Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Saving Private Bordeaux 2013?

24 Commentaires

En préambule, je tiens à préciser que je n’ai aucune dent contre Bordeaux, pas plus que contre aucune autre région du monde viticole. Que je conçois très bien que chacun voit midi à sa porte, et son stock derrière la porte. Que chacun veuille faire vivre sa famille et préserver ses intérêts. Qu’il fasse de son mieux pour attirer le chaland ou au moins, pour ne pas le décourager.

Mais mon rôle de journaliste ne se borne pas à répercuter une communication prémâchée.

Ni à caresser la production dans le sens du poil, quelle que soit ma sympathie pour la profession de vigneron, mon admiration pour les créateurs et pour leur courage face à l’adversité, notamment climatique. Ma responsabilité est d’informer le consommateur, en toute indépendance, quoi qu’il en coûte.

Et maintenant, parlons donc des Primeurs de Bordeaux et de ce fameux millésime 2013…

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No. This time, the mission is a vintage

Je vous emmène au cinéma. Action, ça tourne!

Scene One, Take One, Autumn 2013

Novembre 2013. Les premiers compte-rendus des journalistes spécialisés sortent dans la presse. Vu les conditions météo qui ont régné tout au long de l’année, vu la qualité des raisins, que certains confrères ont pu voir de leurs yeux, vu les communiqués de la Faculté d’Oenologie (oui, nous savons lire entre les lignes), le millésime ne part pas gagnant; en rouge, en tout cas. Quelques uns d’entre nous, sans doute mal briefés, parlent déjà de millésime à oublier.

Que n’avions-nous pas dit là! La production (comprenez, ses portes-paroles, les gens qui savent) nous rétorquent que nous ne sommes pas sérieux, que nous ne pouvons pas condamner le millésime avant de l’avoir bu.

C’est bien vu, car cela renverse la charge de la preuve: ce n’est plus aux producteurs de démontrer qu’ils ont pu faire de bons vins avec les mauvais raisins qu’ils ont rentrés; c’est à nous de prouver qu’ils n’ont pas pu le faire!

Scene Two, Take One: Enter Derenoncourt

Justement, début  février 2014, Stéphane Derenoncourt donne une interview au Figaro dans laquelle il fait le bilan de 2013. Ses mots sont durs: «C’est un millésime déficient, sans potentiel de garde, de qualité moyenne et parfois médiocreOn ne peut rien contre les caprices du ciel, un tsunami, une grêle, un printemps épouvantable, un manque de maturité… La nature n’est ni aimable ni clémente. Notre métier, c’est de la comprendre, déjouer ses pièges. Parfois elle est trop forte et on ne peut que subir. Ce 2013 nous ramène à l’humilité ».Voila qui n’est pas très glamour

En plus, Derenoncourt, ce n’est pas comme nous, les pisse-copie, les saltimbanques de la treille; lui, c’est un pro, il vinifie. Il a vu, il a bu. Pourtant, d’aucuns, parmi les producteurs, lui reprochent de cracher dans la soupe, ou plutôt dans le moût.  Ils parlent d’approximation, de généralisation abusive.  «Tout n’est pas mauvais», déclarent-ils doctement Encore quelques contorsions sémantiques, et ils finiront par nous dire que 2013 est grossièrement sous-évaluéCe n’est pourtant pas Derenoncourt qui a fait avorter les floraisons, tomber la grêle, ni pourrir le grain. Pourquoi ai-je si souvent l’impression qu’on me prend pour un imbécile?

Scene Three, Take One to Twelve: En Primeur 

Nous voici rendus à la fin mars 2014, lors de cet événement que toute la planète vins nous envie. A Bordeaux, donc. Je n’y suis pas. Je n’aime pas le concept. C’est trop tôt pour juger – je parle des bons millésimes. Mais j’y ai des antennes. Des gens qui m’assurent qu’hélas, les 2013 rouges confirment… tous nos doutes. Je cite mon confrère d’In Vino Veritas, un vieux briscard qui n’est pas né du dernier communiqué officiel, l’oenologue Fabien Barnes: « 2013 est la plus grande catastrophe viticole qu’il m’ait été donné de commenter, en termes de qualité… Cette année, pas de «superbe», pas d’«excellent», pas de «très bon», mes coups de cœur se contenteront de bon ».

