Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Bonne comme la Romaine

20 Commentaires

La Romaine, en l’occurrence, ce n’est pas une salade; mais une cave, sise à Vaison.  Celle-ci regroupe 280 adhérents, pour un total de 1.400 ha, répartis entre Vaucluse et Drôme. Au départ très axée sur le vrac, elle développe maintenant son offre de vin en bouteilles. Elle propose même un vin de domaine, produit sur 10ha proches du théâtre antique de Vaison La Romaine – le Domaine de Baye.

Cela semblait donc un « candidat » idéal pour démarrer ma série sur les coopératives de qualité… (ma nouvelle marotte). Restait à vérifier dans le verre; une petite visite, en décembre dernier, au joli cellier de la cave (pardon, à l’Espace de vente), m’a permis de faire.

Et maintenant, dégustons…

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In Vitro Veritas!

Ventoux 2014

Nez fin de fruits noirs, bouche fluide et réglissée,  avec une pointe de sel en finale. Tout à fait  délectable dans un style simple et de bon aloi. 15/20

Côtes du Rhône 2014

ici, le fruité est plus rouge, mais ça reste très frais, très fluide, en bouche aussi, avec des tannins délicats, soyeux. Retour du fruit en finale. 70% grenache 30% syrah, 50.000 bouteilles produites. 15/20.

Roaix 2014

Beau départ, fruit mûr, cuir, ne confirme malheureusement pas en bouche – terne, avec des notes de carton. La petite déception de la dégustation. 11/20

Séguret 2014

Nez très frais, envolée de mûres et de prunelle; en bouche, les tannins sont remarquablement fins, mais aussi très juteux; le retour du fruit en final est la jolie cerise (noire) sur le gâteau. 16/20.

La cave compte 10 coopérateurs sur le cru Séguret, pour un total de 37 ha de vignes.  

Côtes du Rhône blanc 2014

Du miel, des fleurs d’acacia au nez, bientôt suivis en bouche pas de l’anis, un beau contraste entre gras et de fraîcheur, pas mal du tout. 15/20

Cqfd

Pour cette fois, pas de géologie: on parle ici d’assemblages, alors je n’ai guère posé de questions sur les sols ou les parcelles. A déguster les vins, je n’ai pas de raison de douter de la qualité des raisins; ni de la compétence du vinificateur, d’ailleurs.

Juste un peu d’économie appliquée, cependant: les prix à la cave vont de 4,75 (pour le Ventoux) à 8 euros (pour les Côtes du Rhône Villages à nom de cru). D’autres cuvées viennent s’intercaler (Terre Boisée, 7,30 euros), Terre Antique (6,20) et Domaine de Baye (5,60).

Pas de quoi se ruiner! On peut même carrément parler d’un excellent rapport qualité-prix.

Comme je vous sais des gens raisonnables, amis lecteurs, et non des buveurs d’étiquettes, je vous pose la question: combien d’euros en plus êtes vous disposés à dépenser pour obtenir un hypothétique petit point en plus sur votre échelle du plaisir, quand un vin vous plaît déjà beaucoup?

En ce qui me concerne, quand je déguste le Ventoux et le Séguret de La Romaine, ma réponse est: zéro.

Tout le reste, la structure de production, l’histoire, le statut social, la valeur imaginaire ajoutée, c’est de la littérature. Je connais, j’en remplis moi-même des pages. Je n’ai rien contre, mais j’essaie de ne pas mélanger avec ce que je pense du vin.

Ce petit aparté pour dire que moi, ego, personnellement, en mon for intérieur, je suis déçu quand un vin cher n’est pas au niveau où on est en droit de l’attendre.

Ma déception s’accroît même avec le prix.

Et inversement, quand un vin abordable me plaît, je ne fais pas de chichis quant à son pedigree.

Plus d’info: Cave la Romaine

Hervé Lalau

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

20 réflexions sur “Bonne comme la Romaine

  1. J’adhère entièrement à tes conclusions Hervé. Payer plus cher, et parfois beaucoup plus cher, n’est pas nécessairement un ticket pour plus de plaisir sauf a flatter certains egos. Mais l’économie des structures, du côté des coûts de production, méritent peut-être un regard aussi pour comprendre les tarifications.

