Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Ne poussez pas trop loin le bouchon!

L’autre jour, lors d’un voyage de presse, j’ai dû me farcir une bonne heure de présentation à propos des avantages supposés des produits d’un bouchonnier.

C’est qu’il était sponsor de l’événement. Et les organisateurs ont fait le forcing pour nous faire assister à la présentation, mes collègues journalistes et moi. Dieu sait pourtant qu’on aurait préféré être ailleurs. Je ne crache pas dans la soupe: ce n’était pas pour ça qu’on était venus.

De toutes façons, je ne vois pas comment je pourrais en parler dans mes articles. J’écris pour le consommateur et le consommateur ne choisit pas les bouchons des vins qu’il boit. Ce sont les producteurs qui le font pour lui.

Une exception, peut-être: les capsules à vis. Comme elles se voient, le consommateur peut se déterminer en fonction de cette différence. A titre personnel, vous savez que je suis favorable à ce type de bouchage. Mais je ne me fais pas d’illusion sur mon influence d’"agent de surface médiatique".

Dans tous les autres cas, le consommateur ne découvre le bouchon qu’une fois la bouteille ouverte, alors je pourrais bien lui vanter le Diam’s, le Nomacorc ou l’Amorim que cela ne changerait rien.

Boule.kugel

Pousse le bouchon!

Je constate quand même que nous autres journalistes sommes de plus en plus les otages de ces fournisseurs de la production, que ce soit au sein des concours (abondamment et ostensiblement parrainés par tel ou tel bouchonnier) que des présentations de presse.

Je profite de cette modeste tribune pour leur dire, ainsi qu’à leurs charmantes attachées de presse (qui ne font que leur boulot, bien sûr), que leur communication m’ennuie. Que même si j’en avais l’envie, je ne pourrais les aider. Et que je n’en ai pas l’envie.

Je le dis poliment aujourd’hui, mais j’ai bien peur un jour de ne plus pouvoir me retenir de le dire de manière plus véhémente, et publique, lors d’un de ces événements sponsorisés.

 Hervé Lalau


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Des blancs vertigineux aux Printemps de Châteauneuf

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De 2013 à 1985, les blancs castel papaux étaient au rendez-vous et ont marqué les esprits !
Huit cuvées pour le plus grand plaisir de nos papilles, en voici les commentaires relevés en direct comme une interview sur le vif.

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Domaine du Vieux Donjon 2013

Blanc doré lumineux qui donne envie de le humer. Le nez très floral mélange les fleurs d’amandier et d’oranger, quelques épices comme le poivre blanc, des fruits comme la poire fondante.
Bouche très croquante, voire crispy, elle développe des arômes qui rappelle les fleurs et les fruits sentis, ajoute un minéral important dont le relief renforce avec le croquant la fraîcheur, une belle fraîcheur envahissante qui met en valeur le fruit.
Moitié clairette, moitié Roussanne en cuve.

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Château Jas de Bressy 2008

Robe un rien évoluée au jaune plus intense. Nez qui commence à s’ouvrir sur des confits, fruits blancs, poire et figue, bien poivrées avec une note de safran.
Bouche encore fermée, ce qui est classique pour les Chateau9 qui traversent systématiquement une phase ingrate, moment durant lequel il n’est guère souhaite de les déguster, encore moins de les boire, cela dure entre 4 et 9 ans selon les millésimes, après, c’est génial, il faut de la patience…
Mais revenons au Jas qui avoue une texture ferme qui en fin de bouche nous lâche une fragrance d’abricot sec souligné d’un trait de réglisse dont l’amertume agréable nous rafraîchit.
Moitié Grenache, moitié Roussanne, moitié en barriques, moitié en cuve béton, 9 mois d’élevage, puis gardé 1 an en bouteille avant mise en marché.