Pourtant, je lis aussi des choses curieuses. Certains commentateurs se mettent à trouver des attraits aux 2013. Les mêmes dégustateurs, qui, à la table, devant les copains, avaient du mal à sortir un seul adjectif positif de leur plume, retrouvent l’inspiration à la nuit venue. La citrouille est redevenue carrosse. C’est la magie du cinéma. Ca nous promet de beaux articles.

Déjà, quelques tweets plein de poésie parlent de « millésime sauvé par l »expérience », du « terroir qui sauve ».

Le rire est le propre de l’homme, mais pas seulement. Au fond de la boîte de Pandore, on le sait, il y a l’espoir. A Bordeaux, cette année, on a rajouté un peu de wishful thinking pour être sûrs. Un soupçon d’intox. Quand en plus, les réseaux sociaux s’en mêlent, on passerait presque de l’abattement au triomphalisme… J’ai horreur de hurler avec les loups. Ce n’est pas une raison pour me mettre à japper à contretemps.

Ce retournement de tendance est à la fois ridicule et compréhensible. C’est qu’il faut sauver le Soldat 2013! Je vous jure que je n’ai pas copié « Hep Garçon ». J’avais trouvé cette formule avant de lire sa chronique (très sympa) sur Terre de Vins. C’est juste que les grands esprits se recontrent, même sur les petits millésimes. Tiens, à propos de Terre de Vins, juste une petite remarque: nous, Les 5 du Vin, on les cite assez souvent. Eux, presque jamais.

Sauver le Soldat 2013? C’est un peu comme dans le film. Ce n’est pas pour lui, bien sûr, qu’on veut sauver ce brave garçon, mais pour l’exemple. Pour la famille. Et aussi pour la suite de la guerre – je veux dire, du business. La mansuétude, l’empathie de certains critiques avec la production en cette année délicate leur vaudront non seulement une reconnaissance éternelle, mais aussi, peut-être, quelques cacahuètes. L’important, c’est que la machine ne se grippe pas. The show must go on.

Ces critiques un peu trop aimables reviennent à duper le lecteur candide, certes. Il faut croire que leurs auteurs n’ont aucune empathie pour le buveur, pour le cochon de payeur. Mais qu’importe! Le but n’est-il pas d’abord de pouvoir fourguer aux riches investisseurs de belles étiquettes, de faire marcher le commerce? Qui s’intéresse vraiment au millésime? Le petit consommateur européen? Combien de divisions sur le marché de l’avenir? Et serons-nous encore là quand l’acheteur ouvrira sa bouteille? L’avantage, avec les crus dits «de garde», même dans les petites années, c’est qu’on a le temps de se déjuger…

Flash Back…

Alors oui, c’est vrai, il y a de belles surprises. Comme à chaque mauvais millésime, certains passent à travers les gouttes. Ils ne sont guère nombreux cette année, en rouge. Et même eux n’ont pu faire de miracles. Leur 2013 ne sera jamais du niveau de leur 2005, ou de leur 2009.

On peut quand même en parler, bien sûr. Il paraît que l’ami Lignac, chez Guadet, a bien réussi son 2013. Le Merlot a un peu mieux résisté aux mauvaises conditions de l’année, c’est un avantage pour ceux, qui, à Saint Emilion, savent attendre la bonne maturité. Et puis, il y a l’oenologie moderne. Quand la richesse du propriétaire pallie la pauvreté de la matière première. Au Château Fayat, à Pomerol, on avance que les « techniques actuelles, notamment le tri optique, ont permis d’être sélectifs et d’avoir de beaux fruits ». Excusez moi si je suis un peu trivial, mais ça ne nous rendra pas le Congo, ni l’Algérie, ni le Cabernet bien mûr.

Et je ne vous parle pas de l’effet terroir (oui, le terroir englobe les conditions climatiques).