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  2. Tu as raison. Néanmoins, quel est le prix de revient d’une bouteille d’Ausone, de Mouton-Rothschild ou de la DRC? Et que représente-t-il par rapport au prix final?

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    • Hervé, un consortium chinois voulait UN MILLION de bt de 75 cl de syrah du Languedoc-Roussillon, boisé, pour 1 euro la bt, départ entrepôt. On lui a donné satisfaction!

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  3. Et l’autre bout de la lorgnette (bien sûr). Les prix sont ceux « imposés » par le marché. Ils n’ont tien à voir avec une quelconque formule « coût + marge ». Je crois sur parole Hervé que les vins sont bons. C’est un excellent coin de vignes en France et, au départ de raisins corrects, tous les techniciens de la cave (et même des péquenots absolus, suivez mon regard) vous feront de bons vins.
    Combien touche l’apporteur de raisins? Et après quel délai? Qui, dans la structure de la cave, touche plus que le smic? Et quel est l’apport de l’argent public à l’équilibre financier?
    Pour éviter tout malentendu, ces questions ne sont pas « à charge » du tout. Je trouve remarquable qu’on arrive à faire tourner une entreprise comme celle-là, et à faire vivre des dizaines de gens grâce à cela. Mais à quel prix?
    Comparaison n’est pas raison mais je vous livre, en vrac (c’est le cas de le dire) trois chiffres édifiants: les deux caves coopératives les plus proches de mes vignes comptent l’une 50 € par hecto et l’autre 70 € pat hevto de « frais de vinif. » à leurs adhérents, d’après les dires de ceux-ci (non vérifié). Et le négoce local (très peu représenté dans mon département) paie entre 110 et 130 €/hl l’appellation la plus prestigieuse!
    Donc, si une partie du vin part en vrac au négoce, la marge BRUTE est de 110 – 70 = 40 € par hectolitre sur cette partie-là. Il faut en déduire les frais « autres » que de vinif. Que reste-t-il?
    Autre calcul: 30 ha de vignes pour un apporteur, et 40 hl/ha de rendement moyen (c’est MOINS que cela dans les PO, en dehors des zones irriguées), cela vous fait 1200 hl de vin. Si on « donne » 40 € de l’hecto au total au trésorier de la cave pour payer ses adhérents, cela leur fait 48.000 € par an. Avec cela, il faut payer les frais du tracteur, l’engrais, les phytos, 4.000 par an (arrondi) à la MSA, une mutuelle, les assurances, le foncier et l’abonnement annuel au rugby. Il reste combien pour vivre?
    Ma conclusion: il ne faut pas se réjouir d’obtenir pour 4-5 euros de bons vins. Il faut déplorer que tous ceux qui les produisent, de l’apporteur au directeur de la cave, ne puissent pas vivre un peu plus à l’aise. Et pourquoi cette situation est-elle telle? Parce que les gens ne veulent pas dépenser plus pour le vin? PAS DU TOUT: parce que de bons vins sont PROPOSES partout à ce prix-là. Il y en a trop. Et il y en a trop parce qu’on en produit trop. Qui? La boucle est bouclée.
    Le ministre Leburton (un socialiste belge = oxymoron) a eu à gérer une grève des médecins de longue durée en Belgique, dans les années ’60. Il s’était exclamé à l’époque, dans le feu de l’action et devant un micro ouvert: quand ils seront 20.000, on pourra les payer moins cher qu’un sous-commissaire de police. Il y en a plus de 35.000 maintenant. Je ne connais pas le salaire d’un sous-commissaire de police.
    On se fout de mon opinion politique, mais ça ne m’empêche pas de la donner: je pense que les médecins n’ont pas le droit, éthiquement, d’entrer en grève. En tout cas, pas la grève des soins. C’est INDIGNE. Par contre, la police en grève, c’est plutôt sympa!

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  4. Luc, 50 a 70 Euros/hl de frais de vinif c’est ridiculement eleve.
    Toi qui vinifie toi-meme tu sais bien que la part de la vinification dans le prix du vin est beaucoup plus faible.
    Je soupconne que dans ce que tes coopes locales qualifient de ‘frais de vinification’ entre l’ensemble des couts de la coope, y compris le poste le plus difficile; vendre le vin!

