Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Toscana tre : sous l’influence maritime

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En Toscane, il n’y a pas que le pays du Chianti Classico (voir mes deux articles précédents sur le sujet) qui soit concerné par le cépage Sangiovese. En regardant vers la Corse, l’île d’Elbe, Giglio et la Sardaigne, en gros vers le sud-ouest, bien au-delà des tours de San Gimignano, de Volterra et de Montalcino, se cache une ultime barrière montagneuse, dont ces étranges colline metallifere – les Étrusques qui peuplaient la région jusqu’au X eme siècle étaient orfèvres en matière de travail des métaux – avec un versant largement ouvert sur la Méditerranée, bien à l’abri du gel, permettant aux vignes de se développer dans un cadre encore plus azuréen, pins parasols et oliviers inclus. C’est la Toscane maritime, aussi appelée le pays de la Maremma qui, au passage, donne son nom à un parc national de toute beauté au sein duquel on déniche de beaux villages perchés, comme Roccastrada, Monticiano et Radicondoli pour ne citer que ces trois-là, entre Sienne et Grossetto. Mais il faut bien l’avouer : à moins d’un miracle, plus qu’ailleurs le Sangiovese, qu’affectueusement ici on nomme Sangioveto, est en perte de vitesse en Maremme, dépassé qu’il est par le Cabernet, le Merlot et la Syrah. Le rencontrer va être bien plus difficile que dans le Chianti.

Photo©MichelSmith

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Le voyage peut se prolonger une semaine au moins pour peu que l’on s’intéresse à l’histoire, aux beaux-arts et à la beauté intérieure de villes comme Lucca, Pisa et Livorno, au nord, ou plus au sud, aux charmes des plages et des pinèdes ou des petits ports comme San Vincenzo ou d’autres villages comme Massa Maritima, Suvereto, Castagneto-Carducci ou Castiglioncello. Ici, englobant des terrasses et coteaux au dessus d’anciens marais assainis au fil des siècles, une appellation brille depuis une trentaine d’années après avoir attiré vers elle quelques aventuriers célèbres et fortunés, pour beaucoup italiens. Ils sont venus rejoindre les environs de la commune de Bolgheri qui donne son nom à une appellation passée d’abord D.O.C.  pour ses blancs et rosés en 1983, puis pour ses rouges à partir de 1994. Depuis, ce sont les rouges qui tiennent la vedette. Ils ont l’allure de « super toscans », ce qui revient à dire qu’ils sont d’inspiration grands crus bordelais avec de longs et parfois poussifs élevages en barriques à partir de vins composés de cépages comme le Cabernet Sauvignon et (ou) Syrah et Merlot. Comme dans le Midi avec le Carignan, on assiste à une mise à l’écart d’un cépage pourtant local :  le Sangiovese ne doit pas dépasser 50 % de l’encépagement. Un scandale à mes yeux !

Photo©MichelSmith

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Tout cela à cause, ou grâce, au marquis piémontais Mario Incisa della Rochetta qui, tandis qu’il étudiait à Pise, rêvait d’un vin à la hauteur de sa noblesse. Dans sa propriété d’été de San Guido, en gros 2.500 ha (en partie classés réserve naturelle) allant de la mer aux portes de Bolgheri, il élevait des chevaux de course, tradition qui perdure encore de nos jours. Un jour, il planta 3 ha de Cabernet dans les années 1940 sur une terre de cailloux et d’argile ferrugineuse, 9 ha par la suite pour arriver aujourd’hui à 80 ha grâce au travail de son fils, Nicolo qui entretient aussi de nombreux oliviers. Mario fut encouragé dans les années 70 par Luigi Veronelli, l’un des critiques vins et gastronomie les plus respectés d’Italie. Il était tombé en pamoison devant son vino da tavola Sassicai, un rouge que les anglais de Decanter placèrent en 1978 devant plusieurs grands crus du Médoc. À l’époque, le Sassicaia était encore réservé aux amis, mais progressivement une partie non négligeable fut distribuée par la maison Antinori dont la famille est liée aux Incisa della Rochetta. En 1983, Mario décède et c’est son fils, Nicolo, qui prend les choses en mains, bien décidé, tout en s’occupant de ses chevaux, de faire de Sassicaia le grand cru de la Toscane. En 1994, il marchese obtient sa propre appellation, Bolheri-Sassicaia.