Bon, d’accord, il y a une gradation dans la faillite de ce millésime – le Médoc a touché le fond, les autres sous-régions s’en tirent un poil mieux. Ou moins pire. Parmi ceux-là, quelques vignerons sortent même des vins plus que corrects. Des vins de plaisir, à défaut d’être grands. J’en suis content pour eux. Mais leur arbre ne peut cacher la grande et sombre forêt d’un mauvais millésime.

Les Primeurs sont une belle vitrine de la production bordelaise. On sort les spots, on soigne la lumière. Les carreaux de la vitrine déforment un peu la vision, bien sûr, car l’opération met l’accent sur les grands noms. C’est de bonne guerre, si cela peut servir à faire vendre le reste. Mais quand même la plupart des Grands Crus, dans une petite année comme 2013, sont médiocres, notre rôle est de le dire, pas de dorer la pilule. Ne serait-ce que pour garder le droit de s’extasier quand les Bordeaux sont vraiment bons.

Tickets, please?

En attendant, si les prix baissaient de 50%, je trouverais ça plus que normal. Décent. Un grand Bordeaux qui manque de charpente, à l’argus, c’est un peu comme une Ferrari avec un moteur de Clio, il devrait y avoir une décote. On parle de grands vins, tout de même; enfin, en théorie; de trucs qui sont censés tenir la route sur la durée, pas seulement de gentils petits vins de comptoir. Sinon, il y a d’autres adresses. Rêvons un peu. Dans une année comme 2013, quand le Margaux n’est pas au niveau, quand le Saint Julien ne ressemble à rien, quand le Médoc est toc, quand le Fronsac est sec, quand Pomerol manque de bol, peut-être que l’AOC ne devrait pas être attribuée. Ou au moins devrait-on enlever grand cru sur certaines étiquettes. Pour protéger l’Appellation. Et le consommateur. Veuillez ne pas agréer, Messieurs…

Ne rêvons pas trop, tout de même. Les propriétaires ont des frais. Les traites du nouveau chai à rembourser. La machine à osmose inverse. Bien sûr, les négociants aussi devront faire un petit effort; ne pas trop en demander. Quitte à refiler la patate chaude aux importateurs, voire à la GD. C’est le système qui veut ça. La place de Bordeaux, avec ses allocations, c’est encore le meilleur système qui existe pour éponger en douceur un mauvais millésime. Voire deux. « Vous ne voulez pas de mon 2013? Attention, je devrais diminuer votre quota pour les prochains millésimes… »

Rendez-vous dans 4-5 ans, quand les 2013 débarqueront dans les foires aux vins. Ils seront sans doute toujours aussi fluets, voire décharnés. Mais peut-être moins chers. Oui, même moins chers qu’en Primeur. D’abord, il va certainement y avoir des ventes parallèles, de retours, des invendus. C’est le lot de ce genre de millésime. Et puis Leclerc, Auchan, Carrefour, Casino, Colruyt, Delhaize, Tesco, tous ces gens peuvent se permettent de perdre un peu d’argent sur une année. C’est de l’argent investi sur leur image de casseurs de prix.

Drôle de système, tout de même. On dirait qu’il y a toujours un dupe dans le jeu. Je préférerais que ça ne soit pas vous.

Quoi qu’il en soit, rendons à Stéphane ce qui est à Derenoncourt: lui a eu le courage de dire tout haut ce que tout le monde sait à Bordeaux, ce que tout le monde a vu arriver dans les cuves. C’est d’autant plus méritoire de sa part qu’il a bien plus à perdre qu’un journaliste comme moi, qui n’ai même pas peur de ne plus être invité aux Primeurs, puisque c’est moi qui ne veut pas y aller.

Amis lecteurs, je vous devais cette vérité-là. Non, je ne sauverai pas le Soldat 2013 à Bordeaux. Mais au moins puis-je espérer garder votre confiance. Et puis, heureusement, il y aura d’autres millésimes…

Hervé Lalau

 

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

24 réflexions sur “Saving Private Bordeaux 2013?

