Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

LA FÊTE DES VIEUX CÉPAGES 2016 A TRILLA

12 Commentaires

Tous les étés depuis 2012, le 3ème samedi de juillet, Trilla accueille la Fête des vieux cépages. Carignan, œillade, ribeyrenc, terret, etc. sont présentés par une vingtaine de vignerons passionnants aux amateurs et aux touristes.13718516_10155572453303504_6924257760962056984_nMichel Smith vous en a déjà parlé l’an dernier, c’est un fidèle ; pour ma part c’est la première année que je peux y participer, j’avais promis à notre ami André Dominé que je ferai mon possible pour y être. J’avoue que la chaleur de dimanche dernier m’a fait hésiter, mais la curiosité et la parole donnée l’ont emporté. Je n’ai pas été déçue. L’ambiance était très bon enfant, décontractée, je n’y ai vu que des amateurs, des touristes, pas de professionnels, c’est réconfortant de voir qu’ils ont le vin et les vieux cépages comme centre d’intérêt pendant leurs vacances.

IMG_1673

Le temps de me repérer, de dire bonjour aux uns et aux autres, et il était midi, grand temps d’attaquer la dégustation, voici un aperçu de ce que j’ai vu et bu :

  • Mas Mudigliza, Dimitri Glipa m’a fait gouter 2 vins,

  • Caudalouis 2015, un joli blanc de grenache gris et macabeu, la bouche est grasse, offre des saveurs anisées et une bonne longueur, ça commençait bien.PVP: 17€
  • Carminé 2013 Côtes du Roussillon Rouge : 80 % Grenache, Syrah, Carignan Noir, sa robe très foncée annonce une belle tannicité qui se confirme en bouche, sa maturité, la fraicheur de la finale et sa touche épicée en font un vin très séduisant ; je retiens la bonne expression du grenache.PVP:14€IMG_1676J’ai décidé ensuite d’aller écouter la conférence de Pierre Torres dont le sujet m’a interpellé : « Quel avenir pour les VDN ?» Vers un nouvel âge d’Or pour les VDN ? Même si personne n’y croit vraiment, la réponse qu’allait donner Pierre à cette question m’intriguait vraiment.
  • Le but étant de démontrer que ces vins ont une longue tradition de consommation, Pierre nous a fait remonter « à l’antiquité où les vins devaient avoir le gout de rancio, en passant par le Moyen-Age période durant laquelle on buvait du vin doux pas forcément muté, mais sucré, on y ajoutait du miel ou de la myrrhe, ce qui signifie que le gout sucré était déjà dans les mœurs. Au XVIII et XIX siècles les VDN commencent à avoir une réalité d’exportation et de notoriété, et enfin une reconnaissance légale avec les Lois Arago, Pams et Brousse. Les VDN vécurent les Trente Glorieuses de 1945 à 1975, dans les années 1970, la production atteignait 700000hl, portée par les marchés apéritifs et le négoce local, mais les marques connues comme Vabé ou Bartissol ne faisaient pas connaitre les VDN. A partir de 1980 commence une dégringolade, les causes sont multiples :

-Disparition d’une tranche d’âge

-Changement de mode au niveau de l’apéritif

-Notoriété de marques sans prestige

– Une appellation peu connue, confuse et mal choisie

– Un négoce peu concerné et des vignerons peu exigeants

Le vignoble des VDN selon Pierre Torres ne retrouvera jamais une période aussi faste. Pourtant, il est convaincu qu’une si belle histoire remontant à 2000 ans, ne peut pas se terminer. Les VDN ont des atouts d’exception : une histoire, un patrimoine, des paysages viticoles, une naturalité, un élevage magique.Il faut absolument mettre en avant l’élevage, donner un véritable statut d’éleveur au vigneron

L’avenir et la notoriété passe l’élevage et le développement de l’oenotourisme : la magie de l’élevage, ce qui impliquerait que les domaines aient des caves indépendantes pour élever ces vins, comme par exemple les Celliers des Templiers.

