Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Lectures en vin

14 Commentaires

Quelles sont mes lectures, en matière de vin ?

Tout au long de l’année, les livres sur le vin que j’ai en main relèvent de trois catégories. D’abord les classiques, livres de référence ou autres, que je consulte ou relis régulièrement, par nécessité ou par plaisir. Peu de nouveautés dans ce domaine, excepté des nouvelles éditions de temps en temps qui méritent amplement que je rappelle aux lecteurs les qualités de ces ouvrages. Ces livres-là, que j’ai achetés, parfois il y a longtemps, sont marqués par l‘usure ou la disparition de leurs couvertures, ce qui est le signe d’un usage soutenu et donc de leur grande utilité. La deuxième catégorie est composée de nouvelles sorties que je reçois gratuitement en copie presse. Peu de ceux-là retiennent mon attention, mais je les regarde tous, qu’il s’agisse de livres généralistes ou de monographies. N’étant pas très porté sur la bande dessinée, cette sous-catégorie ne retient que rarement mon attention, avec parfois des exceptions, comme ici. La dernière catégorie est celle des périodiques : lettres d’information destinées aux professionnels, magazines plus ou moins spécialisées, blogs et autres choses de l’internet. Je n’en lis qu’un nombre limité pour m’informer, et une seule pour le plaisir en même temps que pour apprendre. Elle sera mentionné au début de cette liste.

Le meilleur magazine au monde consacré au vin : The World of Fine Wine

Fine Wine

finewine@servicehelpline.co.uk

139 euros pour un an (4 numéros), 250 euros pour 2 ans

Je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de concurrence pour ce titre (certes un peu stupide), tant il dépasse de loin tout le reste en tout : étendu du champ et variété des sujets traités, qualité des textes et diversité des auteurs, rigueur et intérêt des dégustations, esthétique des illustrations et de la mise en page…..

TheWorldofFineWine18909123411

J’ai déjà parlé à quelques reprises de ce périodique sur ce blog, mais l’arrivée chaque trimestre de mon exemplaire de The World of Fine Wine est un moment que j’attends avec impatience chaque fois, car il y a toujours à lire, à étudier, à regarder et à comprendre là-dedans !

Et je vais vous gâter en montrant deux des couvertures pour vous mettre le vin à la bouche.

 

 

 

 

 

6 livres classiques, indispensables, de référence

Histoire Mondiale du vin

L’Histoire Mondiale du Vin, de Hugh Johnston

(Hachette Pluriel, édition Poche, 13 euros)

Si vous devez ne lire qu’un seul livre sur le vin, choisissez celui-ci. Non seulement il donne une vision globale du monde du vin qui vous permettra de comprendre bien des choses sans propagande inutile ni technicité barbante. Il est très bien écrit (et traduit) et il vient de sortir en version de poche.

L’édition « normale », copieusement et bien illustrée, vaut 45 euros.

 

 

atlasmondialduvin

 

L’Atlas Mondial du Vin, de Johnson (le même) et Robinson

(Flammarion, 45 euros)

Le 7ème édition de ce livre de référence indispensable vient de sortir. Il vous permettra aussi d’avoir une vision mondiale du vin, mais dans le présent et avec un axe géographique plutôt qu’historique. Beaucoup de cartes, évidemment, et des exemples de vins « types » par zone qui figurent à travers leurs étiquettes.

Wine Grapes, par Robinson, Harding and Vouillamoz wine grapes

Allen Lane, £96 (aussi disponible en version Kindle, moins cher)

Ce livre, luxueusement édité (en anglais seulement), m’est devenu indispensable tant l’étendue de sa couverture et la qualité de ses textes impressionne.  1,368 cultivars sont traités, avec un degré de détail qui correspond, en gros, à leur importance dans le monde actuel. Pour certains il y a aussi de très intéressant tableaux qui démontrent les complexes lignes de parentés qui existent entre, par exemple, les membres de la famille pinot, qui, via le très prolifique gouais blanc, a des liens avec la syrah, le gamay, le savagnin et le cabernet franc, pour n’en citer que quelques-uns et uniquement liés à la France, car les cépages ne connaissent évidemment pas les frontières.

 

 Histoire de la Vigne et du Vin en France, par Roger Dion

Dion

(editions CNRS, 35 euros)

Même en limitant sa vision au cas particulier de la France, ce livre est tout aussi indispensable à ceux qui s’intéressent au vin. Plus universitaire dans son approche que les deux précédents, il a aussi pour lui une vision holistique de ce qui a fait le paysage viticole en France. Roger Dion va loin dans ses analyses de ce qui a construit la France viticole, et les défenseurs du «tout terroir» en seront pour leur frais, car c’est, en quelque sorte, le blé et le transport qui ont déterminé les implantations de la vigne partout dans ce pays. Ce grand classique, réédité récemment, est issu des cours de ce géographe au Collège de France et il explique, par le détail mais avec des conclusions universellement applicables, l’origine et le développement des vignobles de ce pays. D’une lecture parfois fastidieuse, il est néanmoins d’une grande limpidité et d’une richesse étonnante.