  1. Pour que les choses soient claires au sujet du commentaire de Stéphane Derenoncourt, merci de voir sa vidéo de mise au point, ici :

    http://www.mybettanedesseauve.fr/derenoncourt-et-le-millesime-2013-une-mise-au-point

    Ensuite, il restera toujours quelques critiques, parfaitement imperméables aux discours officiels qui sauront séparer le bon grain de l’ivraie.

    Je défie quiconque de dire, par exemple, que les blancs de Domaine de Chevalier ou de Clarence Dillon ne sont pas magnifiques ou que les rouges de Stefan von Neipperg ne sont pas bons. Ce serait particulièrement idiot de les condamner simplement par ce que le contexte général du millésime est ce qu’il est.

    Bref : laissons les baratins aux baratineurs, et regardons, lisons les pros dont les fins de mois ne sont pas financées par les propriétaires ou les négociants. Il y en a quelques uns, si, si !

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  2. D’accord pour l’exception de quelques grands blancs.

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  3. Excellent papier, Hervé !
    Juste un point : Terre de Vins nous a au moins cité une fois. C’était à l’occasion de la modeste conférence sur le Carignan que j’ai orchestrée durant Millésime Bio. http://www.terredevins.com/actualites/le-carignan-star-incognito-de-millesime-bio/

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  4. Au passage, comment un Bordelais bon teint doit malgré tout vendre son 2013 sans dire qu’il est petit ? En faisant une tronche d’enterrement comme Christian Moueix sur cette vidéo piquée à Decanter. J’admire au passage l’accent à la Maurice Chevalier ! http://www.decanter.com/bordeaux-2013/video/586743/bordeaux-2013-christian-moueix?utm_source=Eloqua&utm_medium=email&utm_content=news+alert+link+010414&utm_campaign=Newsletter-010414

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  5. Et si on attendait simplement que les vins aient terminé leur élevage pour dire s’ils sont bons ou pas?

    Quand l’année est difficile, il est encore plus urgent d’attendre.

    il suffit de faire l’impasse sur les primeurs et d’attendre l’automne prochain. Puisque le vin, lui, n’est pas pressé, nous n’avons pas à l’être plus que lui.

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    • C’est ce que je dis habituellement, c’est d’ailleurs ma critique principale vis à vis des dégustations en primeur. Mais là, pour 2013, il s’agit d’autre chose. Les vins n’ont pas la matière et ce n’est pas l’élevage qui leur donnera.Au contraire, on peut craindre qu’ils ne supportent pas bien le bois. Mais nous verrons bien. Merci en tout cas de votre attention.

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  6. Le rêve : que les primeurs soient uniquement réservés aux courtiers et négociants. On l’a écrit à moult reprises.

    La réalité : strictement impossible, vu le besoin de communiquer de l’UGCB compte tenu du système de distribution via le négoce.

    Et ce n’est pas demain que les journalistes vont refuser de piétiner les tapis rouges qu’on voit de plus en plus ici et là 🙂

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  7. Je signe des deux mains: après tout, lors des Primeurs, le vin n’est pas fini, il n’y a que des techniciens qui peuvent vraiment juger, éventuellement adapter… Qu’on nous donne à déguster le vin au moment où l’on veut que le consommateur le boive.

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  8. PS. Je n’ai pas entendu parler des « pré-primeurs » organisées pour les « grands » critiques, qui avaient fait un petit scandale il y a quelques années. Est-ce qu’on suspend lors des petits millésimes?
    PS 2. Avec 15% de 2010, on pourrait sans doute améliorer pas mal un 2013. Et même avec du 2012, dans certains cas. Est-ce que ça se fait?

