Faire simple et bon, ça ne doit pas être sorcier, non ?

Comme ça, en plein été, j’avoue que la question peut paraître biscornue. En plus, il me semble l’avoir déjà soumise ici même en une autre occasion. Tant pis. Car voilà que je termine de ce pas un flacon de côtes. Mieux, j’ai envie de dire un simple côtes-du-rhône, ce qui est le cas. Simple, mais bon, ce qui ne gâte rien. Non, pour une fois cela n’a rien à voir avec la grandeur du terroir, ni même sa supposée spécificité. Et c’est justement ça qui m’intéresse aujourd’hui : un vin tellement simple et bon qu’il en devient presque grandiose. Une idée qui me taraude et que je cherchais à exposer le plus clairement possible. Depuis longtemps, faut bien l’avouer, dans le registre du « simple mais bon », l’appellation Côtes du Rhône tient le pompon. Des centaines, voire des milliers de « petits côtes », rouges, blancs et rosés parfaitement corrects, sont sur le marché de la grande distribution (mais aussi dans la moyenne et la petite), ainsi que chez le caviste du coin, pour autant qu’il en reste et pour autant qu’il daigne chercher, dans une zone de prix – entre 5 et 7 euros le flacon – qui fait honneur à l’appellation et qui satisfait le budget de n’importe quel « ménage ». Un bon point donc pour l’AOP Côtes du Rhône (faut dire « régional » maintenant, comme le « régional de l’étape ») dont la diversité et la richesse n’est plus à démontrer depuis qu’elle englobe un vaste territoire allant d’Apt à Nîmes, d’Avignon à Vienne. Le vin qui a déclenché en moi cette envie de vous refaire le coup de la simplicité (pardon à ceux qui trouvent que je radote) est un 2006 sans cinéma, un « Capucin » du Domaine du Vieux Chêne qui reste une très bonne adresse où les vignerons ne se foutent pas de la gueule de l’amateur. Quand je pense que c’est dans ce secteur (Orange surtout) que se sont concentrés les plus gros bouchons autoroutiers… et quelques uns des meilleurs vins du Rhône, c’est à ne plus rien y comprendre ! Un p’tit détour par Camaret et hop, on rejoint la Nationale 7 pour rentrer en buissonnant vers le Nord.

L'ami Rémy Bousquet, auteur de t-shirts décalés sur le vin vous aura prévenu... Photo©MichelSmith
L’ami Rémy Bousquet, auteur de t-shirts décalés sur le vin vous aura prévenu… Photo©MichelSmith

Dans l’art de ne pas compliquer la vie, nos p’tits gars et filles du Béarn et d’autres principautés cachées du Sud-Ouest (Gaillac, Duras, Côtes de Gascogne, Cahors, Fronton et bien d’autres…) font des merveilles qui ne cessent de m’étonner. L’autre jour, je dénichais dans ma cave un Jurançon sec par mes soins volontairement oublié, un blanc 2008 d’Yvonne Hégoburu. Ah, si seulement vous connaissiez Yvonne ! Une vigneronne géniale que le vin affolait un peu trop parfois, non pas qu’elle en abusait, mais la dame était à ce point amoureuse de ses vignes qu’elle s’en rendait malade quand je lui rendais visite il y a quelques années, genre : « Mais qu’est-ce qu’il a mon vin aujourd’hui, il ne sent plus la truffe » ! On avait l’impression que le ciel lui tombait sur la tête. Elle au moins, elle savait ce qu’elle voulait ! Qu’est donc devenue la pile électrique du Domaine de Souch ? Commande-t-elle toujours ses vignes avec cette exigence si rare de nos jours ? Yvonne, si tu m’entends… Son blanc sec, pourtant issu d’un millésime difficile, m’a subjugué à la fois par sa simplicité et sa précision. Son prix a grimpé (je ne parle pas de la cuvée Marie Kathelin…), certes, un peu à l’image de tous les bons de Jurançon, mais compte tenu de sa qualité et du travail (biodynamie) méticuleux que sa patronne exige, il reste abordable pour un amateur. À l’époque, il devait tourner autour de 10 ou 12 €.