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Château de Vaudieu 2004

Joli doré très lumineux au nez subtil de bigarreau et de fleur de tilleul, un rien de verveine et du bois de réglisse, un soupçon d’écorce d’orange qui nous émeut comme le souvenir des tisanes de nos grands-mères.
Bouche pareille qui décolle sur une belle fraîcheur qui tout de go met les arômes d’agrumes en valeur, un ensemble juteux qui ne manque pas de grâce.
Assemblage de 80% de Grenache, 15% de Roussanne et 5% du rare Picardan, en barriques pendant 3 à 4 mois.

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Domaine du Grand Tinel 2002

Une belle réussite, si d’aventure on croit tous les vins de ce millésime de plus pluvieux légers et dilués, il faut savoir que nombres de raisins blancs ont été ramassés avant le déluge et pour rappel 2002 se présentait fort bien avant la première goutte.
Doré intense, il offre encore de léger reflets verts. Le nez s’épice de safran, de pamplemousse, de poivre, de thym, de citron vert, de cédrat confit.
Presque vif en bouche, il offre une impression tannique qui renforce sa structure. Sa touche saline équilibre avec grâce le confit des fruits.
Assemblage de 60% de Grenache, 20% de Clairette et 20% de Bourboulenc.

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Domaine de la Janasse 1998

Robe dorée encore verte, le nez expressif de confiture de prune, de reine-claude mélangée de figue, souligné de réglisse, ombré de poivre et petites notes délicates de vanille et de chocolat blanc.
Bouche très fluide qui marque au passage les papilles du goût délicat des fruits charnus et secs, la noisette en tête, puis viennent les jus des agrumes qui redonnent grâce à leur amertume savoureuse un regain de fraîcheur.
J’ai oublié de noter la composition de l’assemblage, malo non faite.

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Domaine Font de Michelle 1994

Jaune doré aux senteurs de grillé, de foin, de cacao, voire du beurre de cacao, un note de vanille, plus la rafraichissante mandarine.
La bouche débute amère, un beau bitter au parfum de gentiane tout de suite enrobé du jus des agrumes qui apportent une fraîcheur intense.
Assemblage de 30% Grenache, 30% de Clairette, 30% de Roussanne et 10% de Bourboulenc.

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Domaine de la Solitude 1993

Robe jaune clair étonnement jeune. Le nez délicat, très élégant, il évoque les fleurs de tilleul et d’amandier, d’oranger aussi, les prunes jaunes confites, la bergamote…
La bouche s’exprime par une très fine amertume et une fraîcheur éclatante, une saveur de noisette un rien beurrée, la fougère qui d’un coup nous fait que ce Châteauneuf "meursaulte" comme un Chardonnay de belle tenue. Quelle délicatesse, quelle légèreté, quelle présence.
Assemblage de 50% de Grenache et itou de Clairette.

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Clos du Mont Olivet 1985

D’un beau doré cuivré intense, on passe dans un autre univers. La crème brûlée nous saute au nez et nous met au parfum, nous voilà dans le monde particulier des arômes pâtissiers, poire tatin, biscuit au thé vert et à la verveine, pâte d’amande à la menthe, chocolat à la gentiane étoilé de zestes confit de cédrat, avec en fond un soupçon de truffe qui renforce la sapidité, la longueur nous accompagne longtemps, nous rappelant à chaque instant l’égrainage des notes délicates.

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Encore une belle démonstration de la longévité des blancs du Sud…

Ciao

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Marco


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Renoir, le peintre qui aimait la vigne et le vin

Pas de polémique, aujourd’hui, juste le plaisir de mêler peinture et vin…

Marié à une Auboise, Pierre-Auguste Renoir passe 30 étés de sa vie à Essoyes, petit village vigneron aux confins de la Champagne et de la Bourgogne, tout près des Riceys. Il lie des relations avec la communauté vigneronne dont on trouve plus d’une trace dans son œuvre…

C’est en 1896 que le peintre acquiert une maison à Essoyes. L’acte de vente stipule que le terrain est planté d’une vigne. Par des écrits, on sait même qu’il s’agit de plants de Gamay. Et oui, à l’époque, le Barrois est très Gamay, le cépage sera même autorisé dans l’aire de la Champagne jusqu’aux années 1930. Malheureusement pour Renoir, le phylloxéra tue sa vigne.

