Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

#Carignan Story # 273 : Cariñena, auténtica denominación

2 Commentaires

Dans le sillage de sud de la France et du Chili, l’Espagne serait-elle en train de redécouvrir le Carignan et, comme moi, de succomber à ses charmes ? Dimanche dernier je vous ai offert un focus rapide sur cette vieille appellation d’Aragon qui porte le nom d’un cépage jadis réputé et planté dans le monde entier, le Carignan, ou Cariñena, lequel donne son nom à une appellation qui, ces dernières décennies, ne laissait que peu de place, ou plus du tout, au cépage qui nous intéresse dans cette rubrique. J’avais dit tout le bien que je pensais d’un premier vin, simple mais appréciable, qui ne coûtait que 5 € départ cave et qui arborait fièrement à la fois le nom et le cépage de cette appellation dont les vignes grimpent parfois jusqu’à 600 mètres d’altitude.

Photo©MichelSmith

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Aujourd’hui, je goûte pour vous un deuxième échantillon de Cariñena adressé par Hugo Mazel, de la société Grandes Vinos y Viñedos justement basée à Cariñena. Le nom de ce vin ? Anayón. Son millésime ? 2012. Il s’agit d’une cuvée à tirage limité, comme on dit, soit 4.944 bouteilles. Son prix public départ cave est de 20,50 €. Toujours de pur Carignan de Cariñena, ce vin est en fait issu d’une sélection sur le terrain des plus vieilles vignes offrant une moyenne d’âge de 75 ans. Ici, les vendanges se font à la main pour la bonne raison qu’il s’agit de vignes anciennes et de coteaux souvent pentus. Le moût a macéré au moins 25 jours avec délestages quotidiens. Puis le vin a passé une dizaine de mois en barriques de chêne américain et français.

Photo©MichelSmith

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En voyant la bouteille, fort bien habillée au demeurant, on pourrait redouter un genre Syrah ou Merlot de compétition, une bête à concours généreusement boisée. Or, il n’en est rien. Le nez est gentiment boisé, sans excès. On décèle la pointe d’une mine de crayon avec une surprenante touche de finesse. L’attaque est soyeuse, ronde, épicée, enveloppante, avec un fruité (cerise) persistant et assez mûr. Le bois affirme sa présence en accompagnement la matière, mais ce n’est pas trop gênant : on se dit que l’on aimerait garder le vin un ou deux ans de plus, rien que pour voir. Il y a un surcroît de puissance, si on le compare au vin de dimanche dernier, mais aussi une légère amertume que je ne trouve pas trop gênante, du moins à mon goût. Ce qui est sûr, c’est que le fruit est là, bien en place, prêt à souligner la finale qui elle même se fait assez longue. Bref, il s’agit d’un vin bien travaillé, plutôt dans un style international, mais tout à fait acceptable chez nous sur une belle table du dimanche.

Photo©MichelSmith

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Mais cette chronique (voir photo ci-dessus) ne saurait être complète sans revenir au premier vin goûté la semaine dernière. Dans ma hâte, en triant mes échantillons, je viens de mettre la main sur l’autre vin boisé dont j’évoquais l’existence et le prix : 6 € départ cave. En fait, je l’avais zappé comme on dit désormais… Par conscience professionnelle, j’ai donc ouvert pour vous la version Premium selection de la cuvée 3 C qui se veut être un hommage appuyé au Carignan du village de Cariñena au sein de la DOP Cariñena, justifiant ainsi son nom de 3 C. Avec 25 jours de macération et 5 mois de passage en barriques, on a un peu plus de rondeur en entrée de bouche, une belle fraîcheur fruitée, en plus de notes assez épicées et une longueur qui me semble plus marquée. Seul bémol, la finale qui me paraît un peu sèche et brutale.

Ce qui serait intéressant à présent, c’est de savoir s’il y a d’autres producteurs dans cette appellation qui se seraient penchés sur l’idée de concevoir une cuvée où le Carignan serait dominateur (au moins à 80 %), voire même le seul cépage présent. Et, pourquoi pas, peut-être même ailleurs qu’à Cariñena

Michel Smith

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

2 réflexions sur “#Carignan Story # 273 : Cariñena, auténtica denominación

  1. Pingback: #Carignan Story # 273 : Cariñena, auténtica denominación | Wine Planet

  2. Oui, Michel ; souvenez-vous : en 2013 vous aviez fait un joli billet sur les vins du domaine Provensol à Venterol, drôme provençale, qui produit un presque pur carignan ; Élodie Balme (Rasteau et Roaix) produisait (le fait-elle encore, je ne sais) un rosé pur carignan. Ce sont des vins que je n’ai pas dégustés depuis cette date. Une virée s’impose !!

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