Boire sans minauder comme l'ami Vincent Pousson dans les Corbières. Photo©MichelSmith
Boire sans minauder comme l’ami Vincent Pousson dans les Corbières. Photo©MichelSmith

Cette beauté affichée du vin, cette jouissive simplicité, tout ça ressemble à l’allégresse que provoquent le jazz et de bons musiciens. « Jazz et Java, il y a de l’orage dans l’air…», chantait le Toulousain inspiré par Joseph Haydn, alors que de mon côté j’ai envie de dire que Jazz et Jaja c’est idem, du pareil au même. Que les purs et durs du vin et du jazz se rassurent : je ne vais pas m’étendre sur un célèbre Jaja du Roussillon, mais plutôt m’attarder un peu sur le grand classique de Mancini, « The Days of Wine and Roses » interprété tel un tourbillon magistral venu du gave (comme on dit quand on ne sait que dire…) par Bill Evans et chanté aussi sans l’ombre d’une recherche de sophistications inutiles par un Tony Bennett posé , accompagné du même pianiste. Pardon pour ces clichés éculés, mais je ne m’explique pas toujours sur le chemin de ma pensée qui justifierait que j’ai pu songer à la musique en sirotant ce vin si envoûtant. Était-ce à cause de la simplicité d’un air, un « standard », comme ils disent, que l’on retient à jamais au fond de soi même ? Si c’est le cas, faut que je m’inquiète car des airs comme ça, j’en ai des milliers en réserve dans mon cerveau ! Et pourquoi cette BO des années 60 ? À mon avis ce doit être l’âge, les signes avancés d’une course en arrière pour mieux affronter ce qui me reste à vivre. Et si c’était une fois de plus un vin. Un vin du Sud-Ouest encore une fois. Une bête curieuse pas si curieuse que ça, simplement belle une fois drapée dans sa simplicité. En réalité, ce matin-là il y avait deux vins. Une fée mystérieuse en premier, superbe Ondenc 2011 (Gaillac doux) de Bernard Plageoles, sensuelle lampée de gras tout habillé d’agrumes qui n’en finissait plus de m’enivrer. Pour suivre, on sombrait dans le bonheur d’un Vin d’Autan 2008 qui lui aussi n’avait point besoin de fioritures pour se laisser goûter et apprécier. C’était beau. C’était pur. Et c’était simple aussi, un peu fou – j’ai noté « jazzy » -, inviolé, limpide en dépit des notes presque sirupeuses, d’une netteté rare et pourtant si collant, si attachant, affectueux, aussi tendre qu’une caresse féminine.

Encore du Rémy Bousquet, artiste à Montauban…

Je me suis souvent demandé ces temps-ci pourquoi les vignerons – enfin, certains vignerons, ou ceux qui s’octroient un peu trop vite ce titre – se compliquent tant la vie à vouloir en rajouter, à en faire des tonnes. Pourquoi cherchent-ils des artifices là où le vin ne devrait qu’être nu ? Pourquoi singer à ce point un grand cru classé ou pas ? Pourquoi plagier son voisin ? Pourquoi dénaturer ou prostituer l’âme de son vin ? Pourquoi multiplier les étiquettes avec des noms de cuvées à la con ? Je précise en disant cela que je n’ai pas d’à priori. Si un vigneron ne me récite pas son vin avant de me tendre son verre, je suis tel un amateur au palais vierge. J’explore sans préjugés, je déguste en découvrant, comme celui qui avance à tâtons dans le noir absolu à la recherche d’une quelconque forme de luminosité. Je suis même prêt à trouver de la complexité dans un vin. Car simplicité ne rime pas forcément avec simplisme. C’est au vin de parler, pas au vigneron de se draper dans un discours de foirail ou de représentant en slips et chaussettes. Le vin, lui, ne se complique jamais la vie : avant d’être ceci ou cela, il est simplement bon ou mauvais. Il est lui-même.

Un vin est fait pour être bu, comme ici aux Caves Maillol à Perpignan ! Photo©MichelSmith
Un vin est fait pour être bu, comme ici, avec Guillaume aux Caves Maillol à Perpignan ! Photo©MichelSmith

Combien de ces vignerons devraient se retirer sur la pointe des pieds de leurs chais pour aller effectuer un stage d’observation d’une semaine ou deux chez les Bouche à Camaret-sur-Aigues afin de prendre une leçon d’humilité et de modestie ? Et ils sont nombreux ceux qui seraient bien inspirés de fréquenter les caves des Plageoles ou les pentes de Souch sur le piémont des Pyrénées afin de causer avec des gens qui ont compris que tout ou presque réside dans le travail méticuleux de la vigne. Pour notre bonne fortune, ils sont des milliers, quelque soit l’appellation ou le pays, à savoir que le vigneron doit rester humble face au vin que lui donne sa terre. Ils comprennent que, grand ou petit, classé ou pas, parkeurisé ou bétanisé, médaillé ou pas, moins on complique la vie de son vin et plus on a des chances de voir son cru récompensé par les éloges des connaisseurs. Ils savent qu’il y a du fondement et de la noblesse dans l’idée de concevoir un vin en toute simplicité, sans esbroufe, sans fioritures ni complications inutiles, un vin sans masque, sans fard, sans triche, sans déguisement. Un jus de vérité. Un vin fait pour être bu !

