Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

#Carignan Story # 260 : Millésime Bio 2015, une crème des crèmes

6 Commentaires

Petit intermède dans le traintrain de ma chronique dominicale, je vais profiter de mon dernier passage à Millésime Bio, à Montpellier, fin Janvier, pour informer sans trop attendre les amoureux du Carignan des dernières avancées de leur cépage chéri. J’ai profité de ce rassemblement pour aller goûter les dernières cuvées de quelques vignerons émérites, la plupart ayant déjà connu les honneurs de Carignan Story, certains depuis fort longtemps. J’aurais aimé en voir plus, mais l’éparpillement des uns et des autres a rendu ma tâche difficile. J’espère que l’on me pardonnera ce manque d’efficacité, mais c’est l’occasion de faire un point avec vous. En outre, je me suis procuré un petit plaisir en signalant, à titre d’information, ceux des vignerons présents qui appartiennent à Carignan Renaissance, une association que je soutiens et qui est ouverte à tous les amateurs de Carignan. N’oubliez pas à ce propos d’inscrire sur votre agenda la date du prochain Carignan Day initié par cette association sans grands moyens : ce sera le Lundi 8 Juin prochain. Chaque amateur carignophile, chaque vigneron dans le monde entier pourra célébrer cette journée à sa façon. Dernière chose : n’hésitez pas à intervenir en rajoutant votre grain de sel si vous avez des choses à dire… Et sans langue de bois SVP !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

-À tout seigneur, tout honneur, commençons par le Domaine d’Aupilhac qui, comme chacun sait, a toujours symboliquement tenu à commercialiser son Carignan à un tarif plus élevé que son Montpeyroux pourtant excellent. Juste hommage, selon son auteur Sylvain Fadat, au bon et fidèle vieux Carignan qui l’a aidé à se faire connaître sur l’échiquier mondial. Au début, le Vin de Pays du Mont Baudile était proposé à 1 Franc symbolique de plus que le vin d’appellation. Maintenant l’IGP se positionne à 3 € plus cher que l’AOP ! Le Carignan de Sylvain a gagné en finesse et il atteint une telle notoriété qu’il se commercialise autour de 18 € départ cave, le prix du grand vin qu’il est devenu. Et une leçon pour nos intégristes des AOP qui s’évertuent encore à le marginaliser. « Ce vin vieillira plus longtemps que nous », m’a assuré Sylvain après que j’eus goûté son 2013 intense et noir de robe, doté d’une superbe matière en bouche. De beaux tannins, mais surtout une fraîcheur étale pour soutenir l’édifice. Avis aux inconditionnels : il est prévu plusieurs magnum et jéroboams !

-Autre fan du Carignan, l’Alsacien Marc Kreydenweiss, biodynamiste de la première heure et ami de 30 ans, a sauvé les ceps centenaires de sa propriété des Costières-de-Nîmes, à Manduel, où il coule des jours heureux avec son épouse Emmanuelle. Le résultat, entre autres beaux vins, donne un KA (25 €) élevé en demi-muids pour une production de 3.000 bouteilles d’un Carignan 2012 au nez hyper fin, bien structuré en bouche, armé d’une formidable fraîcheur et d’une grande longueur.

-Au Domaine Les Eminades, sous la conduite de Patricia et Luc Bettoni, le bon vieux Carignan a aussi droit de cité et on le met en bouteilles sous le joli nom de Vieilles Canailles. Après un 2011 à l’opulent nez de garrigue, rond en bouche, soyeux et fort long, le Saint-Chinian 2012 est encore plus dense tout en gardant cette tonicité qui fait sa force. À boire de préférence avant la fin de la décennie, mêmes je suis prêt à parier que le vin tiendra plus longtemps. Membre de Carignan Renaissance.

Photo©MichelSmith

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-Présenté l’an dernier au salon de l’an dernier, le 2011 Quid Novi de l’inénarrable Philippe Richy (Domaine Stella Nova) est toujours à la vente (16 €), et il est loin de laisser indifférent ceux qui le goûtent ! Je reviendrai sur ce personnage dans ma rubrique dominicale. Également une surprenante cuvée Polaris en cours d’élevage à 70 % Carignan complétée par le Grenache. Philippe est membre éminent de Carignan Renaissance.

-Le Carignan du Mas des Quernes, un vignoble franco-allemand, se présente sous l’étiquette Le Blaireau. Après un millésime 2012 remarqué ici même en son temps, le domaine continue sur sa lancée avec un IGP Saint-Guilhem-le-Désert 2014 de toute beauté, frais, dense et bien structuré qu’il convient d’apprécier dans les cinq années qui viennent si l’on veut profiter de son enthousiasme.

