Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

VSIGP (3): 7 vins sans appellation d’origine, mais pas forcément sans intérêt

7 Commentaires

Mais quelle idée j’ai eu là!? Oui, j’avoue, c’est moi qui ai poussé mes chers collègues des 5 du Vin à déguster des VSIGP, cette semaine. Je ne sais pas pourquoi, mais à chaque fois que je vois ce sigle, je pense à « vendu sans garantie du gouvernement ». Alors que chacun sait, bien sûr,  qu’il s’agit de Vins sans Indication Géographique de Provenance.

Drôle de définition, puisque, à écouter l’ami Maxime, j’avais crû comprendre qu’« on est tous nés quelque part »

Voila donc des vins qu’on définit, non pas pour ce qu’ils sont, mais pour ce qu’ils ne sont pas. En creux, en quelque sorte.

Pas étonnant, après ça, qu’on ait du mal à les cerner! Entre les vins de terroir dont les vignerons ont choisi de ne pas revendiquer leur origine, les vins qui dépassent les rendements de l’appellation, les vins qui utilisent des cépages interdits dans leur appellation, les vins qui assemblent des raisins de différentes régions de France, ou d’un autre pays, les vins qui assemblent des vins de plusieurs pays de l’Union européenne, les vins d’auteur et les vins d’entrée de gamme, cette catégorie est un vrai fourre-tout.

Mais c’est ce qui la rend intéressante: elle est si diverse qu’on ne peut, d’emblée, avoir d’avis tranché.

Il faut tester.

Pour ce faire, et pour ne pas faire tout à fait la même chose que mes copains David et Jim, j’ai choisi de diversifier les origines.

4 VSIGP

Je vous propose donc 7 vins: un Français, deux Espagnols, un Tunisien, un Australien, un Italien et un Californien.  Tous achetés de mes propres deniers en grande distribution (Les 5 du Vin ne reculent décidément devant aucun sacrifice). Une sorte d’immersion dans le vin populaire.

Mais voyons ce que cela donne dans le verre!

Cambras Cabernet Sauvignon Merlot 2015

« Cépages sélectionnés », dit l’étiquette. Comprenez, en Espagne (mais pour ça, il faut aller voir sur la contre-étiquette). C’est que Cambras change assez régulièrement de fournisseurs. Pourquoi pas, du moment que ce n’est pas au détriment du contenu. Dans cette catégorie, il n’y a pas de promesse, ni de garantie par l’origine – c’est la marque qui tient lieu.

« Rond et fruité », dit encore l’étiquette. La rondeur ne me frappe pas comme une des plus grandes qualités du Cabernet, mais examinons déjà le nez: du fruit noir (un peu),  beaucoup de vanille, c’est plutôt suave, limite écoeurant; la bouche, elle, me semble végétale, les tannins verts et presque farineux. L’ensemble n’est pas bien fondu – c’est un peu jeune, sans doute. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas un vin que j’aurai envie de boire au quotidien – Cambras est pourtant une des marques les plus vendues en France.

Curieusement, je l’ai trouvé chez Carrefour au milieu des vins d’appellation du Sud de la France, et non avec les VSIG, ni avec les vins d’Espagne. Sans doute parce qu’il s’agissait naguère de vin français?

4,39 euros la bouteille de 75cl, bouchée liège.

Quarry Hill Shiraz Pinot Noir 2015 Australia

J’avoue que l’assemblage Syrah-Pinot  m’a intrigué. Je ne connais pas beaucoup de régions qui le pratiquent. Ne serait-ce que pour des raisons climatiques. Pour être précis, ce vin n’est pas un VSIPG au sens strict, puisqu’il mentionne quand même une origine sur la contre-étiquette: « South Eastern Australia ». Compte tenu que cela s’étend tout de même sur cinq Etats du pays (Victoria, Tasmanie, Nouvelles Galles du Sud et une partie de l’Australie du Sud et du Queensland), soit environ deux fois et demie la surface de la France, j’ai du mal à y voir une Indication Géographique au sens européen du terme (même si, c’est vrai, l’Union Européenne la reconnaît comme IG). C’est pourquoi j’ai décidé de l’inclure dans cette dégustation. L’étiquette principale ne mentionne d’ailleurs rien d’autre qu’« Australia ».

Je ne peux pas dire que j’en ai été récompensé – IG ou pas, ce vin manque sacrément d’élégance. Il présente un fruit cuit, des nuances animales et des notes d’alcool qui lui confèrent une certaine lourdeur; et quand à son acidité, on la croirait rajoutée. C’est assez rèche en finale. Not my cup of tea.

4,55 euros la bouteille de 75cl, capsule à vis.