Je dois rajouter, dans la même veine, l’excellent étude historique de Marcel Lachiver, Vins, vignes et vignerons (Fayard, 25 euros)

 

Cocks et Féret, Bordeaux et ses Vins

Feret XIX

(editions Feret, 125 euros). 200 ans après la première édition, cette dernière et dix-neuvième version comporte un catalogue exhaustif et descriptif de tous les domaines du Bordelais, mais aussi des chapitres introductifs, chacun écrit par des spécialistes, et qui abordent une large gamme de sujets. Ce livre est une encyclopédie et non pas un guide d’achat, mais avec lui vous saurez à peu près tout sur les vins de Bordeaux. Livre de référence indispensable pour les professionnels.

 

Et quelques nouveautés recommendables

 

 CortonUne Année en Corton, textes François Perroy, photos Jon Wyand

(Glénat, 39 euros)

On pourrait mettre ce livre dans la catégorie vaguement méprisante de « beaux livres », mais celui-ci est bien plus que cela. Il s’agit d’une monographie sur le plus vaste grand cru de Bourgogne, et le seul qui produit vins rouges et vins blancs. En cela, c’est une sorte de condensé de toute la Bourgogne. Le photographe anglais Wyand a passé une année entière dans le vignoble de Corton et ses villages attenants, et j’ai rarement vu un livre sur le vin dont les images vous font vivre la vigne et ses hommes, par toutes les saisons, d’une manière aussi sensible et palpable. Le texte est bien aussi. C’est un livre magnifique et émouvant.

 

Le Nouveau Guide des Vins de France, par Jacques OrhonLe-nouveau-guide-des-vins-de-France

(éditions de l’Homme, 20 euros)

Les guides des vins de tel ou tel pays sont nombreux mais j’ai trouvé celui-ci, écrit par un Français qui vit depuis longtemps au Québec (ce qui lui donne, utilement, de la distance), à la fois clair et assez complet. Orhon, qui est un ancien sommelier, connaît bien les vins de plusieurs pays et a beaucoup écrit sur l’Italie, par exemple. Je trouve que ce genre de vision plus large des choses est un atout quand il s’agit de décrire et non pas juste de plaider. Pour débuter dans la connaissance des vins de ce pays, ce livre est recommandable.

 

 

Chroniques de la VigneChroniques de la Vigne, par Fred Bernard

(Glénat, 19,50 euros)

Pas franchement une nouveauté, car ce livre, qui mêle dessins à l’aquarelle faussement naïfs et textes du même auteur, est sorti en 2013. Je ne suis pas fanatique des bandes dessinées, sauf de rares exceptions, mais ce livre est fascinant et touchant. Il nous écarte totalement des chemins du convenu, du gniangnian ou bien du snobisme qui gangrènent un peu ce secteur. Basé sur le propre parcours de l’auteur et des conversations avec son grand-père, producteur bourguignon, ce livre est un régal pour les yeux comme pour l’esprit.

 

 

Anthologie du Vin et de l’Ivresse en Islam, par Malek Chebel vin et islam

(Seuil, 23 euros : jolie édition pour ce prix)

C’est un paradoxe que les plus grand poètes du vin ont vécu en terres islamisées, bien que je ne pense pas qu’ils respectaient beaucoup les consignes de cette religion. Un autre paradoxe est le fait que le vin coule à flot au paradis des musulmans. En tout cas, cette anthologie nous enseigne beaucoup sur les rapports compliqués (et un peu schizophrènes) qu’entretient l’islam avec le vin. Voici un petit échantillon extrait d’un de poèmes du plus célèbre des poètes du vin issu du monde islamique. Il s’agit d’Omar Khayyam, également savant, astronome et algébriste (11ème et 12ème siècles). Je trouve qu’il résume bien le problème et l’origine de l’interdit :

Le vin est défendu, car tout dépend de qui le boit,

Et aussi de la qualité et de la compagnie du buveur.

Ces trois conditions réalisées, tu peux dire :

Qui donc boit du vin, si ce n’est le sage ?

 

 Bonne lecture, et bonne année à toutes et à tous

David

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

14 réflexions sur “Lectures en vin

  1. Pingback: Lectures en vin | Wine Planet

  2. Lectures essentielles !

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  3. Beaucoup de « grosses huiles » effectivement, David et Michel. Lol.

