce vin qui n’a pas de soufre ajouté. Intense, il aura besoin d’un peu de temps pour trouver son équilibré et s’épanouir. En attendant, il faudrait le conserver au frais. Un bon vin pour amateurs (fortunés) de vins "sans soufre".

Prix : 28 euros, ce qui me semble assez cher

Charles et François Tardy, Les Mâchonniers

Très joli fruité au nez, avec une expression nette et bien mûre qui se confirme ensuite parfaitement en bouche. Un magnifique vin de plaisir immédiat, juteux, équilibré et harmonieux.

Prix : 18 euros

Cave de Tain, Les Hauts du Fief

La cuvée haut de gamme de la Cave de Tain est issue d’une sélection de vins de différentes parties de l’appellation. Le boisé domine un peu au nez, mais il y a une belle matière derrière. Sa structure encore un peu anguleuse demandera deux ou trois ans pour se fondre.

Prix : ?

Domaine Remezières, cuvée Christophe

Grace à des fruits manifestement mûrs, ce vin possède une matière de belle finesse, riche mais pas à l’excès. Son élevage est parfaitement maîtrisé et je n’ai perçu aucune présence intrusive de notes boisés, malgré l’emploi de 70% de barriques neuves. C’est un cuvée ambitieuse, issue de très vielles vignes (65/70 ans), qui semble destinée à une petite garde est qui est parfaitement réussite. Un des meilleurs vins de la série, il est aussi celui qui présente le meilleur rapport plaisir/prix.

Prix : 15 euros

Autres vins dégustés dans ce millésime: Domaine Ferraton, la Matinière; Gaylord Machon, cuvée Ghany ; Domaine Melody, Premier Regard; Domaine Mucyn; Eric Rocher, Chaubayou ; Domaine Belle, Les Pierrelles ; Chapoutier, Meysonniers; Chapoutier, Les Varonniers; Cave de Tain (cuvée de base) ; Emmanuel Durand, Mise en Bouche; Domaine du Colombier, cuvée Gaby.

Millésime 2012 (5 vins dégustés)

Domaine Aleofane (Natacha Chave)

Encore un peu dense par sa matière juvénile et  riche, ce vin possède une très belle fraîcheur et fait preuve de beaucoup d’intensité et de finesse. Très prometteur.

Prix : 17 à 20 euros

Luc Tardy, Domaine du Murinais, Les Amandiers

Le nez a encore besoin de se stabiliser mais la matière en bouche est d’une belle richesse.

Prix : 12 euros

Autres vins dégustés dans ce millésime: Christelle Betton, Espiègle; Christelle Betton, Caprice; Etienne Bécherais, Le Prieuré d’Arras.

Petite conclusion

Globalement, les vins de cette série présentaient un très bon niveau. Il faut toujours faire attention à relativiser ses jugements dans ce genre d’exercice. Si Crozes-Hermitage est la plus grande (et  la moins chère) des appellations du Rhône septentrional, ses vins ne pèsent pas lourd face aux grosses divisions du Rhône Sud. Par conséquent, les rapports plaisir/prix ne sont pas à situer sur la même échelle. Car, si on peut trouver de vins splendides en Côtes du Rhône du Sud pour moins de 10 euros, il faut mettre environ le double pour avoir à peu près le même rapport à Crozes. Mais vous avez une pure syrah issue de son lieu d’origine probable.

Parmi les déceptions de cette dégustation, je dois ranger les deux cuvées de la Maison Chapoutier. Alors que les autres Maisons historiques de la zone (Guigal, Jaboulet et Delas, ainsi que la Cave de Tain) ont tous placé un vin parmi les meilleurs de cette série, je n’ai pas trouvé les vins de Chapoutier dignes de leur réputation. Une cuvée (en 2011) m’a paru diluée et pas mûre, et l’autre (également un 2011) était totalement écrasé par son élevage, avec un jus assez maigre derrière.

Mais il y avait une grande majorité de bons ou de très bons vins. Il s’agit donc d’une appellation largement digne d’intérêt.

David


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Juste un commentaire de vin, pour le plaisir: Pisan 2009

Une petite excursion sur les terres de Marc, ce Rhône qu’il connaît si bien, cette vallée de plaisirs…

Le Domaine de Pisan est situé sur les hauteurs de Rasteau, altitude 310m. Depuis 2006, il appartient à la Cave de Rasteau, alias Ortas.

