Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Boutenac en Corbières

25 Commentaires

L’appellation Corbières-Boutenac date maintenant d’une dizaine d’années. Les dossiers de presse et autres documents parlent du «Cru Boutenac». Je ne vois pas bien comment on peut attribuer le mot «cru» à toute une appellation, car ce terme est généralement réservé à une parcelle, voire à un domaine. Comme 26 producteurs (dont 3 caves coopératives) revendiquent cette appellation pour au moins une partie de leur production, on ne peut pas dire qu’il  partagent tous la même parcelle! Mais passons…

corbieres10

Quelques généralités

La partie du vignoble ayant droit à cette appellation spécifique occupe une aire approximativement centrale dans la partie septentrionale de la plus vaste zone de l’appellation Corbières, la plus grande du Languedoc. Cela si situe donc entre Narbonne et Carcassonne, et juste au sud de Lezignan-Corbières. Dans l’aire en question, seules des parcelles spécifiques peuvent revendiquer la désignation Boutenac et elles ont été agréées par des géologues (c’est une manie en France !).  2.668 hectares ont ainsi été classés comme pouvant produire du Corbières-Boutenac, mais seulement 184 hectares en produisent pour le moment, et la récolte 2015 a donné 6.600 hectolitres. On peut dire qu’il s’agit d’une toute petite appellation en devenir et qui correspond à une volonté plus large de hiérarchiser l’offre dans cette énorme région du Languedoc.

IMG_7629La Montagne d’Alaric

Le Corbières-Boutenac ne peut être que rouge. De plus, les cépages autorisés (Carignan, Grenache, Mourvèdre et Syrah) doivent respecter certaines contraintes sur le plan de leurs proportions: au moins 70% pour l’ensemble des trois premiers, et entre 30% et 50% de Carignan. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Je n’entrerai pas plus sur les détails du cahier des charges, qui impose aussi, et c’est une bonne chose, un élevage d’au moins 15 mois après la récolte.

photo syndicat Cru Boutenac

La région est très belle, parfois spectaculaire. La vigne s’incruste dans des paysages souvent sauvages avec des excroissances rocheuses, des collines et des montagnes, des forêts et des maquis, et des petites rivières turbulentes qui serpentent dans les vallées entre des villages aux ruelles étroites. En tout cas le parti-pris des responsables de cette appellation, qui est présidé par Pierre Bories (Château Ollieux Romanis), de limiter la zone géographique et aussi de restreindre l’accès à des producteurs bien motivés par la possibilité de monter en gamme par rapport à l’appellation Corbières se trouve bien justifié par la qualité moyenne des vins que j’ai pu déguster.

Les vins dégustés

Ma dégustation d’une trentaine de vins de différents millésimes à précédée quelques visites dont je vous parlerai après car mon voyage s’inscrivait dans le cadre d’une opération qui s’intitule Camins de Boutenac et qui donne la possibilité à des randonneurs de découvrir une partie de l’appellation à pied, en faisant des haltes dans les domaines.

IMG_7610Mes vins préférés du dernier millésime, 2014

Maintenant, voici les vins dégustés : il y avait un de 2007, un de 2010, six de 2011, six de 2012, six de 2013 et douze de 2014. Je vais noter uniquement mes vins préférés de chaque série. Les prix indiqués sont soit le prix départ ttc fourni par le producteur, soit le prix le moins cher trouvé sur Wine Searcher.

Je passe sur les deux plus anciens, qui ne m’ont pas épatés. Les vins notés par la suite paraissent dans l’ordre de leur service, qui était aléatoire hormis la séparation des millésimes.

Château Saint Estève, Ganymède 2011 (prix 15,5 euros ttc)

Nez riche et chaleureux, sans excès. Plein en bouche avec des notes boisées qui entourent un bon fruit. Une bonne intensité pour ce vin harmonieux et long.

Château Aiguilloux, cuvée Anne-Georges 2011 (prix 15 euros ttc)

Il réussit la prouesse de conserver les qualités de fruit d’un vin bien plus jeune, donnant un caractère vibrant aussi bien au nez qu’en bouche. Les tannins restent fermes et l’ensemble est très dynamique.

