Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Les mots pour le dire, pas toujours si justes

21 Commentaires

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Nous savons tous à quel point il est difficile de transposer nos sensations sensorielles en mots lorsque nous essayons d’écrire des notes de dégustation. A défaut du mot juste, on cherche, on tâtonne, et on se replie sur quelques expressions ou mots convenus, parfois toutes faites et, pour finir, peu précises. Cela aboutit aussi à des « tics » qui polluent le langage du vin. Ce n’est pas, bien entendu, une exclusivité de notre petit univers, mais je crois qu’il faut en parler et tenter, si nous le pouvons, à lutter pour plus de justesse et de précision dans l’usage des mots.

girl-standing-on-bottle-photography-illusionDans ce cas, il semblerait que la fille est bien »sur » une bouteille de vin rouge (ou autre substance); mais cela est rarement vrai.

 

Commençons par quelques exemples. Dans le domaine de « tics » que j’entends dans des discours au sujet du vin, je nomme d’abord le mauvais et fréquent usage de la préposition « sur ». Combien de fois entend-on des expressions comme « nous sommes sur un assemblage grenache/syrah » ou bien « nous sommes sur un crozes hermitage blanc ». Cela n’a aucun sens, sauf si on mettait les flacons en question par terre et on grimpait dessus. La préposition « sur », pour citer le Littré, « marque la situation d’une chose à l’égard d’un autre qui le soutient (ex : s’asseoir sur une chaise) ». Le petit livre de l’Académie Française intitulé Dire, ne pas dire va plus loin : « La préposition sur ne peut traduire qu’une idée de position, de supériorité, de domination, et de doit en aucun cas être employé à la place de à ou de en pour introduire un complément de lieu désignant une région, une ville et, plus généralement, le lieu ou l’on se rend, où l’on se trouve. »

petit vin blanc

Une autre expression, pas forcément inexacte sur le plan grammatical, mais qui a autant le don de m’agacer est le mot « petit » employé comme dans « vous voulez un petit blanc ? », un « petit bordeaux ? », etc.

Les trois « T »

Les deux exemples précédents ne sont pas exclusifs à notre univers de vin, bien entendu, mais nous avons bien notre lot de termes plus particulièrement rattachés au vin (mais pas uniquement) et dont les définitions sont loin de mettre tout le monde d’accord. Leur sens sont donc flous, ambigus et ne clarifient pas toujours les propos proposés. Néanmoins ces mots sont très souvent employés. Il est rare que deux personnes vous donneront une définition identique du mot « terroir« , par exemple, et cela s’avère même au sein des contributeurs à ce blog !

Si on se tourne vers des dictionnaires, les significations de ce mot se multiplient et s’élargissent, comme le delta d’une fleuve. Larousse propose les trois définitions suivantes : 1) Ensemble des terres exploitées par les habitants d’un village. 2) Ensemble des terres d’une région, considérées du point de vue de leurs aptitudes agricoles et fournissant un ou plusieurs produits caractéristiques, par exemple un vin. 3) Province, campagne considérées comme le refuge d’habitudes, de goûts typiquement ruraux ou régionaux : Un écrivain du terroir.

S’il est difficile, voir impossible, d’obtenir un consensus sur le sens de ce terme fourre-tout de terroir, cela ne l’empêche pas d’être employé partout avec presque toujours un sens laudatif de nos jours, alors que les premiers emplois du mot, il y a plus de 100 ans, communiquaient un sens nettement péjoratif, induisant une notion de goût sale.  J’ai déjà évoque sur ce blog quelques autres aspects du problématique posé par certains usages du concept : https://les5duvin.wordpress.com/2015/07/13/retour-sur-le-sens-du-terroir/

Un autre mot, souvent associé au précédent et à propos du caractère des vins d’une région ou cépage donné, est celui de « typicité ». J’ai cherché ce mot en vain dans mon édition du Littré. J’y vois seulement « typique » et « typiquement », coincé entre « typhus » et « typochrome ». Ma version (une ancienne en anglais de 2006) du meilleur livre de référence, The Oxford Companion to Wine, contient une entrée sous le terme « typicality », qui dit que le terme anglais est une adaptation du mot français « typicité » et suggère qu’il s’agit d’une notion subjective qui ne peut pas se mesurer. Ce qui me semble plus grave, vu cette difficulté, est que certaines appellations refusent l’agrément à des vins, poutant issus de leurs territoires et, j’imagine, obéissant à leurs règles de production , pour cause de « non-typicité » ! Comment est-cela jugé ? On pourrait suggérer que plus un vin dans une appellation est moyen, sans vices ni vertus, plus il serait « typique ».

