Vinisud 2016

Je rentre de VINISUD; c’est un salon que j’aime beaucoup car je m’y sens chez moi, la plupart des exposants sont de vieilles connaissances et l’ambiance y est des plus chaleureuses. Je suis heureuse d’y retrouver « mes vignerons », ils ont le sourire et l’accent, et toujours un excellent petit en-cas bien de chez eux !

IMG_0892 Stand de Rhône Vignobles

Ainsi, sur le stand de Rhône Vignobles, tous les soirs à la fermeture du Salon, c’est la fête; Rock, truffes et magnums : «il faut le voir pour le croire» !

Il paraît qu’on travaille moins sur VINISUD qu’à Prowein, que c’est un salon moins professionnel. Pour avoir fait les deux salons pendant des années, j’affirme qu’il n’en est rien, au contraire: on y fait davantage de découvertes. Tout simplement, il ne faut pas les comparer et je pense qu’il est indispensable de participer aux deux, on ne va pas y chercher les mêmes vins. Etant donné qu’en trois jours on ne peut pas tout faire, personnellement je gardais pour Prowein tous les étrangers et exclusivement, et il y a largement de quoi faire… préférant réserver le Languedoc-Roussillon, Rhône, Provence pour VINISUD.

Prowein relève du stakhanovisme, STRESS garanti… et inutile de penser avaler autre chose qu’une pauvre saucisse debout dans le froid ! Je sais bien que nous n’allons pas dans les salons pour nous amuser, mais le rythme imposé par les rendez-vous et l’absence de compréhension de beaucoup d’exposants pour le moindre retard est difficile à vivre. Je me souviens, j’en avais jusqu’à 17 par jour, j’appelle ça de l’abattage; certes, c’est moi qui gérais mon agenda, mais je savais que si je voulais rencontrer le maximum de vignerons allemands, autrichiens et du Nouveau Monde, il fallait caler des visites toutes les demi-heures !

Ceci dit, les résultats étaient positifs et le point de vue des exposants est sans appel, selon eux c’est un Salon ou l’on conclue de nombreux marchés.

Vinitaly c’est encore un autre style, mais plus proche de VINISUD, et dans les deux, on fait de l’excellent travail, si on le veut, tout en évitant une angoisse et une tension néfastes à la qualité de la dégustation.

Pour en revenir à VINISUD, comme chaque année tous les bruits courent sur sa fréquentation : on peut lire sur les réseaux sociaux que les vignerons ne sont pas contents ! Mais on peut aussi lire dans la presse que : «Le salon a enregistré une hausse de fréquentation de 10% le premier jour. D’après les échos des exposants et visiteurs, la 7e édition de Vinisud a été très qualitative et source de bons contacts et de développement…». 

Selon Vitisphère : «Au matin du 17 février, dernier jour du salon, les organisateurs de Vinisud annoncent une stabilité sur les deux premiers jours : 12 400 visiteurs le premier jour (stable en comparaison de 2014), 13 700 visiteurs le deuxième (en hausse de 3% par rapport à l’année dernière). Le salon méditerranéen s’achemine donc vers un bilan positif en termes de fréquentation».

France3-regions.blog.francetvinfo.fr confirmait la tendance, mais avec des chiffres sensiblement différents: «Succès d’emblée pour l’ouverture de Vinisud. Plus de 12 000 visiteurs français et étrangers. + 5 % de fréquentation étrangère… »

Personnellement, en me promenant dans les allées, j’ai enregistré des opinions différentes selon les stands, les vignerons, les halls…

IMG_0966 DEGUSTATEUR HEUREUX

Un dégustateur heureux !

Inhabituel:  cette année, Bordeaux était l’invité du Hall B4;  mais, à chacun de mes passages, j’observais que les allées étaient vides, les exposants semblaient souffrir d’un manque de visiteurs ! Il faut dire que placés dans ce hall périphérique, on avait tendance à les oublier. Mais enfin, qui vient à VINISUD pour les Bordelais? Il est déjà impossible de satisfaire nos souhaits de dégustation dans les Halls du Languedoc Roussillon!

Certains domaines étaient très déçus, parlaient d’une baisse de fréquentation, d’autres au contraire se réjouissaient de voir de plus en plus de cavistes, et d’acheteurs étrangers et se félicitaient de la qualité des visiteurs. Si le Languedoc-Roussillon et le Rhône affichaient la plus grande des satisfactions, les espagnols eux se plaignaient beaucoup, les allées de l’Espagne venue en force étaient dramatiquement vides. Les exposants ont trouvé le temps très long, et n’ont pu s’empêcher de comparer avec Proweïn oú les acheteurs font la queue devant les stands. Ça leur a permis de sympathiser entre eux et d’aller découvrir les vins français !

IMG_0957 (2)ramon castaño et Lafage

Ramon Castaño (Yecla) en a profité pour aller déguster chez Jean-Marc Lafage !

La réalité est donc différente selon les halls, mais le grand sujet de conversation de tous les vignerons, était la préoccupation de voir s’organiser un VINISUD annuel, selon le Président de VINISUD, Fabrice Rieu, « Chaque année est un millésime différent, nous avons des vins différents nous avons besoin de présenter à nos acheteurs chaque année les nouveaux crus et les nouveaux millésimes. La volonté c’est de pouvoir compter sur ces acheteurs et de pouvoir conforter des marchés annuels ».