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    • J’adhère à la conclusión de Luc, « il ne faut pas se réjouir d’obtenir pour 4-5 euros de bons vins. Il faut déplorer que tous ceux qui les produisent, de l’apporteur au directeur de la cave, ne puissent pas vivre un peu plus à l’aise…·Il faudrait un juste milieu.

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    • Denis, je te suis. Tu as remarqué que je précise « d’après leurs dires » et que j’ajoute: non vérifié. Dans mon petit calcul simpliste (mais très proche de la réalité), je fais d’ailleurs comme si ce montant était l’entièreté des « costs » sauf la matière première. N’oublie cependant pas une chose: la plupart des coopératives avaient été prévues pour des volumes encore plus grands (elle tournent « presque à vide » maintenant) et leurs frais fixes incompressibles sont restés identiques (par définition) alors que le volume pour les ventiler a diminué. En outre , les charges financières du passé persistent. En dehors de malversations locales, qui existent partout dans les activités humaines, je ne crois pas que la GESTION de nombreuses caves soit en cause. Le problème est l’augmentation de toutes les fournitures, la diminution du volume traité et les frais de vente liés à la concurrence. Je cite les chiffres de tête (et donc sous réserve) mais la coop la plus proche de mon exploitation est le fruit de 3 fusions déjà. Quand je suis arrivé en 2005, son volume traité etait de 80.000 hl je crois. Elle en est autour de 40.000 à présent et, lors de la sécheresse de 2012, ce fut 27.000 hl seulement.
      On ne peut pas comparer les frais de vinif d’une grande strcuture et d’un micro-domaine comme le mien. Il faut comparer les caves entre elles: de 50 € à 70 € cela fait une différence énorme en soi (c’est le même vigneron qui porte dans 2 villages différents). Et sur 1200 hl, ça fait 24.000 € de revenu de différence, pour reprendre mon exemple !!!!!

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  5. Il y a quand même une marge (c’est le cas de le dire) entre 4,75 euros à la cave, sans intermédiaires, ce qui me paraît un prix tenable, et un Côtes de Bergerac (moëlleux, en plus) à 3,99 dans tous les Aldi belges… (et ce n’est qu’un exemple; Marie-Louise nous a aussi parlé des Cavas dans la distribution espagnole…).

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  6. Et pour vous faire quitter le monde des stars et des bisounours, sachez que le prix moyen à la bouteille de vin en Belgique, tous canaux confondus, et taxes comprises, est de 3,62 euros (chiffre 2013, données Gfk).
    Alors, dire que les consommateurs, pris dans leur globalité, ne demandent pas des prix bas, c’est prendre ses désirs pour des réalités.
    Après, qu’il y ait des circuits pour des vins plus chers et de meilleur facture, c’est vrai, bien sûr, et à titre personnel, je les encourage.
    Mais ne faisons tout de même pas de l’exception la règle!
    La plupart des consommateurs ne connaîtront jamais le goût de la Romanée Conti, et considèreront leur vie durant le Mateus, le Listel voire le rosé pamplemousse, comme des vins tout à fait appréciables. Je crois qu’il faut AUSSI penser à eux et leur parler AUSSI de vins qui leur en donnent plus pour leur argent, qui les éveillent à d’autres choses, meilleures, sans pour autant dépasser le prix qu’ils sont capables (ou disposés) de dépenser.
    Il y a-t-il une place pour ça chez les 5 du Vin ou pensez vous que je fais « tache », comme le gros rouge du même nom?

    Aimé par 1 personne

    • Bien sur Hervé qu’il y a une place chez les 5 pour parler des vins « très accesibles », d’ailleurs Michel ne s’en prive pas quand il parle duTariquet et autres… J’ai moi-mème prévu des chroniques sur des vins espagnols très bon marché, simplement, nous pensont aux viticuleurs, s’isl ne sont pas eux-mêmes producteurs, s’ils sont obligés de vendre les raisins, en dessous d’un certain prix de vente public, il leur est imposible de vivre décemment, c’est pourquoi, parfois, nous devons en informer les consommateurs.
      Mais de temps en temps, on peut essayer de faire rêver, non? Une chose est certaine, nous retenons vos dégustations, comme celle d’aujourd’hui ou celle de La Clape, et elles nous sont très utiles.