Green_roundel_high_quality

Le troisième des mots valises en « T » qui me pose problème est « tradition ». Ce mot est mis a toutes les sauces et dans plein d’univers. Mais, pour rester dans celui du vin ou il règle en maître, du moins en Europe, sait-on combien de cuvées de vin en France sont ainsi étiquetés ? Des milliers sûrement. Sont-ils tous faits selon les mêmes méthodes à l’intérieur d’une région donnée ? Surement pas. Et sont ces méthodes toujours basé sur des pratiques anciennes ? Pas sur non plus, et je ne dis rien sur la supposé valeur que ce terme est censé induire. Qu’est-ce qui est signifié par ce terme alors ? On ne le sait pas. Je vous fournirai un exemple qui illustre la confusion qui y règne. Lors d’une dégustation à Bordeaux il y a quelques années je goûtais des vins à (et non pas « sur ») un stand tenu par un jeune vigneron dont les vins étaient, je crois, issu des appellations Bordeaux et Bordeaux Supérieur. Parmi sa gamme la première cuvée s’appelait, comme souvent, « Tradition ».  Je lui demandais alors ce que cela signifiait et il m’a répondu que le vin était fermenté en cuves « inox ». Nous devions être vers les années 2003 et je pense que cela ne devait faire qu’une dizaine d’année que la cuverie de ce domaine était équipé en cuves d’acier inoxydable. Sans le vouloir probablement, ce jeune vigneron mettait en pratique les mots de Jean Cocteau dans Orphée : « Apprendrez-vous jamais à ne pas regarder en arrière ? A ce petit jeu, il y en a qui se changent en statues de sel. » Une autre vision est celle d’un vigneron australien qui me disait ceci un jour : « la tradition, telle on utilise ce terme en France, n’est pas autre chose que la somme des erreurs du passé ».

 

Le climat et ses variantes locales, des notions mal maîtrisées

On parle trop souvent de microclimat à la place de mésoclimat. Pourquoi, je n’en sais rien, sauf à dire que ce sujet n’est pas maîtrisé par la plupart des gens, y compris par les vignerons eux-mêmes.

Le dictionnaire de l’internaute nous donne cette définition du mot mésoclimat : « climat d‘une zone spécifique qui est différent du climat normal de la région du fait de spécificité géographique.« 

Exemple : « Adossé au contrefort en calcairele village bénéficie d’un mésoclimat doux. »

En revanche le Littré se trompe, me semble-t-il, en ignorant totalement le terme mésoclimat et en donnant le même sens au mot microclimat, c’est à dire un climat local spécifique qui marque une différence avec celui de la région.

Dans un cas semblable, je dois me référer à un outil plus spécialisé pour un arbitrage, et je trouve ceci dans l’Oxford : « a term of climate scale, intermediate between regional climate, or macroclimate, and the very small scale microclimate. It encompasses the more specific terms topoclimate and site climate, and has largely replaced both in specialist usage (although the word microclimate is widely and incorrectly used by non-specialists for mesoclimate). » S’il n’y avaient que les non-spécialistes !

Car le micro-climat est l’ensemble des conditions spécifiques affectant température, ensoleillement, humidité et mouvements de l’air entre deux rangées de vignes, par exemple.

Les mots de la dégustation : un autre chantier qui attendra la semaine prochaine, car, de nos jours, l’approche qui semble dominer dans ce domaine éminemment subjectif est celle que je qualifierai de « la gonflette » (approche que ce cher Vincent Moscato qualifierait de « pompe à vélo). Je vous donnerai quelques exemples croustillants, mais ce sujet soulève aussi de vrais questions sur l’utilité et même la possibilité de traduire en mets nos sensations gustatives.