Le vignoble est en conversion bio, mais il s’agit ici du millésime 2009. Il serait vain de vouloir y trouver la trace d’une évolution qui n’avait pas encore eu lieu!

pisan_etiq

Son appellation, Rasteau?

Je ne l’ai jamais visitée, et la plupart des vins que j’ai bus qui en provenaient étaient des VDN, alors que celui-ci est un Rasteau sec.

Son terroir? Je ne le connais pas bien.

Ce n’est pas un vin nature.

Ce n’est pas un vin de star.

Ce n’est pas le vin d’un consultant-vedette.

Les investisseurs ne se l’arrachent pas aux Primeurs.

Son prix n’a rien de scandaleux, je pense qu’il couvre juste les frais de production avec une marge raisonnable.

Pas de buzz

Bref, ce vin n’a rien pour susciter la polémique.

Je n’avais donc aucun "angle d’attaque" pour le commenter.
Alors, comme je suis un gars pratique, j’ai ouvert la bouteille, j’ai versé le vin dans le verre. Je l’ai non seulement dégusté, mais comme je le trouvais à mon goût, je l’ai bu.
Assemblage de grenache et de mourvèdre, avec une pointe de syrah, il séduit d’emblée par ses notes de fruits noirs très frais – myrtilles, mûres; la bouche confirme cette fraîcheur, qui s’agrémente de notes de cuir, de prunes et de moka – le boisé est assez présent, mais assez bien maîtrisé.
La finale est sur la puissance, mais n’assèche pas la bouche.
Côté accords gourmands, la grillade de boeuf semble toute indiquée.

Pas de message

Qu’on ne se méprenne pas: ce n’est pas mon "vin de l’année", mais dans un style sans chichis,  il fait tout à fait mon affaire.
Laissons à la cave quelques années pour apprivoiser le domaine (et le bois), le vin devrait gagner en complexité.
Faute de grand message à vous délivrer, amis oenophiles, voici le principal enseignement que je tire de ce vin: il est bon, parfois, de retourner aux sources du plaisir simple, de ne pas se prendre la tête.
Ah, si, j’oubliais: vive la coopération!

Hervé


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Le Clos des Mourres, c’est pas des salades !

Côtes du Rhône néo vignerons 105

La mourre est une sorte de pissenlit qui apparaît après les premières gelées et qu’on mange en salade avec des pommes de terre. Mais au Clos, pas de salade, ni de patates, avant le dîner du soir. Le tout nouveau domaine vient de tripler sa superficie, pas le temps de glander.

 assiettes de mourres, pdt et pinets (2)

Un rêve réalisé

«Mon mari en rêvait. Depuis tout petit, la vigne ça le turlupine. Enfant, il suivait son grand-père, montait sur le tracteur, aidait à la vendange. Courir dans la nature lui en a inculqué le respect. En 2007, il s’est décidé, mais il lui a fallu attendre 2009 pour récupérer 1 ha à Saint Roman de Malegarde, puis encore 4 ha dans la foulée vers le Col du Débat sur le versant nord-ouest de Cairanne» raconte Ingrid Bouchet.

De son côté, Ingrid avait dans sa famille une propriété laissée en fermage par ses parents. Un bel ensemble de 10 ha au Plan sur la commune de Vaison-la-Romaine, mais sur l’autre rive de l’Ouvèze, vers Roaix. Pas facile à trouver.

 Côtes du Rhône néo vignerons 103

Boulot, boulot…

En janvier 2012, le fermage se termine et les Bouchet, Ingrid et Jean-Philippe, décident de reprendre le tout «passer de 5 ha à 17 ha, nous avons encore récupéré 1 ha à Vacqueyras, ça fait un surcroit de boulot qui a été très difficile à gérer. D’autant plus qu’on a dû faire construire une extension pour pouvoir vinifier» explique Ingrid. De plus, les vignes sont conduites en mode biodynamique «on travaille en biodynamie sur Cairanne, cela nous semblait évident, cela fait partie de notre philosophie, comme manger bon, boire bon. Du coup, cette première année de reprise, nous sommes tout de suite passés en conversion pour le vignoble qui entoure la maison» confie Ingrid.

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Jean-Philippe n’est pas muet, mais la visite se passait durant les vendanges… Après une balade dans les vignes de Vaison, nous l’avons rejoint dans la nouvelle cave, dégusté quelques cuves, assisté à l’arrivée de la dernière récolte du jour, avant d’ouvrir quelques flacons sur la terrasse ensoleillée de cette fin d’été.