Domaine La Bouysse, l’Indécent 2012 (prix 30 euros ttc)

Fait d’un tiers chacun de Mourvèdre, de Grenache et de Carignan, raisins triés sur table puis vinifiés en barriques ouverts avec pigeage quotidien pendant un mois, on comprends que la quantité de travail impliqué à provoqué le nom de cette cuvée. Le nez est vif et rappelle le sous-bois ainsi qu’un fruité éclatant et très juteux. C’est très gourmand, frais et bien équilibré, mais il porte bien l’accent rocailleux de pays (et du paysage). Son acidité naturelle lui donne un air juvénile. Je l’ai re-dégusté lors d’une soirée et le situe parmi les meilleurs de l’appellation. Il roule sur le palais comme l’orage autour des montagnes.

Domaine La Bouysse, Mazerac 2012 (prix 15 euros ttc)

Il y avait d’autres vins intercalés entre ces deux cuvées de la même propriété, donc cette suite est le fruit du hasard et de mon appréciation des deux vins en question. La robe est intense et très jeune. On y sent de l’ambition, mais l’élevage en futs qui a duré 12 mois lui a donné de la patine sans étouffer la très belle qualité de fruit. Fin et alerte, avec une belle longueur. Bravo à ce domaine qui a su produire deux excellents vins dont celui-ci, à moitié prix de l’autre, donne plus que la moitié du plaisir.

Château Aiguilloux, cuvée Anne-Georges 2012 (prix 15 euros ttc)

Belle régularité pour cette cuvée qui sort dans deux millésimes. Bien fruité, c’est un vin assez complet et juteux dont les tannins sont encore fermes. A attendre encore un an ou deux de préférence.

Ollieux Romanis, Alta Sia 2013 (prix 19 euros ttc)

Le Carignan atteint 45% de l’assemblage dans ce vin dont le fruité est succulent et mur, avec un fort accent de garrigue. Un vin de mi-corps, dont les tannins soutiennent l’ensemble sans le dominer. Vivant et très agréable.

Château de Caraguilhes, Echappée Belle 2014 (prix 24 euros)

Ici le Carignan atteint les 80% de l’assemblage, le reste étant du Mourvèdre. J’ai peut-être mal compris les règles (sévères) de l’appellation, mais c’est marqué sur la fiche ! Que de la cuve et de la bouteille pour l’élevage. Je passe sur la trace laissée par la macération carbonique (que je n’aime pas car il fait se ressembler tous les vins qui l’utilisent à outrance), pour me délecter du délicieux fruité de ce vin fringant et juteux, parfaitement équilibré.

Château de Villamajou, Grand Vin 2014 (prix 18 euros ttc)

Les bords de ce vin montrent un peu d’évolution, probablement due à son mode d’élevage qui a eu l’avantage de lui donner une très belle texture suave. Beau nez qui laisse parler des fruits noirs avec une bonne impression de fraîcheur. Vin ample, charnu et assez chaleureux autour d’une expression de fruits bien murs. Belle longueur.

Château Maylandie, Villa Ferrae 2014 (prix 12 euros ttc)

Le nez est intense et gourmand, même si l’effet de la macération carbonique me gêne un peu. La belle qualité de son fruit est son principal atout. Il n’a peut-être pas la complexité des meilleurs mais c’est un vin vibrant et alerte et son style direct et pur le rend très recommandable à boire dès maintenant. En plus son prix est dès plus accessibles.

Château Ollieux Romanis, Cuvée Or 2014 (Prix 21,50 ttc)

La robe est très dense mais le nez apparaît claire et net, avec une très belle expression de fruit. L’élevage reste encore présent, mais d’une manière raisonnable. Le palais évite tout surcharge aussi, avec une bonne intensité des saveurs fruités qui sont précises et parfaitement intégrées dans le corps du vin. Un vin maitrisé et élégant, de demie-garde.

Gérard Bertrand, La Forge 2014 (prix 50 euros ttc)

Le prix de cette cuvée remarquable n’est pas très raisonnable mais l’ambition y est affichée. J’ai pu, par le passé, constater qu’il peut très bien vieillir ayant dégusté il y a deux ans un remarquable 2001 de ma cave. Robe dense (on s’y attendrait !). Beaucoup de volume au nez et les signes d’un élevage bien maîtrisé qui laisse la clarté du fruit s’exprimer. Ce vin est gourmand, stylé, précis et harmonieux, avec un joli retour d’acidité en finale.