David Cobbold

 

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

21 réflexions sur “Les mots pour le dire, pas toujours si justes

  1. Tu comprends alors, David, que lorsqu’on pose la question à un pro des sens, la réponse du sens ayant le plus d’importance pour la description d’un vin est le sens de la vue : 80 % dixit Alexandre Schmitt, un « nez » d’exception.

    Là, les mots ont une définition directe : rouge est bien différent de blanc.

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  2. Je biche. Moi qui attache beaucoup (trop?) d’importance à la langue, ce genre de chronique me fait plaisir. Dans les « t », tu aurais pu ajouter « tendu ». Il y a à ce dernier une explication, bidelphe d’ailleurs.
    Les « jeunes » chroniqueurs du vin, sûrs d’eux-même et péremptoires, ne pensent qu’à niquer. Et les plus âgés, la majorité je crois, souvent plus raisonnables dans leurs descriptions, ne le peuvent plus.
    Les dégustateurs de rhum, eux, n’utilisent pas ce qualificatif. Et ce n’est pas à cause du bois bandé. Non, les Martiniquais sont souvent partis niquer.

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  3. David, tu as dû éprouver un énorme plaisir lors de la rédaction de ces quelques lignes, justifiées, il est vrai. Trop de termes sont employés à tort et à travers et s’en retrouvent galvaudés. On aime aussi utiliser des mots qui n’existent pas comme minéralité. Ou se gausser d’une typicité « totalement imaginaire », … Toutefois j’aimerais préciser deux substantifs qui te te tiennent à cœur, mésoclimat et microclimat. MESOCLIMAT: climat caractérisé par des caractères de température, d’humidité, de température propres à une région donnée. MICROCLIMAT: climat d’un espace homogène de faible étendue à la surface d’un sol.
    On peut donc étendre un peu plus la portée d’un microclimat qu’à tes 3 mètres carrés, une parcelle, voire un petit vignoble entrent encore dans cette catégorie. Quant au mésoclimat, d’un emploi certes justifié n’est guère usité par les non-spécialistes et souvent mal ou incompris par la plupart des lecteurs. Donc ne t’énerve plus contre les emplois systématiques de microclimat, j’essaierai de moins m’énerver aussi pour les usages du terme bateau argilo-calcaire. Et pour ta gouverne, sache que le verbe énerver avait la signification inverse au moyen-âge….
    Marco

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  4. Le site Météobelgique définit plus précisément méso et microclimat:
    « Dans la notion de climat, on doit tenir compte de la situation géographique. Lors des mesures, on constate que certains éléments ont une variation locale très importante comme les précipitations dans un orage ou le changement de la température avec l’altitude en montagne.
    On doit dès lors moduler la définition du climat selon l’échelle à laquelle on se place. Si on envisage le climat à l’échelle continentale on parlera de macroclimat qui s’étend sur des distances d’environ 100 à 10 000 km. C’est, par exemple, le climat de la Belgique, celui du Sahara, ou encore celui de l’Amérique du Nord. Le mésoclimat constitue l’échelle régionale ou locale allant de 1 à 100 km. Les climats de la Gaume et de la Fagne appartiennent à cette échelle. Le microclimat est l’échelle minimale allant de 0 à 1000 m. Le microclimat est par exemple le climat de votre jardin ou celui d’un parc public. »

    On peut donc, selon cette définition de spécialistes, valablement parler de mésoclimat pour une parcelle de vigne. Mais pas pour une appellation entière.

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  5. Merci pour cette précision Hervé. Et que disent-ils de la différence (réelle) entre le climat local entre deux côtés d’une rangée de vigne lorsque, par exemple, le soleil tombe sur un côté et pas sur l’autre ?

    Luc et Marco, je vais venir au cas de la « minéralité » la semaine prochaine, et cela sera bien tendu !