Sidi Brahim Merlot Cabernet Sauvignon

« Vins des Terres de l’Atlas » dit l’étiquette frontale. Beaucoup, dans la communauté pied-noir ou maghrébine, pensent peut-être que ce vin est toujours fait en Algérie; et pourtant, ce n’est pas le cas: il vient de Tunisie (des rives de la Médjerda, pour être plus précis). Et son assemblage est plus bordelais que méditerranéen: pas de Grenache, de Cinsault ou de Carignan, mais du Merlot et du Cabernet-Sauvignon.

Qu’importe, puisqu’il ne s’en cache pas.

« Intense et fruité », dit l’étiquette. La promesse est tenue. Le vin est gorgé de cerise, de framboise, de cassis; la bouche est relativement volumineuse, avec un beau retour du fruit en finale. C’est assez long, et les arômes sont frais, très purs. Qui l’eut cru: c’est un coup de coeur!

5,95 euros la bouteille de 75 cl, bouchée liège

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Le Révérend Wine of Spain

Sans aucun doute la présentation la plus ringarde de tout mon échantillon – mais qui suis-je pour dire ce qu’apprécie le client à ce prix? On est pas loin de l’image du Cramoisay des années 50, à moins qu’il s’agisse du Champlure; c’est une sorte de capsule temporelle. Je me suis souvent demandé ce que goûtaient les vins de ces années là, les vins d’avant la révolution oenologique. Mais qui sait, peut-être que ça rassure le buveur nostalgique. Ou même, que ça va revenir à la mode, comme les tables en formica?

Mais passons sur le look et abordons franchement ce prêtre espagnol qui n’a pas l’air d’un Torquemada…

Et bien, c’est plutôt pas mal. J’appelle à la barre le dénommé Ferrer, Nino: « On dirait le Sud, le goût dure longtemps, et le fruit sûrement, fera plus d’un heureux, et pas seulement l’été ».

A  l’aveugle, on croirait un joli Côtes-du-Rhône. Je ne sais pas si c’est du Grenache (aucune indication de cépage, ni millésime, d’ailleurs), mais c’est juteux, souple, enjôleur, avec juste ce qu’il faiut de peps en finale pour ne pas s’enfoncer dans le velours… de l’estomac. Et c’est le deuxième vin le moins cher de notre échantillon. 3 euros 19 de bonheur… simple et décontracté. Un deuxième coup de coeur, donc.

Pour voir, après dégustation, j’ai amené le digne Révérend chez In Vino Veritas, pour le faire déguster à l’aveugle par notre jury de journalistes et de sommeliers: il a passé l’épreuve haut la main, mes collègues l’ont préféré à plusieurs vins d’appellation du Sud de la France.

Si j’étais marketteer, je ne changerais rien au vin, mais je le rhabillerais, et je le vendrais 2 euros plus cher, sous une marque un peu ronflante. Il ferait un tabac. Et moi je serais riche, peut-être. Mais je ne suis que journaliste.

3,19 euros la bouteille de 75cl bouchée liège

Cuvée de Grandgousier Vin de France Rouge

La cuvée la moins chère de mon petit échantillon. Un assemblage plutôt méditerranéen (Cinsault-Grenache-Carignan).

Mise belge – Grandgousier est une marque historique de Delhaize, une marque dont on notera que la présentation s’est bien améliorée ces dernières années.

Voici un vin qui commence bien, avec des jolis arômes de cerise mûre et de violette; l’avant-bouche confirme, dommage que le milieu de bouche, lui, manque un peu de concentration; on ne peut pas parler de vins dilué, non, mais je reste un peu sur ma soif – dommage, même si, à ce tarif, je l’avoue, c’est loin d’être une déception.

3,19 euros la bouteille à capsule à vis d’un litre, soit 2,39 les 75cl

Beringer Cabernet Sauvignon California Wine of USA

La Californie, c’est grand. Beringer est implanté dans la Napa, mais rien n’indique que c’est de là que proviennent les raisins. Il entre donc bien dans le cadre de ce comparatif.

Je n’ai rien contre les vins puissants, ni un peu d’exotisme; mais là, c’est vraiment « too much ». Je ne suis même pas sûr que les djeunns apprécient. Le fruit est très mûr, un peu cuit; c’est saucé, fumé -j’ai pensé à de la sauce pour barbecue. Est-ce l’effet des copeaux? Un concept à étudier, peut-être: faire une promo avec le charbon de bois, juste avant l’été.

6,39 euros la bouteille de 75 cl, capsule à vis 

Berselli & Olivieri Signature Collection Merlot Vino d’Italia  2013

C’est le plus cher des vins de la dégustation; un assemblage signé Alma, un négociant-éleveur, et fier de l’être. Pourquoi pas?