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Renoir, autoportrait

Derrière le vin, le vigneron et l’endroit

Chaque année, Renoir arrive à Essoyes aux beaux jours et le quitte  dès les premiers frimas, pour les cieux plus cléments de Cagnes sur Mer (il est perclus de rhumatismes). Il ne vinifie pas. Mais il apprécie le vin. Son fils, Jean Renoir, en parle dans ses mémoires : «Son goût en vin était le même que son goût en art et les mélanges de Bercy lui semblaient aussi navrants que la fabrication des meubles en série. Derrière le vin, il voulait retrouver le vigneron et sa vigne, comme derrière un tableau il voulait retrouver le peintre et le coin de nature qui l’avait inspiré»…  Ce type aurait pu déguster chez In Vino Veritas !

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Dans les toiles de repas de Renoir, les bouteilles de vin ne sont jamais loin (Le Déjeuner des Canotiers)

Pierre-Auguste Renoir a de nombreux amis vignerons à Essoyes. Il y peint («Le Printemps à Essoyes», en 1900). Il aime les couleurs de la région, ses vignes – même si son tableau de vignoble le plus célèbre a pour cadre l’arrière pays de Cagnes.

Tout au long de sa vie d’artiste, il peint de nombreuses scènes de repas, de déjeuners sur l’herbe, de scènes de café où une bouteille de vin est souvent représentée, comme dans «Le Déjeuner des Canotiers»  (1881) ou  «Le Repas des Vendangeuses» (1888) – la femme portant une hotte n’est autre que son épouse Aline.

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Les vignes de Provence (et les vendangeuses) ont inspiré à Renoir plus d’un tableau.

Il peint aussi énormément de vignerons et de vigneronnes.

Pierre-Auguste Renoir lui-même déclare : «Je me plaisais chez les vignerons parce qu’ils sont généreux».

Curieusement, ses œuvres montrent plus souvent des bouteilles de rouge que de Champagne, sans doute parce qu’il s’intéresse d’abord aux petites gens, et ensuite, parce que le Barrois, à l’époque, est plus une région de vin tranquille.

On manque de témoignages directs, mais il semble que Renoir consomme lui même plutôt du rouge, vif et clair. La couleur de l’aube, avec ou sans majuscule !

Un Champagne d’après Renoir

La maison de Renoir à Essoyes, avec son atelier, est aujourd’hui devenue un musée, où l’on trouve une belle collection de ceps de vignes, réunie par Renoir lui même, qui adorait leurs formes.

Le village abrite aussi une maison de Champagne, la Maison Charles Collin (alias Coopérative de Fontette). Celle-ci consacre une  jolie cuvée, «La Belle Gabrielle». à la mémoire du peintre, ou plutôt, d’un de ses principaux modèles, Gabrielle Renard.

Cousine de la femme de Renoir, celle-ci était également native d’Essoyes et Aline l’avait engagée pour s’occuper de ses enfants. Et plus si affinités. C’est elle, notamment, que l’on voit sur les tableaux «Femme nue couchée» et «Gabrielle à la Chemise ouverte».

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La Belle Gabrielle, version liquide

La cuvée, quant à elle, assemble 85% de chardonnay (aussi espiègle et charmeur que l’œil du modèle) à 15% de pinot noir (aussi pulpeux que ses lèvres)… Quand on vous dit que l’art, ça se déguste…

 Hervé Lalau

Contact: Champagne Charles Collin+33 325 383 227

champagne.charles.collin@gmail.com

 

Article publié dans In Vino Veritas 161


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Il y a une note de poivre dans ce vin ! Quel poivre ?

