Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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L’illusion du naturel

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Dans son dernier numéro (49), la revue suisse Vinifera, qui est produit par Jacques Perrin, consacre un dossier d’une douzaine de pages à un sujet qu’il intitule « Le rêve du vin naturel », sous-titré « La guerre du vrai goût ». Pour éclairer son dossier, et pour suivre son introduction qui fait une excellente analyse de ce phénomène de la micro-société du vin qui est le mouvent dit « vin naturel »,  Perrin a invité plusieurs professionnels du vin, journalistes et vignerons, à répondre à deux questions :

1). « On parle beaucoup aujourd’hui de vins naturels, de vins vivants, de vins sans soufre, de vins sans soufre ajouté, etc. Ce débat tourne la plupart du temps au pugilat verbal et aux attaques personnelles. A votre avis, pourquoi ce sujet suscite-t-il autant de passion ? Pouvez-vous définir en quelques lignes votre approche du sujet ? » 

2). « Depuis février 2012, le législateur européen a adopté le projet de label « vin bio » qui certifie également les vinifications en plus de la culture des raisins. Que pensez-vous de cette évolution ? Le consommateur va-t-il gagner ? Et le vigneron ? »

Ont répondu à ces deux questions ; Stephane Derenoncourt, François Mitjavile, André Ostertag, Vincent Pousson, Jacky Rigaux, et votre serviteur. Michel Bettane a également contribué un article plus long et bien étayé. Je ne vais guère sur Facebook, mais, puisque j’y suis inscrit, je reçois des notifications qui m’indiquent que le petit monde des fervents des vins « sans soufre etc » réagit, pas toujours avec finesse et pas nécessairement ayant lu le dossier. Je vais donc vous présenter, ci-dessous, mes réponses à ces deux questions, telles qu’elles ont été publié dans Vinifera, mais aussi quelques extraits des réponses de mes collègues et des remarques supplémentaires.

1). Le sujet autour du vin dit « naturel »

Ce sujet est flou, paradoxal et parfois polémique parce qu’il n’existe aucune définition de l’expression « vin naturel ». « Sans soufre rajouté » serait plus claire. « Sans soufre » serait, en revanche, mensonger car tous les vins contiennent du soufre étant donné que cette substance est présente dans le raisin et produite aussi en cours de sa fermentation. D’ailleurs 0,5% de la croûte terrestre et fait de soufre : c’est donc un produit « naturel » !

Un autre problème (d’ordre philosophique) inhérent à ce débat, souvent trop manichéen je vous l’accorde, est l’acception donnée du terme naturel. Pour les défenseurs du vin « naturel », la nature est nécessairement « bonne ». Pour moi, cette approche, que je qualifierais de rousseauiste, est naïve et erronée. La nature d’est pas d’ordre moral. Elle est, point ! Elle est donc amorale. Pour vérifier ce point de vue parachutez des défenseurs de la thèse de la « bonne » nature dans la jungle (amazonienne ou autre) sans kit de survie et allez récolter l’avis des survivants éventuels deux jours plus tard sur la nature et sa supposée bonté !

Une troisième source de confusion a ses origines dans le premier point : pas de définition du terme, donc des grandes variations dans le terrain couvert. Sans soufre rajouté ou peu de soufre rajouté ? « Bio » ou pas « bio » ? Levures indigènes ou cultivés ? Vinification soignée et attentive ou laissez-faire ? Tout cela manque singulièrement de clarté.

Il fait rajouter que le contexte socio-communautaire qui entoure ce type de vins (ou ceux qui se désignent par ce terme très flou) a tendance à rendre encore moins claires nos perceptions. L’engouement actuel pour ces vins, de la part d’un groupe de consommateurs un peu fanatisé et un peu détaché des réalités des marchés autres que leur microcosme, ne milite guère en faveur d’un débat clair et instructif, même si cette micro tendance peut, dans certains cas, aiguiller un ensemble plus large de producteurs sur les pistes de progression pour l’avenir.

Enfin, l’absence de formation au goût, et la tendance de bon nombre de consommateurs à être suiveurs dans leurs goûts, amènent certains amateurs à prendre de sérieux défauts dans certains vins « naturels » pour des éléments de caractère bienvenues.

2). Législation européenne sur le vin bio

Pour faire très court, je pense que c’est un bonne chose, car la plupart des gens parlaient déjà de vin « bio » sans savoir que seuls les raisins pouvaient obtenir cette certification.

Mais je me méfie beaucoup des diktats et de la pensée magique. je crois, notamment, que la viticulture « bio » peut, dans de nombreux cas, être plus nocive pour la planète en terme de bilan carbone qu’une viticulture raisonnée et intelligente.   

Parmi les choses que j’ai lu de la part des mes collègues qui ont répondu aux deux mêmes questions, plusieurs remarques me semblent bien éclairer le débat autour de la première question, car tous semblent assez d’accord que le label vin bio est une bonne chose qui clarifie la situation.

