Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Le goût du terroir, vu de Cahors – et d’ailleurs

19 Commentaires

Lors de mon dernier passage à Cahors, j’ai eu l’occasion de voir Lydia et Claude Bourguignon descendre dans la fosse. Non pas la fosse aux lions, mais une fosse creusée au milieu des vignes, ou plutôt deux. L’une sur une terrasse du Lot, l’autre sur le Causse calcaire.

Armés d’un poignard et de beaucoup de patience, ces spécialistes du sol ont suivi le cours des racines, émietté les différentes couches de terre. J’ai vu, de mes yeux vu, qu’il y avait deux types de racines, celles qui plongent en profondeur, et celles qui s’étalent juste sous la surface – le désherbage et le tassement du sol en seraient les causes. Les Bourguignon avancent que pour faire un bon vin, les plus importantes, de racines,  sont les premières. No sé.

J’ai aussi lu le contraire (les jeunes racines seraient celles qui vont à la chasse aux ions). Les racines profondes ont en tout cas l’avantage de mieux alimenter la vigne en eau dans les zones sèches – et pour autant qu’il y ait de l’humidité en profondeur.

J’ai aussi vu quelques galets, que les racines contournent – elles n’en extraient sans doute pas grand chose, mais cela rallonge le chemin de la sève, ce qui, d’après les Bourguignon, favorise la concentration du raisin. Ik weet het niet.

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Claude Bourguignon dans la fosse aux ions (Photo © H. Lalau 2014)

Je les ai aussi entendu évoquer la « solubilisation de la roche par les acides exsudés par les radicelles ». Le fait que cette décomposition créée une sorte de gangue d’argile de décomposition autour des racines. Ich weiss nicht.

Je les ai entendu parler de Kimmeridgien et de Bathonien. Les calcaires de Cahors sont bien du Kimmeridgien, mais comme le climat est plus chaud qu’en Bourgogne, les éléments carbonés se sont décomposés plus vite, ce qui fait que le sol ressemble plus à du Bathonien (Ça, c’est bath!).

Les Bourguignon ont expliqué que les arômes du raisin étaient liés aux enzymes, et que pour les extraire, les enzymes ont besoin d’un cofacteur métallique. I don’t know.

Tout cela, et d’autres choses que je n’ai pas retenues ou comprises, étaient versées au dossier pour expliquer que oui, toutes choses étant égales par ailleurs (et elles le sont rarement), un Cahors de terrasse argileuse est différent d’un Cahors du Causse calcaire; et même, que les zones ferrugineuses ont leur spécificité. Ce qui fut vérifié à la dégustation, avec les (très jolis) vins du Château Ponzac. Sauf que bien sûr, la vinification agit comme un filtre.

J’ai aussi entendu de mes oreilles un Américain affirmer que tout ça n’était que foutaise. Je n’ai pas vu les racines de ses vignes californiennes – je suppose qu’elles en ont aussi! Ni ses sols. Mais je suis sûr qu’en cherchant bien, on doit y trouver aussi du calcaire et de l’argile. D’ailleurs, je crois me souvenir qu’on en tient compte pour planter des cépages rouges ou blancs.

Peu importe, en définitive, si l’Amérique identifie des terroirs, les revendique, ou préfère les assembler.On peut aussi faire de bons vins, de cette façon. Moi qui vous parle, j’ai eu l’occasion de déguster d’excellents pinots noirs et chardonnays chiliens assemblant des raisins issus de différentes vallées distantes de près de 400 km (San Antonio, Casablanca et Limari, notamment) et qui étaient diablement expressifs. Pas d’un terroir, non, mais du travail très qualitatif d’oenologues inspirés. C’est ce que permet de faire aussi notre Vin de France, et soyons justes, cela peut-être très bon, pour autant que les raisins de l’assemblage soient bons.

Mais ce n’est pas la question. Je vous avoue humblement que je n’ai pas tout compris de la démonstration des Bourguignon. Par contre, je me souviens d’une dégustation à l’aveugle, réalisée chez moi en compagnie de l’ami Marc Vanhellemont. Nous avions reçu trois cuvées de Coteaux du Giennois – Marne, Caillotte, Silex, du même producteur, Berthier, du même domaine (Montbenoît), du même village (Pougny), du même millésime (2012), du même cépage (sauvignon) et vinifiées en cuve.