De son côté, un autre marquis (globe-trotter, celui-là), Lodovico Antinori, le neveu de Nicolo qui, comme toute famille noble de Toscane possède lui aussi une grosse propriété dans le proche voisinage de Bolgheri, se fait construire en 1986 une cave d’architecture contemporaine pour recevoir les fruits de ses 60 ha en partie consacrés à son vin vedette tiré à 130.000 exemplaires (lors de ma dernière visite en 2001) qu’il baptise Orneialla. Presque en même temps, il est imité par son frère, Piero Antinori qui, en plus de ses super toscans (« Solaia«  et « Tignanello ») vinifiés du côté de Firenze, choisit de s’implanter à côté, dans la Tenuta Belvedere, où dans le cadre d’une ferme de 900 ha (sans les bois), il consacre 240 ha à la vigne plantée de cépages bordelais et de Syrah, le tout entièrement mécanisé. Sous l’appellation Bolgheri Superiore (rouge), il fait vinifier  le Guado al Tasso d’un côté, puis, en Bolgheri « tout court », son blanc à base de Vermentino. Dans la foulée, et même bien avant, un riche entrepreneur milanais, le pionnier Piermario Meletti Cavallari, s’installe sur les hauteurs de Bolgheri et lance avec succès le rouge Bolgheri Superiore (Cabernet) issu de son Grattamacco, domaine qu’il revendra quelques années plus tard.

Le plus grand vin d'Italie ? Photo©MichelSmith

Le plus grand vin d’Italie ? Photo©MichelSmith

Avec mes amis, grâce à l’amicale entremise de Paolo Valdastri qui fut mon guide autour de Bolgheri en 2001, je suis retourné voir Nicolo Incisa della Rochetta que j’avais rencontré pour un reportage publié à l’époque dans la revue Saveurs. À vrai dire, je ne l’ai pas trouvé en aussi bonne forme que la dernière fois, mais il parle toujours un Français impeccable et prend un plaisir certain à faire goûter ses vins aux visiteurs dans les chais modernes qu’il a fait construire il y a peu, à l’écart de la magnifique allée de cyprès antiques qui, sur 5 km à peine, conduit au village de Bolgheri. Désormais, le marquis commercialise trois cuvées et Sassicaia, le grand vin, compte pour environ le quart de la production. Les voici telles que goûtées. À noter : un étiquetage résolument triste et conventionnel qui dénote si on le compare aux autres crus de la Maremma.

-IGP Toscana « Le Difese » 2012 – C’est le seul vin du secteur qui revendique 30 % de Sangiovese associé au Cabernet Sauvignon, chaque cépage étant vinifié en de vieux foudres d’acacia puis élevé 12 mois en barriques de chênes français et américains. Le nez est assez fin, l’accroche en bouche se fait sur l’amplitude. On a un petit goût toasté suivi d’une fraîcheur d’une belle intensité, merci au Sangiovese. Entre 15 et 20 €.

Paolo Valdastri, notre guide sur Bolgheri. Photo©MichelSmith

Paolo Valdastri, notre guide sur Bolgheri. Photo©MichelSmith

-IGP Toscana « Guidalberto » 2012 – Cabernet Sauvignon pour l’essentiel, avec 40 % de Merlot, on a un chouïa plus de barriques (15 mois) de plusieurs origines. Plus de densité et d’amplitude que sur le précédent, avec une bonne structure et un boisé légèrement fumé pour signer la finale. Bien noté par Parker (92), le vin est commercialisé 45 € la bouteille par Millesima. Deux à trois fois trop cher pour moi.

Bolgheri Sassicaia 2011 – Grosse majorité de Cabernet Sauvignon (15 % de Cabernet Franc), vinification en foudre d’acacia et élevage de 24 mois en barriques de chêne français, le vin est toujours très large en bouche pour devenir de plus en plus profond. Belles notes de fruits rouges (cassis, cerise noire) bien mûrs et finale étirée sur une grande longueur. À titre indicatif, le 2009 est à près de 210 € le flacon chez Millésima. Le 2012 goûté en avant-première, m’a paru plus harmonieux et plus frais. Lors d’une précédente dégustation de ce cru, j’avais été impressionné par 1998 et 1999.

Il marchese Nicolo Incisa della Rocchetta. Photo©MichelSmith

Il marchese Nicolo Incisa della Rocchetta. Photo©MichelSmith

Dans le même secteur, un enfant du pays, Eugenio Campolmi, joue la carte du Bolgheri avec son « Le Macchiole »  (Syrah, Cabernet, Merlot), mais aussi avec son « Paleo » (Cabernet Franc), son « Scrio » (Syrah) et son « Messorio » (Merlot) cuvée que j’avais fort bien noté lors d’un précédent voyage dans sa version 1997. Au Castello del Terriccio (1700 ha dont 40 ha de vignes), les vins m’avaient impressionné, mais le Sangiovese y était presque banni au profit des sempiternels cépages bordelais, Petit Verdot compris. Sauf dans la cuvée « Tassinaia » où il se trouvait assemblé avec le Merlot et le Cabernet Sauvignon. Dans le millésime 1998, ce vin était marqué par la finesse et la fraîcheur. Là aussi, je reste persuadé que le Sangiovese y était pour beaucoup… Pour trouver le cépage toscan à l’état pur, il m’a fallu aller à la rencontre de la dynamique Rita Tua près de Suvereto. La fraîcheur de son « Pelato del Bosco » 1998 m’avait épaté. Aujourd’hui le domaine a été repris par sa fille et son gendre.