Pour Stéphane Derenoncourt (qui, soit dit en passant, est connu pour son grand respect des sols et de la plante dans son travail viticole), « on assiste depuis quelques années à un engouement pour les vins dits naturel, sans soufre, en liberté, vivants, tous ces adjectifs qui tentent de donner une identité à une production compliquée, très inégale. Adjectifs que masquent souvent des produit de piètre qualité, plein de défauts (c’est pas bon mais c’est nature). Le phénomène s’est initié et se développe généralement dans les grandes villes….là ou les gens sont déconnectés avec la nature »

Je trouve ce dernier point particulièrement intéressant et j’ai pu observer la même chose. En effet, les plus ardents défenseurs de vins dits « nature » sont souvent issus des grandes villes, comme si l’absence de la nature, la vrai, créait une sorte de nostalgie un peu frénétique de tout ce qui est considéré comme « naturel ».

Derenoncourt poursuit avec une analyse des défauts les plus fréquemment trouvés dans ce type de vin (bretts, oxydation etc) et conclut ainsi :

« On peut donc définir ce mouvement comme un concept, l’expression d’une philosophie, éloignée des notions d’œnologie et d’histoire, puisque le vin n’est pas une invention de la nature, mais bien de l’homme. La destination naturelle d’un raisin fermenté, c’est le vinaigre. Pendant plus de cinq mille ans, les hommes ont cherché à stabiliser le raisins fermenté pour garder ses qualités. Les Romains y ajoutaient des plantes aromatiques pour masquer les défauts alors devenus insupportables. Le vin est né avec le soufre, qui a permis, en le stabilisant, d’affiner sont esthétique à travers la notion de l’élevage. D’un point de vie agricole, chaque praticien, paysan comme vigneron, sait à quel point la nature n’est pas gentille. Chaque initiative agricole ou viticole est en fait un combat contre ses lois. Sans doute les troubles environnementaux créent-ils des stress invitant les consommateurs à des valeurs refuges, même peu fondés »

Le rôle du soufre dans la vinification et l’élevage est assez mal connu et a mauvaise presse à cause ce certains excès (passés, sauf exception) dans son usage à la place d’un hygiène impeccable. Mais il est, en général, essentiel. Les vins « sans soufre » ne durent pas bien dans le temps (j’ai pu le vérifier lors d’une dégustation avec Marcel Lapierre dans son chai, quand sa cuvée de Morgon sans soufre, éclatante dans sa jeunesse, s’effondrait progressivement avec le temps) et voyagent très mal (ou alors il faut créer et respecter une chaîne de froid, ce que renchérit beaucoup le coût final au consommateur et limite l’accès à ces vins qui sont, du coup, des produits très élitistes).

André Ostertag garde raison et argumente subtilement sur la difficulté des acceptions et pour une position humaniste : « On voit bien là toute l’ambiguïté de ce mot naturel, sachant que la nature, elle, transforme le moût en vin et le vin en vinaigre, seule une intervention « surnaturelle » saura faire d’un vin du vin ! En l’occurrence le vin semble bien davantage le résultat d’un volonté humaine que le choix délibéré de la nature. Faut-il pour autant en conclure que le vin est un produit de culture plus que de nature et que la revendication même du mot nature dans le vin ne serait qu’un abus de langage ? « 

Vincent Pousson met le doigt sur un autre aspect de la question : « plus encore que de vin, c’est de politique dont il s’agit. Le vin sans soufre représente pour beaucoup une lutte contre l’établissement, un refus de l’agriculture traditionnelle, la manifestation d’une foi alternative, voire altermondialiste. Généralement, pour prendre un exemple français, on vote pour lui comme on voterait pour Mélenchon ou un parti d’extrême gauche. En tout cas, en ce qui concerne les penseurs, les idéologues sincères de cette mouvance. Ensuite s’appliquent les règles purement liées aux commerces et aux effets de mode de la société de consommation. »

Nous aurons donc affaire, avec les défenseurs des soi-disant vins « naturels », de citadins  un brin nostalgiques du « bon vieux temps » (mais qui ignorent ses réalités historiques), assez éloignés de la nature et ses contraintes, mais qui prennent leurs rêves pour de la réalité, tout en nourrissant une haine viscérale de tout ce qui réussit. Des bobos démagogues en quelque sorte ? Cette expression est sans doute excessive, mais le côté absolutiste, voir délirant (lire certaines remarques d’Alice Feiring pour en être convaincu)  de quelques défenseurs le rend tentante. Espérons, dans ce cas, que cette mode sera aussi éphémère que toutes les autres.

David


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Nature? Bio? Et puis quoi encore? Le twist, pardi !

On dit que le ridicule ne tue pas, n’est-ce pas ? Vins nature par-ci, vins nature par-là, vins bio ceci, vins bio cela, il commence à en avoir marre le ronchon de service que je suis !

Tiens ça me rappelle un truc qui n’a pas duré et qui, in French, s’appelait La Leçon de Twist. À ceux qui comme moi l’apprenaient, les parents nous promettaient les pires horreurs : luxure de l’épaule, épanchement de synovie, déformation de la hanche… De tous côtés on n’entendait plus que ça, «un air nouveau qui nous vient de là-bas, un air nouveau qui nous fait du dégât, et comme moi il vous prendra…» Voilà ce que nous baragouinait Richard Anthony, en 1962, avec sa gueule de cocker battu et sa voix de faux crooner.