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  4. Moi je ne lis rien, sauf mes épreuves, parfois. Et c’est déjà assez chiant comme ça. ;-))
    A propos de Wine Grapes, dommage qu’il ait fallu des Anglais (et un Suisse, tout de même) pour nous apprendre d’où viennent nos cépages. Scrogneugneu, la France est-elle aussi en train de lâcher son expertise en matière de vin?

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  5. Le rôle du Suisse a été, je pense, essentiel dans ce travail colossal.
    Après, au sujet des anglais et leur poids dans les écrits sur le vin, je pense qu’on pourrait dire que lorsque on n’a pas quelque chose chez soi d’une manière inné, on fait bien plus d’efforts pour l’acquérir.

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    • Nous avons en France un très bon spécialiste, en la personne de Pierre Galet, auteur déjà de plein d’ouvrages dont un prochain qui sera à ne pas manquer : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Galet

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      • Excellent spécialiste, en effet, dont s’inspirent de nombreux auteurs. Certes, il n’avait pour objectif de disserter sur les « lieux ou volumes de vins produits à partir de telle ou tel cultivar », comme le signale David, mais son travail reste fondamental.
        Lors d’une sortie à Châteauneuf-du-Pape, à laquelle il participait, il a volontiers dédicacé à chacun de nous des galets de la haute terrasse. J’ai donc sur mon bureau un beau galet marqué de quelques mots et de la signature de Pierre. Il me semble que ses copains de promo l’avaient surnommé « double caillou »….

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  6. Sur les cepages, si le travail actuel doit beaucoup a Jose Vouillamoz – un Suisse donc – la base du savoir vient de Pierre Galet.
    Son « Dictionnaire encyclopedique des cepages et de leurs synonymes » est en cours de re-edition, avec mises a jour et plus de photos.
    9600 cepages decrits, c’est beaucoup plus vaste et precis, mais moins grand public, que le livre de J. Robinson.
    Demandez le booklet de presentation aux Editions MEC Libre & Solidaire: libre.solidaire@gmail.com

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  7. Gast! j’ai ete pris de vitesse par Michel-qui-sait-tout…

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  8. Rendons à César Denis ce qui lui revient : sa promptitude à chercher et à trouver le lien qui compte. Celui qui vous mènera directement à l’éditeur courageux de cette somme ! 😉

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  9. J’ai l’ancienne édition du livre de Galet. Ce live est peut-être plus exhaustif et précis sur le plan botanique, mais c’est beaucoup moins utile pour un journaliste/formateur/amateur de vin car il n’y a que très peu d’information sur les lieux ou volumes de vins produits à partir de telle ou tel cultivar. C’est donc destiné uniquement aux spécialistes : ampélographes, botanistes etc. Tandis que le livre de Vouillamoz et al est utile pour chacun qui travaille dans le vin. C’est bien simple, depuis que j’ai un exemplaire de Wine Grapes, je n’ouvre plus mon Galet.

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  10. Georges, j’ai du mal à comprendre votre apparent mépris pour ce qui nous fait tous vivre : le commerce.
    On peut peut-être vivre dans le pays des bisounours un certain temps, ou dans l’univers de la recherche si on est payé par l’état (mais je crois que cela devient de plus en plus rare), mais il faut aussi, et pour le plupart d’entre nous, faire face à la réalité et il me semble tout à fait utile pour nous, modestes scribouillards, de savoir si le consommateur à une chance de trouver, un jour, un flacon élaboré avec tel ou tel cultivar et ou cela risque de se produire. Avez-vous avez lu le livre Wine Grapes ?

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    • Aucun mépris pour le commerce dans mon intervention (mon bureau d’études vit de prestations…) ; je voulais simplement dire, comme l’a d’ailleurs fait Denis Boireau, que le travail de Pierre Galet représente une base fondamentale pour de nombreux auteurs venus s’exprimer à sa suite. Wine Grapes, qui est arrivé récemment sur mon bureau, est un ouvrage qui donne une somme d’informations extrêmement pertinentes pour les pros de la vigne et du vin, ainsi que pour les consommateurs, chose que l’ouvrage de Galet ne comporte pas.
      « Modestes scribouillards », les 5 du vin ? Certainement pas ; vous représentez l’optimum de ce que compte la « presse viti-vinicole », ceci dit sans vouloir aucunement vous flatter.
      Venez-vous à Découvertes en vallée du Rhône début Mars ? Depuis le temps que nous échangeons, il me serait agréable de vous rencontrer.

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