Le lardo, maillure compagnon du vin toscan. Photo©MichelSmith

Le lardo, meilleur compagnon du vin toscan… Photo©MichelSmith

On m’a aussi beaucoup parlé de l’Azienda Pakravan-Papi, près de RiparbellaAmineh Pakravan et Enzo Papi ont réimplanté dans les années 2000 le presque disparu clone de Sangiovese Picolo donnant des baies bien plus petites que le très répandu Sangiovese Grosso. Associé au Merlot dans une cuvée, puis aux deux Cabernets dans une autre, on le trouve à l’état pur dans le Toscana « Gabbriccio » que je n’ai pu hélas goûter. En revanche, au restaurant, nous avons bu une très agréable bouteille d’IGP Costa Toscana « Keos » 2012 du domaine Ampeleia, un rouge toujours exempt de Sangiovese, mais composé de Grenache, Carignan, Mourvèdre, Alicante et Marselan, un vin très équilibré, souple et facile servi sur table à 16 € ! En revanche, le vin suivant, un pur Sangiovese provenant d’une DOC voisine Montecucco, de l’Azienda biologica Leonardo Salustri, cuvée « Grotte Rosse » 2008, présentait une robe un peu évoluée et donnait une impression de chaleur et de suavité en bouche. Le même domaine fait une autre cuvée de Sangiovese « Santa Marta » que nous n’avons pu déguster.

Photo©MichelSmith

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Tim Manning, œnologue britannique installé en Toscane semble-t-il pour de bon, a profité de notre incursion sur la côte toscane pour nous faire visiter une de « ses » propriétés, le domaine biologique Valdonica, sis à Sassofortino. C’est un Autrichien, Martin Kerres, qui s’est installé dans cette ancienne bergerie sur le flanc d’une montagne où, en quelques années, il a su redonner vie à de belles terrasses dominant la Toscane maritime et la plaine de Grossetto. Entre Sienne et la côte, la vue est splendide et des chambres d’hôtes bien aménagées permettent d’en profiter. Tim surveille ici les vinifications de ce domaine de 9 ha pour le moment, où tous les principaux clones de Sangiovese sont représentés dans trois cuvées avec pour objectif d’atteindre, en attendant de nouvelles plantations, 100.000 bouteilles en production. À noter, un splendide blanc pur Vermentino, et un autre moitié Trebbiano, moitié Malvasia (14 € chacun) tout aussi plaisant.

Photo©MichelSmith

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IGP Maremma Toscana Rosso « Arnaio » 2011 – Seulement 10 % de Cabernet Sauvignon dans ce Sangiovese (raisins achetés) marqué par des notes de petits fruits rouges et de tannins modestes. Un joli vin de soif  pour environ 15 €.

DOC Monteregio « Le Saragio » 2010 – De pur Sangiovese, Saragio est le nom d’une cerise locale et, à la dégustation, il est évident que ce vin offre des arômes de cerise. Toujours à partir de raisins achetés, indépendamment du fruit, c’est une belle et désaltérante acidité qui se propage en bouche. Environ 20 €.

IGP Maremma Toscana Rosso 2012 – Vinifiée à partir de raisins « maison », cette cuvée de pur Sangiovese nous offre un vin franc d’attaque aux jolies notes de cuir, ample et profond à la fois, avec une finale sur la réglisse fraîche.

DOC Monteregio Riserva « Baciolo » 2009 – Pur Sangiovese toujours, raisins achetés, on a de l’amplitude confrontée à une matière charnue et d’apparence très mûre. Tout cela fait place à une fraîcheur bien nette et de belles notes fruitées en finale. Environ 25 €.

La semaine prochaine, mon carnet d’adresses très privé réservé aux amis !

Photo©MichelSmith

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Michele Smith

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

10 réflexions sur “Toscana tre : sous l’influence maritime

  1. Trois papiers très renseignés et parfaitement commentés, qui donnent l’envie d’aller faire un tour dans ces charmants vignobles. Merci, Michel, pour cette belle contribution.
    En 2013, nous avions reçu (Châteauneuf du Pape et Inter-Rhône) des vignerons et œnologues de Sabbia, près de Palaia ; ils exploitent le domaine de Usiglian del Vescovo, qui comporte des terroirs très sableux et souhaitaient visiter des villages ou crus de la vallée du Rhône méridionale dans lesquels les sables sont très présents. Leur vin, grâce à la dégustation des bouteilles qu’ils avaient logées dans leurs bagages, était un étonnant et agréable assemblage de Cabernet et de Merlot. Avez-vous eu l’occasion de connaître ces localités et ces produits lors de votre périple en Toscane ?