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  7. Luc, est-ce que j’ai tort si je résume votre analyse ainsi : afin de permettre une augmentation des ressources financières des viticulteurs coopératifs, il faudrait diminuer le nombre de vins sur le marché donc mettre beaucoup de viticulteurs au chômage ?

    En tant que consommateur (et uniquement consommateur) je me réjouis du choix énorme de vins de qualité relativement bon marché et j’espère que le « produit (beurk) vin » a encore un peu de temps avant à devenir un produit de luxe (en France. Ailleurs c’est déjà le cas ou on a un système à 2 vitesses sans ventre mou). Je ne parle même pas de l’impact sur la déconnexion entre culture et consommation : la France ne serait plus un pays culturellement proche du vin (ce qui est déjà en partie le cas). Je comprends que les journalistes du vin aient le cul entre deux chaises, entre les producteurs et les consommateurs, mais si on pousse l’analyse un peu plus loin d’une part il me semble que faire un choix idéologique entre ressources réduites/emploi et salaires plus élevés/chômage est ardu et d’autre part je doute fortement que les types travaillant (sur le terrain) pour les propriétaires (et là je ne parle pas que des coops) ne seront pas payés plus si le vin se vend plus cher… Tout ça me semble idéologiquement bancal si l’on veut prendre défense des producteurs.

    Bref, je sonne un peu « socialiste » dans ces mots mais je vais être très direct : si il y a autant de viticulteurs en France c’est qu’ils vivent et survivent de leur emploi dans un pays où la situation de l’emploi (et des salaires) est très mauvaise. Et parmi les agriculteurs ils sont même parmi les moins à plaindre.
    Mais mettre plus de gens au chômage, et augmenter les prix, n’est pas bon ni pour ceux mis de côté ni pour les consommateurs.

    Quant aux médecins c’est clair que c’est prendre les gens en otage de ne pas augmenter leur nombre, notamment quand dans certaines spécialités les rdv sont à 6 mois-1 an. C’est scandaleux. Surtout que la privatisation des caisses coupera le lien entre Etat et praticiens les rendant de fait de vrais libéraux et non plus des libéraux-fonctionnaires (avantages des 2 côtés, zéro inconvénient) comme aujourd’hui.