Eh bien franchement, entre nous, c’est une bonne chose que la vogue du twist n’aie duré que l’espace de quelques étés. Comme je n’ai pu vous trouver l’original, vous pourrez rigoler avec la très mauvaise interprétation de Dalida et de son compagnon de piste, l’inimitable Maurice Biraud. Mais au fait, pourquoi une telle intro ? Par provocation, bien sûr! Parce que « twist », en British, ça signifie «tordu». Et il me semble que notre étroit monde du vin est devenu tordu. Complètement tordu !

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Si vous ne savez quoi faire ce week-end, allez-y, y’aura que du bio !

Bio ? Nature ? Huguenot ? Juif russe orthodoxe ? Catho de la Grande Armée ? François d’Argentine ou François de Corrèze ? Dans le débat ô combien stérile qui nous use le ciboulot et nous entraîne régulièrement sur ces lignes et ailleurs à prendre position, comme dans une guerre de tranchée, je me range du côté de Saint Hervé.

Pour ou contre les vins dits « natures », bio gaucho ou bio bobo, je propose une simple trêve, un gentlemen’s agreement. Que l’on cesse d’un côté de les stigmatiser de manière systématique et trop souvent caricaturales, voire inutilement méchante ; et que l’on arrête de l’autre de se sentir persécuté par les vilaines critiques au point de pondre des messages sur le mode mélo dramatique tel celui délivré l’autre jour sur le blog de la vigneronne Isabelle Perraud.

Alors, quid de ces qualificatifs « bio », « nature », « vivant » qui horripilent mon collègue de blog (Hi, David !) du lundi ? Les fois où j’insiste un peu trop sur le terroir, le bio ou le vin nature, j’ai toujours l’impression d’être un speaker officiel de Radio Hanoï dans les années 70. Je m’attends – mieux même, j’espère -, une réplique cinglante de The Voice of America pour défendre le pragmatisme de la pensée libérale et le capitalisme de la viticulture moderne.

Pardon David, mais le ténébreux forgeron que je suis n’a pas le talent d’un Léon ni celui d’un Louis pour finasser dans la dentelle langagière. Aussi, je promets solennellement de ne plus utiliser ces mots-là à tort et à travers, de ne le faire que pour informer le Cher Lecteur de manière pratique, genre «Il cultive ses 20 ha depuis 1968 et a été certifié bio à partir de 2001» ; de taire les propos vignerons tels «Je n’utilise plus de soufre, sauf à la mise», propos que je juge inutiles puisqu’il ne s’agit pas de réel «sans soufre» ; d’oblitérer les déclarations péremptoires du style «Je milite à fond pour les vins vivants» ce qui ne veut strictement rien dire. En bon journaliste, je ne livrerai que des faits, rien que des faits. Cela ne m’empêchera pas d’aimer beaucoup de ces vins-là, de ces vins différents.

De les aimer, de le dire et de tenter d’expliquer pourquoi. Même avec maladresse, n’en déplaise à Monsieur Truc Georges ou à Madame Machin Georgette.

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Comment vous expliquer à toutes et à tous ce que vous êtes déjà censés savoir : que le vin de maintenant (2013) est mille fois meilleur que celui que buvait mon cher pépé René, qui a fait Verdun, soit dit en passant, et que la bibine d’aujourd’hui le ferait se réveiller dans sa tombe de Vineuil-Saint-Firmin (Oise).

Comment vous affirmer sans jouer les devins que le Pinard avec un « P » majuscule sera encore plus excitant demain aux yeux de nos crétins de chérubins ? Comment vous faire admettre que, le progrès aidant, les connaissances en matière de biologie aussi, de techniques viticoles, de robotisation, de vinification et d’élevage feront que notre discours d’aujourd’hui, si jamais il ressort un jour, paraîtra obsolète, à mille lieues des préoccupations du moment et du plaisir engendré par la saveur d’un divin nectar des années 2063 ?

On ne peut à la fois, du moins me semble-t-il, tirer à boulets rouges sur les vins dits «nature», les «sans soufre ajouté qui ont quand même du soufre mais si peu» et les autres vins biologiques en disant pour résumer que tout cela c’est du pipeau, du pipi de chat ou de la roupie de sansonnet, pour en même temps se glorifier (« Bigre, ma chère, vous vous rendez compte, j’en ai trouvé un bon ! »), se donner bonne conscience en en sortant un ou deux du lot parce que l’on est bien obligé de reconnaître que, comme dans la vraie vie des vins dits «conventionnels», force est d’admettre qu’il y en a parfois un de bon voire, pourquoi pas, de génial.