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Chez les frères Berthier, le sol est… sur la bouteille (Photo © H. Lalau 2014)

A la dégustation, nous avons bel et bien noté de grosses différences. La cuvée Terre de Silex était très aromatique, très fumée aussi; la cuvée Terre de Caillottes présentait un profil très particulier, vif et souple à la fois, avec un fruit assez mûr; la cuvée Terre de Marne, enfin, était florale et fruitée, sa bouche veloutée, c’était le vin le plus complet. Et non, ce n’était pas seulement parce que nous cherchions à trouver des différences: nous sommes revenus plusieurs fois sur les vins, dans tous les ordres possibles, les différences étaient toujours les mêmes.

J’avais déjà fait une expérience assez comparable à Sancerre, chez les frères Riffault, ou encore en Suisse, en Lavaux. Cahors n’a fait que confirmer mes impressions.

Notre ami David a raison de douter – je lui laisse le bénéfice de ce doute. Quant à moi, je ne sais pas bien comment ça marche; comment le sol peut donner un goût au vin à travers l’homme et la vinification. Je pense qu’il y a beaucoup de facteurs à prendre en compte, qu’on ne maîtrise pas encore tous les paramètres, que la science a encore du chemin à faire dans la connaissance de l’effet sol. Même si, comme Michel, je suis convaincu que l’homme est un des facteurs essentiels.

Malgré tout, sans pouvoir expliquer, je le répète, je constate que pour bon nombre de vins, lorsqu’on a pu réduire le nombre d’éléments de comparaison au minimum, on constate bel et bien, au nez comme en bouche, une différence entre les vins obtenus sur un tel sol et ceux obtenus sur un autre sol.

Cela ne démontre sans doute pas grand chose, en termes scientifiques; et cela n’autorise certainement pas certains à se rengorger de leur « terroir d’exception » – surtout quand dans ce prétendu terroir, ils agglomèrent des sols très divers. Ainsi, parler des terroirs de Sancerre peut avoir un sens. Parler du terroir de Sancerre, aucun. Mais ce n’est pas parce que l’on abuse du terroir dans le marketing que son effet n’existe pas.

Je ne sais pas si j’ai fait beaucoup avancer le schmilblick. Je n’ai pas l’esprit scientifique. Mais si j’ai pu susciter votre curiosité, c’est déjà ça.

Essayez donc par vous-mêmes de reproduire l’expérience. Si vous passez par Saint-Chinian, cet été, par exemple, demandez à déguster un vin de schistes et un vin de cailloutis calcaires. Et faites moi part de vos conclusions.

Hervé Lalau

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

19 réflexions sur “Le goût du terroir, vu de Cahors – et d’ailleurs

  1. Voilà ce qui arrive lorsqu’on fait sortir les ions de la fosse pour les mettre dans l’arène, personne n’en réchappe. les romains grands chercheurs de terroirs le savaient déjà et ne faisaient des trous que pour planter de la vigne 🙂 . Au plaisir de vous revoir pour partager un verre de vin. Cordialement

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  2. Attention, terroir glissant ! pourrait-on ajouter…
    L’étonnant dans tout cela est que même en Australie, aux États-Unis ou au Chili, le mot terroir est repris à bon compte.
    Et merci de glisser un mot sur Saint-Chinian dont on dit qu’il y aurait un « troisième terroir » en son sein.
    En dehors des schistes feuilletés de l’ordovicien, au nord, et du calcaire fissuré, au sud, on signale la présence au milieu d’un banc de galets gréseux sur sols sablonneux. De quoi faire joujou dans une bonne cave et retrouver la différence en bouteilles, ce dont je suis peu capable étant, comme toi, assez réfractaire à l’exploration scientifique. Trois domaines sérieux à signaler dans ce secteur que j’adore : Domaine des Jougla, à Prades-sur-Vernazobre, Thierry Navarre, à Roquebrun et Borie la Vitarèle, à Causses-et-Veyran où Cathy Izarn reprend plus que jamais le vignoble que Jef lui a confié cette année le temps d’un long voyage.