Cette maison propose d’ailleurs toute une gamme de « vini varietali d’Italia », se fournissant dans pas moins de 7 régions de la Botte; dans le cas qui nous intéresse, le Merlot, les raisins sont issus de Lombardie, des Pouilles et du Piémont.La vinification est traditionnelle, avec une longue macération et 12 mois d’élevage en barriques (non, pas de copeaux, apparemment).

La dégustation confirme le soin apporté à cette cuvée; les nez est complexe, avec des notes de fruit rouge bien mûr et un peu d’humus, quelques nuances lardées, la bouche plutôt méridionale, épicée (poivre noir, romarin, réglisse), et le bois plutôt bien fondu (un peu de cacao, mais pas de vanille soulante). En résumé, un joli vin qui, à l’aveugle, pourrait en remontrer à pas mal de Merlots d’appellation. Notons d’ailleurs qu’on trouve au Chili, par exemple, des Merlots étiquetés « Valle Central » dont les raisins proviennent de régions au moins aussi éloignées que les Pouilles le sont du Piémont – c’est là le paradoxe de la viticulture actuelle: de plus en plus de pays se battent sur un marché de plus en plus ouvert, mais les règles sont loin d’être les mêmes pour tout le monde…

Quoi qu’il en soit, une belle bouteille, un troisième coup de coeur, dans un style un peu plus travaillé.

12,69 euros la bouteille de 75 cl bouchée liège.

En résumé

Cette catégorie des VSIPG est certainement une des plus hétérogènes qui soit; on y trouve pourtant des choses plus qu’honnêtes, et même de belles choses, indépendamment du prix. Rien qui ne soit indécent, rien qui n’accrédite l’idée que ce sont là des sous-vins pour des sous-buveurs. Manifestement, il n’y a pas qu’une seule façon d’obtenir un produit honnête.

D’un autre côté, la plupart des AOC aussi sont hétérogènes, leur fameuse typicité n’étant souvent -mais pas toujours- qu’un argument marketing. Au moins, avec les VSIPG, pas d’embrouille: on n’est pas censé savoir d’où ils viennent ni à quoi il doivent ressembler. La plupart de ces produits ne nous font peut-être pas rêver, pour reprendre la formule chère à l’ami Philippe de Cantenac. Mais ils font mieux que tenir leur rang; ils surprennent, en bien.

Comprenez-moi bien: je ne vais pas arrêter de parcourir la planète-appellations, qui nous fournit, dans les meilleurs cas, des produits à valeur émotionnelle ajoutée; mais je n’aurai plus aucune condescendance pour ceux qui font du vin autrement.

Hervé LalauRévérend

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

7 réflexions sur “VSIGP (3): 7 vins sans appellation d’origine, mais pas forcément sans intérêt

  1. Qu’est-ce que tu cherches à prouver en dégustant des vins soit disant sans indication géographique? Qu’il y a de bons vins, comme hier David? Oui, la révolution oenologique est passée par là depuis plus de 20 ans et la piquette ne se vend plus donc elle n’existe plus (ou presque, c’est la sélection naturelle). Pourquoi reviens-tu sur la notion de typicité des AOC? Est-ce que le principe des AOC n’est-il pas, avant tout, de revendiquer une origine et des pratiques vigneronnes de qualité? Qu’on retrouve un profil type, inamovible dans les vins de marque, c’est logique! Mais dans les AOC, ce n’est pas le propos. Vous (avec David) semblez considérer la qualification d’AOC comme un des outils marketing. On choisit de profiter de la com collective ou pas. Pourquoi pas, c’est un vrai débat mais il ne faut pas l’aborder en même temps que la qualité organoleptique du vin.
    La question à se poser est peut-être celle de l’information recherchée par le consommateur. L’origine? Le cépage? et ensuite le classement des appellations. AOC est-il meilleur que IGP? Plus cher? Un sans IG avec nom de cépage ne répond-il pas clairement à une demande simple? Et dans les sans IG, il y a les cépages et les marques (tu cites « Champlure », je l’ai dégusté en BIB, tu serais étonné de sa qualité).
    Je reviens à ma question, que cherchez-vous à prouver? Si vous décidez de déguster des vins sans IG, alors il faut, au minimum respecter la consigne et une appellation « reconnue IG par la CE » ne devrait pas être dans votre sélection. Pour l’instant, il n’y a pas beaucoup de commentaire à la chronique. Est-ce le signe d’un manque d’intérêt?

