Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Σαντορίνη, douceur des îles grecques

13 Commentaires

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C’est presque les vacances pour ceux qui en prennent; l’île de Santorin ressemble à ce qu’on peut appeler une destination de rêve, comme la Crète. Je n’ai malheureusement visité aucune des deux îles, ce qui ne m’empêche pas de déguster les vins. Sur Santorin, on fait vin de liqueur issu de grappes passerillées sur de grandes dalles de pierre, un peu comme en Corse pour le muscat.
C’est un pur sucre naturel…

Santorini Vinsanto 2003 P.D.O. (Protected Designation of Origin Santorini)article_185_vinsanto-silver2[1]

Une robe sombre, presque brune aux reflets roux.
Le nez confit, très confit, qui nous lance en paquet des zestes de mandarine, des cerises, des abricots, puis nous envoie une deuxième bordée de figues, de dattes et de pistaches grillées, nous pique un rien les narines d’iode et de poivre, avant de s’en aller courir parmi les herbes sèches.
La bouche s’attend au pire, au vin sirupeux comme le miel, écœurant comme le troisième baklava, mais du miel il n’en a que le goût, fort et puissant, soutenu par une incroyable fraîcheur, nervosité qui exhausse les arômes de tomate sèche, de candi musqué, de caramel amer, de Corinthe. Le citron vert, certes confit termine l’exercice gustatif par un contraste acidulé sucré.

Le Vinsanto

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C’est un vin naturellement doux, issu de grappes séchées au soleil. Ces grappes mélangent une sélection stricte de 75% d’Assyrtico et de 25% d’Aidani, deux cépages caractéristiques de l’île de Santorin. Après une dizaine de jours de déshydratation étalés sur les grandes terrasses des caves vinicoles, les raisins sont pressés doucement, puis s’en vont fermenter pendant 1 à 3 mois. Le pourcentage fort élevé de sucre ralentit la fermentation. Celle-ci s’arrête d’ailleurs définitivement sans avoir transformé tout le sucre en alcool, ce qui en laisse environ 240 g/l pour un titre alcoolique de 11°, heureusement rafraîchit par 8,4 g d’acidité renforcé par un pH de 3,49. Le vin loge 24 mois en barriques, cela lui donne une patine un rien caramélisée.

NB. Ne pas confondre le Vinsanto avec le Visanto ou Vin Santo de Toscane (on n’est pas sûr à 100% du quel a inspiré le nom de l’autre, même s’il semble plus probable que ce soit les Vénitiens qui aient ramené le Vinsanto, ou vin de Santorin en Italie). 

Santo Wines

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Il s’agit de l’Union des Coopératives de Santorin, fondée en 1947. C’est le plus gros faiseur de l’île. Elle récolte les vendanges auprès de plus d’un millier d’adhérents et lutte pied à pied contre l’expansion immobilière. Heureuse de maintenir les traditions vinicoles insulaires, elle vinifie son Vinsanto comme on le faisait déjà au 16e siècle.

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À remarquer, la curieuse façon de conduire la vigne en la tournant autour d’elle-même en forme de panier, cela la protège du vent violent qui décoiffe l’île plus souvent qu’il n’est raisonnable.

Et n’oublions pas que l’île de Santorin est un volcan, pour le moment des plus sages, mais cela n’a pas toujours été le cas, la preuve…

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http://www.santowines.gr

Ciao

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Marco

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

13 réflexions sur “Σαντορίνη, douceur des îles grecques

  1. Pingback: Σαντορίνη, douceur des îles grecques | Wine Planet

  2. Marc, n’espère pas obtenir un voyage gratos à Santorin d’un seul clic de ta souris. Il n’y en presque pas sur cette îlé, où les chats abondent. Dans la civilisation crétoise voisine, les dynasties avaient par ailleurs du …. sang taurin en abondance. Merci quand même pour ces évocations qui nous mettent l’eau à la bouche, ainsi que pour ces belles photos.

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  3. Vous m’impressionnez, M. Vanhellemont; savoir distinguer la saveur du candi musqué et celle du caramel amer témoigne d’un talent rare de dégustateur digne de figurer dans le Guinness Book. Évidemment, je suis très frustré, moi, pauvre mortel, incapable de percevoir plus de deux ou trois arômes à la fois. Je me demande parfois si le florilège floral et fruitier qui se repend obligatoirement autour de toute dégustation de vin ne relève pas du foutage de gueule…..
    Permettez-moi de citer Louis Jacquelin et René Poulain, auteurs de « Vignes et Vins de France », Flammarion, 1970, à propos du Rivesaltes: « Le Muscat donne un vin plein de finesse, de feu et de bouqueté. Sirupeux la première année, il devient, avec la deuxième année, limpide et fin avec un bouquet musqué. Ce bouquet, très fugace, atteint son maximum à 10 ans. Avec l’âge, il devient doux, parfumé, agréable, analogue au Malvoisie. »
    Ces descriptions rigoureuses et informatives, qui n’écartent pas les sensations me parlent davantage. C’est vrai que la vôtre est amusante ! Je vais essayer de faire du caramel amer, faut-il enlever le sucre?