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  9. Je reviens de 2 jours en rive droite et les plus beaux vins que j’ai dégusté sont les blancs . Monbousquet blanc 2013 est superbe, une belle fraicheur, grande finesse, très beau nez floral, un vin très pur comme je les aime. Yquem a un nez qui vous pète à la figure (abricot, pêche confite), une véritable explosion. Une bouche sans aucune lourdeur, très équilibrée, longueur moyenne. En rouge c’est clair que les amateurs de concentration, d’intensité, de puissance seront désorientés. On est sur des corps de « jeunes filles » mais attention pas fluets, plutôt aériens, avec de la grâce pour certains et de « l’énervement » pour d’autres… En l’état évidemment beaucoup de vins sur la prise de bois avec des acidités assez marquées. En général des nez très sur le fruit, aromatique, vraiment charmeurs. En bouche, mes 2 préférés en rive droite sont clos fourtet (supérieur pour moi à Ausone, cheval blanc, Pavie, Angelus) et Vieux château certan (pas gouté les petrus, le pin, lafleur, etc.)) : une grande finesse, soyeux, belle pureté du fruit mais sur des finales courtes (pour tous les vins). Bien aimé Gazin, figeac, canon la gaffelière, clos du marquis, le prieuré, Fonbel, lusseau, la tour figeac. Sinon mon vrai coup de coeur pour 2013, le domaine clos canarelli (corse). Et belle découverte pour le chateau thénac (côtes de Bergerac) que je vais encaver rapidement.
    Ceci est donc juste mon ressenti à un instant T avec des « bébés » pas encore finis et mon palais de simple amateur.

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    • L’essentiel, c’est justement votre ressenti. Merci de le partager avec nous. Pour le reste, tout ce que je demande, c’est qu’on soit honnête avec des gens comme vous, les oenophiles.

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      • Sur la même ligne que David (enfin !), si seulement mon com s’affichait au bon endroit, et vu que tout ce que vous goûtez sur place ne sont que des barriques arrangées, je me demande si 2013 née sera pas l’année des seconds vins ? Après tout, après avoir trié à la vigne, puis à la vendange, il faudra bien opérer un tri sévère – bien plus sévère – en 2013 lors des assemblages. D’où de possibles belles affaires en seconds vins dont les prix, eux, et c’est le paradoxe risquent de monter vu qu’il y aura moins de grand vin à vendre… Un grand cru bordelais n’a pas besoin de perdre de l’argent. Il lui faut toujours plus !

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  10. Exactement, rendez vous dans trois ou quatre ans pour voir ce 2013 en bouteille et vérifier que là aussi il fallait savoir adapter son élevage. 2013 ne sera pas 2005 ou 2010 et tant mieux après tout, faire chaque année le millésime du siècle ne serait pas crédible. Mais tout dépend de ce que l’on attend d’un grand cru classé, s’adapter au millésime en gardant sa typicité et être marqué par le millésime ou uniformiser sa production chaque année pour que, comme un champagne haut de gamme, le consommateur ne soit jamais déçu. 2013 sera intéressant et stimulateur de discussions et de dégustations et c’est bien là l’essentiel. Certains reprochent trop souvent à ces vins haut de gamme d’être trop concentrés et trop riches, cette année ceci n’étant pas possible il fallait être plus fin dans le travail des marcs, certains l’ont fait d’autres pas. Pour les premiers cela devrait les réconcilier avec les amateurs de vins moins caricaturaux. Mais pour cela encore faut-il accepter de les goûter en toute connaissance de cause du système primeurs de bordeaux et c’est quelqu’un qui ne vend rien en primeurs qui vous le dit. Donc je déguste tout le monde et je me fais mon opinion personnelle. Mais pour ceux vendant à cette date là on est bien d’accord il faudra baisser ses prix si l’on veut que la crédibilité de « réussite » des autres millésimes soit maintenue.

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  11. Je ne veux plus goûter les primeurs, tapis rouge ou tapis bleu ou pas de tapis du tout. J’ai arrêté ce cirque avec le millésime 2005. En dehors de la question, pourtant essentielle, de la fiabilité des échantillons présentés par rapport au vin en bouteille, il est bien trop tôt pour juger la plupart des vins, sauf peut-être quelques blancs.
    Cela dit, je trouve toujours excessif de condamner un ensemble de millésime. Les 2007 n’ont pas fourni de grands vins de garde, mais pas mal sont très bien en ce moment. 2013 est peut-être en dessous, mais laissons le temps au temps, et cherchons les bonnes choses, certainement du côté des vins blancs.