IMG_7613Robinet de cuve au Château La Voulte Gasparets

Château La Voulte Gasparets, Cuvée Romain Pauc 2014 (prix 20 euros ttc)

La robe a une intensité moyenne, mais c’est autre chose au nez qui est à la fois fin et assez puissant. Belle densité au palais avec un fruité gourmand bien présent. Je ne suis pas certain que les tannins sont à parfaite maturité mais ils ont bien été assagis par l’élevage. Vin assez complet, complexe et long.

Conclusion de la dégustation

12 vins sélectionnés (ceux ayant obtenu des scores entre 14,5 et 16/20) sur 32 échantillons représente un niveau très honorable. Dans l’ensemble les vins avaient un style assez homogène et un bon niveau moyen. On peut dire que le pari est en train d’être gagné par les fondateurs de cette jeune appellation. En particulier j’ai noté un meilleur équilibre que dans le passé pour les vins élevés sous bois, avec un dosage bien plus fin de l’apport de la barrique ou autre contenant.

IMG_7620Château de Luc, propriété de la famille Fabre, magnifique dans son jus 

Les visites

Visiter les sites viticoles peut être très intéressant et agréable, rencontrer les vignerons est généralement riche d’enseignements, mais visiter un nième chai à barrique, ou, pire, chaîne d’embouteillage n’est pas ma tasse de thé. Le programme était heureusement allégé ce côté-là. Nous avons visité le Château La Voulte Gasparets, au moment où des randonneurs sont arrivés pour une pause dégustation, puis, plus longuement, le Château de Luc, qui est une des propriétés de la famille Fabre et où écouter Louis Fabre parler d’histoire, de géographie, de vin ou de toute autre chose est absolument passionnant. J’y serais resté une journée entière et le lieu est magnifique.

IMG_7621Louis Fabre dans ses oeuvres

IMG_7638Une des nombreuses créations du vinaigrier Cyril Codina, à Lagrasse

Pour varier les plaisirs, nous avons aussi visité un musée étonnant dans la très belle petite ville de Lagrasse qui se situe juste en dehors de la zone de Boutenac. Ce musée un peu kitsch rassemble moult objets divers ayant trait au passé de la région et propose des projections « poly-sensorielles » qui évoquent des aspects du passé, comme le tram vapeur qui reliait Lézignan aux villages d’amont. Tout cela a été rassemblé et réalisé par un bonhomme remarquable, Cyril Codina, qui est aussi un vinaigrier hors pair. Je n’ai jamais vu autant de vinaigres différents, dont une bonne partie proviennent de ses 5,5 hectares de vignes.

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La fin du parcours a rendu honneur à un aspect essentiel du passé et de la structure sociale de cette région : les caves coopératives. La Cave des Demoiselles, à Saint Laurent-de-la-Caberisse fut officiellement fondée en 1914 mais ses débuts et le chantier de construction datent de l’année avant. Entre temps, la guerre avait déjà fait son sale ouvrage et le manque d’hommes valides a fait que ce sont les femmes qui ont terminé le chantier et lancé l’activité de la cave, d’où son nom.

Je retournerai avec plaisir dans cette belle région, et très certainement à deux roues car les routes sinueuses y sont très attrayantes et ma petite Ducati devrait bien s’y plaire, hormis les bosses assez nombreuses.

David (qui sera bientôt français, j’espère)

 

 

 

 

 

 

 

 

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

25 réflexions sur “Boutenac en Corbières

  1. What?! Accueillir en notre sein un type totalement hermétique à l’esprit de nos appellations, cet esprit qui éclaire le monde viticole d’une lumière… lumineuse et fait de la France le rempart du bon goût? Not so sure…
    J’espère au moins qu’ils te feront passer un examen. Au fait, quel est le pourcentage maximum d’Arbane en Corbières Boutenac?
    Et quel est le nom de défaite que les Anglais ont curieusement donné à une des gares de Londres? ;-)))

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  2. Même si, comme toi, David, je trouve les niveaux de pourcentages entre cépages dignes de la complexité d’une usine à gaz, pour Boutenac, je leur trouve un mérite: primo, ne pas avoir, comme dans d’autres AOC du Languedoc, minoré le carignan; secundo, ne pas avoir favorisé la syrah. Un cépage que j’adore, par ailleurs, notamment dans le Rhône Nord, mais beaucoup moins quand il domine les assemblages du Grand Sud.