Michel Smith

18 réflexions sur “Faire simple et bon, ça ne doit pas être sorcier, non ?

  1. Belle idée Michel. Sancta simplicitas…
    Tiens j’ai vécu un an à Camaret – en 1985. Je ne connaissais malheureusement pas encore grand chose au vin. Et je n’ai même pas vu le curé.

    Hervé

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  2. On a tant de plaisir à suivre les méandres de la plume (et donc de l’esprit) de Michel que c’est un peu comme suivre une belle improvisation d’un musicien de jazz : on revient au thème principal à la fin, comme un retour sur terre, après en avoir pris quelques libertés au milieu. Evidemment bien d’accord avec ce besoin de simplicité, et de modestie, que cela soit sur l’approche du vin, le nom des cuvées, ou leur prix.

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  3. Denis Boireau

    Michel, pour revoir Yvonne, il faut sacrifier quelques heures du Salon des Vins de Loire pour aller a La Dive Bouteille.
    Je me porte volontaire pour te vehiculer entre les deux salons l’hiver prochain!

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  4. Louis Barruol

    Bonjour Michel. Faire un vin de fruit n’est pas trop difficile. Faire un bon vin simple qui a de l’âme est probablement paradoxalement LE PLUS DIFFICILE. C’est comme en gastronomie: les belles choses simples juste bien faites ne courent pas les rues !!!… Ce qui nous touche (et c’est pareil en musique), c’est quand la compétence ne se voit pas. Ou plutot ne se montre pas..
    L’incompétence se montrant plus facilement, n’y aurait-il pas une sorte de justice là-dedans ?…..

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  5. Si, si, Louis… Un bon vin qui a de l’âme et qui touche l’âme du buveur, en plus, c’est bien souvent une vision de simplicité et c’est très difficile. Il n’empêche que pléthore de vignerons, dans tous les pays de France et de Navarre, y réussissent parfois jusqu’à la perfection. Comme en musique, comme en cuisine. D’ailleurs, faut que j’y aille… en cuisine.

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  6. georgestruc

    Mais qu’est ce que cela veut dire un vin « simple » ? Je ne connais aucun vin « simple » qui possède une âme, qui soit capable de provoquer une émotion (cf ce qu’écrit Louis). Le mot « simple » est totalement inadapté pour décrire ces vins parfaitement authentiques, qui plaisent spontanément et qui ont demandé travail, compétence et amour du produit bien fait. Toutes qualités soigneusement dissimulées derrière ce genre de vin qui paraît si naturellement bon que l’on se prend à penser que le faire est « simple ». Erreur !! C’est une vision de dépressif ! Comme en gastronomie, c’est vrai, pas besoin d’un tas de sauces compliquées, d’habillages…et pourtant, le même produit travaillé par un chef talentueux ou par un ordinaire cuistot arrivera dans votre assiette porteur ou non de messages agréables.
    Les noms que vous citez (par exemple Bouche à Camaret et Plageolles) sont ceux de vignerons très talentueux déjà bien connus et reconnus par leurs pairs…Simplicité et modestie vont mal à leurs vins.
    À propos, à Apt, c’est Luberon au Sud et Ventoux au Nord, un peu loin des Côtes du Rhône et on a toujours dit Côtes du Rhône « régional », ce n’est pas « nouveau ».
    Ceci dit, joli discours M. Smith à la plume alerte, toujours aussi agréable à lire.

