Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

« Primer Encuentro de Viticulturas »

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« La récupération du Grand Vignoble Espagnol et le Prestige de notre Monde Rural »: tel a été le thème principal de cette première rencontre de petits producteurs espagnols «inquiets», les 15 et 16 mai dernier.

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Ester Nin et Carles Ortiz (Priorat), Arturo de Miguel (Artuke, Rioja) Roberto Olivan(Tentenublo, Rioja)

 

Elle s’est tenue à La Granga Nuestra Señora de Remelluri, dans le village de Labastida, en Rioja. Il s’agit d’un projet totalement indépendant, à l’initiative de Telmo Rodriguez mais soutenu par un groupe de vignerons qui voulaient faire connaître leurs domaines et leur philosophie axée sur la viticulture, le respect de la nature, et l’élaboration de vins authentiques.

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Temo Rodriguez, Agusti Perris, Eloi Dürrbach

 

170 professionnels, viticulteurs, sommeliers, techniciens du milieu naturel, anthropologues, professeurs d’université, journalistes et distributeurs étaient présents, soucieux de partager les tendances actuelles, et de voir à quel futur pouvait prétendre le vignoble espagnol. Des tables rondes, des conférences des débats, de nombreuses dégustations, nous ont permis de mesurer sa très rapide évolution, tant de nouveaux talents ont de quoi surprendre, même pour nous qui baignons à longueur d’année dans ce monde. Actuellement, l’Espagne viticole vit une révolution très importante, du nord au sud, et de l’est à l’ouest, naissent des petits projets qui offrent de GRANDS VINS.

Les vignerons commencent à prendre conscience de leur potentiel et de la place qu’ils veulent occuper au niveau international. Conscients de leur peu de poids face à une demande internationale exigeant des prix très bas, ils cherchent des solutions pour revaloriser leurs vins sur la scène mondiale et pouvoir concurrencer la France et l’Italie.

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Dégustation dans les jardins de Remelluri

 

L’organisation a été parfaite et les échanges très intéressants, parfois répétitifs, mais toujours passionnés. La nouvelle génération des vignerons espagnols a voulu nous faire passer des messages, elle nous a offert un voyage passionnant dans le monde des petites parcelles, depuis la Galice jusqu’à Xérès, en passant par les Iles, le Penedès…

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Jonatan Garcia, Suerte del Marques (Tenerife)

 

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Gorka Mauleón, Bodegas Compañón Arrieta, Rioja Vino Malapiedras

 

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Pedro Rodríguez, Adegas Guimaro, Ribeira Sacra

 

Que faut-il en retenir ?

– Un message plein de force, pour la défense d’un paysage et de cépages oubliés. La multiplication de petits projets menés par des jeunes passionnés, dans des lieux improbables à la recherche de cépages perdus ou abandonnés, est un fait avéré, et qui ne s’arrêtera pas de si tôt, l’Espagne étant une mine, un réservoir de cépages méconnus et de vieilles vignes. Gredos, la Ribeira Sacra, Les Canaries….

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Jorge Monzón , Dominio del Aguila, Ribera del Duero

 

–  La volonté de faire revivre le monde rural, de repeupler les petits villages délaissés, en donnant du travail grâce à une viticulture saine. De revaloriser le métier de viticulteur, de transmettre la passion, afin d’inciter le plus de jeunes possible à venir s’installer à la campagne. Mais surtout, la volonté de transmettre un patrimoine à leurs enfants et petits enfants – et pour ça, ils ont commencé à replanter et ne se contentent pas ne travailler que les vieilles vignes.

– La volonté d’élaborer des vins de qualité qui traduisent à la fois le terroir et la personnalité du vigneron et enfin, obtenir que cette qualité se traduise dans les prix de la bouteille. La finalité n’étant pas de sortir à des prix considérés comme chers, mais de pouvoir vivre décemment du travail de la vigne, de leur passion, ce qui n’est pas le cas pour l’instant, si l’on en croit les expériences qui nous ont été expliquées.