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    • Si vous n’avez jamais goûté de caramel amer, c’est moche. Mais je suis ravi de vous impressionner et très heureux de vous amuser, le rire devient de plus en plus rare, alors profitez-en. Quant à Louis et René, ils ne parlent que de l’évolution sucrée, cela peut tout aussi bien correspondre à un VDN, à un muscat ou à un Cream.
      Marco

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    • Les descripteurs de cet ouvrage des années 70 sont, au contraire, fort peu informatives…Qu’on en juge : « sirupeux la première année » ; ce n’est pas un caractère très valorisant (les vins de ce genre, lorsqu’ils sont « sirupeux », ne sont pas marqué par une grande qualité). Suite : « il devient, avec la deuxième année, limpide et fin ». Ah ? il était donc frappé de turbidité, la première année, et dépourvu de finesse ? La limpidité n’est en aucun cas un caractère descriptif précis, sauf à désigner un défaut, à savoir son absence, ce qui conduit à révéler de la turbidité. Suite encore : « avec l’âge, il devient doux, parfumé, agréable » Donc, avant, il n’était pas doux (curieux, tout de même, pour ce genre de vin), pas parfumé et désagréable. Ce sont des commentaires « lambda » qui n’apportent aucune information précise. Le registre des arômes et des saveurs n’est pas du tout exploré.

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  4. Exception faite de la coop, sait-on combien de producteurs privés existent dans cette île ?
    Comme toujours, belles descriptions de tes impressions gustatives. En ce moment, je déguste de merveilleux caramels de Bretagne, grâce à Ghislain, mais ils ne sont pas amers… A voir plus tard.

    Un vigneron de la vallée du Rhône vient de se lancer dans le fabrication d’un vin à partir de muscat petits grains passerillés après récolte ; superbe réussite. Je ne dis pas de qui il s’agit, sinon il va être submergé de demandes.

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    • Bonne question.
      Sur les moteurs de recherche, on nous apprend que 1400 ha seraient en culture sur l’île et plusieurs domaines reviennent souvent. Leur nombre n’est pas indiqué et je n’ai pas trouvé (mal cherché?) une espèce de « syndicat des vignerons de Santorin ». Il faut faire remarquer que, pour quasiment tous les vins doux des îles de la Méditerranée (Pantelleria fait peut-être exception), même les producteurs privés fonctionnent un peu comme une coopérative (Marsala en Sicile, Commandaria à Chypre, Muscat à Samos …) avec de nombreux apporteurs de raisin et un volume considérable. Le monde du Porto était aussi comme cela avant 1983 (loi sur les « Single Quintas »).
      Dans ces contrées, la maturité ne pose généralement pas de problème, le rendement est toujours faible et l’état sanitaire acceptable. Au 21ème siècle, la technique est maîtrisée par à peu près tout le monde (cave coop. ou cave partic.) et, lorsque la coopération est moins bonne (ou bien lorsqu’un vigneron privé propose des vins moins intéressants), c’est souvent parce que certains apporteurs ne sont pas au niveau et tirent l’ensemble vers le bas, ou alors par manque d’ambition.
      J’ai eu cette discussion avec le président d’une grosse Winzergenossenschaft du Pays de Bade. Il m’expliqait avec intelligence que ses meilleures cuvées étaient faciles à faire et toujours au « top », presque chaque année, car les raisins provenaient de quelques apporteurs, les meilleurs. Par contre, en année difficile, c’était son « coeur de gamme » qui pouvait lui causer souci. En pleine Méditerranée, les « années difficiles » sont assez rares (je n’ai pas dit inexistantes). Je pense que c’est la raison pour laquelle même les « grosses machines  » font du très bon. Regardez la maison Florio en Sicile. Ils possèdent des foudres de vieux Marsala (du rancio en fait) de taille immense et … délicieux.
      Enfin, je me suis intéressé pdt longtemps aux vins de la Grèce. Entre 1985 et 2000, les progrès de la technique (grâce aux écoles viticoles françaises, italiennes, espagnoles et allemandes) ont été spectaculaires, amenant même parfois des vins un peu « oenologiques » (comme ceux d’un certain dans l’Aude que les 5 du vin aiment tant!). Je pense que la Grèce et ses îles a la chance de produire souvent … des très bons raisins!

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      • Merci, Luc Charlier, pour votre réponse.