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De 2 à 5 cuvées

Jusqu’en 2011 le Clos des Mourres proposait un Côtes du Rhône Villages et un Cairanne, basta !

Deux révélations, du moins pour moi, des Découvertes 2011 (celles-ci auront lieu cette année eu lundi 11 mars au jeudi 14 mars, www.decouvertes-vins-rhone.com ).

Avec la nouvelle partie, trois cuvées se sont ajoutées. Juste un essai 2011a été dégusté, je passerai les voir à Avignon en mars pour connaître la suite de l’aventure…

Le Vacqueyras reste en gestation.

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Clos des Mourres 2011 Côtes du Rhône Villages

Rubis violet, il teinte son nez de fruits rouges et noirs, y ajoute un trait de cacao, s’épice de poivre. La bouche à la fois élégante et gourmande plaît tout de go, ce qui peut paraître paradoxal, pas qu’elle plaise, mais l’écart intellectuel entre élégance et gourmandise, c’est pourtant top et cela s’explique ici par la maturité précise des raisins. Paramètre essentiel qui a conduit à cet agréable équilibre. Croquant, fraîcheur, structure ferme, tanins à la rusticité délicate de la soie sauvage, on en boirait…

Les Grenache, Syrah et un rien de Carignan, vendangés manuellement, de moins en moins égrappés au fil des années, macèrent pas trop longtemps et sont élevés en cuve béton. Un poil de SO2 est ajouté à la mise pour que David daigne y plonger le nez, en boire une gorgée…

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Clos des Mourres 2011 Côtes du Rhône Villages Cairanne

Il coule tendrement carmin pourpre dans le hanap cristalline, teintant les parois du contenant de ses tons violacé, il est rouge comme le fruit qui s’en exhale, mélange de baies qui telle une corne d’abondance remplissent la corbeille, envoûtent le nez par ses fragrances délicates parfumées de fraise, de cerise et d’arbouse. Bouquet fruité qui se pare d’une feuille de laurier, s’orne d’une ramure de sauge.

La bouche répond à nos attentes, fraîche, soutenue par une assise minérale, elle dessine avec précision les fruits sentis, accentue leur contour par un trait de réglisse, les ombre de cacao. Le grain fin des tanins vient enrober chaque arome et donne aux papilles une impression supplémentaire de relief. On en boirait encore plus…

Issu des mêmes sols, les vignes sont ici plus âgées et les Syrah passent en partie en ½ muids.

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La première cuvée issue des vignes autour de la maison à Le Plan.

Elle répond au nom curieux de NoVice, no comment.

NoVice 2011 Côtes du Rhône

Certes bien différent, on passe d’un sol calcaire d’altitude (250 m) à un sable légèrement argileux. La robe plus claire, le nez floral bien poivré évoque la feuille de tomate, le réséda. Les tanins souples enveloppent avec doigté le fruit qui avoue un léger caractère végétal rapidement oublié grâce au volume fruité. Un vin bien sympa à ouvrir une petite heure avant l’arrivée des copains.

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http://closdesmourres.fr

Ciao

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Marc


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Le point «culminant» du Plan de Dieu

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C’est le point «culminant» du Plan de Dieu… et ce sont aussi les parcelles les plus au Sud de l’entité géologique. Sur cette curieuse élévation de terrain, la Ferme Saint Antonin. Elle a donné son nom au domaine de Jean-Pierre Allemand, grand de 15 ha autour de la ferme et de 20 ha supplémentaires autour d’une autre ferme plantée au milieu d’un monticule moins élevé. Il faudra que Georges m’explique quel phénomène a produit ces reliefs inattendus.

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Le Plan de Dieu

Perché sur les hauteurs de Cairanne, le Plan de Dieu se distingue presque dans son entièreté. Grand quadrilatère, il s’incline vers le sud sud-ouest et varie son altitude de 150 m au piémont de Rasteau et Cairanne à 80 m à l’entrée de la plaine de Camaret-Jonquières. Deux rivières le bordent, l’Aigues à l’ouest et l’Ouvèze à l’est.

Aujourd’hui, le Plan de Dieu étale ses cailloux plantés de vignes à perte de vue, jadis, il fallait recommander son âme à Dieu avant de traverser l’épaisse forêt infestée de brigands.