De même qu’il me paraît délicat de soutenir mordicus que la seule voix de salut réside dans la production de vins sans soufre ajouté alors que, sans être un expert, le non ajout de soufre n’est pas un gage absolu de qualité, de robustesse du vin et de protection contre l’oxydation. Reste que tous ces «courants» ont contribué à faire avancer les choses : retour au travail de la terre, à l’agriculture, meilleure qualité du raisin, moins d’intrants dans les sols et dans les vins, j’en passe…

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Mais qui suis-je pour parler ainsi ? Pas grand chose. Un critique émérite ? Surtout pas. Un journaliste qui en a vu d’autres au rayon «vertes et pas mûres» ? Sans doute, peut-être. Un philosophe du vin ? Ça se saurait. Un observateur pinardier ? Certainement.

Tenez, mes derniers voyages se sont déroulés en Val de Loire, puis en Provence. J’y ai rencontré pas mal de vignerons, certains que je connaissais depuis mes débuts, d’autres que je découvrais. Dans les conversations, tous m’ont parlé de biologie, de retour à la terre, la vraie, celle qui vit au point qu’elle est belle à regarder, tous étaient fiers de traverser ces moments excitants où le travail de la vigne redevient attentionné au lieu d’être bâclé. Et pourtant ce ne sont pas des imbéciles, encore moins des « bisounours ».

Ils ont voyagé, pour certain bien plus que moi, sont allés à Davis en Californie et dans les grandes écoles agraires de Nouvelle Zélande, ont accepté maintes responsabilités et empilé des diplômes et des thèses à ne plus savoir qu’en faire.

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Il me paraît difficile ou pour le moins peu confortable pour un critique fut-il émérite, ou pour un journaliste qui se revendique impartial, de camper ad vitam æternam sur une position de principe, une idée non évolutive. Idem pour un vigneron dont la tâche principale, sans vouloir lui donner de leçons, doit être d’écouter sa vigne avant que de chercher à se faire admettre dans telle ou telle chapelle. Moi-même, j’ai fait mon         «coming out» il y a longtemps (cela m’a pris du temps, je le confesse !), lorsque j’ai décidé en mon âme et conscience de ne plus me positionner stupidement en maudissant l’utilisation du bois dans le vin.

Désormais, j’accepte l’idée du bois (même neuf !) dans les vinifications et l’élevage aux seules conditions que cela ne soit pas un argument commercial, que cette pratique ne me soit pas mentionnée avant que j’attaque une dégustation et que ce bois ne serve pas à maquiller le vin. De même que je suis fort mal à l’aise lorsqu’un vigneron, avant de me faire goûter sa production, m’embarque sur l’indispensable nécessité qu’il met à me convaincre de son œuvre permanente pour la sauvegarde de la planète alors que dans sa cave il utilise son iPhone 3 , 4 ou 5  (je ne sais plus quoi), qu’il fait marcher à fond les climatiseurs et qu’à la moindre occase il se jette sur son paquet de Malboro acheté lors d’une escapade andorrane en promenant toute la famille dans une Mercedes dernier cri.

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Voyons, tout ce qui entraîne un raisonnement «par principe» est d’une bêtise sans nom. Soyons logiques avec nous-mêmes. Vivons avec notre époque sans ornières, les yeux bien ouverts. Faisons du vin, le mieux possible et, c’est bien ce qui compte après tout, buvons-le sans trop de retenue. Pro nature ou anti naturisme, achetons et consommons le vin que l’on aime, un point c’est tout. N’en dégoûtons pas les autres.

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J’en appelle donc aux deux parties à user de bon sens et à faire preuve d’ouverture d’esprit. Et pour aller dans ce sens et vous redonner un peu de pêche, retournons à mon intro. Mes bien chers frères, je redis que la vie ne serait que peu de chose s’il n’y avait mon twist préféré, le seul qui, à l’époque, n’ait pas fait l’objet de mes railleries et de mes moqueries, un morceau interprété par Petula Clark et judicieusement mis en image par un internaute de talent sur le tube.

Isabelle, David, Luc, Georges, Marc, Hervé, Jim, Frigide, François et les autres, allez venez tous en piste avec moi !

Michel Smith


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Miscellanées: valeurs sûres, découvertes et doutes

Régulièrement je poursuis, en zig-zag, ma quête de bons vins pas chers. Parfois j’échoue totalement, parfois partiellement, mais parfois je réussis un peu.

Cette semaine, je vais encore mettre ensemble des vins dissemblables : c’est à dire sans lien géographique sauf pour leur origine française, mais avec quand même un lien stylistique pour les trois blancs et le rosé  que j’ai sélectionnés. Et les prix de rentrent pas toujours dans la case « pas cher ». Tant pis, ils sont tous bons !

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Il faut avouer que le premier blanc ne correspond pas à mes critères de « pas cher ». Mais il est très bon et donc il trouve sa place, sous la rubrique « valeur sure » incluse dans mon titre.

Pouilly Fumé, Château de Tracy 2011

Fin, bien ciselé, au fruité gourmand et à l’acidité fine et intégrée qui provoque une structure ferme, assez tendue. La texture est légèrement crayeuse. C’est un très beau vin de sauvignon blanc, raffiné et discret, toute en élégance mais avec tout ce qu’il faut de tenue et de persistance. Assez exemplaire en somme.