– L’espoir d’arriver à organiser les appellations, de délimiter les terroirs, de « Zonifier » à la manière du Priorat.

-La tendance chez ces jeunes à travailler en biodynamie, écologie, avec des levures autochtones, le moins d’intervention possible et pour certains le moins d’usage possible de soufre. Leur inquiétude pour l’architecture du vignoble, pour préserver un terroir sain, un écosystème qui préserve l’avenir de la planète. Récupérer la tradition de complanter les nouvelles plantations.

– La volonté de pousser les Consejos Reguladores à plus de rigueur en ce qui concerne la qualité, exiger d’eux une vision beaucoup plus stricte et la valorisation de l’appellation. Il est à noter d’ailleurs que bien qu’invités, les Consejos Reguladores, à l’exception de celui du Priorat, ont brillé par leur absence.

– La nécessité de trouver un nouveau modèle de négoce, parce que l’actuel, dont l’unique obsession semble être de produire toujours davantage et à plus bas coût, les conduit à perdre leur identité, leur personnalité, leur qualité. Quitte à se démarquer des DO et en sortir s’il le faut, ces viticulteurs sont conscients qu’il leur reste un long chemin à parcourir pour arriver à situer leurs vins à la place qu’ils méritent.

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En conclusion

Des échanges fructueux, beaucoup d’idées, de passion, une énergie positive, une envie de partager, mais encore pas mal d’individualismes, reste à voir comment cela va se traduire dans les faits. Je pense qu’il aurait fallu aller plus loin, aborder la réalité du marché, qui a été à peine évoquée, j’ai senti un peu de frustration chez certains, mais cette première rencontre a été considérée comme un grand succès par la majorité  des participants.

On retiendra une grande ébullition, qui n’est pas prête de s’arrêter. Après une période de vins 100% tempranillo, 100% bois neuf, tous sur un même modèle, la diversité est de retour, ainsi que l’équilibre et la fraîcheur. Les vignerons veulent des vins qui montrent leur origine.

Nous ne pouvons que nous en réjouir.

 

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SonVell et Château Paquita

 

Hasta pronto,

Marie-Louise Banyols13245207_841034379335522_6673806810065151726_n

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

Une réflexion sur “« Primer Encuentro de Viticulturas »

  1. St Etienne-du-Grès, début d’après-midi, quelque part en septembre 1989 ou 1990, voire début octobre. Je ne suis plus sûr de l’année non plus, j’étais petit. Un visage rubicond apparaît dans la porte entrebâillée et la langue traîne un petit peu : « Ah bon, vous aviez rendez-vous ? Revenez demain, nous célébrons la fin des vendanges ». C’était Mme Dürrbach et, effectivement, la fête battait son plein … Le jour suivant, on m’a montré le coteau redessiné à la dynamite, on m’a expliqué pourquoi l’alliance improbable de 50 % de syrah et de 50 % de cabernet a été retenue, et on m’a fait déguster beaucoup de choses, dont un 1983 magnifique, prêt à boire. Et DANS une haute cuve en bois, il y avait Telmo Rodriguez, en train de piger en s’aidant d’une grosse poutre posée en travers pour garder son équilibre et le dessus du corps hors du chapeau. Il effectuait un stage près de Saint-Rémy. Il y a 25 ans de cela.
    C’est amusant de revoir les visages de tout ce petit monde. La démarche d’Eloi était déjà celle décrite habilement ici par « la Marilou à Smith ». C’est promis, c’est la dernière fois que j’utilise cette épithète homérique à l’encontre de Sra Banyols. D’ailleurs, depuis qu’il coule des jours heureux en pays de Ménardise, le Centre del Mon efface progressivement la mémoire de Michel. Même Puch ne le reconnaît plus, n’est pas Argos qui veut.

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