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  12. C’est vrai que parler d’un millésime dans son ensemble est faire injure aux quelques uns qui ont fait mieux. Mais comment ne pas aborder le contexte général? Bordeaux nous a fait déjà plusieurs fois le coup du millésime « sauvé des eaux » ou du millésime classique. Si 2013 est classique, alors je m’appelle Hubert. Est-il classique pour le Cabernet de ne pas mûrir à Bordeaux? Si c’est le cas, il faudrait peut-être planter autre chose… Plus sérieusement, si je me réfère à nos archives d’In Vino Veritas, et aux commentaires de notre M. Primeurs Fabian Barnes, 2013 est effectivement bien en dessous de 2007, question qualité des rouges.

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  13. Qu’est-ce que je disais: Petit Bocq veut augmenter son prix; Lafon Rochet dit que « personne n’est prêt à brader le vin ». Même pendant les tout petits millésimes, les affaires continuent…

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  14. Lu sous la plume de Mario Schuermann, critique allemand:

    « über die Primeur-Woche in Bordeaux. Der Jahrgang ist natürlich nicht gross oder auch nur sehr gut, man muss sicher kaum einen Wein subskribieren, aber 2013 ist besser oder anderes gesagt doch nicht so schlecht wie erwartet und von manchen herbei geschrieben, die gar nicht hier waren und jetzt auch nicht hier sind. Journalismus ist, wenn man vor Ort ist und berichtet, und nicht, wenn man absichtsvolle Verlautbarungen kolportiert ohne sie zu hinterfragen. »

    Traduisez vous même, tiens, j’ai un coup de blues et puis j’aime pas qu’on me donne des leçons de journalisme.
    S’il aime les 2013, tant mieux pour lui, qu’il en commande des palettes, il fera des heureux. Mais quant à la déontologie… est-il venu voir les raisins à la récolte? J’en reviens à ma question, d’hier, tiens: il y a-t-il d’autres millésimes dans le 2013 qu’on fait goûter aux journalistes aux Primeurs? Pus généralement, les échantillons des Primeurs sont-ils tous fiables?

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    • à mon avis, oui. Mais comment le vérifier ? Une analyse de chaque barrique ? Autrefois, enfin il n’y a pas si longtemps, les vins du Sud-Ouest et du Midi redonnaient des couleurs et du tonus aux Bordeaux et Bourgognes déficients…

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  15. Hubert de Boüard salue « la force et l’entêtement des vignerons à vouloir faire du vin contre une nature défavorable, ce qui a conduit à la position difficile, et dure économiquement, d’un tri supplémentaire ». Mais a pu déboucher sur « un millésime de fraîcheur, avec de l’appétence, du fruit… 2013, c’est un bonbon ! »

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  16. Et ça continue: Christian Seely (Axa Millésimes) évoque un « effort concerté de la presse » pour déconsidérer 2013. “What I feel very strongly about this vintage is that there has been more or less a concerted effort since the time of the harvest to talk the vintage down in the press,” he told the drinks business. “Now the wines are starting to come out it’s almost as if there’s a desire in the wine press to see it not work, which is a great shame.”

    Moi, c’est drôle, je parlerais plutôt d’un effort concerté des raisins de 2013 pour ne pas être de qualité… Quant à la concertation entre les gens de la presse… c’est comme sui moi j’accusais les grands crus de fixer ensemble leurs prix. Euh, non, mauvais exemple.

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  17. Tout ça, c’est pas la faute au millésime, c’est la faute à Twitter:
    http://www.thejosephreport.blogspot.be/2014/04/paranoia-in-bordeaux-part-2.html

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  18. Et ça continue: une MW parle d’équilibre!

    Don’t be too hard on the Bordeaux 2013 vintage, says Jeannie Cho Lee MW, who argues winemakers have rediscovered a long forgotten balance between light tannins and acidity that offers refreshingly clear examples of terroir.

    http://www.decanter.com/news/blogs/guest/586789/why-bordeaux-2013-matters-jeannie-cho-lee-mw

    Finalement, les Bordeaux les plus équilibrés seraient ceux des années de merde…

    Hervé

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