    Aimé par 2 people

    • Essaie nanoclimat
      Marco

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    • Davis, tu parles d’or. Pour qui écrit, la nécessité d’éviter la répétition conduit à des clichés, à des inventions, parfois bizarres. C’est vrai de la plupart des domaines spécialisés, vin, mais aussi, musique, cinéma, politique, sport.
      Deux suggestions pour nourrir de futures analyses sémantiques. La « digestibilité », chère à Michel Bettane, notion assez comique, qui suppose un examen a posteriori (quelques heures) et la possibilité de distinguer la digestibilité spécifique de chacun des vins goûtés au cours d’une même séance. Le tout, bien sûr, sans avoir mangé, pour éviter que la digestion des aliments ne pollue celle des vins. C’est évidemment absurde, asséné avec un aplomb et un pompeux qui entraînent l’adhésion des naïfs . Autre notion qui traîne un peu partout : la « buvabilité ». Là aussi, c’est n’importe quoi, mais c’est la mode, autre argument d’autorité.

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    • bien entendu David, et cela ne m’étonne pas de toi ! 😉

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    • Toujours pas assimilée, David, cette notion de microclimat… Les différences qui peuvent exister entre deux côtés d’une rangée de vigne ne sont pas d’ordre climatique, ni micro, ni méso ; nano, suggéré par Marco et auquel j’avais pensé avant de rédiger ces brèves lignes, n’est même pas adapté à ce genre de situation ; pour une raison simple : la somme des variations subies par cette rangée de vigne en une journée, en une semaine, en un mois, homogénéise les différences réelles qui existent de chaque côté de la rangée. La même parcelle, plantée d’une vigne sur échalas, en gobelet ou palissée, reçoit une somme de température annuelle égale. La façon dont la vigne capte cette énergie est d’ordre physiologique et non pas climatique. Et cela ne change rien à ce que la parcelle reçoit (fonction de son exposition, de sa pente -incidence des rayons lumineux- et de son altitude). Il faut arrêter de confondre l’utilisation qui est faite de ces notions, de façon trop souvent erronée, chose regrettable, et leur sens véritable. Et de les crucifier sous prétexte que des gens les emploient de façon maladroite ou inexacte.
      La faute commune mentionnée au début de votre billet, c’est-à-dire l’utilisation du mot « sur », n’enlève rien au sens que ceux qui l’emploient veulent donner à ce qu’ils éprouvent et entendent communiquer lors d’une conversation. Nous sommes en présence d’une faute, certes, mais c’est du chipotage… Pb de scolarité… Cela peut exaspérer, je le conçois.
      Petit rouge, petit blanc : cela tombe sous le sens ; au bistrot, lorsque le patron me propose un petit blanc, je sais qu’il va me servir un vin sans aucune prétention, pas cher et pas du tout enthousiasmant, histoire de boire quelque chose et de discuter ou de lire le journal sans avaler un sérieux de bière ; très employé avec le café : le petit noir possède presque aujourd’hui un statut de locution.
      Tradition : certes, je ne peux qu’être d’accord sur le fait que ce mot a été emporté dans les multiples remous d’une communication peu soucieuse d’exactitude et de respect. Cependant, si vous parlez à un félibre des traditions calendales, il saura exactement ce que cela signifie. La tradition des treize desserts de Noël est parfaitement définie. Le mot possède un sens ; qu’il soit dévoyé est une autre affaire.
      Terroir : oui, plusieurs sens peuvent être donnés à ce mot. Par exemple, le terroir de la littérature régionaliste fait appel à la notion de « terre des ancêtres » ; « Je suis de retour dans mon terroir », peut-on lire. La notion de terroir vitivinicole, fort heureusement rappelée par Hervé, s’appuie sur cette base mais elle l’a adaptée à ce qu’entendent les acteurs de la vigne et du vin.
      On ne peut que regretter les dérives, maintes fois soulignées dans ces blogs et leurs commentaires, que ce terme a subies, ce qui jette un discrédit sur le sens qu’il possède et se trouve mis à profit par des « néocréationnistes » susceptibles de nier sa réalité.
      Critique du « savoir collectif » ? Allons donc, il faut avoir vécu -je dis bien : « vécu », et non pas avoir côtoyé, même de façon fréquente- le monde vigneron d’une région donnée pour savoir ce que cela représente. Les échanges, les messages, les pratiques, sont reconnus et transmis aisément par les acteurs de ce monde vitivinicole ; les techniques (l’inox devenu « traditionnel », attitude ubuesque que vous citez et dénoncez) ne changent rien à l’esprit de ceux qui conduisent la vigne et qui élaborent du vin. Cela ne relève pas du même contexte, de la même strate. Le vigneron de Condrieu est armé d’un savoir collectif différent de celui de Gigondas ou de Chaudefonds- sur-Layon. Un fond commun les unit, la vigne et l’esprit vigneron, mais leur savoir collectif (certes étendu au-delà du « local ») est différent.
      Je m’attends au pire avec une future rubrique consacrée à la « minéralité ». Avant de rédiger ce texte posez-vous la question de ce que représente la minéralisation.
      Dernière remarque, mineure tant il est vrai que cette erreur est commune ; « Oxford companion of wine » se trompe lorsqu’il écrit : « and the very small scale microclimate » ; une carte à petite échelle représente une très vaste superficie et une à grande échelle l’inverse. Comme quoi…
      Enfin, j’ai apprécié l’étiquette « George’s tradition » placée au milieu de votre article. C’est bien vu…

