Les 5 du Vin

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Prieuré Saint Jean de Bébian, новая фaза

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Fin novembre était inauguré à Pézenas la nouvelle cave du Prieuré de Saint Jean de Bébian, propriété de la famille russe Pumpyanskiy.

Un investissement de l’ordre de 4 millions d’euros, si je ne m’abuse. Heureusement qu’il y a encore des étrangers pour croire dans nos domaines. Et notamment en Languedoc – car la même somme investie en Bourgogne, à Bordeaux ou à Cognac aurait sans doute été plus immédiatement rentable en termes d’image, et même en termes commerciaux. Mais Aleksander Pumpyanskiy, qui accueille ses hôtes dans un impeccable français, manifeste un vrai attachement pour le lieu, son histoire et son environnement. D’ailleurs, une partie de l’argent dépensé à Bébian l’a été pour la rénovation de la chapelle du 12ème siècle, superbe de sobriété – ce qui tend à prouver que la vision du maître des lieux n’est pas dominée par le rendement à court terme!

France. Languedoc-Roussillon. Pézenas. 19 novembre 2015. Soirée d'inauguration du nouveau chaix du Domaine Prieuré Saint Jean de Bébian

Alexander Pumpyanskiy (Photo (c) Alexandre Martin)

Pour terminer sur le chapitre des étrangers qui, bien loin de venir manger le pain chez nous, viennent plutôt le faire, précisons que l’oenologue du domaine, Karen Turner, est australienne. Et qu’elle n’a pas été engagée par le propriétaire actuel, mais par les précédents, Chantal Lecouty et Jean-Claude Lebrun. Des Français!

Bientôt, les terroirs dans le verre?

Mais parlons donc plutôt de cette nouvelle cuverie: son principal atout, outre l’espace (2.400 m2), sera de pouvoir enfin vinifier les différentes parcelles séparément, au lieu de devoir les assembler très tôt, faute de logements adaptés. Les nouveaux locaux accueillent en effet 23 cuves béton (de 45, de 98 et de 148hl) et 14 cuves inox (la Rolls du genre, un type adopté par Yquem et La Gaffelière, avec deux capacités: 30 et 50hl). Tous les types de vinification pourront être menés, de la macération préfermentaire à froid à la macération postfermentaire à chaud.

Autre amélioration au chai: un monorail à palan motorisé commandé à distance facilite l’encuvage des raisins rouges, pour éviter toute trituration.

La capacité de vinification parcellaire est un élément d’autant plus important à Bébian que le domaine (32 hectares) est composé de plusieurs méso-terroirs bien identifiés, comme une promenade dans les vignes a pu nous le confirmer: du calcaire, du basalte, des galets roulés.

Le voir, c’est bien, le boire c’est mieux: Alexander et Karen ont pour ambition de pouvoir l’exprimer dans le vin, dans toute sa subtilité.

 

Bébian, côté galets

L’automne arrive sur Bébian,  (Photo (c) H. Lalau 2015)

Bébian, côté Calcaire

Bébian, côté cailloux (Photo (c) H. Lalau 2015)

Il faudra attendre le millésime 2015 pour estimer le gain en précision dans les vinifications, pour vérifier si les couleurs de la nouvelle palette sont vraiment plus riches.

En attendant, sur la base des vins existants (une vingtaine de cuvées étaient proposées à la dégustation lors de l’inauguration, principalement des cuvées Prieuré, en partant du millésime 2004), voici mon tiercé de tête, et quelques commentaires.

Bébian, côté basalte

Bébian, côté basalte

La Chapelle de Bébian 2012

Concentré, fruit très noir, tannins assez compacts. Une belle impression d’ensemble, une jolie composition dans un mode mineur.

Prieuré Saint Jean de Bébian 2012

Beaucoup de fruit noir, de la tapenade, des épices, du cuir, (mourvèdre?), une belle présence en bouche. A l’austérité de la texture répond une certaine jovialité, celle du fruit légèrement acidulé.

Bébian2012

Prieuré Saint Jean de Bébian 2008

Ici, le fruit est à la fois rouge et noir, et très juteux; en bouche, c’est à nouveau la tapenade, les épices (poivre, menthe) et puis des notes fumées; ce 2008 s’extériorise bien malgré la charpente tannique, il reste séducteur sous son costume serré.

Curieusement – car il s’agit de millésimes généralement encensés dans la région, j’ai moins apprécié les 2005 et 2009, que j’ai trouvé plus corsetés par leurs tannins, trop sévères et actuellement encore trop dominés par l’alcool et par le bois.

Une mention particulière, par contre, pour la Chapelle de Bébian Blanc 2014, pleine de sève, aux jolies notes d’agrumes, d’immortelle, de poire et de menthe – quelle belle fraîcheur pour un terroir du Sud!

Une petite remarque personnelle pour finir: je me suis un peu perdu entre les différents noms de cuvées. Si le Prieuré est clairement le haut de gamme, l’expression ultime du domaine, et si je comprend le concept du 1152 (l’héritage) et de l’Autre Versant (cépages borlelais), j’ai du mal à classer la Croix et La Chapelle… Ne faudrait-il pas simplifier?

Hervé LalauPrieuré

Auteur : Les 5 du Vin

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