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La géologie

Une masse importante de galets roulés recouvre d’une épaisseur de 10 à 15 m les argiles du Pliocène et les sables grésifiés du Miocène. Ils furent déposés là par l’action conjuguée des deux rivières durant la glaciation de Riss, il y a 250.000 ans. Les dépôts plus sableux de L’Ouvèze s’entrecroisent avec ceux plus argileux de l’Aigues. Le cailloutis calcaire est omniprésent et passe de 50% de la masse à 85% au-delà de 60 cm de profondeur. Sol et sous-sol offrent une bonne réponse hydrique à la vigne, meilleure toutefois au sein des matrices argileuses qui propagent mieux l’eau capillaire. Bon drainage, en cas de fortes pluies, et rétention hydrique, durant la sécheresse, régulent les apports. Et donne à ce paysage à 88% viticole, sans maison et avec à peine trois arbres sur le caillou, une fausse impression de terrain sec, surchauffé de soleil. Les hommes y souffrent plus que la vigne.

Les vins

38 km²  plantés sur les 44 km² disponibles donnent un volume de production important. La petite mer de vignes au pied des Dentelles calle son volume de production entre ceux de Cairanne et de Rasteau.

Solaire et généreux, les vins y possèdent volume et ampleur, plein de fruits le plus souvent rouges, des épices et des notes de garrigue, suffisamment de fraîcheur pour équilibrer les titres alcooliques et bien assez de gras pour enrober les charges tanniques modérées. Des vins en rondeur comme une poitrine généreuse.

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La Ferme Saint Antonin

«Je suis atypique par rapport à l’AOC, j’ai plus de Mourvèdre que les autres» nous dit tout de go Jean-Pierre. Ses vignes sont en production raisonnée depuis 2000. Mais au départ, il pratiquait la polyculture, puis s’est orienté vers le maraîchage, pour enfin se consacrer essentiellement à la vigne. Tout d’abord viticulteur, il portait ses raisins au Cellier des Princes. Il en fut même président pendant 10 ans. «J’ai quitté le Celliers en 2006, il y a eu un changement de politique à la cave auquel je n’adhérais pas, cela m’a décidé» confie J-P. Depuis, c’est à la Maison Lavau, à Violes, qu’il vinifie, «je compte vinifier bientôt une partie de la gamme chez moi, cela me donnera plus de souplesse, comme j’exporte 80% de ma production, le reste se vend chez les cavistes» explique Jean-Pierre. La ferme serait toute indiquée pour y placer un chai de vinification, au milieu des vignes et d’accès facile. Mais voilà, y loge l’âme la plus âgée du coin, elle est née là à l’aube du siècle dernier et Jean-Pierre n’imagine même pas un instant son déplacement. Bon pied bon œil, nous étions heureux de la voir tenir fermement son chien qui nous montrait les dents quand on l’a croisée au retour du champ.

Un homme qui a du cœur et qui parfois s’interroge sur le Plan de Dieu, cette grande entité qui a le statut d’un Côtes du Rhône Villages avec nom de Commune, «je trouve qu’il y a une qualité assez homogène sur tout le Plan de Dieu, mais il y a parfois des vins vendus à des prix qui me désolent. Il faut croire en son produit, ça évite de le brader» affirme Jean-Pierre.

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Le domaine produit 6 vins

Du Vin de France à l’AOP Plan de Dieu.

Le blanc pour se mettre en bouche, Côté Jardin 2011 fait de Clairette et de Chardonnay, écrit Vin de Pays du Vaucluse sur l’étiquette.

Un vin minéral (on n’ose presque plus le dire), élégant, tendu et fruité qui associe la maturité en rondeur du Chardonnay à la fraîcheur acide de la Clairette. Un blanc sec, facile à boire.

On passe aux rouges, le Côtes du Rhône 2010 en premier, la robe foncée, des confitures de fruits noirs relevées de cumin et de fenugrec au nez, croquant et frais en bouche, les tanins soyeux, le voilà joyeux, content de nous plaire, heureux de son équilibre, sans lourdeur ni excès d’alcool, la longueur sur les épices, la garrigue. Un vin de belle soif qui a la gourmandise des Grenache élevés en cuve, encadrés de Carignan et de Syrah.