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    1. Tandis que j’assume pleinement mon côté dépressif, il me faut préciser de nouveau – ce que ce bon Monsieur Truc n’a pas dû lire – que ma vision du vin élaboré dans le respect de sa nature, de sa « simplicité » n’a strictement rien à voir avec une idée de « simplisme » qui semble avoir été celle retenue par mon contradicteur. Quant à appliquer ma vision à des gens « connus et reconnus », c’est justement pour souligner leur qualité principale qui consiste à savoir s’effacer devant le vin, devant sa grandeur, devant sa simplicité aussi ne vous en déplaise. Du moins, plutôt que de me vautrer dans les compliments habituels sur leur immense talent, il me semble plus approprié de souligner leur modestie. Et de dire qu’ils sont nombreux dans chaque bassin viticole à savoir s’effacer devant leurs vins. Ceci n’exclut nullement le fait que l’on y trouve de la finesse, de la complexité, de la sueur, du sang et des larmes si l’on veut dramatiser.
      Pour en revenir à l’aberration géographique commise volontairement, il s’agissait pour moi de rappeler que les Costières, comme le Ventoux et le Luberon sont entrés depuis plusieurs années dans le giron d’Inter Rhône. Rien de dramatique à cela, dans la mesure où de Nîmes (presque Languedoc), non loin de la côte rhodanienne, on peut deviner le Ventoux en même temps que les Alpilles. Mais il est vrai que pour des français cartésiens la géographie est un peu compliquée en même temps que fantaisiste.
      Enfin, cher Georges Truc, depuis plus de 30 ans que je fréquente la vallée, je n’ai jamais autant entendu parler de « régional » à propos du Côtes du Rhône qu’aujourd’hui. Il est vrai que j’ai souvent les oreilles bouchées, mais à mon humble avis, la vallée du Rhône ne constitue pas une région à part entière. Avec le Dauphiné, le Vivarais, le Diois, la Provence dans son sens le plus large, on a de la diversité en pagaille. J’en suis donc resté à la belle époque des Côtes du Rhône « tout court », qui sont des vins plutôt provençaux, opposés aux Côtes du Rhône Villages qui sont des presque crus.
      Merci en tout cas pour le compliment final.

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      1. georgestruc

        J’ai toujours quelque crainte que l’utilisation du mot « simple », pour un public qui n’aurait pas sous les yeux l’explication de texte qui illustre le sens que vous lui donnez, reste tout « simplement » du « simplisme ». Dans la plupart des cas, et je le constate lors de tournées à caractère plus ou moins œnotouristiques destinées à des professionnels ou à de « simples » amateurs, les gens ne traduisent jamais leur ressenti, leur émotion, avec ce mot. Cette notion ne leur vient même pas à l’esprit, tant ils ont compris, grâce à un détour pédagogique par la cave, combien élaborer un vin demandait de temps, de savoir faire, de compétence et d’amour du « travail bien fait », tout « simplement ».
        Je suis né en 1942 dans une cave… celle de mon père, à la suite de mon grand père, à une époque où l’égrappage n’était presque jamais pratiqué, où la vendange entière était foulée, où le raisin arrivait sur le quai dans de lourdes caisses de bois empilées sur des charrettes tirées par un solide cheval (aucune benne n’existait), où le décuvage se faisait à la fourche (travail ingrat et pénible), mais aussi où les vendanges étaient joyeuses, uniquement faites avec des personnes du village, où le banquet de fin de campagne était un moment extraordinaire, où la seule satisfaction finale était d’avoir « bien travaillé », confirmée par celle des négociants venus déguster dès fin Décembre dans leurs tastes – vins d’argent (les zurichois avaient toujours du gruyère dans leurs poches, enveloppé dans du « papier à chocolat »…) pour réserver des cuves. Ce travail, à jamais, ne peut correspondre dans mon esprit à de la « simplicité ». Et pourtant, quelle modestie que celle ce père qui présentait ses vins presque en s’excusant qu’il ne soient pas meilleurs… alors qu’ils étaient très appréciés.
        En conséquence, s’il s’agit de souligner la modestie de ceux qui, aujourd’hui encore, s’effacent devant leur vin, je suis d’accord avec vous, mais pas au prix de qualifier leur vin de « simple ». Il faut leur trouver un autre qualificatif.
        Côtes du Rhône « régional » : je n’ai relevé le mot régional que par opposition à celui de « générique », qui ne veut rien dire et qui est utilisé encore trop fréquemment et doit être combattu. La vallée du Rhône ne constitue pas une entité régionale, je suis bien d’accord ; en géologie, on emploie la locution de « domaine rhodanien » pour qualifier les vastes espaces correspondant à la vallée Rhône et à ceux de ses affluents, ce qui possède le mérite d’envelopper un territoire très conséquent, marqué toutefois par certaines caractéristiques communes.
        Côtes de Rhône « tout court », cela me va parfaitement ! Mais je ne vois pas en quoi ces Côtes du Rhône seraient plutôt « provençaux » et s’opposeraient aux Côtes du Rhône village, « presque des crus », alors qu’ils coexistent de façon systématique, que ce soit à l’échelle des villages avec nom de village ou des crus. Leur imbrication constitue la règle générale. Seul un trait de délimitation a fait basculer des parcelles en village ou en cru et laissé les autres en CdR régional. Leur trame est commune.