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  6. L’effet dont tu parles est réel pour les vignes mais négligeable pour la pomme de terre. On pourrait donc parler de climat artificiel…

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  7. Oui Alain, bien d’accord. Si un mot est à la mode, autrement dit si un certain nombre de personnes issus des « milieux autorisés » cher au regretté Coluche l’assènent avec une bonne fréquence, ce mot gagne progressivement en crédibilité pour obtenir un statut de terme indiscutable, même si on ne sait toujours pas sur quelle réalité il repose. On voit cela aussi avec « minéralité », par exemple.

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  8. Je partage pas mal de tes doutes sur l’usage marketing qui est fait du mot terroir; cependant, on ne peut pas se baser uniquement sur le Larousse pour en déduire ses applications plus spécifiques dans le domaine du vin. D’ailleurs, il y a une définition OIV du terroir au sens viticole. Je te la redonne: « Le «terroir» vitivinicole est un concept qui se réfère à un espace sur lequel se développe un savoir collectif des interactions entre un milieu physique et biologique identifiable et les pratiques vitivinicoles appliquées, qui confèrent des caractéristiques distinctives aux produits originaires de cet espace. Le «terroir» inclut des caractéristiques spécifiques du sol, de la topographie, du climat, du paysage et de la biodiversité ».
    On peut la discuter, bien sûr – je l’ai fait moi-même, car je la trouve trop large et trop vague, mais c’est, à mon sens, celle-là qui fait foi, bien plus que les références littéraires.

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  9. Peux-on définir ce que signifie « savoir collectif », et est-ce que cette notion, très vague, est fixe (figée dans le temps, mais, dans ce cas, à quel moment le fige-t-on ?) ou est-ce qu’elle inclut les innovations techniques et de savoir qui évoluent forcément. Autrement dit, pour prendre un exemple que j’ai utilisé à propos de l’usage de cuves inox dans un vin nommée « cuvée Tradition », à partir de quel moment est-ce que l’usage de matériaux comme cela, ou de la table de tri (pour ne prendre que deux exemples) font partir de ce fameux « savoir collectif ». Autre exemple intéressant : est que l’usage de désherbants dans le vignoble fait parti du « savoir collectif », puisqu’il est l’usage encore dominant ?