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  3. Bien la dégustation chez les frères Berthier. Ils cherchent à mettre en avant les différents terroirs et ils l’affichent. En plus, on trouve des différences à la dégustation, super! Pourquoi douter de cette évidente influence du terroir sur les vins? Mais delà à dire que les vins de schistes ont un goût en commun, comme les vins de galets ou ceux de grès ferrugineux. A-t-on besoin d’un tel raccourci pour comprendre et apprécier le vin? Ce besoin de simplification s’empare des moindres avancées scientifiques ou para scientifiques sur le terroir pour « classer » le vin. Donnons un sujet d’étude plus vaste aux scientifiques, par exemple : trouver les facteurs principaux donnés par la patte du vigneron et l’influence de son humeur dans la complexité du vin…

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  4. C’est vrai que le vigneron qui vient de recevoir son avis d’imposition nous fera un vin différent de son voisin qui vient de gagner au loto 😉 !

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  5. Nadine, je ne sais pas de quoi on a besoin. Nous, comme critiques, aimons parfois nous raccrocher au sol pour ne pas être totalement dans le brouillard, pour pouvoir agrémenter le commentaire, aussi. Et puis, c’est vrai que dans certaines occasions, nous identifions de vraies différences. Mais il y a tellement d’autres éléments à prendre en compte, surtout les choix du vigneron.
    Tiens, un biais parmi d’autres: si un sol est plus chaud, la récolte se fera peut-être plus tôt; on n’y aura peut-être même pas planté le même cépage; on modifiera donc l’assemblage. On ne le vinifiera peut-être pas de manière identique.
    Alors, oui, en définitive, vouloir tout mesurer à l’aune du sol, du terroir, serait une erreur.

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  6. Attention à ne pas faire dire aux chroniqueurs, même ces foutus « Anglois », ce qu’ils ne disent pas. Je ne pense pas avoir lu – mais ma vue baisse – que le sol n’influence pas le vin. Ce que je lis – et j’en suis d’accord – c’est qu’on ne peut pas reconnaître la nature du sol au travers de la dégustation, surtout à l’aveugle. Si je vous donne, à tous, une bouteille née d’un calcaire pur quelque part (n’importe où), je pense que seul le hasard fera s’écrier à quelques-uns: mmmmmh, du calcaire !
    De très bons chefs, et des bouchers aussi, prétendent que ce qui fait le bon contre-filet (= faux-filet en France), ce n’est pas la race de la bête, mais la manière dont l’éleveur la nourrit. Voilà une bonne matière à blog pour: « Les cinq de la bidoche ». M’en vais l’envoyer à Vincent Pousson.
    Rien à voir, mais bon à savoir quand même: Albert de Monaco a rendu visite à l’homme de Tautavel, hier. Ils ont dû avoir pas mal de choses à se raconter, notamment sur le maniement d’un bobsleigh. Ils sont impressionnants, ces pré-néandertaliens.

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  7. Merci Léon ! J’avais pourtant bien stipulé : « Attention, terroir glissant » ! 😉

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  8. Bonjour,
    Je me régale régulièrement de vos publications quand je prends le temps de vous lire.
    Une fois n’est pas coutume, je m’immisce dans vos échanges, rebondissant sur l’Homme de Tautavel.
    Il est une appellation qui, à mon sen,s n’est pas assez souvent citée et pourtant, un énorme travail a y été produit sur les terroirs et la valorisation des vins, au départ, dans les années 90, avec la Syrah et depuis, sur l’ensemble des cépages de l’appellation. Je veux parler des Côtes du Roussillon, en particulier celles portant un nom de commune : Caramany, Latour de France, Lesquerde et…Tautavel, fruit de ce travail sur les terroirs auquel j’ai eu le plaisir de contribuer il y a près de 20 ans !
    Aujourd’hui, comme chez les frères Berthier, le sol, plus que le terroir, est sur la bouteille. Vins de schistes, d’arènes granitiques ou encore de gneiss vous feront voyager sur les terrasses et les pentes de sols souvent arides, donnant des nectars de grande qualité, des tanins fondus où le bois n’a pas sa place, où la nature s’exprime dans le fruit et la générosité.
    De la science à la dégustation, du marketing à l’authenticité, du terroir au plaisir de belles découvertes, de l’Homme de Tautavel aux épicuriens que nous sommes, santé !

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  9. La fosse aux ions, belle trouvaille, Hervé, toujours aussi spirituel. Deux mots sur le terme « terroir », assez malmené, dépouillé ou enrichi selon qui en parle. Au sujet de la confusion terroir, terres et territoire. Lorsqu’on parle de terroir (au singulier) à propos de la totalité d’une AOC de type village ou cru, il est clair que l’on commet une erreur. Il faut convenablement parler de territoire et à l’intérieur de cette entité, distinguer des terroirs différents. En fait, un territoire donné contient des terres cultivables parmi lesquelles certaines sont dotées de propriétés qui en font des terroirs viticoles. Cette trilogie territoire, terres, terroirs est reproductible partout.