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  3. Pierre Bories me disait lors de cette visite qu’il était prêt à m’accepter comme français si je me disais en plein accord avec l’ensemble des appellations de vin en France et tout ce qui va avec. Je pense que je devrais demander un passeport écossais après tout.
    Oui, privilégier le Carignan est un bonne chose ici, même si les règles sur les pourcentages sont trop précises.

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  4. C’était pour rire! Parce qu’heureusement, il faut de tout pour faire la France…

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  5. Si David prend la nationalité honnie, il ne pourra plus tirer le premier. J’espère qu’il a pensé à cette restriction. Lagarde et Michard se demandai(en)t, avec Montesquieu, comment on peut bien être persan. Votre Léon, internationaliste avant tout, se demande comment on peut vouloir devenir hexagonal.
    Du temps où Guido Jansegers s’était impliqué dans les terroirs des Corbières et dans l’activité syndicale (lisez corporatiste dans ce cas-ci), l’homme qui vient de prendre sa retraite au Ch. Mansenoble (Montagne d’Alaric) avait essayé de me convaincre de l’utilité de l’appellation Corbières en elle-même (un patch-work étourdissant), puis des particularités liées à ses sous-appellations. Près de 25 ans plus tard, dont 12 passées à proximité, je me pose toujours les mêmes questions. Et pourquoi Fitou et La Clape, dans ce cas, ne font-ils pas partie de cet ensemble (et Vingrau ou Tautavel aussi)?
    Il y a d’excellents vins dans toute cette partie presque catalane de l’Aude, en rouge et en blanc. Ils étonnent par leur fraîcheur (= acidité, majoritairement). Il en est de moins bons (comme partout). Je n’y vois AUCUNE unité de style.
    Par contre, David a raison dans sa description de la contrée, magnifique et d’un intérêt géologique et historique majeurs. Et il a raison aussi en épinglant de très bons vins parmi ceux qu’il cite. J’en ai dégusté « un bon peu » – comme on dit ici – moi-même.
    Bon mois de juillet à tous les rosbifs et à tous les fromages qui puent.
    De l’autre côté de la frontière avec le royaume de France, je vous recommande Miquelet 2005, légèrement rafraîchi: au top!

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  6. C’est plutôt la partie Nord des PO qui est d’Oc, et non pas le contraire (avant l’annexion du Roussillon, Latour de France faisait la frontière avec la Catalogne).
    Mais tout ça n’est pas très internationaliste, Beste Léon. La Révolution Prolétarienne ayant, tout comme la Vraie Religion Révélée, une vocation universelle qui ne peut s’embarrasser de langues ou de frontières.
    J’en parlais d’ailleurs hier à des amis Martiens qui me disaient que Trotsky n’était qu’un régionaliste terrien.

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  7. Ils ne faut pas croire sur parole les Martiens: ils sont bourrés d’huile de palme.