Du poivre, il y en a du vrai et du «qui n’en est pas». Quel est celui qu’on retrouve dans les vins ?
Un trait de Cubèbe dans le Côte Rôtie, une note de Tasmanie dans le Sauvignon néo-zélandais, du Sichuan dans le Collioure, du Moungo dans le Chardonnay chilien, … vrais ou faux poivres, ils ont en commun cette espièglerie piquante qui parfois nous enchante, qui d’autres fois enchantent nos compagnons de table par notre rougeur subite. Mais quels sont-ils ?

Le poivre

Piper nigrum 06

De l’or en grain

Son nom vient du sanscrit pippali qui donna le latin piper –eris, et inspira son nom scientifique Piper Nigrum, poivre noir. L’épice jouissait autrefois d’une telle estime qu’on l’échangeait contre de l’or. Originaire du Kerala, sur la côte des Malabar, au sud-ouest de l’Inde, cette liane appartient à la famille des Pipéracées. Aujourd’hui, de nombreux pays tropicaux la cultivent.

La couleur du poivre

Vert, lorsque la baie est immature, on la trouve chez nous sous forme déshydratée ou en saumure. Jaune, à maturité intermédiaire, on le sèche, fripé, sa couleur brunit, c’est le poivre noir. Rouge, à pleine maturité, les grains se trempent dans l’eau de pluie pour perdre leur enveloppent et donner le poivre blanc. Le rose, appelé improprement poivre, pousse sur un arbre proche du pistachier. Le gris n’existe pas, il s’agit d’un mélange de poudres de blanc et de noir de basse qualité.

Poivres baies
Le poivre se décline en différentes variétés et de provenances, poivre long de Java, poivre à queue ou cubèbe de l’île de Madura (Indonésie), moungo poivre blanc du Cameroun, … Chaque grain offre une complexité aromatique propre à sa variété, nuances aromatiques qui intéressent la saveur de nos plats. Et qui dit saveur, dit achat de poivre en grain. Rien de tel que de relever le plat d’un tour de moulin ou mieux d’utiliser un pilon ou le mortier de son pharmacien favori pour exalter lors du concassage toute la subtilité des poivres.

C5H11N

Voilà la formule de la pipéridine, le principe actif du poivre. C’est une amine à l’odeur poivrée au pH basique faible, c’est elle la responsable du piquant. On la trouve dans la quinine, mais aussi dans différents produits pharmaceutiques comme le fentanyl, un analgésique opioïde.

Poivrier sur pied

Le truc du boucher ou du cuisinier

Ces professionnels de l’alimentaire utilisent souvent le poivre en poudre à une toute autre fin que l’assaisonnement… Ils en mettent sur les coupures et écorchures pour en stopper le saignement. Et c’est efficace ! Cela ne pique absolument pas et pour une estafilade légère (il ne s’agit pas d’arrêter une hémorragie), la coagulation s’opère en quelques instants. En plus, ils ont le produit sous la main.

Attention achat !

Le poivre est coté en bourse. Le truc des grosses sociétés, c’est d’acheter à prix bradé et de vendre dès que la hausse des cours vaut la peine. Il s’écoule parfois plusieurs mois entre achat et vente, agrémenté la plupart du temps de conditions de stockage déplorable dans des pays à fiscalité basse. Un transit qui efface autant l’origine des poivres que leurs propriétés aromatiques. Aucune législation n’exige une quelconque traçabilité, le marché est libre de dicter sa loi et ses prix.

 Poivre blanc du Cameroun

Un poivre peu connu: le Moungo, poivre blanc du Cameroun.
Ce poivre africain assez rare pousse dans la vallée volcanique du Penja, à une centaine de kilomètres de Douala, la capitale économique du pays.