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    • J’approuve le mot « analyse ». Je n’ai jamais revendiqué aucune responsabilité politique et tant mieux. Je ne propose PAS de solution concrète. Rigide comme je le suis parfois, j’aurais fait se battre les montagnes. Il ne s’agit pas des apporteurs seulement, je parlais de toute la filière, dans son ensemble. Il y a trop de vin à la vente dans les segments les moins chers du marché. Cette offre pléthorique tire le prix à la baisse. La structure des prix n’obéit pas du tout à une logique « coût + marge » mais uniquement à: le marché impose son prix (comme la viande de porc).
      Il ne s’agit pas de « mettre des coopérateurs au chômage ». Il s’agit de ne pas maintenir (par des aides, soyons clairs) une production aussi abondante. Ces aides sont soit directes (trésorerie), soit des dégrèvements fiscaux, soit des primes. Il y a beaucoup (combien c’est, beaucoup?) de jeunes qui préfèreraient faire autre chose plutôt que de reprendre le domaine familial, s’ils en avaient la possibilité. mais il n’y a rien d’autre, donc on continue. On m’a déjà fait un faux procès sur ce sujet. PARMI CEUX QUI LE SOUHAITENT (je ne parle pas de autres), ceux qui ont les reins assez solides (financièrement, ou au niveau de la formation) ont DEJA quitté le système. Parmi ceux qui restent, ou bien ils sont assez gros et dans une situation assez favorable (vignes de plaine, vendanges machine …) pour que leur taille, multipliée par le revenu par hectare, leur permette quand même de vivre. Pour les plus petits, et ceux qui ont des vignes moins « commodes », la survie est difficile et pas à la hauteur de l’effort énorme (physique notamment) consenti. Il ne faut pas idéaliser cette profession bucolique: se lever tôt le matin, faire bcp d’heures de tracteur, utiliser des produits très cancérigènes, remplir bcp de papier , dépendre du climat, toucher son argent 3 ou 4 ans après la vendange ….
      Enfin, l’aspect concurrentiel pour les autres, dont je fais partie. La GD (à qui est destinée la majorité de ces vins) s’est emparée de 90 % (pour simplifier, ne me chicanez pas d’un pays à l’autre pour qques %) de la vente aux particuliers. Le prix moyen est de 4 € la bt. Beaucoup de ces vins sont CORRECTS (pas de défaut, chimiquement OK, le goût d’un vrai vin). Pour le consommateur donc, un « bon vin » coûte 4 €. Il est difficile, sauf à entrer dans l’hyper-matracage publicitaire d’une part, ou dans le snobisme d’autre part, de lui vendre quelque chose de simplement « un peu plus délicat », ou « un peu plus écolo » (ce que vous appelez le « ventre mou ») pour le double ou le triple.
      Les petits libraires et les petits discaires ont presque tous disparu devant la FNAC et autres (internet notamment). Cela m’attriste. On n’a pas versé des millions venant de l’argent public pour leur venir en aide. Mais la situation n’est pas comparable: un CD de Bowie (vous voyez le lien), ou un livre d’Anna Gavalda, ou un film de Truffaut, c’est la même chose partout. Un Châteauneuf du Pape (pour prendre une appellation assez homogène, de volume moyen, de bonne réputation ….) ce n’est pas la même chose partout. Vous en avez à 15 € (même moins) et vous en avez à 100 €,(même plus). L’acheteur qui porte son choix sur « Le Baudet du Vicaire » (nom inventé) ne « reçoit » pas la même chose que celui qui acquiert du « Groyas » (nom presque inventé). Entre les deux, il est très difficile de proposer à 30 € un CNP d’une petite structure qui ne sera que marginalement meilleur que celui de la GD à 15 €.
      Vous me direz, oui, mais c’est ça la concurrence. Attendez, je n’ai pas fini.
      Si au lieu de CNP, porteur d’un grand nom, vous retombez sur (n’existe pas): les Côtes de Fos-sur-mer , le vin de base GD est à 4 €. Cela ne suffit PAS (sans aide) à faire vivre l’ensemble des acteurs d’une grosse cave tournant au ralenti mais ça sert de référence aux autres aussi.
      En fait, l’opposition ne tient pas à la structure (privé versus coopératif), mais bien au volume et à la qualité, combinés. Quant une appellation dispose d’un plus gros volume à vendre, à qualité égale, son prix baisse sur le marché. A volume égal, je vis dans l’espoir – je ne peux pas vous le prouver – qu’une appellation avec une meilleure image se vendra plus cher. Le parallèle entre l’image et la qualité … chacun son opinion.
      Une dernière remarque, mais vous avez compris que cette discussion me tient à coeur: Grignan-lez-Adhémar se vend – nous dit-on – beaucoup plus facilement que les anciens « Coteaux-du-Tricastin ». Ils sont arrivés à améliorer l’image.

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  8. Je voudrais que tu vérifies le prix que tu donnes, Hervé. Il est plus bas que les prix GD d’il y a 2-3 ans (or tu cites 2013), info qui faisait la différentielle Flandres/Wallonie. Ne s’agit-il pas du prix moyenné sur tout le pays, bib compris et cantines etc. Ce n’est alors pas le prix grand public à la bouteille. N’empêche, ton raisonnement reste valable et il faut demander à Jim, mais je pense que le UK, malgré une taxation supérieure, tombe encore plus bas. En Hollande, on doit même PAYER le consommateur pour qu’il boive du vin !!!! (joke raciste, je suis batavophobe sur les bords). Quand Christine possédait encore son magasin à Corneilla, où pourtant la cave coopérative tournait encore et faisait vivre une dizaine de foyers au moins, on lui achetait du Bordeaux (75 cl) pour 1,80 €, appellation contrôlée.
    Quand les « discounters » (plus fortiches que mamy qui écrase les prouts) soldent leur porc par demi-bête, cela descend ici sous les 3 € du kilo, conditionné. Et les gens font la queue avec les caddies pour avoir leur « kit ». A l’autre extrémité, d’autres gens font la queue à Saint-Idesbald devant la boucherie Dierendonck pour de la côte de boeuf maturée, de Galice, à 80 € le kg. Idem pour les jambons ibériques de concours, pour les chapons en fin d’année (plus de 1.000 € pour un gagnant de concours).
    Le croissant industriel (farine très panifiable avec 40 % de gluten bien allergisant, huile de palme à fond, sel en grande quantité, lécithine de soja transgénique) a totalement remplacé le croissant du boulanger, à de TRES RARES exceptions près et les djeuns le trouvent … bon. On vous vend la poche pour 1,60 € les 4 parfois !!!! Est-ce cela qu’on veut? Pourtant, en pourcentage, je suis certain que c’est 80% du marché au moins (et je pense même 95). Qui achète autre chose que de la moutarde amora (ou son produit blanc)?
    Si on accepte ce raisonnement, on donne un blanc seing à l’agro-alimentaire, donc aux caissières de supermarché obligées de faire des « coupés » qui leur prennent en fait toute la journée, pour un total de 18 heures par semaine (à 6,50 € de l’heure net),avec des petits chefs qui les emmerdent ou les coincent devant la pointeuse à l’heure de sortie, ou au parking, ou dans les vestiaires du personnel. Ce n’est pas Zola ou Buzzati, c’est Cora et Aldi!