Selon Vitisphère, les exposants sont partagés sur les bilans 2016, et circonspects pour l’édition 2017. Mais selon la plupart des petits vignerons avec qui j’ai parlé, ça n’est pas une bonne idée, Millésime BIO, qui est devenu un salon très important, est trop proche (24/26 janvier) ils partagent l’opinion d’Eric Laguerre, vigneron bio à Saint-Martin-de-Fenouillet (66) « On cumule les frais, et je pense que les acheteurs sont conscients que les deux dates sont trop proches. Mes acheteurs grand export ne viennent que sur Millésime bio. »

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Les vins d’Eric Laguerre, à découvrir absolument si vous ne les connaissez pas (magnifique Ciste Blanc)

Je les rejoins, pour les acheteurs aussi ce sera invivable, le premier trimestre est très chargé, les salons s’enchaînent, il y en a trop; Millésime Bio annuel ouvre le bal vers le 20 janvier, suivi du Salon des Vins de Loire le 1er février, annuel également, puis VINISUD à la mi février, juste avant Prowein à la mi-mars (annuel également) et Vinitaly début avril (annuel encore); et je ne parle pas des primeurs de Bordeaux, ni des Grands Jours de Bourgogne. Je comprends que face à tous ces salons annuels, VINISUD veuille le devenir, mais est-ce bien raisonnable ? Sans parler de la fatigue qui s’accumule, qui pourra assumer de tels coûts ?

Volonté de rattraper Proweïn, sûrement, voici les chiffres clés 2015 :

  • 5 970 exposants de 50 pays
  • 82 % d’exposants étrangers
  • 52 000 visiteurs professionnels de tous les continents
  • Plus de 1.000 journalistes internationaux

Ces chiffres parlent seuls, Prowein s’impose.

Un rapprochement entre Millésime Bio et VINISUD serait intelligent, mais il semble qu’aucun accord ne soit possible.

Je ne pense pas que le fait d’ouvrir VINISUD à d’autres régions non méditerranéennes soit la solution, on l’a vu avec présence de Bordeaux cette année.

A 100 % pour que Vinisud devienne un rendez-vous annuel, le négociant Michel Chapoutier (président de l’interprofession des vins du Rhône) confie à Vitisphère que Vinisud ne doit pas se réduire à sa thématique méditerranéenne, mais au contraire s’ouvrir à l’originalité. Il lance ainsi une proposition à l’attention des organisateurs : «ouvrir une extension du salon qui soit réservée à tous les jeunes vignerons de France, un hall dédié qui va intéresser les acheteurs.» 

Pour l’instant, pour tous les vignerons l’heure est au bilan, le prochain salon Vinisud se tiendra en 2017 et 2018. Mais l’édition en 2019 ne sera validée que si nombre d’acheteurs se maintient. Affaire à suivre donc.

En attendant, voici quelques figures amies rencontrées au fil des stands de cette 12ème édition…

IMG_0981 Alain Graillot

Serein, Alain Graillot me salue au passage !

IMG_0983 Laurent Combier et son fils

Laurent Combier et son fils

IMG_0960 Simon Dauré

Simon Dauré toujours désireux de convaincre!

IMG_0941 Frédérique Vaquer

Frédérique Vaquer, vigneronne admirable et quelle belle expression dans ses vins !

IMG_0898 Augustin Parcé - copie

Les Fils de Marc Parcé, je vous parlerai des vins d’Augustin (en bleu marine sur la photo) bientôt sur le marché « bluffant » comme disent les jeunes !

Marc Parcé et Marc Médevielle, c’est du sérieux !

IMG_0945 Eric Laguerre et Dimitri du Mas Dimigliza

Eric Daguerre et Dimitri, du Mas Dimigliza

La dernière journée a été très calme, les vignerons sortaient de leur stand pour aller gouter de ci de là, déjeuner entre eux….

DSC_2140 Moment de détente

Dernier en cas, mercredi midi, salon presque désert, on se retrouve pour un moment de détente. Photo Jean Giralt

Il reste un peu de temps pour aller goûter les Vins doux naturels au domaine Singla.

IMG_0968 VDN domaine Singla

Nos bouteilles de VDN ressemblent de plus en plus à des bouteilles de whisky, mais pourquoi pas si ça peut nous aider à les vendre !

A 16h, nous avions rendez-vous pour aller goûter les vieux millésimes de Bernard Sapéras que son fils nous a ouvert en sa mémoire: grand moment d’émotion, de partage et de plaisir.

DSC_2188 www Degustation en m émoire de Bernard Sapéras

IMG_0922 Cazes et Sapéras

Les Cousins Cazes et le fils de Bernard Sapéras (Photo Jean Giralt)

Voilà, l’édition 2016 est terminée, nous en ressortons épuisés mais heureux, plus riches, la tête pleine des vins dégustés, et d’émotions.

A l’année prochaine, j’espère,

Hasta Pronto

Marie-Louise Banyols

Une réflexion sur “Vinisud 2016

  1. Merci Marie-Louise d’avoir tenté de tirer un bilan global entre ces salons qui se multiplient tant qu’on ne peut plus espérer en fréquenter la plupart, faute de temps et d’argent. Je vais à Prowein pour la première fois cette année, mais cela fait longtemps que je ne me suis pas rendu à Vinisud, et jamais au Millésime Bio. Il est vrai que ces salons, pour nous journalistes, peuvent être l’occasion de déguster beaucoup de vins et qu’il ne faut pas les négliger. Mais il me faut maintenant une bonne raison pour y aller (une commande spécifique, un séminaire ou dégustation à animer…) .
    Le vrai bilan se fera par les exposants eux-même. J’en ai parlé récemment avec plusieurs producteurs qui m’ont tous dit, en substance, la même chose : il y a trop de salons, et ils sont trop rapprochés, et il leur faut quand-même être de temps en temps sur leurs exploitations!

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