Prix : 18 euros ou plus

J’aime beaucoup le profil gustatif des clairets et j’ai du mal a comprendre pourquoi les éminences grises de Bordeaux n’appuient pas davantage sur ce champignon (magique), d’autant plus qu’ils sont les seuls à en posséder et qu’il y a des siècles d’histoire derrière (have some REAL claret, dear boy, and never mind this new-fangled red stuff !). Ces vins sont réellement à mi chemin entre un rouge et un blanc sur l »échelle chromatique, et leur profil gustatif aussi, à la grande différence de la plupart des rosés pâlichons de Provence qui ne sont que des blancs à peine maquillés.

Château Thieuley, Bordeaux Clairet 20011

Depuis des années, je n’ai aucun souvenir d’avoir dégusté un mauvais vin de cette propriété bordelaise, et cela dans les trois couleurs. Combien peuvent en dire autant  ? La couleur s’assume bien : elle est intense, profonde et brillante. J’aime beaucoup cette robe vermeil clair car elle me fait penser à de la peinture. La matière possède une texture qui lui vient de sa légère touche tannique, mais le fruit est bien là pour l’accompagner et rendre l’ensemble très gourmand. Voilà un vrai rosé de table, désaltérant mais ayant assez de structure pour résister à une gamme large de mets. Et on peut s’y fier année après année.

Prix : 5,50 euros ou plus

Et maintenant quelques découvertes, parfois innovantes.

Les férus du « tout terroir », qu’on peut aussi bien appeler les « terroiristes », m’ennuient profondément avec leurs incantations. C’est une sorte de religion qui, comme toutes les religions, reste aveugle à la réalité. A les croire, aucun vin de négoce, aucun vin qui assemble les jus de plusieurs parcelles n’est digne de considération. Ce sont des théoriciens du vin, qui jugent par principe et par a priori, et non d’après la dégustation honnête du résultat. Ils me rappellent les extrémistes et les démagogues de tous bords en politique.

Oui, on peut pratiquer un assemblage « large » et faire un excellent vin qui reflète parfaitement sa région et ses cépages. La Champagne l’a  prouvé depuis longtemps. Quelques négociants entreprenants dans d’autres régions commencement à le faire aussi. J’en ai dégusté un, exemplaire, d’une jeune affaire de négoce du Sud-Ouest, fondé par un certain Lionel Osmin (que je n’ai pas encore rencontré).

Villa Grand Cap 2012, Vin de France, Lionel Osmin & Cie

(cépages Colombard, Sauvignon Blanc, Petit Manseng)

Provenant de diverses parties du sud-ouest, ce vin a opté pour l’appellation « vin de France ». Il est néanmoins très typé sud-ouest. Nez alerte et même pointue, qui mêle arômes d’agrumes de des fruits exotiques. Frais et « tangy » sur la langue, il a aussi une belle ossature et de la longueur. Le rapport qualité/prix est remarquable.

Prix: 6,50 euros

et maintenant pour mes doutes…

J’ai souvent râlé dans ces colonnes contre les vins dits « nature », ce qui veut dire, en gros, sans soufre ajouté. On me rétorque qu’il y a des bons. Encore heureux ! Mais je continue à penser qu’une proportion anormalement élevée de ces vins est bourrée de défauts rédhibitoires  comme me l’a prouvé une récente dégustation de Saumur Champigny où certains vins « nature », qui étaient aussi parmi les plus chers de la série (entre 20 et 32 euros chez un caviste, tout de même !), ont obtenu les plus mauvaises notes d’une série de 30 vins. J’estime que ces vignerons-là volent leurs clients.

Mais j’admets qu’il existe aussi de bons vins sans soufre ajouté, et j’en ai goûté deux récemment, faits par le même vigneron (ce qui n’est surement pas un hasard). Jean-Louis Denois a souvent innové, d’abord en plantant des cépages germaniques dans la région de Limoux (une expérience visionnaire qui s’est soldé par un arrachage ordonné par l’INAO, aussi stupide que borné), puis en plantant du pinot noir et du chardonnay pour faire des bulles et des vins tranquilles. Mainteant il se lance dans le sans soufre rajouté. Pourquoi pas?

Mes Vignes de Saint Paul 2012 blanc, Jean-Louis Denois

(curieuse étiquette qui ne donne pas l’appellation mais cela pourrait être un vin de pays (IGT) d’Oc, car il vient de la vallée d’Agly). cépage Chardonnay, je crois, mais ce n’est pas indiqué non plus. Je découvre en lisant le texte de la contre-étiquette que c’est un Vin de France. Vin bio, sans soufre ajouté.

J’ai mis ce flacon au supplice en le laissant au frigidaire pendant près de 15 jours après l’avoir dégusté une première fois. Et il a bien résisté ! La robe s’est un peu ternie, et le nez commence à sentir la pomme blette, mais cela n’a rien à voir avec ces vins qui ne méritent pas le nom de vin et qui vire dans 15 minutes dans votre verre. Ce vin relativement vif et bien net est clairement bien vinifié et, pour un blanc du sud, reste assez frais et désaltérant. Bravo, même ce n’est pas donné.

