Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

La Fou’ Foune, lien indéfectible entre Crozes et Bruxelles…

1 commentaire

Quand on franchit la porte de la brasserie, à quelques pas de la gare du midi, on change de monde. La vieille bâtisse compte plus de deux cents ans. Toujours vaillante, elle engrange chaque hiver quelques brassins de plus. Une ambiance, plus qu’une odeur y règne, mélange de parfums acidulés et de siècles accumulés.

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Le décor est posé, une brasserie au cœur de La Capitale, une ambiance particulière, on se croirait spectateur d’une pièce historico-ethnique.

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Cela n’a pas toujours été facile…

L’élaboration de bières dites de fermentation spontanée, c’est-à-dire issues d’un ensemencement naturel, était monnaie courante au début du siècle dernier. Seul témoin actuel de ce foisonnement brassicole, la brasserie Cantillon.
Jean Van Roy y arrive fin 1990 et remplace au pied levé un ouvrier souffrant. Les temps étaient durs, seconder son père Jean-Pierre, l’époux de Claude Cantillon, était une nécessité. Ce dernier pour joindre les deux bouts avait conçu un musée au sein de sa brasserie. Les entrées faisaient bouillir la marmite.

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  Jean Van Roy

Le bâtiment se visite toujours et voit défiler le monde entier (plus de 40.000 visiteurs par an). Si tu n’y est pas encore allé, qu’est-ce t’attend ?
Entretemps le lambic, la gueuze, la kriek et autres spécialités ont trouvé de nouveaux fans. Naguère de distribution locale, la gueuze Cantillon s’exporte aujourd’hui au Japon, aux États-Unis, au Brésil, en Australie et dans une partie de l’Europe dont la France. Un succès bien mérité.

 

Comme le vin, mais wouêé

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Le lambic s’élève en barriques. Dès la fermentation terminée, la bière rejoint son logement. L’assemblage de trois années successives donne la gueuze. Mais, il y a d’autres secrets que Jean dévoile sans sourciller. Quelques cargaisons de fruits, cerise de Schaerbeek (variété de griotte), framboise, raisin blanc et noir attendent leur tour. «Pendant l’opération de remplissage des fûts, je repère des lambics âgés d’environ un an et demi pour y faire macérer les cerises (25 kg de fruits/100 litres). Cinq jours après le remplissage débute la fermentation. Les sucres contenus dans le Lambic et ceux du fruit provoquent l’activité des levures concentrées dans le bois et sur la peau des cerises» explique Jean. Fermentations, élevages, se suivent, se surveillent, pareil qu’un vin.

 

Qu’il y a-t-il de plus beau qu’un Clair d’abricot vu de la Lune ?

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«La planète abricot n’est visible que depuis la lune» déclare, sourire en coin, Jean-Pierre en servant une Fou’ Foune. La Fou’ Foune, c’est un lambic à l’abricot. Ils viennent du Rhône, de Crozes. Une longue histoire que raconte Jean-Pierre : «en 1982, René Jean Dard qui n’était pas encore vigneron à l’époque passe à la brasserie. Les bières aux fruits lui plaisent, il me dit que je devrais en faire une aux bergerons du Rhône. Quatorze ans plus tard, je participe à une grande fête au domaine, la boisson aidant on évoque le lambic à l’abricot. René-Jean me présente François Daronnat dit Fou’ Foune. Au mois de juillet suivant, je reçois 300 kg d’abricots. La Fou’ Foune était née. Elle a bien failli disparaître, elle me démangeait… Très acide, elle était difficile à vendre, sauf aux Français qui l’achetaient sans la goûter… La Fou’ Foune est une bière qui ne se donne pas tout de suite. Il faut la verser et attendre. Elle s’épanouit dès qu’elle se sent en bonne compagnie».

J’ai toujours trouvé amusant de faire déguster une Fou’ Foune à un pote français, il croit découvrir une bonne bière belge, celle des images d’Épinal, style Orval ou Chimay, une de ces blondes ou rousses houblonnées qui plaisent dès la première gorgée. La Fou’ Foune faut la mériter, pénétrer son intrinsèque substance ne se fait pas tout de go, son acidité fait reculer l’impatient, le persévérant trouve le graal dès la troisième ou quatrième gorgée, le graal, c à d cette subtile fragrance d’abricot qui vous laisse une impression délicate en bouche, j’aime délicate, ça rime bien, mais ce n’est pas le sujet. Dès ce subtil goût de noyau est en mémoire crypté, la bière, parce que c’en est une, devient délicieuse, voire sujette à l’addiction. Mon vieux pote Dominique Couvreur, qui nous lit de temps en temps, est de ceux-là. Rien ne lui fait plus plaisir quand on se voit, c’est malheureusement rare, que de trinquer autour d’une Fou’ Foune.

La Fou’ Foune n’est pas seule, la gamme Cantillon est vaste, enfin plus ou moins, et non permanente, chaque brassin a son quota, épuisé, il faut attendre l’année suivante pour s’en procurer.

Brasserie Cantillon
http://www.cantillon.be

Le même sujet, mais un peu plus ramassé, paraîtra mi-novembre dans un Urban Mag Bruxelles by Crozes, qu’on se le dise !!

Allez à une prochaine

(et je n’ajoute pas une « une fois » qui ne se dit jamais à ce moment-là)

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Marco

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

Une réflexion sur “La Fou’ Foune, lien indéfectible entre Crozes et Bruxelles…

  1. Cela donne bien soif Marc ! Je sens que je ne quitterai plus le quartier de la gare du Midi la prochaine fois que je viens à Bruxelles

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