        Si vous voyagez dans la vallée du Rhône pendant les mois qui viennent, un petit message et je serais, avec quelques compères, ravi de vous accueillir car, Cher Michel Smith, on vous aime !!

        Georges TRUC

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  7. Luc Charlier

    On va mettre tout le monde d’accord (pour une fois), et même le révérend Lalau : je ne suis pas sûr que l’homme ait une âme – je suis même certain que cela n’existe pas, aucun agnosticisme chez moi, mais bien de l’athéïsme pur et dur – alors le vin …. pffff !
    Mais le Forgeron a raison : comme en musique ou en cuisine, il y a des vins qui nous « touchent », qui nous « parlent ». Et c’est de l’éphémère : la note envolée, la bouchée avalée, la gorgée déglutie, oups, c’est fini ! Mais qu’est-ce que c’est bon !

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  8. georgestruc

    Vous êtes un homme d’esprit, Luc, donc la confusion âme et esprit du vin peut vous être admissible ; vous savez, cette émotion (vous parlez des vins qui nous touchent ou qui nous parlent) ressentie en buvant ces vins, et que l’on bien du mal à décrire avec des mots ; c’est cela l’âme du vin, même pour un athée pur et dur. L’éphémère ? Tout est de cet ordre. Ceci dit, si un vin qui vous touche ne laisse aucun souvenir, même le temps d’écrire à son sujet un article, alors il ne vous a pas réellement touché. C’est pour cela que la notion de « simplicité » appliquée au vin m’horripile.

    Georges

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    1. Luc Charlier

      Attention, j’oppose l’éphémère du vin (ou de la musique) au durable de la peinture, quand elle n’est pas vandalisée, et plus encore à la sculpture, qui est la forme d’art ultime pour moi. Cela ne veut pas dire que le souvenir n’en demeure point. « Qu’est l’homme ?, s’interrogeait le sage, … le rêve d’une ombre ». Assez d’accord. Gainsbourg avait eu une altercation télévisée avec le mièvre Guy Béart, lui disant que la chansonnette était une activité plaisante mais mineure, tandis que la sculpture … Le pleurnichard à la voix hésitante avait réellement « piqué sa crise » alors que, bien évidemment, l’homme à tête de chou était en train de l’allumer.
      Donc oui, plutôt Camille Claudel que les vins de Castel !

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  9. Qui va vibrer sur du Prokofiev ou du Mahler ? Certains ne jurent que par Camille C ou Aristide M, et alors ? Tout le mystère est là. Il en va de même pour le vin. Moi, quand mes poils se dressent en buvant un Gigondas bien inspiré, j’appelle ça l’âme du vin. Que d’autres appellent ça de la littérature, du sentiment, de l’esprit ou je ne sais quoi encore, cela ne me dérange pas. Je redis une fois de plus que je suis à mille lieues de confondre « simple » et « simpliste ». D’ailleurs, un vin peut être simple mais complexe. C’est pourquoi je me range dans la catégorie des gens simples. Et si un jour j’aime un Castel ou un Tarriquet parce que c’est bien foutu eh bien je le dirai ! Bises & bon week-end à tous !

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  10. Luc Charlier

    Tu sens le soufre, Michel, comme Tariquet ou Castel. Et en plus, tu « plaques » (du flamand « plekken », être gluant, coller) comme la gomme arabique. Mais je précise, d’acacia, la meilleure paraît-il!
    Je te signale – une folie, j’ai pété un câble – que nous partons, la Délicieuse et moi, quelque part dans le Lauragais pour faire un break. Demain, elle marie son neveu: le petit vend de la clim en Auvergne (je te jure!, faut-le faire) . Il épouse une adorabgle conseur, qui se spécialise en cancérologie à la fac de Clermont-Ferrand. J’ai pris un livre amusant car après le mariage civil, la belle-famille tient à sa messe et ça, ce n’est pas pour moi. J’irai siffler du coteau d’Auvergne dans un bistrot en lisant Coetzee. Bon programme, bon bilan, comme disait Lionel.

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  11. Soufre ou chips, miel d’acacia ou fleur de tilleul, je vous souhaite le plus délicieux des pigeonneaux du Lauragais, avec un bon Corbières, un Cabardès ou un Fronton de derrière les fagots ! 😉

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