-Au Mas Gabriel, un très rare rosé 2014 m’a été présenté. Il est issu d’une seule parcelle de Carignan (35 a) et vinifié en pressurage direct. C’est dense, très pur et d’un fruit exquis (8 €), mais il va falloir foncer pour en acheter ! Sous l’étiquette Clos des Papillons 2014, un fort beau Carignan blanc généralement pur, mais ici complété par du Terret et fait pour une certaine garde, tandis qu’en rouge Les Trois Terrasses (70 % Carignan, le reste Grenache et Syrah, ferme, long, aux tannins soyeux commence juste à se goûter avec plaisir, prêt à attendre plus longtemps si l’on veut. Deborah et Peter Core, d’aimables britanniques, sont membres de Carignan Renaissance.

Rémi Duchemin, au Plan de l’Homme, en Terrasses du Larzac, a vinifié un magnifique Vin de France 2013 (13 € par 6 bouteilles) tout en éclat et fraîcheur sur lequel je reviendrai prochainement dans cette rubrique. Un domaine hors pair, membre de Carignan Renaissance.

-Au Domaine des 2 Ânes, comme toujours, un Corbières Premiers Pas 2013 de macération carbonique très logiquement Carignan (80 %) ample, souple, épicé et bigrement sympathique (7,20 €). Mais une fois de plus, c’est l’autre Corbières 2013 Fontanilles (8,90 €), à 70 % Carignan égrappé, qui offre un nez envoûtant de garrigue, une fermeté à toute épreuve, avec en signature de jolies notes de cuir et d’épices. Idéal sur un petit gibier.

Photo©MichelSmith

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-Toujours dans les Corbières, aux pieds de la Montagne d’Alaric, le Château La Baronne, conseillé par un œnologue toscan, sort régulièrement des cuvées qui forcent le respect. À partir de la parcelle Pièce de Roche, plantée en 1892 pour moitié en Carignans de clone Riparia Gloire, clone Rupestris pour l’autre, elle produit régulièrement un Carignan de haute-volée généralement tirée à 10.000 exemplaires. La version 2011 (IGP Hauterive) donne un vin épais, puissant et massif, comme à l’accoutumée, mais le 2012 (autour de 26 €, si j’ai bien noté) séduit déjà par la fraîcheur de son fruit et sa grande longueur. Il sera bientôt prêt à boire d’ici 2020.

-Comme je l’ai déjà dit ici même, le Château La Liquière est le plus actif défenseur des Carignans de schiste. J’ai goûté au salon le Faugères 2012 Racines (environ 13 €) qui est probablement le plus bel exemple de ce type : on a de la fermeté, certes, du fruit en pagaille aussi, mais surtout une harmonie rare qui fait que l’on a envie de mettre ce vin en cave pour célébrer d’ici dix ans des retrouvailles autour d’un bon repas. Membre de Carignan Renaissance.

-Un Languedoc 2013 (8,50 €) du Domaine Vallat D’Ezort, entre Sommière et Uzès, m’a fait forte impression même si la présence du Carignan ne porte que sur les deux tiers de la cuvée, le reste étant l’apanage du Grenache, les deux cépages étant vinifiés ensembles. La bouche est droite et le vin joue sur la jovialité, avec ce qu’il faut de fraîcheur pour animer les repas d’été.

-Autre terroir, plus argilo calcaire et très caillouteux, plus caussenard, le Clos du Gravillas, dans la zone où le Minervois tutoie Saint-Chinian, défend lui aussi depuis ses débuts le Carignan, notamment dans une cuvée Lo Vièlh qui concerne des vignes centenaires en très bon état. Le 2013, un Côtes du Brian, est conforme à la règle, associant puissance, rythme et finesse. Désormais un grand classique, membre de Carignan Renaissance.

Michel Smith

 

 

 

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

6 réflexions sur “#Carignan Story # 260 : Millésime Bio 2015, une crème des crèmes

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  2. Un triple ban pour Sylvain Fadat, Michel, tu as raison. Et puis, pendant que toi tu seras en train de retenir l’attention de Sylvain et de ma Christine, j’irai prendre des cours de dialecte valencien avec sa jolie femme … Pas sûr qu’elle en ait envie toutefois ! Je tenterai de lui préparer des anguilles de la Albufeira, mais elle me répondra que celles de sa maman étaient meilleures. J’essaierai ma version de la paella, mais elle trouvera son safran plus fin, car elle a réponse à tout. Et puis zut, non, après la Saint-Valentin d’hier, je suis très bien chez moi !

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  3. Penant que Luc fait le joli coeur, je vais faire mon interessant: mon cher Michel, ta note: « la parcelle Pièce de Roche, plantée en 1892 pour moitié en Carignans de clone Riparia Gloire, clone Rupestris pour l’autre » prete a confusion! Vitis Riparia et Vitis Rupestris sont bien entendu utilises comme porte-greffes. Rien a voir avec des clones de ton carignan favori (qui, lui, est une variete de Vitis Vinifera). Sauf qu’ils lui permettent de pousser sans attraper le phylloxera.

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  4. Tu as raison Denis d’apporter cette précision que un bout de texte qui n’a pas fait froncer les sourcils de notre Luc Léon national !

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