Moungo 1

Les terrains volcaniques, le climat équatorial, voilà les paramètres qui contribuent à la qualité gustative de ce poivre. Il se récolte deux fois par an, au creux de l’hiver et en été jusqu’à la saison des pluies. Les baies recueillies sont mises dans des sacs de jute puis trempées pendant une dizaine de jours dans de grands bacs dont l’eau est changée très régulièrement. Ce rouissage permet ensuite de séparer plus facilement la graine de sa peau, grâce à une méthode ancestrale qui consiste à piétiner les sacs. Puis, enfin libéré de la jute, les grains sont étalés et séchés au soleil pendant une semaine. Cette exposition les blanchit, le Moungo brun à l’origine adopte alors sa couleur beige clair.

Le Moungo

Tout rond, tout menu, le Moungo sent assez fort ! Il évoque au premier nez le sous-bois nuancé d’un trait de moisissure qui très vite se décompose en musc, ambre et menthol. Bref, il flaire un peu la bête qu’on tenterait de parfumer. En bouche, quel soulagement ! Il pique un peu pour marquer son territoire, d’abord sur le bout de la langue, ensuite vers le V lingual. Mais surtout, il se décline en notes délicates, noisette légère, biscuit sec, champignon sec, cèdre, camphre, avec beaucoup de fraîcheur légèrement citronnée et une belle persistance.

Son emploi

À moudre juste avant de servir pour en garder un maximum d’arômes. Son élégance le voit relever les poissons à chair blanche, le lapin, les champignons des prés, le gibier à plumes. Ou encore, les préparations de chèvres frais macérés dans une huile d’olive pas trop marquée et aromatisée thym.

Le poivre de Tasmanie

Comme son nom l’indique, il nous vient d’Océanie et comme son nom ne l’indique pas, ce n’est pas un poivre. Ce n’est donc pas un Piper Nigrum, mais un Tasmania Lanceolata de la famille des Wintéracées. Appelé encore poivre des montagnes ou indigène, c’est le « poivre » des aborigènes d’Australie qui l’emploient depuis bien avant la colonisation anglaise.

Poivre Tasmanie 3

Attention, c’est chaud !

Essentiellement récolté en Australie où il pousse de façon sauvage, il ressemble au poivre noir en plus fripé. Mais là s’arrête la comparaison !
Le nez entre animal et balsamique évoque le camphre, les feuilles de sauges séchées, le baume du Pérou et la menthe, puis encore l’huile essentielle de myrte et la feuille écrasée de géranium. En bouche, waouw un départ presque sucré au goût de fruits confits, douce angélique qui réserve une piquante surprise. Ça pique non d’un chien ! Mais heureusement pas trop longtemps. De plus, il s’agit d’un piquant pointu qui reste situé sur la langue et ne vient pas vous exploser les yeux, façon piment, ni le nez, façon raifort ou encore l’arrière gorge, façon Cayenne, non l’impression « perforante » reste bien localisée et s’en va après quelques secondes pour laisser place à l’ananas au sirop, aux baies séchées de cassis et de myrtille, à la lavande, aux baies de genévrier. Les arômes demeurent longtemps et se transforment petit à petit en cacao et noix sèche pillée.
Le poivre de Tasmanie, une petite boule noirâtre à la complexité inattendue !

tasmanian pepper plant with ripe berries

Son emploi

Les Australiens en usent régulièrement. Ça nous fait une belle jambe. Par contre, en parlant de cuisse, celle du marcassin ou de la biche, en saison, le voit d’un bon œil. Le poivre indigène relève aussi bien les viandes rouges que les viandes rosées. Mais pour goûter mieux les subtilités de l’épice, rien de tel que l’usage à froid : concassé sur un carpaccio de magret de canard et on touche au sublime, un filet d’huile d’olive et un trait de citron et c’est le paradis. Très différent, son goût confit assaisonne de façon originale une salade de fraise ou encore son piquant donne du peps à une salade de légumes cuits refroidis et vinaigrés, style escalivade.
Mais il faut en user avec modération, le poivre de montagne a tendance à anesthésier légèrement les papilles. Zchzute, jche goûte plus rien.

Un piquant salutaire ?