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  10. L’autre jour, une amie (femme d’un chef multi-étoilé aujourd’hui à la retraite) m’a expliqué ce que c’était que la « race » Berger belge et ses 4 variétés: Malinois, Laekenois, Tervueren et Groenendael. Je lui avais dit qu’il y avait selon moi plusieurs « races » de bergers belges et que ce qu’on appelle (« on ») chez nous le « Mechelse bouvier » (= bouvier de Malines ou des Flandres) n’était pas un chien de berger (encore appelé improprement « chien loup » en France) mais un gros toutou très différent de morphologie. Elle m’a sorti la « Bible », la Société Royale St Hubert, un peu le studbook des éleveurs professionnels (et amateurs) érigés en corporation, les tables de la loi. C’est l’équivalent de l’OIV dans votre exemple. En biologie, il y a Classe –>Ordre –> Famille –> Genre et puis Espèce. En dessous de l’espèce, on distingue les variétés (voir V. vinifera var. merlot, ou S. cerevisiae var. bayanus). Et bien non, c’est Canis canis et puis « Berger belge » (= race) et ensuite les variétés dans le petit monde commercial des éleveurs de chien. Et ils ont raison, na.
    Vous savez, mes amis, que je tiens les blancs de la Moselle (et de ses affluents) pour les plus grands vins blancs du monde (mais ceci est personnel et je ne me battrai pas contre le chenin et d’autres prétendants, je m’en fous). Et à Wehlen (mais pas uniquement là), une Einzellage porte le joli nom de Sonnenuhr. Ca permet de voir midi à sa porte!

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    • Copié-collé depuis Wikipedia:

      « La nomenclature FCI (Fédération cynologique internationale) sert à un meilleur classement des races de chiens. L’ensemble des races est divisé en dix groupes, eux-mêmes subdivisés en sections où se trouve la race du chien. Chaque race a de plus un numéro, la désignant de manière unique.

      Par exemple, le Beauceron se trouve dans le groupe 1, section 1 et porte le n° 44. Le Cane Corso est dans le groupe 2, section 2-1 (Molossoïdes). La nomenclature des races F.C.I. est un classement scientifique international basé sur le type et l’utilisation du chien.

      Groupe 1
      Contient tous les chiens de berger et de bouvier (sauf chiens de bouvier suisses qui sont dans le groupe 2, section 3).

      Section 1 : les chiens de berger, parmi lesquels on trouve le Malinois (n° 15 c), le Beauceron (n° 44), le border collie (n° 297)…
      Le « c » après le 15 (n° du Malinois) désigne une sous-catégorie de la race n° 15 : celle-ci regroupe plusieurs formes de chiens de berger belges, « a » désigne le Groenendael, « b » le Laekenois…
      (Tu avais donc au moins partiellement raison, Luc, il y a des sous-races…)

      Section 2 : les chiens de bouvier regroupant entre autres le Bouvier des Ardennes. (sauf chiens de bouvier suisses)… »

      (Merci de conserver ce commentaire qui pourra être réutilisé pour la création de notre nouveau site, Les 5 du Chien).

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  11. Climat tendu sur les 5. Meso ou micro, ça dépend du ton.
    Merci pour ce bel échange entre avaleurs de mots.
    Pardon SUR la valeur des mots.

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  12. Messieurs deschiens, vous vous égarez de la piste. Ce crains que cela ne soit congénital. Inbreeding maybe?

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  13. Merci pour ces lignes instructives qui mettent en exergue la difficulté de transcrire nos sensations en mots.
    Je rejoins vos propos sur le flou artistique des climats. Pour ma part, je considère le macro climat comme le climat à l’échelle nationale voir mondiale (classification de Köppen par exemple, océanique, méditerranéen etc.) ; le méso climat comme celui de la parcelle, du vignoble (par exemple l’influence des cours d’eau ou lacs à proximité de coteaux) et enfin le fameux micro climat à l’échelle de la vigne (exposition des raisins sur le pied).

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    • Non cela ne fonctionne pas ainsi. La notion de macro-climat n’existe pas. Le méso climat réduit à celui d’une parcelle non plus ; trop grand écart de dimension avec le climat. Celui d’une nation n’a aucun sens (Nord de la France, Est et Sud appartiennent à des familles climatiques très différentes). Le micro climat réduit à la vigne, en tant que plante, et à ses raisins est une échelle qui n’est pas pertinente ; il y aurait de centaines de micro climats dans une même parcelle, et on voit bien que l’on atteint là le summum d’un découpage ingérable…

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