Prix: 11 euros

Mes Vignes de Saint Paul 2012 rouge, Jean-Louis Denois

Je ne sais pas ce qu’il y a dedans, mais c’est bon ! Encore plus stable que le blanc, les saveurs sont nettes, fruités avec une touche de poivre (syrah ?). Bonne structure, encore un peu rugueuse de texture car très jeune. Vin sans aucune lourdeur et bien agréable. Je l’aurais beaucoup aimé… à 7 ou 8 euros.

Prix: 11 euros

Alors oui, il existe de bons vins sans soufre ajouté. Mais pourquoi se donner tant de mal pour quelques allergiques imaginaires, et ainsi enchérir le prix du vin ? Car une procédure maîtrisée de vinification sans soufre doit bien avoir un surcoût…

David


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Vins pas chers et vins «naturels» mais imbuvables

La semaine passée a été assez dense en idées et en expériences gustatives diverses. Du coup je me trouve avec plein de sujets à traiter. Je vais tenter d’en combiner deux dans cet article, repoussant à la semaine prochaine ma récente dégustation de Mondeuses de Savoie, qui constituera une autre forme de poursuite de ma quête pour de bons vins pas chers.

Parlant de bons vins pas chers, j’en ai dégusté plusieurs cette semaine, un peu au gré des arrivages et issus de différentes régions. Je vais vous en livrer une petite sélection. Maintenant, nous savons tous que le prix moyen d’une bouteille de vin vendu en France atteint à peine les trois euros. Est-ce bien raisonnable ? Mais étant, à l’autre extrême, assez révulsé par les prix astronomiques des vins vedettes sur le marché de la spéculation, d’où qu’ils viennent, je me suis fixé comme mission de trouver des bons vins autour de la marque des 5 euros, car j’estime que 3 euros est quand-même insuffisant pour faire vivre un producteur.

Je sais bien qu’il vaut mieux mettre une petite dizaine d’euros de plus pour trouver de très bons vins, comme pour assurer un revenu décent aux vignerons, mais ces vins-là (je veux dire les vins autour de 5 euros) existent, ils sont nombreux, et il faut en parler ! Bien sûr qu’il ne faut pas toujours leur demander une grande complexité ni un raffinement total. Mais ils peuvent être simplement bons, droits, issus de fruit mûr et bien faits, et c’est déjà plus qu’honorable. Les adeptes du goût de la roche x ou de la pierre z feront peut-être la fine bouche devant ces vins, mais moi j’ai éprouvé du plaisir à les déguster et j’estime qu’ils représentent bien leur régions et cépages respectifs. Ils ont aussi l’énorme mérite d’être accessibles à un très grand nombre d’amateurs de vins et pas seulement à une petite élite.

Cheval Noir, Bordeaux 2009 (vin de négoce de la maison Mahler Besse)

Un joli fruité en bouche, donnant une impression juteuse et dynamique. Pas mal pour une année souvent chaleureuse. Il a aussi de la structure et de l’équilibre. Cet excellent bordeaux moderne offre du plaisir et de l’allant sans renier ses origines. Bon il est un peu au-dessus de mon cible en prix, mais il les vaut. (8 euros)

Château Grand Renom, Bordeaux 2011 (Maison Antoine Moueix)

Joliment fruité, aux saveurs précises et avec une structure tannique encore présente mais sans écraser le palais, ce bordeaux rouge, très agréable et digeste, à la finale nette qui évite tout aspect végétale, représente un excellent rapport qualité/prix (5 euros)

Chinon 2011, Ackerman

Cette maison très connue pour ses vins pétillants de Saumur élabore aussi des vins tranquilles, et c’est plutôt réussi d’après les trois vins que j’ai dégusté la semaine dernière. Celui-ci est frais du nez sans verser trop dans le végétal trop courant dans la région. En bouche, le fruité est alerte, bien gourmand et assez mûr. Il est porté par une belle vivacité. Un vrai délice, surtout à ce prix-là (5,50 euros)

Sauvignon 2011, Vin de Pays du Val de Loire, Ackerman (capsule à vis)

Vif, direct et très fruité. C’est un très bon exemple du style qui a fait la renommée de la Nouvelle-Zélande, par exemple. Oui, la France peut aussi faire cela et pour des prix très compétitifs et bien moins cher que la plupart des sauvignons des Antipodes! (3,80 euros)

Cabernet d’Anjou 2011 (capsule à vis)

Un tendre demi-sec, frais, net et joliment fruité. Très plaisant dans son style et pourquoi pas sur certains plats un peu épicés. (3,95 euros)

Mas Fenouillet, Faugères 2009, Jeanjean

J’ai le souvenir d’avoir dégusté ce vin il y a un ou deux mois et avoir été fort surpris par la modestie de son prix. Assemblage de 4 cépages sudistes (grenache, syrah, mourvèdre et carignan), il sentait bien la garrique et avait ce charme un peu rocailleux, sans excès repoussant, des vins de cette région. Une excellente affaire qui a du caractère. (3,95 euros)

Maintenant mon deuxième sujet de la semaine. Décidément je me méfie de plus en plus des vins dits « nature ».