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  2. Pas de quoi, Georges. Restez jusqu’à la semaine prochaine pour profiter de mes bonnes adresses 😉 !
    Non, je n’ai pas fréquenté ce secteur sablonneux de l’Italie, bien trop éloigné de la Toscane (Nord de l’Italie) et plus proche de Milan et de la Suisse, que de Florence ou Sienne. Mais grâce à vous, je ne manquerais pas de m’y arrêter si je retourne vers les grands lacs comme l’an dernier.

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  3. Palaia se trouve à une quarantaine de km à l’WSW de Florence (il y a deux Palaia) ; je ne retrouve plus la photo d’un très belle fontaine à vin de Toscane qui portait la mention : « Spumat Plenis Vendemia Labris » : La vendange écume à pleins bords dans les cuves. Cette citation de Virgile est extraite des Géorgiques (70-19) … et nous plonge dans le sujet qui nous anime.

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  4. Alors là, ça change tout effectivement. Je me focalisais sur Sabbia (sable ?) et ne voyais pas cette commune Palaia dont vous parlez. Elle est effectivement dans la province de Pise. Navré, mais je ne connais pas encore cette appellation du Chianti des collines Pisanes où le Sangiovese me semble tout aussi rare qu’à Bolgheri. Mais celle qui semble plus connue pour le vin est située en Ombrie, selon Google. Pour le Palaia entre Pise et Florence, je vous propose ces appartements dénichés sur le Net et ce petit topo sur le village. Mais il y a aussi un Palaia aux USA !

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  5. Pour ce qui est de la Maremma vous êtes un peu dur, car il y a plusieurs appellations qui favorisent le Sangiovese, comme la nouvelle appellation Montecucco Sangiovese DOCG (qui a été initiée par Salustri et qui n’existait pas encore en 2008 d’où la DOC seulement) et aussi Morellino di Scansano, qui n’est ni plus ni moins que l’équivalent du Chianti plus au nord, avec un minimum de 85% de Sangiovese obligatoire. Et il existe beaucoup de Morellino di Scansano et quelques-uns d’admirables, dont le domaine Villa Patrizia qui produit un Morellino Riserva pur Sangiovese nommé Valentane de toute beauté.
    Pour revenir à Salustri, dommage que vous n’ayiez pas dégusté le Grotte Rosse 2010 car il est remarquable de puissance et avec beaucoup plus de fraîcheur que le 08. Ce domaine fait face à Montalcino (à l’époque ils livraient le raisin pour les Brunello…), dans un endroit sauvage mais magique, à deux pas de Colle Massari, un domaine en vogue et à qui ils ont mis les pieds à l’étrier. Leurs Sangiovese possède une expression tout à fait originale grâce à une situation particulièrement avantageuse, sur une colline fortement ventée.

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  6. Merci de ces précisions… Montecucco Sangiovese sera pour un prochain voyage, mais avouez qu’ils sont guère nombreux à mettre le Sangiovese en avant, en dehors de quelques domaines du Classico.

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  7. Bravo et merci de parler des vins du coin ! (Je passe mon temps entre Castagneto Carducci et Chamonix, donc c’est un peu comme la maison !). Avez-vous pu passer chez Chiappini et chez Sapaio du côté de Bolgheri ? Giovanni Chiappini a eu la note de 100 en 2013 chez Wine Enthusiast pour son Guado de’ Gemoli 2009. Et Sapaio vient de voir son Volpolo 2011 classé à la 22e place dans le dernier top 100 de Wine Spectator. J’ai comme l’impression que ça va contribuer à mettre ce beau territoire en lumière. Lui qui n’en manque pas, tant sa lumière ambiante est magique.

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  8. Il y a un retour au sangiovese comme à d’autres cépages autochtones . Si ça vous intéresse je peux vous donner une longue liste d’adresses?

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  9. N’hésitez pas, nicoj, je retournerais un jour en quête du Sangiovese (mon mail : pourlevin@free.fr). Mais j’en ai déjà trouvé pas mal dans le Classico comme vous pourrez le constater en relisant mes deux précédents articles. Avec plus de temps, j’aurais pu en trouver d’autres, c’est évident.

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  10. Pingback: Toscana quattro : altri buoni vini e buoni indirizzi… | Les 5 du Vin

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