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  2. Bonjour Nadine.
    Je ne sais pas pour David, mais en ce qui me concerne, je ne cherche rien à prouver. C’est seulement de la curiosité. Je pense que la curiosité est à la base de la démarche journalistique.
    J’ai juste eu envie de m’intéresser à des vins dont l’opinion générale, dans le cercle des experts, prétend qu’ils sont forcément moins bons.
    Dégustation à l’appui, je me rends compte que ce n’est pas forcément vrai. Et je l’écris. Mais avec un échantillon de 7 vins, je ne peux rien prouver, de toute façon. Avec 7 autres vins, le résultat aurait pu être différent. Je pense que mon lecteur est assez grand pour le comprendre.
    En ce qui concerne les vins d’AOC, je ne les abandonne pas! Je viens d’en déguster plus de 250 à Carcassonne, issus d’une dizaine de dénominations du Languedoc, des Corbières au Minervois en passant par Fitou, Limoux, Saint Chinian, et je ne peux pas dire autre chose que ce que je pense: que chacune de ces appellations recèle en son sein des choses très différentes, du bon, du moins bon, du personnel, du sans caractère… bref, comme journaliste, je ne peux me baser uniquement sur la notion d’appellation pour recommander un Corbières, un Pic Saint Loup, un Fitou, etc… Quant aux bonnes pratiques vigneronnes, explique-moi pourquoi à la Livinière, certains obtiennent régulièrement une dérogation pour irriguer, ayant planté de la syrah dans des zones de plein vent où elle crèverait sinon (les tuyaux ne sont jamais enlevés, d’ailleurs), tandis que d’autres peuvent se contenter de l’arrosage naturel? Peut-on dire, à l’arrivée, que tous respectent également le fameux « terroir »?
    Ca ne veut pas dire que je crache sur les appellations, ni que je dis qu’il faut mettre à bas ce système, qui a eu l’immense mérite de préserver un patrimoine; cela veut dire qu’il n’est pas infaillible, et que ce n’est pas la seule façon d’aborder le vin, que d’autres font des vins plus que réussis avec d’autres méthodes, en assemblant différents terroirs, parfois très distants – ce qui prouve en passant que le terroir n’est qu’un élément du mix.
    En ce qui concerne l’IG australienne, je me suis expliqué de mon choix de l’avoir quand même sélectionné: cette « IG » est plus grande que la France, l’Espagne et le Portugal réunis. C’est une injure au bon sens. D’ailleurs, voici comment elle est née: avant 2009, un vin provenant d’un pays tiers à l’UE ne pouvait mentionner un millésime et un cépage s’il n’avait pas une IG. Les Australiens, qui ne sont pas idiots, ont donc décidé de fonder cette énorme IG, qui ne veut absolument rien dire en termes de territoire (près de 2.500 km d’un bout à l’autre!) et l’Union européenne a eu la faiblesse de l’accepter. Aujourd’hui, de toute façon, ça n’a plus d’importance, puisqu’avec les nouvelles règles des VSIPG, on peut indiquer cépage et millésime.
    Donc, je maintiens que ce vin avait sa place dans la dégustation – et de toute façon, tu constateras que c’était un des moins bons…
    Enfin, en ce qui concerne l’intérêt des commentateurs, cela ne m »étonne guère; sans doute ai-je un peu cassé mon image, cette semaine, vis-à-vis des oenophiles… Tant pis. Je me suis toujours considéré comme un franc-tireur, de toute façon.
    Merci pour ton intérêt, en tout cas. Et pour ce qui est de Champlure, je confirme – à noter que leur présentation a été bien remise au goût du jour.

    Aimé par 1 personne

    • PS. Je constate par ailleurs que certains entretiennent la confusion entre appellations et sans appellations; je le réprouve, et je l’ai écrit: pourquoi le Cambras est-il entre un Bandol, un Côte du Rhône, un Sablet et un Madiran, chez Carrefour, alors qu’il s’agit d’un VSIGP espagnol?
      Sans doute parce que c’est plus valorisant. Et parce que tout le monde ne lit pas les contre-étiquettes.

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  3. Juste pour info (pas parce que ça doit être gravé dans le marbre, ni que j’y vois une vérité révélée), je vous donne le lien vers un de mes articles qui abordait une problématique similaire.https://les5duvin.wordpress.com/2013/02/13/avec-ou-sans-les-aoc/

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  4. Merci Hervé pour cette réponse sincère qui éclaire le thème de cette semaine des 5duvin. Juger un vin est un exercice délicat, comprendre le contexte de l’exercice rend le sujet plus juste.
    à suivre….

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  5. Pingback: Les vins sans IG sont-ils forcément moins bons? | Les 5 du Vin

  6. Pingback: Faut-il commenter un mauvais vin? | Les 5 du Vin

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