Le principe du piquant à retardement s’appelle le polygodial. Ce poivre fut de tout temps employé par les aborigènes pour ses vertus antimicrobienne, antifongique et comme répulsif.
Que ça pique !

Ciao

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Marco


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Classez, classez, il en restera toujours quelque chose!

Vous n’êtes pas sans savoir (oh que j’aime cette formule qui fait passer celui qui sait pour un expert et le reste du lectorat pour des cruches!), vous n’êtes pas sans savoir, donc, que les Climats Bourguignons et les Villages de Champagne demandent à être classés par l’UNESCO. Comme Lavaux et comme Saint Emilion. Comme les Châteaux du Val de Loire, les Temples d’Angkor, les Pyramides de Gizeh et la Mosquée de Kairouan. J’en passe et des meilleurs, des plus grands, des plus vieux, des plus culturels et des plus mal entretenus.

Ce que vous ignorez peut-être, par contre, c’est que les Pêcheurs de Crevettes à Cheval d’Oost-Duinkerke y figurent déjà, eux, au titre du Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité.

Ne nous arrêtons pas en si bon chemin. Quels que soient mes doutes sur la justification de ce type de classements, et surtout sur l’efficacité de la protection qu’ils apportent aux paysages ou aux traditions classés (voyez Chambord), je ne peux m’empêcher de me dire que le monde du vin et de la gastronomie mérite une plus grande reconnaissance.

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Le précieux macaron du Patrimoine Mondial

Voici donc une liste de propositions dont, j’ose l’espérer, bon nombre aboutiront à un classement rapide:

-Les Primeurs de Bordeaux (au titre de l’Héritage Spéculatif de l’Humanité)

-Robert Parker Jr (au titre de Blogueur d’Avenir de l’Humanité)

-Les Bretts de Bourgogne (au titre de Déviation Sensorielle de l’Humanité)

- David Cobbold (au titre du Biojournalisme)

-Le Gris de Toul (Au titre de Et pourquoi pas le Gris de Toul?)

-L’Étiquette Orange de Veuve Clicquot (au titre du Soutien aux Avocats Nécessiteux)

-L’Anorak Orange de Marc Vanhellemont (au titre de la Lutte Raisonnée contre les Oiseaux Ravageurs)

-Le Communiqué de Presse Vin avec Notes de Dégustations Incorporées (au titre de l’Aide à la Presse Décérébrée)

-Le Pinot Noir de Limoux (au titre du Mémorial des Noces de Cana)

-Le Vin désalcoolisé (au titre de Paradoxe liquide de l’Humanité)

-1855.com (au titre de la Sécurité Routière, pour son système exclusif de Slow Delivery ® )

-Le nom de Champagne hors de Champagne (au titre de la Protection du Cognac et du Pays du Vaud)

-La Moustache de Jim Budd (au titre de Curiosité Pileuse de l’Humanité)

-Le Genouillet de L’Indre (au titre des Cépages Oubliés au fond d’un Tiroir)

-Les Vendanges Tardives Alsaciennes (au titre de Meilleur Remake d’un Concept Allemand)

-Les Tannins Verts dans les Rouges du Sud (au titre de l’Exception Culturelle)

-Le Peigne de Michel Smith (au titre de Produit de Première Nécessité)

-Les Vendanges Précoces Alsaciennes (au titre du Crémant).

-La Cave Coopérative Chroniquement Déficitaire du Midi de la France (au double titre de la Mathématique Quantique et du Capitalisme à Visage Humain)

-Le Rosé Pamplemousse (au titre de l’Extension du Fast Food au Vin)

-La Flatulence Dorée (au titre du Patrimoine Olfactif de l’Humanité)

et pour finir:

-Le Vin dans son ensemble; d’ici, de là et d’ailleurs.

Pour qu’on le mette dans un musée; pour qu’on n’en parle plus; et surtout, qu’on n’en boive plus jamais.

Classez, classez, il en restera toujours quelque chose!

Hervé Lalau

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