Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Bubble Battle of Waterloo (2): après la bataille

6 Commentaires

J’y étais ! J’ai assisté – que dis-je, j’ai participé à cette Battle, qui a vu la revanche des Français.

David a expliqué la méthode et le résultat. Je me focaliserai donc plutôt sur mon expérience personnelle.

Bien sûr, certains penseront : il n’y a que le résultat qui compte. Pas pour moi.

Bubble Battle of Waterloo large

 

Les copains d’abord

D’abord, je suis content que la bataille ait pu avoir lieu, et qui plus est, à l’ombre du Lion, à la ferme de Mont Saint Jean.

David avait eu là une riche idée, mais de l’idée à la mise en place, il a fallu batailler ferme. Sans aucune subvention, aucun partenariat, c’est l’amitié qui a pris le quart, une bande de copains du genre de celle que chantait Brassens. Et sans nous vanter, ce fut un grand moment. Service à température, dégustation à l’aveugle, timing parfait, rien à redire en termes d’organisation (merci Marc, merci Charlotte). Merci aussi au personnel de la Ferme de Mont Saint Jean et de la Brasserie de Waterloo, pour leur accueil (et pour leurs bières).

Merci surtout aux producteurs, aux journalistes et aux professionnels du vin anglais, allemands, belges, français et suisses qui se sont prêtés à ce jeu, tout à fait bénévolement.

La preuve que tout ne s’achète pas, dans le monde du vin – dit comme ça, ça fait un peu boyscout, mais en l’occurrence, c’est vrai.

Vive la diversité!

Je suis aussi content de constater que les 9 finalistes représentaient chacune des 3 nations anciennement belligérantes – et aujourd’hui unies sous la même bannière européenne.

Content qu’un de nos « vins-mystère », le Valaisan Tsampéro, soit arrivé à ce stade de la compétition – ce canton suisse faisait partie de l’Empire français, sous le nom de Département du Simplon, il avait donc sa place dans cette compétition historique.

J’ai personnellement bien noté ce vin, qui montre que les grands effervescents ne sont pas tous issus de Chardonnay ou de Pinot – celui-ci contient 25% de Petite Arvine ! Mon sentiment est qu’on n’a jamais autant fait de bonnes bulles en Europe.

Et l’avenir est sans doute à la diversité. David nous parlait du Muskateller. J’ai aussi eu quelques coups de coeur avec des Rieslings.  Récemment une autre récente dégustation, de Cavas, celle-là, m’ai laissé à penser que le Xarello comptait aussi parmi les bons cépages à bulles. Et je ne renie rien de mon amour pour le Chenin, bien sûr.

Content enfin des échanges noués autour du vin, d’où qu’il soit, avec les autres dégustateurs. D’où qu’ils viennent. J’espère qu’on se reverra.

Et pour tout vous dire, je suis aussi content du résultat. Pas par fibre patriotique (quoique…), mais parce qu’en définitive, a gagné un des vins qui m’a le plus plu. Même si, je dois l’avouer, je l’ai mieux noté en finale que pendant les éliminatoires. A une demi-heure près, c’est fou ce qu’un vin peut vous laisser une impression différente. Ou est-ce moi qui ai changé? Me serais-je inconsciemment fait influencer par le fait qu’il s’agissait de la finale? Voila en tout cas un beau sujet de réflexion pour l’avenir…

Et pour finir, un petit photoreportage qui montre le déroulement de la dégustation, vue par le petit bout de ma lorgnette quelque peu déformante. D’avance, mes excuses à mes compagnons (qui, cela va sans dire, méritent le plus grand respect). C’est juste que la tentation de jouer mon petit Desproges, de détourner les images, était trop forte… Comme on dit à Istamboul, c’est pas parce qu’on bosse fort qu’on a pas le droit de rire!

COATES

Acte 1, Scène 1. Tout commence par la réception des caisses chez Marc. Tiens, dans cette caisse-ci, on nous a aussi envoyé des bouteilles vides. Ce n’est pourtant pas une maison écossaise…

CHAUSSETTES

Acte 1, Scène 2. On habille les bouteilles de chaussettes, on les numérote, on les met dans des bacs et on les met au frais. Le moment venu, on les sort et on les amène sur la table. Marc rayonne (ou Tergal): « Elles sont pas belles, mes chaussettes? »

DAVID1

Acte 2. Scène 1. Les dégustateurs arrivent à la Ferme et se mettent au travail. Les vins pétillent et David à l’oeil qui frétille.

HILDE

Acte 2. Scène 2. On sert le vin. Manifestement. Hilde n’est pas là pour rigoler. Luc a l’air dubitatif. Quant à Christophe, il compte les bulles. Sacré boulot. Respect!

GENERAL

Acte 2. Scène 3. Vue d’ensemble. Moment de vérité. Qu’est-ce qu’on déguste? Champagne, Sparkling? Sekt?

OLIVIER

Entr’acte. David encode les données. Olivier s’insurge: « Qui c’est qui a donné quatorzeu-quatre-vingts? Et pourquoi pas des millièmes, cong? »

MARC

Entr’acte (suite). Marc vient directement apaiser les esprits: « Olivier, tu te calmes. On est pas au rugby, ici! »

IMG_7889

Acte 3. Scène 1. Reprise de la dégustation. Pendant que Luc cherche l’adjectif qui fait mouche, Xavier compte les caudalies. A moins qu’il ne s’apprête à nous chanter quelque chose?

