Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Carignan 292 : Tiens, voilà du boudin !

4 Commentaires

Parfois, j’ai l’impression de la ramener un peu trop… Ainsi, l’autre Samedi, alors que la troupe de vendangeurs amis rentrait de quelques heures passées à la vigne du Puch sous les bourrasques d’un vent du Sud qui, pour une fois, balayait le ciel chargé de lourds nuages, je découpais fébrilement quelques tranches d’un boudin noir et bien catalan acheté chez Marion Puig, à Thuir.

L'équipe de la vendange 2015 se retrouve chez François Douville, au Domaine des Conques. Photo©MichelSmith

L’équipe de la vendange 2015 se retrouve chez François Douville, au Domaine des Conques. Photo©MichelSmith

Fidèles à la coutume qui veut qu’à ce moment précis nous attaquions le repas des vendanges par le débouchage de quelques flacons du Carignan nouvellement mis en bouteilles (le 2014), je me suis laissé emporter par le suspense pas toujours très agréable que provoque la dégustation de son propre vin… enfin, celui que je fais en compagnie de mes camarades associés. On le mire, on le tournoie, on le fait se fondre en bouche, tout cela pour s’entendre dire qu’il est bien entendu différent de celui du précédant millésime, qu’il pétille encore un peu sur la langue, qu’il est dans le style 2011 mais bien meilleur que 2012, qu’il paraît léger, qu’il est chamboulé par la mise et que, finalement, il conviendra d’attendre la fin de l’hiver qui arrive pour se prononcer.

Vignes du Puch à Tresserre, Le Canigou en Majesté. Photo©MichelSmith

Vignes du Puch à Tresserre, Le Canigou en Majesté. Photo©MichelSmith

C’est à cet instant précis que je tiens mon verre d’une main et que je saisis une tranche de ce boudin noir si bien marbré de museau et de morceaux de langue. Je mange et je bois le plus classiquement du monde refusant de me prononcer si hâtivement sur un vin aussi jeunot. Mais bon, l’épicurien reprend vite le dessus car je remarque une chose d’une désarmante banalité : notre Puch 2014 marche du tonnerre de Zeus avec ce boudin de pays. L’accord est parfait. Un peu comme deux amants qui se trouveraient un goût commun à partager avec amour au beau milieu d’une foule où il y aurait quantité d’autres choses à grignoter.

Le boudin catalan et le Puch 2015 Photo©MichelSmith

Le boudin catalan et le Puch 2015 Photo©MichelSmith

Nul doute que ce commentaire même pas digne d’une page d’un bouquin de Philippe Delerm paraîtra d’une parfaite inutilité en ce Dimanche si spécial pour moi et si ordinaire pour d’autres, mais il y a parfois des constatations capitales qui se doivent d’être soulignées : mon jeune et modeste Carignan 2014 du Puch est un parfait vin de boudin !

C’est déjà ça, non ? Si seulement la Légion pouvait nous en commander quelques cartons, cela mettrait un peu de beurre dans nos épinards !

Michel Smith

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Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

4 réflexions sur “Carignan 292 : Tiens, voilà du boudin !

  1. Savoureux ! Il importe de préciser ce matin que les ACCORDS PARFAITS ne sont pas LÉGION !

    Aimé par 1 personne

  2. Dommage qu’il n’y ait plus de boudin pour les … Belges, tous des tireurs au cul, on le sait. Pour être franc, je mange du boudin noir quand j’ai réellement faim et qu’il n’y a rien d’autre. Ou alors, ce doit être ce délicieux boudin encore tout mou, préparé autour de la noël, et avec des petits raisins de Corinthe. Quand on est fâché, il appaise ceux de la colère, d’où le vieil adage: « Non edunt omnes boudinum Corinthi! ». Notre carignan 2015 est rentré hier Michel (seulement 400 litres du niveau Loute), en famille; avec deux jeunes grand-mères: Christine, qui l’est depuis une semaine à peine, et sa belle-soeur, Paquita, qui vient de fêter ses 50 ans mais est dejà deux fois grand-mère et depuis plusieurs années. Ces méridionales, comme le boudin, on le sang chaud. La comparaison s’arrête ici.

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  3. Du boudin contenant du museau et de la langue, je ne connaissais pas. Dans notre région, il est noir de noir, sans autre chose que des herbes, quelquefois ; presque jamais des raisins de Corinthe. Il va falloir que je réouvre mon Gaffiot afin de traduire toutes les citations latines, réelles ou plus souvent fantaisistes, de Luc Charlier. Et puisqu’il a employé le verbe edo, il doit connaître cette phrase redoutée des jeunes latinistes : « Pater mea, lupus est matrem suum » .
    Alors, ce Carignan 2015, comment est-il par chez vous ? Pas trop de pluie ? En Vaucluse, les blancs et les syrah sont tous rentrés ; la vendange des grenaches bat son plein. Encore une semaine et tout sera dit. Très belle qualité ; pas un grain altéré. Mais degrés élevés en perspective…
    Si le PUCH 2014 de Michel est un vin de boudin, alors il doit aller fort bien également avec pas mal de charcuterie. Puch, Pech, Puy, collines ainsi désignées en langue occitane ; chez nous, c’est plutôt « Pié » ; j’habite à coté d’une colline nommée « Pueys ».
    Bonne fin de vinif 2015 !

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