Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

C’est fou l’effet que tu me fais, mon Gamay !

3 Commentaires

Ça vous arrive vous d’ouvrir un flacon pour un besoin professionnel, puis de boire le vin comme ça tranquillement tout en rédigeant quelques lignes sur le vin ou sur un autre sujet ? De vous apercevoir que, mine de rien, vous êtes en train de siffler le contenu du flacon ? Moi, c’est une expérience que je vis trois à quatre fois par an. Guère plus à mon grand regret.

Une oeuvre de Sébastian qui résume tout l'esprit du Gamay... ©DR

Levons le verre ! Une oeuvre de Sébastian Birchler qui résume tout l’esprit du Gamay… ©DR

Et comme par hasard, c’est souvent avec un Gamay de Touraine ou d’Anjou, accessoirement un Gamay (pardon pour la majuscule que les puristes de la langue ne tarderont pas à me reprocher) des Fiefs Vendéens ou du Beaujolais, cru ou pas, que cela m’arrive. Je me sers une petite dose comme ça, deux ou trois doigts pour goûter, pour noter mes impressions sur mon calepin, je prends le temps de photographier la bouteille star d’un jour, et puis je bois. Oh, rassurez-vous, je ne vide pas la bouteille d’un seul trait. Non, cela se passe de manière étale, disons que j’en jouis sur deux ou trois heures en fonction de la gourmandise de mon palais directement télécommandé par mon cerveau.

gamay_sans_tralala

Du même artiste, un Gamay sans chichi…

Cette urgence de boire du Gamay noir à jus blanc, que dis-je cette envie folle de dévorer le vin, de le croquer sans retenue, de le savourer dans ses moindres recoins, de ne point le cracher tant il est bon, de l’utiliser pour le mesurer sans attendre à une garbure ou à une simple tranche de pain coiffée d’une cochonnaille, je l’ai vécue il n’y a pas longtemps avec un « Gamay Sans Tralala » de François et Pascale Plouzeau, au très biodynamiste Domaine de La Garrelière, une bouteille illustrée par l’artiste Sébastian Birchler. Le 2012, non encore mis en bouteilles avait quelque chose de jubilatoire. Pour les amateurs, il reste encore du 2011 à 8 € départ cave ! Outre les différents gamays de Marionnet  (j’apprécie surtout le « Première Vendange », sans soufre et sans chaptalisation), à Soings, j’ai aussi en mémoire (grâce à mes notes !) un superbe Vin de France 2010 « Boudinerie » (8 € départ) venu d’entre Loire et Cher et signé Noëlla Morantin une vigneronne de grand talent.

Noëlla dans les vignes, image prise sur le site de notre ami Jim Budd, http://jimsloire.blogspot.fr/

Noëlla dans les vignes, image prise sur le site de notre ami Jim Budd, http://jimsloire.blogspot.fr/

Mais ce qui déclenche mon envie de vous parler du cépage Gamay, c’est un moment unique vécu hier, justement, au moment pile où je me disais :    « Et si je leur faisais le coup d’une revue de vins de la Côte Roannaise et des Côtes du Forez réunis ? » Pourquoi ces deux appellations récemment largement commentées dans ces pages par la plume de mes collègues de blog ? Simplement parce qu’une attachée de presse a insisté l’an dernier, au moment où je songeais à faire mes bagages pour l’Afrique pour m’adresser de toute urgence des vins de ce coin ci de l’Auvergne en invoquant le fait que je ne pouvais me rendre à son invitation de voyage de presse. Certains de mes bons confrères ayant eu la chance d’y aller, ils ont été plus prompts que moi à en parler. Voilà comment on se fait griller quand on croit tenir une info exclusive. Cela dit, je vous recommande la lecture de ces articles ici et là de notre complice David Cobbold, en allant les lire sur notre ancien hébergeur que je salue bien bas au passage…

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J’en reviens à mon Gamay d’un soir qui m’a laissé m’endormir baba d’admiration, sage comme une image, pour me réveiller sans l’ombre d’un nuage de gueule de bois, dans la bonne humeur la plus totale. Il est l’œuvre du très connu Robert Sérol,  lequel, dans un passé récent aujourd’hui révolu, m’a inspiré plus d’un article élogieux dans la « grande » presse, celle qui, soit dit au passage, vous utilise volontiers tel un kleenex©. D’accord, le vin – un 2011 « Vieilles Vignes » – est peut-être un poil jeune, mais dieu que j’aurais aimé avoir une seconde bouteille pour retenter l’expérience… Cette petite touche de soupe de fraises poivrée au nez, ces notes de burlat avec du croquant et de la chair associées à une finesse d’ensemble en bouche, cette netteté aussi, ces jolis tannins grillés et cette matière opulente, persistante, qui vous marque à la culotte pour un sacré moment, bref, ce vin dégusté à 13° vous aide à voir la vie du bon côté ! Et on en a bien besoin par les temps qui courent.

Michel Smith

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

3 réflexions sur “C’est fou l’effet que tu me fais, mon Gamay !

  1. Je ne connaissais pas ce Domaine Serol, merci du tuyau!
    Le 1ere Vendange de Marionnet etait a 11 Euros TTC depart cave la derniere fois que je suis passe a la Charmoise.

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  2. Pour la deuxieme bouteille, il suffit de passer à la maison… Ce n’est pas de la corruption de journaliste, juste une invitation à redécouvrir notre superbe région de Côte Roannaise ! De nombreux vignerons qui aiment sincèrement le Gamay travaillent ici. Nous sommes heureux que cette bouteille vous ait fait passer un bon moment. C’est là que nous mettons notre fierté.

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  3. Je dois confesser que le gamay représente un fort contingent dans le lot des bouteilles issues d’une descente de cave improvisée.
    On peut regretter que, chez nombre d’amateurs, le dédain, la méconnaissance ou la facilité logent ces vins dans le seul registre des « vins de copains » ou de saucissonnage.
    Evidemment, il n’est pas question, juste pour défendre la veuve et l’orphelin, de s’enferrer dans le négationnisme ou l’angélisme idolâtre : nombre de vins de gamay sont plus traîtres qu’ambassadeurs.
    Pour autant, j’ai le souvenir d’un morgon 1934 bu à l’aveugle chez le négociant bourguignon Chanson qui aurait été à même d’infléchir quelques positions chez les détracteurs de ce cépage.
    Bien sur, l’expérience est difficilement conjugable au temps du quotidien domestique, mais on peut se rappeler que les moulin-à-vent, contemporains ceux-là, se prêtent joliment à de longues gardes.
    Quand à l’Auvergne chère aux Sérol, Pothier, Verdier-Logel, Bouju, Montel (ou, en repoussant les frontières vers le Bourbonnais, les Saint-Pourçain du domaine Grosbot-Barbara), elle est à mes yeux une espèce de petit eldorado du vin, certes encore modeste en taille et en aura, mais dont le potentiel doucement se révèle aux curieux, après une longue hibernation.
    Dominique Hutin

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