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  9. A propos du prix moyen cité

    http://www.winebusinessnews.fr/le-marche-du-vin-en-belgique-en-pleine-transition-57854/

    Il s’agit d’un panel de consommateurs et les prix exprimés sont bien des prix de vente consommateur

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  10. A part ça, dommage que les prix semble intéresser plus que les vins de La Romaine…

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    • Hervé: les vins, tu es le seul à les avoir goûtés, tu en as tout dit et … que reste-t-il à faire comme commentaires? Tu as aussi axé ton papier sur le plaisir offert, en dépit du prix bas. Normal que nous nous intéressions tous à cet aspect.
      Je continue à ne pas me fier aux prix annoncés, ni même aux tendances. Ta référence expose: « panel consommateurs ». Qu’est-ce ça veut dire? Est-ce une enquête auprès d’un échantillon de « clients »? Si j’étais Léon, je dirais: « Comme toutes les enquêtes marketing, elle ne vaut rien! ». mais comme je suis Luc Charlier, plein de nuance et avec un cerveau aussi développé que BHL ou Onnray, je te fais remarquer que « plein de facteurs peuvent biaiser cette méthodologie ». Joli faux-cul, non?
      Je ne me souviens plus du nom (11 ans que je suis parti) mais il y avait un bureau qui publiait chaque année les VRAIS chiffres de vente obtenus auprès de la GD, par recoupement. Il existe des techniques très fiables pour cela. L’industrie du médicament sait exactement ce qui se vend chez les grossistes et en hôpital (pas dans les officines), sans « fuite » ni sans « voler » des listings. Je suis certain que la GD est aussi bien organisée.

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  11. Le panel de Gfk, c’est environ un millier de consommateurs représentatifs (sélectionnés par catégorie socio-professionnelle, par province, sexe, âge, etc…) qui sont payés pour dire ce qu’ils achètent, où et à quel prix (pas seulement du vin, d’ailleurs). Ce panel a donc l’avantage de ne pas occulter les achats à l’étranger. Rien n’est jamais parfait (surtout quand on va dans le détail, puisque le nombre de répondants diminue à mesure qu’on s’intéresse à une tranche d’âge ou une province, par exemple), mais la dépense moyenne par tête, eux, ne souffre pas de ce problème, puisqu’elle est tirée de la somme de toutes les réponses; de plus, elle ne bouge guère d’année en année. Et je ne voit pas trop l’intérêt de bidouiller ce genre de chiffres, d’autant que les distributeurs et les cavistes savent bien ce qu’ils vendent et à quel prix.

    A propos des vins: j’aurais simplement aimé que des lecteurs me disent quelle expérience ils ont avec ces produits ou des produits comparables. L’aspect prix n’était qu’un petit passage de mon article.

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    • Merci de cet éclairage. L’aspect « bidouillage » existe, mais ce n’est pas forcément la cause d’un « glissement » (skewing en anglais). Il y a 20.000 causes de biais.

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  12. Peut-être, mais si tu regardes les premiers prix en GD, et que tu pondères par leur importance relative (hélas très grande en volume), tu t’aperçois que ça colle assez bien.
    Un lecteur actif dans la distribution peut infirmer ou confirmer?

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  13. Pingback: Bonne comme la Romaine | Wine Planet

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