    Je suis d’accord sur le fait qu’il ne faut pas pousser le bouchon trop loin. Faire reconnaître à une dégustateur, à l’aveugle, des vins provenant de substrats calcaires et schisteux pris un peu partout en France relève d’un match pipé dès le départ. Je n’ai jamais pu déceler dans un vin un goût de potassium, ou de magnésium, ou de fer…Ce qu’il convient de mettre en œuvre, si l’on veut tester les effets terroirs, c’est un atelier où l’on travaille de façon raisonnée : une seule AOC (village, cru), un seul cépage (surtout pas d’assemblage, la bonne blague…), pas d’élevage, des vins provenant de vignes d’âge proche et dans le même état sanitaire, même date de vendange, même mode de vinification. Toutes choses étant égales par ailleurs – j’ai déjà insisté là-dessus – alors un effet terroir peut être perçu. Et il faut que l’exercice possède un aspect répétitif. Certaines années seront plus favorables que d’autres à cette révélation, c’est également évident. Même pas besoin d’être animé par un esprit scientifique, simplement se montrer objectif et honnête.

    Au lieu de partir d’a priori, de jeter l’anathème, de tenir des discours dans lesquels fleurissent les amalgames, agir en usant du simple bon sens faciliterait les choses. Il faut simplement se donner, à un moment et en un lieu donnés, les moyens de le faire.

    Lydia et Claude Bourguignon ont écrit des ouvrages très accessibles ; leur lecture éclaire beaucoup de choses. Le rôle des métaux (oligo éléments métalliques) est capital ; ils ont raison : dans de nombreuses réactions chimiques, l’action des enzymes épaulée par des métaux est une chose démontrée ; le vanadium, le molybdène, le zinc, bien d’autres encore, interviennent. Des travaux considérables ont été effectués sur ce sujet. Tout le monde a entendu parler de l’effet des catalyseurs (études secondaires). C’est ce principe qui est en cause. Un surveillant du collège où j’ai effectué mes études secondaires a même utilisé ce concept pour qualifier l’attitude de quelques garçons (honte à moi, j’en faisais partie) et nous traitait de « catalyseurs de bordel » ; ce qui consistait pour nous à susciter le boxon mais à ne pas se faire prendre, ledit boxon étant réalisé par d’autres…Je me demande s’il n’en reste pas quelque chose…

    Luc Charlier évoque la viande. Je suggère à tous de s’intéresser au fromage de Comté. Des terroirs de Comté ont été définis à partir des sols et des expositions qui conditionnent la composition de l’herbage. Résultats soigneusement analysés (thèse remarquable sur le sujet) : l’effet terroirs/herbages se transmet au fromage.

    Voyez, on a tout, le vin et le fromage ; un peu de bonne humeur et l’Été sera magique. Et si vous trouvez de belles argiles, n’hésitez pas à les goûter, surprise garantie (auprès des viticulteurs en biodynamie, instruits par les concepts des Bourguignons). J’ai des adresses, sur simple demande.

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    • Le rôle des ions métallique dans l’action des enzymes est une notion que l’on voit en terminale scientifique. Et les enzymes sont à la base de la synthèse des arômes. Oui, le terroir a un rôle. Un cépage « carencé » en mobdylène ne pourra pas produire certains arômes car ses enzymes ne seront pas opérantes.

      Est-ce une notion reproductible, quantifiable, pragmatique pour un dégustateur ? Non, les biais sont trop importants à commencer par la premier de tous les biais: Le dégustateur.

