Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Un Gin fils ?

14 Commentaires

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Je peux le proposer, le mien a vingt ans. Le Gin c’est toujours tendance, ça lui plaît, à moi aussi. Et puis, le Gin c’est aussi une véritable leçon de botanique, vu les ingrédients particuliers qui en font le goût. D’histoire aussi, comme dans le cas du Bombay Sapphire (je ne vois pas pourquoi les Anglais ajoutent un ‘p’, compliqués ces Rosbif).
La trilogie Bombay Sapphire vient d’accoucher d’un nouveau Gin, le Star of Bombay. Il n’affiche pas comme les trois précédents l’effigie de la reine Victoria, mais le joli « petit » caillou de 182 carats originaire du Sri Lanka que Douglas Fairbanks star du muet offrit à son épouse Mary Pickford également star du muet (y a que les sourds qui ont pu déchiffrer ce qu’ils se disaient).

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Bombay Sapphire

Le Star, une belle évolution pour ce gin historique qui naquit il y a un peu plus de 250 ans à Warrington dans le Cheshire au centre-ouest du pays. À cette époque, la petite ville abrite une académie de pharmaciens qui étudient les nombreuses plantes ramenées des comptoirs et colonies. Thomas Dakin qui habite le quartier décide de créer un gin. Le Warrington Gin naît en 1761 et s’aromatise grâce à 8 ingrédients végétaux : la baie de genévrier, l’écorce de citron, les graines de coriandre, les racines d’iris et d’angélique, les amandes, la réglisse et l’écorce de cannelier de Chine (fausse cannelle). Le spiritueux connaît un rapide succès local. Puis, tombe petit à petit dans l’oubli.

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Bien longtemps après, en 1950, Allan Suven, avocat newyorkais marié à une Anglaise, veut introduire le chic britannique aux States (le chic britannique ? y a des gens qui ont une drôle de conception de la chose). Pour lui, le gin semble être le meilleur ambassadeur de l’élégance made in England. Il tombe sur la Warrington distillery toujours active, l’achète et améliore la recette en remplaçant la mélasse qui donnait une eau-de-vie assez grossière par le blé qui, lui, donne un distillat beaucoup plus pur (pas con ce ricain). Et garde la vapeur d’alcool seule pour extraire parfums et arômes au sein des colonnes à distiller (le droit ça mène à tout !). Son gin il l’appelle Bombay, un London Dry Gin, c à d sans colorant, ni sucre, ni arôme ajoutés après la distillation, seule l’eau de coupage pour abaisser le taux alcoolique est permis. La réussite ne se fait guère attendre.

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Par contre, il nous faudra patienter jusqu’aux années 80 pour voir apparaître le fameux gin dans sa belle bouteille bleutée. C’est en effet un Français, Michel Roux, qui relance la marque (les gins n’avaient plus trop la cote à ce moment-là) et transforme l’essai Bombay en créant le Bombay Sapphire. Il en profite pour adjoindre 2 nouveaux ingrédients aux 8 de base, le poivre cubèbe et la graine de paradis (maniguette). L’East suit.

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Star of Bombay

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Il y a peu, la distillerie a déménagé ses alambics au sud de l’Angleterre dans la campagne du Hampshire à Whitchurch, entre Souhampton et Oxford. C’est l’architecte Thomas Heatherwick qui a transformé le site d’un ancien moulin à papier, le Laverstoke Mill (qui fabriqua sous Vicoria des billets de banque) en une distillerie des plus performantes. Équipée de colonnes à distiller à reflux, elle a encore amélioré le procédé en contrôlant mieux la vitesse de distillation, ce qui donne un produit plus élégant, plus en rondeur, plus savoureux grâce à son volume en bouche. La distillerie tourne à plus ou moins 300 bouteilles/jour.

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Des bouteilles de Star of Bombay qui porte à 12 le nombre d’ingrédients qui le parfument. S’y ajoute des graines d’ambrette à l’odeur musquée et de l’écorce de bergamote, agrume que l’on retrouve entre autre dans le thé Earl Grey. Son degré alcoolique atteint les 47,5° contre 40° et 42° pour les trois autres gins de la marque.

 

Dans le verre

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On perçoit avec précision les senteurs d’agrumes véhiculées par la bergamote. Elles nuancent avec grâce les élans de la baie de genévrier. Une note florale apporte une élégance délicate au gin. Le poivre reste bien présent. La bouche suave par son côté onctueux semble presque sucrée, douceur qui se tempère de l’amertume de la réglisse. La fraîcheur en est étonnante, mélange de zestes aux goûts d’orange, de mandarine et de bergamote avivé par le poivre avec en fond une densité donnée par l’iris qui nous rappelle la poudre de riz de nos grand-mères. La longueur conserve le poivre et bien sûr la baie de genévrier qui ne nous a jamais quittés.

En cocktail

Pour bien identifier toutes les subtilités du Star of Bombay, c’est de faire moitié gin, moitié tonic de qualité et quelques glaçons, à la rigueur quelques gouttes de citron et son zeste en décoration ou celui d’une orange pour ajouter un rien de complexité.

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La bouteille ne sera pas disponible en grande distribution, mais chez les grossistes et les boutiques spécialisées à +/- 35€

http://distillery.bombaysapphire.com/

Ciao

 

bergamote

Marco

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

14 réflexions sur “Un Gin fils ?

  1. Pingback: Un Gin fils ? | Wine Planet

  2. Lisboa (Portugués), Lisbon (Anglais), Lisbonne (Belge) – très compliqués les frites…..!

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  3. Moitié gin, moitié schweppes, ça fait des années que je me bats pour que l’on respecte la dose. Et merci pour l’idée du zeste d’orange ! Je n’y avait pas pensé…

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  4. Oublie le Schweppes et pense à un tonic plus subtil qui respecte mieux le goût du gin
    Marco

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  5. Oubliez le Bombay et passez au Gin de la Distillerie du Petit Grain à Saint-jean-de-Minervois
    La grande classe
    languedocienne

    Aimé par 1 personne

  6. Vous êtes fous, les amis. Je sais que cela revient à la mode car des publicistes ont mis le paquet: la preuve, vous tombez dans le paneau avec bcp de complaisance. Notez que, moi aussi, je trouverais cela plutôt bon mais … voilà bien l’alcool le plus frelaté, le plus « chimique » et le moins « typique » qu’on puisse imaginer (avec la Wodka, bien sûr). Après, les « recettes », comme toutes les recettes, sont purement affaire de convenance. Enfin, bcp de marques donnent immédiatement mal de tête et le pourpre aux joues (sulfité +++++). Maintenant, si cela vous réjouit, surtout ne vous en privez pas! Merde à la loi Evin.

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  7. Pourquoi Bombay, il y a-t-il un rapport avec l’Armée des Indes?

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    • Je crois que notre ami new-yorkais trouvait ça chic et très english, d’autant plus que le gin se boit principalement avec du tonic boisson des troupes coloniales aux Indes
      Marco

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  8. Et pour le tonic « plus subtil qui respecte le gin », Marco, tu as une ou deux références à nous proposer ?

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