Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Mme Saporta a tort de s’en faire pour moi

6 Commentaires

Le procès en diffamation intenté par Hubert de Boüard à Isabelle Saporta pour certains passages de son livre Vinobusiness commence demain à Paris.

La journaliste citera plusieurs professionnels ou ex-professionnels pour sa défense, dont deux propriétaires de domaines écartés lors du dernier classement de Saint Emilion.

Interrogée par nos confrères de Sud-Ouest, Mme Saporta s’est dite « sereine », tout en ayant « de la peine à comprendre la stratégie du viticulteur, avec cette plainte ». Pour elle, ce procès est « une forme d’intimidation à l’encontre des journalistes pour leur dire ne pas recommencer. Je ne veux pas faire du misérabilisme mais nous ne jouons pas dans la même cour. M. de Boüard s’offre un des meilleurs cabinets d’avocats parisiens et pour lui, c’est peanuts. En face, cela coûte de l’argent, prend beaucoup de temps, ce n’est vraiment pas très agréable. »

Craindrait-elle une justice de classe qu’elle ne s’exprimerait pas autrement. Il est vrai que son livre lui-même semblait s’inspirer de la lutte des classes.

Mais pour ce qui est des autres journalistes, qu’elle se rassure: nous ne céderons à aucune forme d’intimidation; même pas la sienne.

Mme Saporta n’a jamais caché le peu d’estime qu’elle a pour les journalistes spécialisés en vins, tous coupables d’après elle de copinage, de complaisance, de pusillanimité ou d’intéressement. J’ai déjà eu l’occasion ici de réfuter cette thèse; je suis d’autant plus à l’aise pour le faire que je ne me rends jamais aux Primeurs de Bordeaux. Je n’ai donc pas à craindre la mort professionnelle à laquelle devrait me réduire, selon, elle, mon peu d’empathie envers l’establishment de Bordeaux.

Face aux riches, aux puissants du vin et à leurs suppôts, je ne doute pas que Mme Saporta trouvera tout le soutien qu’elle mérite. Mais pas le mien, vous l’avez compris.

Hervé Lalau

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

6 réflexions sur “Mme Saporta a tort de s’en faire pour moi

  1. Je ne savais pas que les5duvin donnaient dans la presse d’opinion!!! En dehors de la qualité des vins bien sûr.
    Mais là, pour un « Coup de gueule », c’est plutôt un « pan dans la gueule ».
    C’est bien aussi de le dire, on ne défend pas le travail de journaliste en accusant les autres d’intimidation. Surtout quand on porte autant de jugements sur les professionnels.
    Reste que c’est dommage que ce qui devrait faire débat, se passe dans un procès. La justice n’est pas la meilleure voie pour comprendre la vérité.

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  2. Pour ma part, je pense – du moins j’espère – que ce procès il est vrai assez inégal mettra en exergue les pratiques peu orthodoxes d’un classement vineux qui ne signifie pas grand chose… en dehors du fric, bien sûr.

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  3. Oh mais on ne s’est jamais privé de le dire, ici, que les classements ne signifient pas grand chose. Ce qui est la meilleure preuve que Mme Saporta a tort quand elle parle de la complaisance des journalistes spécialisés. Mais son monde à l’air bien trop noir et blanc pour qu’elle fasse le tri.

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  4. Dans La Libre Belgique, l’année dernière, elle ne faisait pas le détail, Michel. Je la (re)cite pour l’occasion: « A la question de Dorian de Meeûs, « Pourquoi les journalistes ou critiques ne dénoncent pas cela? (ndla: le système des primeurs, l’influence des grands châteaux) », Mme Saporta répond: « C’est très difficile pour eux car s’ils disent que tel ou tel château n’est pas à la hauteur, ils sont bannis des châteaux; or ils n’ont pas les moyens de s’acheter de telles bouteilles pour les juger en toute indépendance… Un grand critique qui est interdit de venir déguster au château pendant les primeurs est mort professionnellement ».

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  5. Je ne « supporterai » (un anglicisme pour « soutenir », désolé) pas Mme Saporta non plus. Hervé a raison. Moi non plus je ne déguste pas les primeurs depuis 10 ans et je dénonce régulièrement, par écrit ou à la radio, ce système de vente. De plus je suis contre les classements et je le dis souvent. En revanche, on ne m’a jamais refusé un accès aux vins de Bordeaux de tous les niveaux. Les propriétaires sont capables de faire la part des choses. Mme Sapotra ne sait donc pas de quoi elle parle. Elle mélange tout et cherche à faire sensation. Ce n’est pas du bon journalisme.

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