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  10. @georgestruc : la déclinaison éthymologique du mot terroir n’est en rien une explication plus claire du mot, mais au contraire une source supplémentaire de confusion. Et vous le scientifique, rien n’est moins scientifique que le mot terroir, espèce de fourre tout. Pourquoi n’évoquez-vous pas l’exposition (sud, est, ouest, nord et combinaison) et la pluviométrie par exemple, tout aussi importantes que le sol, puisque sous certaines conditions d’ensoleillement et de météo les mêmes sols ne seront par requis pour un bon vin… Donnez s’il-vous-plaît une définition claire de ce mot!
    Et « si l’on veut tester les effets terroirs » n’a aucune espèce d’intérêt puisque le talent d’un vigneron est de transmettre une émotion, et pour y parvenir il faut travailler et s’adapter aux conditions environnantes, la même technique pratiquée à toutes les conditions favorisera forcément tel ou tel vin, et donc faussera le jugement de ce que vous appelez terroir.
    Un grand scientifique ne fait pas un grand dégustateur (et j’en suis des deux, très médiocrement)!
    En tant que gruyérien (le Gruyères étant à la base du Comté sic), l’herbage, qui selon moi n’a rien à voir avec une notion de terroir, l’altitude et les conditions climatiques y découlant étant plus importantes, est primordial, mais plus dans une notion saisonnière que de provenance pure et dure…. Peut-être que je me trompe…
    Tout ça pour dire que l’utilisation de la science n’aide en rien à une meilleure définition d’un terme qu’il faudrait, selon moi, combattre. D’aucuns prétendent que ce sont dans les conditions les plus difficiles et extrêmes qu’un pied de vigne offre le meilleur, un goût de « terroir » prononcé, alors que c’est souvent dans ses conditions que l’intervention de l’homme est primordiale pour tirer le meilleur de cette vigne, annihilant de ce fait par son action cette notion!
    Je pense que l’importance du sol est primordiale, mais ni plus ni moins que les conditions climatiques et les techniques utilisées, de culture, de vinification et d’élevage, etc.
    Et quand on pense qu’une part non négligeable de dégustateurs, amateurs ou professionnels, considèrent les notes animales comme une expression de terroir, alors qu’on est simplement en présence de levures sauvages pour le moins universelles , les Brett, plus correctement nommées Brettanomyces Bruxellensis car ayant été découvertes dans la gueuze et non dans le vin, on peut définitivement signer une pétition contre ce terme abominable qu’est le « terroir ».

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  11. Et je tiens à préciser que le refus du terme « terroir » n’est en rien le refus de l’influence des types de sol sur la croissance et le développement d’un pied de vigne, bien au contraire!!! c’est juste le refus d’une prioritisation des paramètres influant le résultat final dans le verre!

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  12. NIcoj : une fois encore, que la notion de terroir soit mal employée, nous en avons des exemples tous les jours, hélas. Il n’existe pas une question de classement des critères qui conduisent un vigneron à faire du vin, bon si possible. Le terroir, dans l’acception que vous contestez, ne sera certainement pas prioritaire dans un vin d’assemblage élevé 18 mois en barriques. Il faut être sérieux. Vous voulez combattre le mot et la notion de terroir ? Libre à vous, chacun s’offre les limites qu’il veut bien ne pas franchir. Mais en respectant les masses d’informations recueillies avec méthode et sérieux par des êtres qui n’ont pas pour habitude de chamaniser, ou d’ayattoliser, ce qu’ils obtiennent et souhaitent faire simplement partager des résultats. Les déclaration péremptoires ne sont pas de leur monde. En revanche, un brin d’exaspération face à la provoc, oui. Il a bien réussi son coup, une fois encore, David. À chaque fois cela marche… À partir de cette dernière intervention, je vais arrêter de commenter. Perte de temps. Aucun intérêt.

    Comté : parlez en ayant connaissance des travaux que j’ai cité, sans a priori comme vous l’avez fait. Je cite les travaux exemplaires de Claude Monnet et je reproduis ci-dessous le résumé de l’une de ses publications :

    Note Monnet et Gaiffe, 1997
    Résumé : la variabilité du goût du fromage de Comté est-elle seulement due aux changements saisonniers dans l’alimentation des vaches laitières (alternance herbe-fourrage) ou à des composantes pérennes du milieu naturel ? Existe-t-t-il des « terroirs » de fromage ? Une cartographie des unités agro-pédologiques effectuée sur 20 bassins laitiers a permis une comparaison statistique faisant apparaître des « secteurs édaphiques » différenciés. Une analyse sensorielle de 106 fromages issus de ces 20 fromageries a mis en évidence des crus de Comté, qui correspondent à plus de 80 % aux secteurs édaphiques. Ces derniers ont donc valeur de terroirs, entités naturelles exprimées de façon synthétique par le sol et révélées par la végétation qui donne ses saveurs au lait puis au fromage.
    Paru dans Études et gestion des sols, vol. 5, tome 1, 1998.