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  8. Je me permets quelques précisions sur cet agréable exposé sur l’appellation Corbières-Boutenac. En effet, les règles des AOC sont complexes bien qu’elles soient décidées, à l’origine, par les vignerons. C’est une forme de certification, un gage d’un niveau de qualité et surtout un repère pour le consommateur. AOC = qualité + terroir, voila le message le plus simple qui soit et qui passe auprès du grand public. Entrer dans le cahier des charges est un exercice plus compliqué, dont la compréhension des subtilités est réservée aux spécialistes et à quelques journalistes de haute investigation. Essayons une explication de texte :
    Pour Boutenac, il faudra comprendre que l’appellation doit garder la racine de son terroir d’origine « Corbières » jusqu’à sa majorité. Donc : Corbières-Boutenac AOC. Quand aura-t-elle atteint sa majorité? Ce n’est pas défini….. Quant au terme de Cru, c’est un mot qui n’est pas précisément légiféré, ce qui le rend bien tentant pour la communication. Si vous devez choisir, pour une communication, entre « Corbières-Boutenac » AOC et « Cru Boutenac », vous irez au plus court, donc plus facile à retenir. Et puis dans Corbières-Boutenac », c’est « Boutenac » que les vignerons veulent qu’on retienne.
    Pour les pourcentages de cépage, il y a deux indications, la variété de cépages et leur pourcentage (avec un système de glissement dans les %), mais il faut ajouter une autre contrainte réglementaire, un vin potentiellement d’appellation « Corbières-Boutenac », dite communale, doit pouvoir « se replier » dans l’appellation immédiatement inférieure (dans la pyramide des AOC) qui est « Corbières ». Pour que cette possibilité de repli soit possible les pourcentages des différents cépages doivent être compatibles. Ce qui a amené les fondateurs de l’AOC Corbières-Boutenac à baisser le pourcentage de carignan dans leur cahier des charges. Rappelons que la singularité de ce terroir est d’être celui sur lequel le bon carignan s’exprime de façon remarquable.
    Encore un petit effort, quand on parle de pourcentage de cépages dans une AOC, c’est l’encépagement à la vigne qui compte. Dans le décret, ce n’est pas clairement spécifié que ce pourcentage de « cépage planté » doit se retrouver fidèlement dans le vin. L’assemblage étant obligatoire, on peut imaginer trouver une cuvée de Boutenac avec « 80% carignan et 20% mourvèdre ».
    Et encore une précision le Borie de Pierre, s’écrit avec un « S », Pierre Bories, second président de l’AOC « Corbières-Boutenac » après Gérard Bertrand qui a contribué à la reconnaissance de l’appellation en 2005.
    J’ai envie de conclure avec un petit mot sur le carignan. Dans le vin, Il a le charme d’un caractère changeant, il ne se déguste pas pareil à des âges différents. Certaines cuvées seront meilleures jeunes ou vieilles, d’autres font le yoyo entre des expressions délicieuses de petits fruits dans leur jeunesse, puis le chagrin d’une vieille remise, voire l’antre d’un sanglier pendant deux à cinq ans, puis les petits fruits reviennent chargés de garrigue et de poivres, plus tard encore l’eucalyptus et la menthe…. Merci pour cette dégustation avec des millésimes différents. Si vous aviez le temps, il faudrait reprendre les vins écartés dans quelques années. Qui sait?

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  9. Pense t’on vraiment ici que les consommateurs, lorsqu’ils achètent un vin, donnent une importance à ces histoires d’assemblage? N’est-on pas dans un monde où les communications en réseaux donnent avant tout un avantage à la qualité reconnue ou dite du vigneron et donc qu’avant tout, on achète un NOM avec en pondération le prix demandé ?
    Toutes ces discussions d’AOC devraient se limiter aux professionnels, y inclus naturellement des pointures comme vous, journalistes ou producteurs « pro ». Mais enfin, ce qui compte in fine, c’est avant tout de chercher selon quels critères les amateurs achètent et comment alors influer par vos commentaires sur leurs choix ?
    Désolé d’être la petite puce sur le dos de l’éléphant.

    Quoique 🙂

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    • C’est vrai, c’est vrai et c’est encore vrai, le consommateur lambda (qu’il se présente, svp) recherche la qualité par tous les moyens. l’appellation AOC reste un de ces moyens, pas plus, pas moins.
      A moins que M/Mme Lambda intervienne sur ce blog pour nous apporter plus de précision quant à ses critères de choix.
      Le petit scorpion sur le dos de la grenouille, quoi, Coaa

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  10. Les vins à majorité de syrah ne ressemblent quand même pas du tout aux vins à majorité de grenache, par exemple, même pour M & Mme Lambda. Certaines AOC ont orienté les choix. Il reste bien sûr une place à l’interprétation par le vigneron.

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  11. @ Nadine Franjus-Adenis

    Et bien moi, je suis le lambda de service. J’ai toujours eu comme souci d’approche dans mes activités « vins » comme le GJE de pouvoir donner des réponses compréhensibles pour le consommateur, disons, de niveau 2, c’est à dire cherchant à apprendre et à connaître.

    Et, dans cette optique, et à titre perso, le nom et la réputation du vigneron, surtout en Bourgogne, passe largement au-dessus de la réputation de l’AOC. Idem en bordelais tant il est vrai qu’in fine, vraiment très peu de monde est capable de dire ce que c’est la rive droite ou la rive gauche.

    Certes, on achète l’AOC Pomerol ou St Emilion plus que le nom d’Alexandre Thienpont ou Bécot, mais quelque part, comme en Beaujolais par exemple, ce sont les noms des vignerons qui me semblent dominer les décisions d’achat plutôt que les mots Morgon, Moulin à Vent ou Chiroubles.