 

PAUSE

Deuxième entr’acte. C’est la pause entre deux séries. Un des organisateurs en costume rappelle à l’ordre un des dégustateurs: « Je pensais que les Masters of Wine devaient porter la cravate! » Marc opine du chef.

Klaus

Acte 3. Scène 1. L’équipe de Wein + Markt envisage sérieusement de commercialiser une ligne de chaussettes de dégustation.

MICHAEL

Acte 3. Scène 2. Dans un grand élan de générosité, Michael tente de reverser le vin non bu dans les bouteilles.

PHOTO FINALE

Final. Vite une photo de groupe avant d’aller manger. Luc aurait-il peur que le ciel wallon lui tombe sur la tête? Ou bien est-ce le soufre?

Et voila, c’est fini pour cette fois. Mon seul souhait: qu’on n’attende pas 200 ans pour en refaire une, de Battle de ce genre!

Hervé Lalau

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

6 réflexions sur “Bubble Battle of Waterloo (2): après la bataille

  1. Ils se sont bien amusés. Il sont fiers d’eux. Comme des gamins.
    Et c’est bien ainsi (jugement de valeur, sans intérêt comme tous les jugements de valeur).
    L’intello de garde se demande – vous demande – si ce n’est pas là la finalité des bulles. Réellement, au niveau organoleptique (du goût, quoi), elles n’apportent rien, que du contraire : aigreur, renforcement des arômes les plus volatils et j’en passe. Mais c’est le fun, la célébration. Tout dans la tête.
    Et le socio-gauchiste de service vous propose de plancher sur la chose suivante: imaginez le coût d’une telle petite fantaisie s’il avait fallu travailler dans des conditions de vie réelle, et indépendantes: échantillons achetés, jurés défrayés voire payés, locaux loués, personnel salarié … Impossible.
    Moi qui aime les actes gratuits et – n’est-ce pas David ? – guère les « success stories » de l’ère post-industrielle, je biche de vous lire.
    Après, j’avoue que les considérations nationalistes, ou définitives et le côté « compétition » me donnent un sentiment – que j’éprouve très rarement et que je réprouve autant que je le réprime sauvagement – de supériorité indicible, du genre : « Heureusement, je suis au-dessus de tout cela ». Bouh, pas beau l’avion.
    Tiens, en passant : mon importateur d’Ostende – par où les hordes sauvages de « rosbifs » en fureur pénètrent dans notre Gaule belgique, Hervé, pour venir y dégueuler tout l’alcool acheté au « free tax » – tenait ses portes ouvertes il y a 10 jours, en présence de la pétillante Melle …, fille d’une maison du même nom à la Montagne de Reims. Elle a tenu à offrir élégamment aux collègues son millésimé Prestige (2008) en magnum. Malgré un dosage « brut plus » (sans doute pas loin des 12 gr préconisés comme lim sup), je ne conteste pas que c’était bon, et même fin (60 blanc, 40 PN). Merci.
    Pour l’accompagner – la jeune femme, pas son vin – on a fait la connaissance de son chevalier de coeur, qu’elle nous a présenté comme étant « agri »* sur le domaine. Je n’avais pas compris mais cela signifie qu’il fait partie de l’équipe qui travaille à la vigne. Hyper sympathique gaillard d’ailleurs. Votre Léon laisse échapper une larme, qui mêle l’attendrissement à l’envie, peut-être. C’est vrai qu’elle est mimi, la collègue, et beau et costaud, lui. Epernay tient ses Roméo et Juliette. A working class hero is s’thing to be!
    PS *: j’avais passé quelques jours en cave avant de rejoindre la Belgique, notamment à « bouger » du jeune carignan. Mes mains en portaient encore la trace. Notre jeune Champenoise fut ma voisine à table – son compagnon assis en face, je vous rassure – et, à leur vue, m’a fait : « Tu es agri aussi ? ». C’est là que j’ai demandé des explications. Elle a été très surprise d’apprendre qu’il existe des endroits où on est en même temps « agri », « vinif », commercial, « compta », pom-pom boy …

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  2. Tant que tu n’es pas « aigri »…

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    • Un amuseur belge du milieu du vin, qui me connaît bien car nous avons été proches, pense que je le suis devenu. Je tiens compte de son avis mais estime qu’il fait erreur. La vieillesse qui s’installe (vue, condition physique, réflexes et j’en passe) rend un peu amer et les efforts incessants usent mais je tire un réel plaisir de mon activité (faute de revenus), je suis fier de certains résultats (achievements) et je garde de l’enthousiasme à ce que je fais. Les « plaisirs faciles » que beaucoup s’octroient, souvent sur le dos des autres, m’irritent, c’est vrai. Bonne Saint-Martin. Un peu plus tard dans la journée, je serai du côté de Saint-Marcellin, moi. Slurp, quand tu sors de l’Etoile (pas facile), il reste 4-5 producteurs fermiers qui font du « très bon », pourtant au départ de lait de Frisonne, le plus souvent. Comme quoi!

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  3. Une superbe idée, une géniale initiative, un beau parterre de complices professionnels et heureux?

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  4. Pingback: Waterloo ou the Bubble Battle pour Tsampéhro… | Tsampéhro

  5. Pingback: Bubble Battle of Waterloo: le cas Napoléon | Les 5 du Vin

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