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      • Et qu’est qui fait que tu t’intéresses moins au vin grec aujourd’hui, Luc?
        Moi je l’ai redécouvert en février, en Crète puis à Théssalonique, et j’ai été séduit, et par la hausse du niveau général de qualité, et le retour aux cépages grecs, après deux décennies de mode cabernet-chardonnay-merlot-sauvignon.

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  5. A M. Raffard

    Moi qui déguste souvent aux côtés de Marc, je suis époustouflé par la richesse de sa « bibliothèque d’arômes ». Alors je peux vous rassurer: ce n’est pas du foutage de gueule.
    Et même quand on n’a pas l’étendue du vocabulaire aromatique de Marc (c’est mon cas); on se dit souvent: « Il a raison, mais oui, c’est le nom que je cherchais ».
    Et moi, ça ne me gêne en rien, parce que j’ai pris le parti depuis longtemps déjà d’admirer tout ce qui est meilleur que moi, plutôt que de le jalouser.
    Marc est un amoureux sincère du vin, de sa complexité, de son histoire et de ses arômes, mais qui n’impose jamais son goût. Et à tous ces titres, un excellent compagnon de dégustation.

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    • J’étais en train de répondre, mais un clic malheureux a tout jeté à la poubelle…Suite.
      Oui, Hervé, la richesse du vocabulaire et de la bibliothèque des arômes que Marc possède est absolument exceptionnelle et d’une parfaite sincérité ; aucun effet d’esbroufe, comme on peut en lire quelquefois dans certains commentaires. Être le compagnon de dégustation de Marc représente une chance exceptionnelle, surtout lorsque nos capacités olfactives et gustatives, peu développées et/ou affaiblies par l’âge (c’est mon cas…) sont devenues incapables de désigner tel ou tel arôme, perçu de façon trop fugace. Le jalouser ou le vilipender n’a aucun sens. Et comme c’est mon pote, je plongerais volontiers ceux qui se comportent mal avec lui dans une cuve de vin piqué destiné à la distillation. À bon entendeur… Heureusement pour eux, disposer d’une cuve de vin piqué est devenu très rare.

      Petit clin d’œil gustatif, puisque nous sommes sur le sujet des VDN et associés : je viens de bénéficier, cette après-midi même, d’une dégustation de muscats de Beaumes-de-Venise d’une très bonne maison, à juste titre renommée ; belle verticale, le plus ancien étant de 1994. Qui a dit que ce muscat ne pouvait pas vieillir ? Extraordinaires sensations dominantes de prunes Reine-Claude, de dattes (vous savez, les belles Deglet Nour des palmeraies du Nord du Djerid, en Tunisie) ; et que d’arômes et de goûts dont je constatais la présence sans savoir poser un nom, les raccrocher à une fleur ou à un fruit. À l’aide, Marc !! On recommencera quand tu viendras nous voir, promis, mais il faut venir…

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  6. Marc VH n’est pas à proprement parler un «ami». Je n’en possède que 2 ou 3, maximum 4, en plus de mon frère, mais je le connais depuis longtemps. Nous avons eu un peu de mal à nous faire l’un à l’autre, au début. A présent, je le taquine (gentiment j’espère) sur ses petits travers, mais j’apprécie beaucoup sa finesse et sa sensibilité.
    Ce Raffard, cela fait plusieurs fois qu’il allume bêtement et insidieusement notre Marc et il commence sérieusement à me gonfler. Si c’est le même, il co-signe un blog avec un autre triste sire, plein de morgue, d’arrogance et de frustration rentrée; leur meilleur titre de gloire est… «de posséder à eux deux plus de 1.000 bt dans leur cave privée», dixit. Je ne commente même pas. En outre, ce sont des gens de la comm’, les parasites patentés de toute activité productrice ou commerciale, ceux qui ne savent rien faire eux-même mais donnent un avis sur tout et le font payer, cher. Pour couronner le tout, il a été prof., c’est exemplatif !
    Tu m’emmerdes, Raffard. Si ce blog te dérange, n’y viens plus, cela fera une pollution de moins.

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  7. Je ne m’intéresse pas du tout « moins » au vin grec. Seulement, cela fait 10 ans que je n’ai plus quitté « ma terre » pour plus de 2-3 jours, que je n’ai plus fait une dégustation « par plaisir », en fait que je n’ai rien fait d’autre que trimer. Comme ce que je fais maintenant occupait l’essentiel de mes loisirs avant, on pourrait dire que je suis en vacances depuis 10 ans. C’est une manière de présenter les choses. Seule exception, je vais manger 1-2 fois l’an au rstaurant grec Héraclès (original), en bas de l’UZ Brussel et ils ont une TRES belle sélection de vins grecs (dont un tannat époustouflant !). Carte chère malheureusement.

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