Suit le rouge Le Bois Julien 2010 Côtes du Rhône made for USA, boisé, une majorité de Syrah, il s’exprime en notes vanillées avec des accents de liqueurs de cassis, de pétales de lis, il n’a pas la fraîcheur espiègle du précédent.

On repasse au Vin de Pays de Méditerranée Côté Cour 2010 qui mélange Grenache, Syrah, Marselan, Carignan et Cabernet Sauvignon. Un mixte de cépages qui se transcrit par une grande fraîcheur et beaucoup de caractère. Il fait facilement oublier le boisé du Bois Julien et s’impose en bouche par une présence impressionnante. Droit, très garrigue, avec un rien de carbonique pour encore affûter la vivacité, il offre son fruit à qui l’apprivoise.

Le Plan de Dieu 2010  pour terminer

Grenat foncé pour la robe, garrigue au nez, la constante Plan de dieu, des épices, des gelées de fruits. Mais c’est en bouche qu’il se révèle vraiment, bien caractéristique des belles productions du Plan, à la fois structuré et aimable, il a le tanin rond et fin, une fraîcheur qui met en évidence le développement fruité épicé, une finale sur la garrigue, encore elle, mais on ne s’en lasse pas, elle nous entraîne loin au milieu des bouquets de thym et de sauge, d’arbousier et de cade, l’amertume de ce dernier laisse longtemps son parfum, pareil à un trait de réglisse. C’est bon, c’est plein, c’est riche. Ici, le Grenache lâche du lest et partage la bouteille avec 30% de Mourvèdre et 20% de Carignan.

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Georges, si tu m’as lu, te connaissant, tu as eu le temps de cogiter et de trouver l’explication de cette curieuse élévation de terrain. D’elle, comme d’un piédestal, on domine de quelques mètres l’étendue vert gris clair du Plan, au loin les Dentelles, le Ventoux, et la route qui mène au prochain rendez-vous.

Côtes du Rhône néo vignerons 074

Jean-Pierre et Josy Allemand, chemin des Chèvres 84150 Jonquieres
+33 490 70 30 71  crescendo.vins@orange.fr

Ciao

Marc


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#Carignan Story # 154 : Retour sur le Belge

Non, ce n’est pas de notre Léon national que je vais vous causer, mais d’un de ces nombreux citoyens Belges qui s’exilent en France non dans l’intention fuir leur fisc à eux,mais pour goûter aux plaisirs qu’offrent nos vignes. Au moment même où mon ami Hervé me volait la vedette avec un plaisir non dissimulé (il aurait pu nous vanter dame Syrah…) en nous présentant son Belge de compétition, de formule un, devrais-je dire, le hasard voulait que je découvrais le même homme dans les travées de Millésime Bio à Montpellier, où il exposait ses oeuvres rhodaniennes… En discutant avec le sieur Vermeersch, Dirk de son prénom, j’ai découvert non seulement une homme poli et aimable, mais un connaisseur et un entrepreneur sincèrement amoureux du vin en général et du Carignan en particulier.

Dirk, amoureux fou de Carignan. Photo©MichelSmith

Dirk, amoureux fou de Carignan. Photo©MichelSmith

Avec 25 ha et 3 ha de bois, sa propriété est aujourd’hui entre les mains de sa fille Ann et de son mari Sébastien qui se sont connus lors d’un passage au Lycée d’Orange. Mais l’ancien pilote de course a visiblement encore son mot à dire, ne serait-ce que pour le Carignan,"mon premier bébé", un cépage qu’il juge très difficile mais qui, une fois bien maîtrisé, est capable de faire de grandes choses. "Il m’arrive de le laisser trois semaines entamé dans sa bouteille et il est encore bon" ! Le sien, planté sur fil (taille Guyot) en 1972, et sur 2 ha, occupe une terre argilo calcaire rouge coiffée de 60 cm de gros galets avec, en profondeur, un socle d’argile qui maintient une fraîcheur idéale pour l’équilibre du vin.

Une bien belle bouteille... Photo©MichelSmith

Une bien belle bouteille… Photo©MichelSmith

Car de l’équilibre, son Carignan, ramassé à pleine maturité et élèvé un an en barriques dont la plus âgée a connus cinq vins, en a à revendre : la bouche est droite, ferme, magnifique de densité et particulièrement intense. Tiré à 6.000 exemplaires, on peut l’acheter sur place à 12 €. Seulement, serait-on tenté de dire.

Michel Smith

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