Je sais qu’il ne fait pas généraliser. Je sais qu’il doit y avoir de bons (et j’en ai même dégusté, assez rarement). Mais le nombre de mauvaises expériences que j’ai vécu avec ces vins que les gens appellent, assez stupidement, « nature » ne cesse de croître; la proportion de mauvais, voire de TRES mauvais produits que j’ai rencontrés dans cette catégorie floue dépasse assez nettement celle que je constate avec d’autres catégories de vins. Je vais quand-même vous parler de ma dernière mauvaise expérience dans le genre car cette série de 4 vins combine à peu près tous les défauts que j’ai déjà constatés avec d’autres vins «nature».

Le Domaine de Majas se trouve dans les Pyrénées Orientales. Je ne sais pas si l’honorable forgeron connaît sa production, mais je lui conseille de l’éviter!

Sur la petite carte qui accompagnait l’envoi des 4 échantillons, il est marqué, entre autres «Buvez Nature !». Et bien j’ai tenté l’expérience, mais je crois que je n’y reviendrai pas de sitôt car ces vins étaient repoussants par leur odeurs et déplaisants par leurs goûts. Ce petit document parle aussi de sols argilo-calcaires ou schisteux. Aucune trace de cela dans ces vins-ci, pas plus que de « leur fruité, leur fraîcheur et leur minéralité ». Tous étaient dévorés par d’abominables défauts qui les rendait, en ce qui me concerne, impropre à la consommation. Sont-ils les vins qui ont déclenché l’agacement de Michel Bettane voici quelques temps ? Si c’est le cas, je peux le comprendre. En tous cas ce n’est pas ce genre de vin qui fait avancer la cause. Plutôt il nous fait retourner 100 ans ou plus en arrière, au mauvais vieux temps!

Domaine de Majas blanc 2011, IGP Côtes Catalanes

Odeur de souris, de poussière, sans aucun fruité, sauf de la pomme blette. Du gaz, de l’acidité et une certaine amertume en bouche. Courte et rêche de texture.

Domaine de Majas blanc, grappes entières 2011, IGP Côtes Catalanes

Robe jaune profonde, clairement oxydative. Nez huileux, peu aromatique. Sans aucune expression de fruit en bouche, ce vin semble avoir 20 ans. Un peu de gaz et de l’amertume aussi.

Domaine de Majas Cabernet Franc 2011, IGP Côtes Catalanes

Nez de fumier : je ne suis pas spécialiste, mais on dirait du cheval. Pas de fruit et crayeux et rêche en bouche. Très court. Sans charme aucune, très probablement plein de bretts.

Domaine de Majas, Three Trees, Col de Ségas 2009, IGP Côtes Catalanes (assemblage de carignan (75%) et de grenache (25%), vigne de 130 ans)

Nez métallique et de souris morte en décomposition. Très déplaisant. Acidulé mais sans fruit en bouche. Acide, amer et végétale: une horreur !

Je ne sais pas exactement combien valent ces flacons en France. L’excellent Wine Searcher m’indique que la dernière cuvée mentionnée est en vente en Belgique autour de 8 euros la bouteille. Avouez que cela fait bien cher pour de telles horreurs. Je me demande même comment on peut boire cela! Est-ce que quelqu’un veut bien m’envoyer un échantillon d’un bon vin «nature» avant que j’y renonce complètement ?

David


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Un débat sur le vin dit nature qui restera dans les anales

Oui, le mot « anales », avec un seul « n », est intentionnel; vu le niveau du débat…

Michel Bettane a fait pas mal parler de lui, la semaine dernière, avec un article particulièrement véhément contre les vins dits nature.

Rien de très neuf – ce n’est pas mon copain Olif qui me démentira.

Sauf peut-être que cette diatribe, c’est en Italie qu’on peut la lire – et plus spécifiquement, dans le Gambero Rosso.

Ce qui me gêne, dans l’article de Michel Bettane, ce ne sont pas tant ses arguments, ses descriptions des vins déviants que l’on peut effectivement trouver sous le nom de vin nature, que leur généralisation à tous les vins nature, évidemment abusive.

Je trouve tout aussi abusive la levée de boucliers qui s’en est suivie de la part des partisans du vin nature.
Eux ont décrit Bettane comme un vieux gourou finissant, radoteur et obtus, se découvrant sur le tard une ambition de lobbyiste; c’est pour le moins exagéré.

bettane-gambero-rosso
L’objet de la dernière polémique en date

Bien sûr que les naturistes peuvent se sentir agressés, et c’est humain qu’ils répliquent, même vertement. Mais sauf à considérer le vin nature comme une vérité révélée, comment défendre l’indéfendable, le mauvais vin?