    Et si vous persistez dans votre attitude au sujet du Comté, eh bien, mangez du foin…

    Nous sommes dans le Jura, alors un doigt de Savagnin et lisez la note de mon collègue Michel Campy :
    CAMPY Michel et BARNÉOUD Christian (2007) terroirs et cépages du vignoble jurassien : un mariage réussi (paru dans le Bull. Soc. Hist. Nat. Doubs, tome 92, 2008-2009, p. 31-40). Illustré de façon remarquable. Allez dire à tous ces vignerons jurassiens que ce collègue est dans l’erreur, dans la falsification de données… À mon avis, vous finirez, au mieux, entarté (j’ai failli écrire entartré, déformation vinique…).

    Maintenant, pour moi, rideau. Portez-vous tous le mieux possible

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  13. Ma meilleure amie – si si j’en ai – élabore le seul fromage de chèvre bio de tout le Tarn & Garonne. Avant cela, elle a successivement été bachelière de l’Ecole Européenne, licenciée en Sciences Politiques de l’Université de Bruxelles, élève du Conservatoire d’Anvers (guitare classique) et analyste-programmeuse au département informatique de Dexia (oui oui). Elle parle couramment 4 langues et en manie honnêtement deux autres (plus la sienne, hihi !) Après cela, elle a fait un BPREA « élevage caprin » au lycée agricole de Rivesaltes/Prades. Je vous dis cela pour montrer à quel point c’est quelqu’un de curieux, de polymorphe et d’ouvert. Après avoir transformé du fromage à Alken (Limbourg belge), puis près d’Eauze (Gers), ensuite à Vaour (Tarn) et enfin chez elle du côté de Monclar de Quercy, elle me réprimande chaque fois que je parle de fromage, parce que je ne mets pas assez l’accent sur ….. les bactéries et autres microbes. La présure, c’est très bien (notamment pour les tomes et les fromages plus durs) mais ce sont aussi les particularités de la fermentation lactique qui déterminent le goût. Bon je sais qu’un Comté est ce qu’on appelle une « pâte pressée cuite » et donc un fromage à égouttage accéléré, où la présure joue un grand rôle. C’est différent des caillés lactiques. Mais ne ramenons pas, une fois de plus, les systèmes multiparamétriques à des modèles trop simples. Et puis, l’influence de Dieu dans tout ça ?

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  14. Touchy Terroirs… J’espère que le sieur Truc ne va pas nous quitter pour de bon. Nous avons besoin de ses éclairages pour poursuivre au mieux nos élucubrations de néophytes sans nous égarer. C’est comme Léon le Magnifique qui pique de saines colères face à nos approximations et qui ramène sa science (et sa fraise) pour mieux évoquer ses souvenirs. C’est ça la France, la bonne, la vraie : perdre des heures à s’échauffer sur un mot, un seul. Je ne sais si ce sera le mot de la fin ou non, mais quoiqu’il en soit je viens de trouver un nouveau sens au mot terroir : le bordel ! Avec un B majuscule, si possible. Maintenant, je tire le rideau pour mieux l’ouvrir et vous embrasse tous au passage !

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  15. Ah, j’oubliais : Geneviève, si vous nous lisez depuis quelques années, admettez tout de même qu’il nous arrive bien souvent d’évoquer les Côtes du Roussillon en général et le Roussillon en particulier puisque notre cher Léon et moi y cultivons un peu de Carignan. Si seulement ce cépage avait un peu plus de droit de cité l’appellation Côtes du Roussillon Villages, il occuperait plus de place dans nos textes au détriment des Vin de France, Vin de Table et autres Côtes Catalanes. Seulement voilà, puisque nous évoquons le Terroir (« les » terroirs, en ce qui concerne le Roussillon, les climats, les altitudes, les vents…), quelques bonnes âmes scientistes de pacotille dans les années 60/70/80 ont cru bon de nous dire que le bon vieux Carignan implanté chez nous depuis des lustres ne valait pas un pet de lapin et qu’il fallait l’arracher pour planter de la Syrah venue d’ailleurs et pas toujours adaptée à notre terroir, pardon à notre climat. Mais ceci est un autre débat…

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  16. Pingback: A l’ami Vincent Pousson, à propos de Cahors | Les 5 du Vin

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