Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

#Carignan Story # 244 : à La Rencontre…

1 commentaire

Et si l’on parlait un peu des cartes de vins… De celles où le Carignan est à l’honneur. Premier constat, il n’y en a pas des masses. Après tout, c’est un peu normal : que serait la restauration si tous les vins étaient présentés par cépage ? On perdrait le sens de l’orientation, non ? Le mieux qu’un restaurateur puisse faire à mon avis, la moindre des choses lorsqu’il présente une liste classée « à l’ancienne » (par région et – ou – par appellation) et qu’il ne dispose pas de sommelier, c’est d’indiquer dans la mesure du possible l’encépagement qui se cache derrière un vin des Costières, par exemple, de Fitou ou des Corbières. Chez nous, dans les Pyrénées-Orientales, la prise de conscience des restaurateurs consistant à guider le consommateur en prenant en compte l’encépagement du vin fait son chemin. C’est le cas chez Martine et Laurent, par exemple au restaurant La Table de Cuisine à Saint-André, en vue des Albères où le simple menu du jour en semaine est à lui seul une petite fête comme j’ai pu le ré-expérimenter l’autre jour.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Mais il y a à Perpignan un restaurant que je n’ai pas encore eu l’occasion de mettre en avant, c’est La Rencontre, sis en plein cœur du « centre historique », comme on dit, à deux pas de la cathédrale fort joliment restaurée. Le jeune chef Guillem Monier progresse indéniablement, surtout quand il arrive à dépouiller sa cuisine de fioritures inutiles pour mettre en avant le produit, rien que le produit. Sa carte d’automne promet et la formule simple du déjeuner est d’un bon rapport qualité-prix qui permet de se lancer dans de belles découvertes viniques. Car Guillem est assisté d’un chef de salle à l’esprit éclectique en la personne d’Hervé Pano qui travaillait à une époque chez l’étoilé La Galinette, où j’ai goûté l’autre jour une Pompadour bien carignanisée, rare vin de la carte proposé à un prix décent (24 €) et qui plus est dans un millésime plus très jeune.

Photo©MichelSmith

Hervé Pano, au service du vin et du Carignan ! Photo©MichelSmith

À La Rencontre, Hervé Pano, qui n’usurpe pas le titre de Sommelier, met en avant un travail de collecteur de vins. Les vins reflètent son goût, mais ils témoignent aussi d’une forte relation qu’il entretient depuis longtemps avec certains vignerons. La carte est épaisse, mais l’on a rapidement l’essentiel sur le vin, notamment cette histoire d’encépagement : ainsi, si je ne suis pas fan de la Syrah, je distingue très vite les cuvées qui son majoritairement Carignan ou plutôt Mourvèdre quand elles ne sont pas carrément Grenache. C’est plus pratique, à mon avis, et si l’on est pressé, cela permet d’aller directement au but de sa soif de plaisir.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Des vins, il y en a de partout, certes, mais une bonne cinquantaine englobe le Languedoc et le Roussillon toujours dans cette idée de partage plus que dans le sens de la technicité. Cela doit marcher puisque, à chaque fois, comme si je m’adressais à un authentique sommelier, je le laisse procéder au service du vin sachant que tout sera parfait. Seul hic, comme à La Galinette, je trouve là aussi que le vin, surtout le vin local, pourrait être proposé à des prix plus abordables ne serait-ce que pour nous inciter à en boire plus. Seuls quelques vins sont dans la marge 20/25 € qui me convient n’ayant pas la fortune à Rothschild comme disait ma grand-mère.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Lors de ma dernière visite, je me sentais un peu plus riche que d’habitude et je me suis laissé tenter par un Carignan que je n’avais pas goûté depuis longtemps. J’ai opté pour ce Vin de France 2012 « L’Estra Clunat » de Patrice Delthil à Latour-de-France, secteur où le vieux Carignan est désormais protégé, à moins de tomber sur un ignare ou un imbécile. Prix du vin : 37 €, tout de même, et pour un millésime pas si ancien que ça. Sur les cèpes et girolles mélangées, comme sur le poisson, le vin marchait plutôt bien, paraissant léger, facile même, avec une pointe de résonance métallique en bouche, quelque chose de difficilement descriptible. Je ne me lèverais pas la nuit pour en boire – qu’on se rassure, c’est le cas avec beaucoup d’autres vins ! -, toujours est-il que ce Carignan fut fort plaisant. Et il y en a plein d’autres à la carte !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Michel Smith

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

Une réflexion sur “#Carignan Story # 244 : à La Rencontre…

  1. Nous avons TOUS regretté le départ d’Hervé de la Galinette, et de Karine aussi. Ils définissaient une ambiance et un service impeccables, bien en phase avec le talent du chef, Christophe Comes. Heureusement, ce dernier a su leur trouver deux dignes remplaçants en la personne de Vivien et de sa complice en salle. The show must go on. Voilà un des endroits où je préfère m’installer.
    J’en profite pour RECOMMANDER le menu « nouvelle vague »: 8 services surprises (mais il y a souvent 9 assiettes !) à un prix imbattable.
    Je reprendrai contact avec l’ami Hervé à sa nouvelle affectation asap.
    Et bonnes adresses pour bonnes adresses: on a découvert « Les délices du Patio » à Narbonne (juste en face de la gare). Pour le jour où tu en as marre des arnaques de style « buffet de piscine », Michel !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s