J’ai dégusté des vins nature comme ceux que décrit Bettane, des produits qui sont peut être sans soufre, mais aussi sans intérêt, car défectueux. Dans un cas, en Italie, justement, je me rappelle l’avoir fait remarquer au producteur qui m’a dit que je n’avais rien compris, que le vin nature demandait une formation particulière à la dégustation…

Dans d’autres cas, j’en ai bu d’excellents, de superbes, d’exaltants…

Alors je ne me sens vraiment pas le droit de condamner la démarche naturiste. Le sectarisme de certains de ses adeptes, par contre, si. Notamment quand ils ferment les yeux sur les horreurs de leurs collègues sous prétexte qu’ils sont de la même chapelle; et surtout quand ils disent à qui veut les entendre que seuls leurs vins expriment le terroir…

J’ai un peu l’air de vouloir ménager la chèvre et le goût de chou. Ce n’est pas le cas.

Michel Bettane ne fait pas partie du cercle de mes relations.
Je ne fais pas non plus partie de la mouvance naturiste.
Je trouve juste dommage ce déferlement d’intolérance, de part et d’autre. Le débat mérite mieux.
On est tombé là bien bas, au cul de la bouteille. Ni d’un côté, ni de l’autre, on a écouté l’autre.

Je pense pourtant que les vignerons dits conventionnels ont pas mal à apprendre des naturistes (au moins, de certains); que les naturistes doivent réaliser qu’ils font partie de la grande famille de la viticulture; et que leur choix, que je trouve légitime, même si leur voie est étroite, n’est qu’un des choix possibles pour faire du vin, et idéalement, du bon.

Tant pis si je me fais insulter de part et d’autre, comme c’est souvent le cas quand on refuse de choisir un camp; au moins, je suis en accord avec mes idées, mon ressenti. Je ne suis que d’un seul camp: celui de la liberté de vinifier à sa guise, d’en subir les conséquences… et de ne pas trop la ramener…

Oecuméniquement vôtre,

Hervé


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Some memorable stories from 2011

Since this is my last post of 2011, it is time to glance back at some stories or themes that have held our attention this year.

Natural-Wine-Fairs

Natural wine

Natural wine is surely the only serious contender for the theme of year even though there is yet to be an agreed definition of the term. In the UK, May saw the three-day Natural Wine Fair held in London’s Borough Market. In capital there are now a number of wine bars whose focus is on natural wines.  Two books have explored the meaning of natural wine: Alice Feiring’s Naked Wine: Letting grapes do what comes naturally and Jamie Goode and Sam Harrop MW’s Authentic Wine.

If you define natural or authentic wine, as Goode and Harrop prefer, as reflecting place, site or its terroir it’s difficult to see how a wine lover could object, especially when contrasted with the type of brands designed specifically for supermarket discounting. Rather it is the level of non-intervention that can pose the problem. There is no point in hailing a wine as natural when it is so faulty that all authenticity of place has been obliterated. Apparently there was a popular French joke in the early part of the 19th century which ‘suggested that it took three to drink a bottle: one to hold the person, a second to pour it down his throat, and finally the victim himself.’ (James Simpson: Creating Wine – the emergence of a World Industry, 1840-1914).  A return to these days would hardly be progress!

I look forward to a more nuanced debate in 2012.

Loire: the remarkably mild spring and early flowering
Following a prolonged and very warm spring, some vines in the Loire started flowering in early May – remarkably early. On 9th May I was in Bourgueil and there were certainly signs of flowering – amazingly three weeks in advance even of an early year. Much talk of 2011 being the earliest harvest since 1893. In the end a wet and cool July delayed the harvest but even so a number of Loire producers completed two harvests within twelve months.

1855 – 1855.com

It will be amazing to discover that 1855 has delivered all the 2008 Bordeaux en primeur its customers ordered. It is equally remarkably that 1855 has been allowed to continue to ‘trade’ despite years of failing to deliver Bordeaux en primeurs ordered and paid for by their frustrated customers.

Unfortunately I expect this will continue into 2012 with further technical delays and promises of deliveries that aren’t kept. It would seem very likely that Jean-Pierre Meyers will continue to supply sufficient capital to keep the company afloat. Equally probably that Le FEVAD will admit them as full members. One new element may be the discovery that there are delays in the payments due to suppliers of châteauonline.

Pancho Campo MW – Campogate

Just before Christmas Campo surprised some people by revealing on Facebook that he was testing a new McLaren prototype as part of a new project. Surprised that the organiser of several Climate Conferences should flaunt such an ‘ungreen’ thing as this series of tweets from Robert Joseph indicates:

PCMcLarenRJ

Robert is only the latest of many who have taken Campo at his word only to realise that they have been taken in. All too often they forget that Campo is a promoter – a showman, whose commitment to the issues surrounding climate change was only as deep as was needed to sell the conference concept.

It may well be that Campo has recognised that his career in wine is now either over or, if it continues, will be far less lucrative and so is looking to move on again. I can’t imagine that Campo thought for a moment what Al Gore’s reaction  might be, even though it is believed that Gore gave Campo the names of a couple of American lawyers who might be able help him out over the Interpol wanted notice.

The only long-term conviction Campo holds is the one handed down in absentia in Dubai in early June 2003.

Jim

 

 

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