Les blogs, un media comme les autres?

Amusant de constater que le parti pris s’infiltre partout, que la technologie ne fait rien à l’affaire, que même les blogs de vin n’y échappent pas.

La blogosphère vineuse finit par reproduire les bons vieux clichés, le copinage ou le compagnonnage y règne en maître.

On s’y cherche des alliés ou des mentors; on s’y fait des amis, on s’y fait des ennemis, on envoie des liens vers les premiers, on ignore les seconds, sauf quand ça permet un commentaire vachard. Une fois les coteries constituées, difficile d’y échapper.

A se demander si on lit encore le contenu.

Je trouve ça triste. Et idiot.

Tout le monde peut écrire une fois un billet de merde dans sa vie (ou dans sa semaine); tout le monde peut aussi signer un beau papier.

Quand c’est le cas, le dédaigner n’est pas de mise. J’en connais pourtant qui se contorsionnent pour ne pas avoir l’air de partager l’avis du blog d’en-face, pour trouver un angle d’où ils pourront encore le dézinguer. Quitte à brûler de qu’ils ont adoré hier.

Je trouve cela pathétique.

Exemples récents: les différents billets à propos de l’affaire Giboulot ou du Vinobusiness.

Regardez un peu qui cite qui et comment. Ou qui ne cite jamais qui.

On dirait l’ONU, transposée dans une cour de récré.

Ne peut-on être un peu Cobbold et un peu Vindicateur? Un peu De Rouyn et un peu Berthomeau? Un peu Bettane et un peu Olif? Un peu Mauss et un peu Saverot? Un peu Nossiter et un peu Dupont? Faut-il toujours choisir son camp ou peut-on essayer de comprendre les arguments? Apprécier le style? Se faire l’avocat du diable? Rendre à César ce qui n’a pas été pompé? Ne peut-on exister qu’avec ou contre?

Les Anglais parlent de Pros & Cons. J’ai parfois l’impression qu’on en reste à la deuxième partie de l’expression. Pourtant, on est toujours le con de quelqu’un.

Pour prendre un cas que je connais assez bien, à savoir le mien, je tiens à préciser que je n’ai pas d’autre ligne rédactionnelle que l’air du temps, que mes coups de coeur ou mes indignations, aussi variées qu’instinctives. C’est ce que j’aime dans le blog, le côté carnet de bord, le côté herbier, « choses bues », miscellanées. En cherchant bien, je pense qu’on pourra trouver sous ma plume autant d’articles pro-bio que critiques du bio, par exemple;  autant de papiers à la gloire des AOC que de charges à leur encontre. On me taxera aussi facilement de jouer les anti-systèmes que les béni-oui-oui, au gré des billets.

Je ne demande pas grand chose: juste d’être jugé sur pièces, et non en fonction de prétendues affiliations ou d’agendas secrets. Merci d’avance. 

Si la blogosphère doit effectivement pouvoir apporter un vent de liberté, une ouverture d’esprit, si elle peut faire éclater les vieux carcans, je pense que c’est à ce prix.

Hervé

4 réflexions sur “Les blogs, un media comme les autres?

  1. magnifique papier…..
    En prenant du recul au moins de plus de trois milles kilomètres, vivant sous le sourire des femmes qui dirigent, décidant et dégustent; et n oubliant pas non plus cette nature sublime aux couleurs enchanteresses aussi bien l’été que l’hiver. Achetant des grands noms au même prix qu’en France, dégustant des cidres valant à l’aveugle des crémants; mais aussi des vins natures italiens supérieures aux vins natures français, bref je regarde la France avec des yeux nouveaux depuis 18 mois. Et je me dis que nous avons deux gros défauts. Le premier, je pense que dans nos gênes nous avons celui, pardonnez moi l’expression, du fouteur de merde. C est en nous. L’exemple le plus récent proche de moi est du directeur commercial d’une grande maison de Bourgogne qui depuis plus de 7 ans a redressé constamment ce navire en perdition. L arrivée de son nouveau chef débarqué d’une maison de champagne connue a anéanti ses efforts. Pourquoi : une histoire d’égo ? Nous français nous oublions souvent l’écoute et une certaine compréhension de l’autre. Nous voulons trop imposés nos idées. En Norvège; les habitants ne vivent pas pour travailler mais travaillent pour vivre. Nous voyons aussi des gens au travail portant tatouage, percing où foulard . Dans mon travaille je vois des couples de femmes, dernièrement deux étaient avec leur bébé. ET cela ne choque personne.
    Je me suis intéressé à votre blog car je trouve que vous avez tous une plume; et c’est très agréable à lire. Nous avons pas les mêmes idées, certes mais pour moi les différences des hommes les rapprochent. Mais faut-il savoir écouter l’autre. Enfin, je terminerai par ceci, en France , dans le monde du vin nous avons le syndrome de Vercingétorix, chacun prêche pour sa paroisse. Sans unification et qui gagne pour l’instant : l’industrie du soda. Et qui perd des milliers de consommateurs par an : le vin. Que doit-on faire pour gagner du terrain : unifier les différentes paroisses….. et cela n’est pas gagné
    http://www.vinpur.com/view.php?node=308
    Jean-Charles Botte sommelier Xich Lo à Oslo

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  2. Ping : Au fait, pourquoi ai-je signé ? | Les 5 du Vin

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