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    • @Mauss,
      Cher Monsieur Lambda. Merci pour votre réponse et votre avis personnel « qui me semblent dominer les décisions d’achat ». Il se pourrait que Madame Lambda, qui est celle qui achète le plus souvent les vins toute seule pour remplir son caddy en GD, il se pourrait qu’elle ait une autre envie qui lui semble, à elle, dominer ses décisions d’achat.
      En effet, il me semble que certains avis divergent en la matière.
      J’espère que cette rhétorique consumériste sera utile au schimlblick!

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  12. « une autre envie » : j’apprécierai que vous puissiez me lister quelques unes de ces envies : couleur de l’étiquette ? Degré d’alcool ? Forme de la bouteille ? Connaissance des goûts de son tendre et aimé ? Prix ? Positionnement dans les rayons de la GD ?
    Ma connaissance de le gente féminine étant particulièrement rudimentaire, je vous prie d’avance d’accepter mes excuses en la matière.

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  13. Je suis désolée, ma connaissance de la gente féminine est aussi très limitée et je ne connais pas Mme Lambda. Mais je privilégie le doute à l’interprétation. Pardonnez mon mauvais humour, je ne suis pas belge, moi.

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  14. De tout cela je retient, comme d’habitude, que c’est le vigneron qui fait la « qualité » (dites plutôt le vin qui plait à un certain nombre car je ne sais pas comment définir qualité), et non pas l’appellation. Je déguste régulièrement de larges séries de vins de différentes appellations et je n’ai JAMAIS trouvé qu’on pouvait faire un lien direct entre qualité et appellation. Éventuellement avec un certain style du vin, dans certains cas, et encore. Mais le degré de force, de raffinement, de maturité, d’expression de fruit, de texture, de longueur, de tout ce que vous voulez dépendra toujours de celui ou celle qui produit le vin, et non pas d’un cahier de charges. François Mauss a raison.

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  15. Quant à Monsieur ou Madame Lambda, je ne connais que la sonde Lambda sur les plus jeunes de mes motos, et qui est censé mesurer le taux de d’oxygène du gaz d’échappement afin de réguler l’injection. En général, on le vire pour obtenir plus de performances mais ce n’est pas très écologiquement correct. Est-ce que Monsieur ou Madame L sont capable d’opérer ainsi sur des vins ?

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  16. Nadine a raison quand même. Parce que c’est notre Nadine. Non mais!

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  17. Qu’il me soit permis de présenter à cette Dame superbement défendue par sieur Hervé mes plus plates excuses si mon questionnement lui a paru de type « sans gêne ».
    … et sans vergognerie, appliquant le même principe de défense de mes amis sur mon propre blog.
    Mea maxima culpa.

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  18. Et avec une pointe d’humour, M. Mauss!

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  19. Merci M. Hervé, je sais bien que je n’ai pas tout à fait tort et M.Mauss a raison aussi!

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  20. David, I have just read your post on Corbières-Boutenac with great pleasure, all the more so that I write this note from a terrace on « la clape », a unique bit of terroir situated between Boutenac and the mediterranean, about 30km as the crow flies, and on which some very, very good wines are being made. But I digress.
    I have myself just come from a visit in the Corbières-Fontfroide, which touches (overlaps?) Boutenac, and is quite specifically situated on the massif de Fontfroide. The massif faces the ocean on one side and Boutenac on the other; I have visited one side yesterday and will visit two wineries on the opposite side today.
    I also had the pleasure of tasting a large number of the local wines yesterday, including two in your above list.
    As most of us know, and I suspect many would agree, the early monastic settlements had a curious habit of building their monasteries where good wine could be made; the Abbey de Fontfroide, on the massif and with a commanding view of Boutenac, was no exception. The wines made at and around the abbey seem to have gained some notoriety for their quality. I spent quite a bit of time in the garrigues and vineyards on the massif, and the soils are, in fact, complex and varied. There seems to be some debate as too the possible ancient volcanic origin (I’m told La Clape was in fact once volcanic). More on this later, I hope.
    I’m glad to read your words on this sub-region (I’m not going to get into the cru/AOC debate…!), I hope we can taste and talk more soon about the differences between these terroirs.
    Daniel Henderson

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