Les Vieux Millésimes sont des vins d’exception qui se valorisent très bien. Ils doivent accompagner obligatoirement les étiquettes, le terme « hors d’âge » étant trop vague, il faut copier les Portos et de servir des tranches d’âge, 10,20, 30 ans… et surtout il faudrait trouver un nom pour fédérer les VDN d’exception ayant au moins 10 ans d’âge, et pourquoi pas le mot « RANCIO ».  Enfin, il est essentiel de se tourner vers une consommation élitiste notamment en gastronomie. Pourquoi ne pas lancer le café gourmand catalan ?

IMG_1678Voilà le message de Pierre Torres, j’espère ne pas avoir trahi ses propos : si j’ai bien compris, la renaissance des VDN passe par :

  • la sauvegarde du coté exceptionnel du vignoble,
  • une véritable politique d’élevage,
  • une consommation pour des moments élitistes.
  • Un Café gourmand Catalan, proposé par la restauration haut de gammeJe ne sais pas si sera suffisant, mais saluons l’idée et essayons de persuader les restaurateurs de mettre à la fin de leur menu le café gourmand catalan.Je vous laisse y penser.Après un déjeuner très amical, j’ai continué la dégustation par le
    • Domaine Bénastra

      dont c’est le premier millésime, début 2015 Joseph et Wendy Paillé, ont abandonné la Loire (Domaine Pithon-Paillé) pour s’installer dans le Roussillon, Joseph présentait 2 vins :IMG_1680

    • La petite Soeur 2015, lladoner pelut, carignan, grenache et syrah, un vin simple, rond, harmonieux et gourmand. 13º et 15000 bouteilles pour un PVP de 9€
    • Blanc 2015, un vin de macabeu, grenache blanc, vermentino et chardonnay, en IGP Côtes catalanes. Je regrette que le nez soit légèrement marqué par le bois, mais la bouche reste fraiche. PVP 14€   Domaine à suivre, laissons leur le temps de s’installer.
      • Domaine Bertrand-Bergé à Fitou, j’ai gouté :

        IMG_1683

      Les Mégalithes 2014. Issu de vieux carignans, le vin est riche, puissant et harmonieux.PVP 12,50€

      La cuvée Ancestrale 2013, Carignan, Syrah, Grenache noir et Mourvèdre, intense, profond- PVP 14€

      La Cuvée Jean Sirven 2012,  45% Carignan, 45% Syrah et 10% Grenache, très dense, fruité, épicé, sèveux et élégant. Texture remarquable. PVP 37€

    • Domaine Laguerre,

      IMG_1684

      Je n’ai gouté que les rouges, les blancs sont exceptionnels, je vous en ai déjà parlé, donc je n’y reviens pas.

        • Le Passage 2015, 80 % Carignan/ 10 % Syrah / 10% Grenache, un vin facile à boire, souple, friand et droit 13 % vol. PVP : 13€
        • Eos 2015, 80% Grenache Noir – 20% Syrah, 8 mois de barriques, un peu moins léger que le précédent, mais, il reste souple, franc et vibrant.
        • Domaine Gardiès, à Espira de l’Agly
          • Les Vignes de mon père  Carignan blanc 2014,  cette cuvée change chaque année son encépagement et la production en est très faible 600 bouteilles pour un prix de 30€. Elles sont en règle générale achetées par la restauration. Le vin est très intéressant avec une jolie profondeur et une acidité bienvenue.
    • IMG_1685
      • Les Vignes de mon père Malvoisie 2014, un vin plus solaire mais aussi avec une belle fraicheur, il faudra l’attendre davantage que le précédent. /700 boutelles pour le même prix.
      • Les vignes de mon père Teulière 2015 (nom de la parcelle) un 100% carignan, rouge cette fois-ci, bien fait sans extraction, suave, juteux et très frais, ça m’a paru une bien jolie bouteille.
      • Domaine Les Clos Perdus à Peyrac-de Mer ,

        dans les Corbières, mais aussi avec des vignes à Maury, Montner, à cheval sur le Languedoc-Roussillon. Le nom Les Clos Perdus correspond aux choix des parcelles de vieilles vignes isolées sur les collines, délaissées des vignerons car trop difficiles à cultiver, sur des coteaux, et absolument pas mécanisables. Beaucoup de cuvées, aucune ne laisse indifférent, toutes très intenses et savoureuses.

      • L’Année Blanc 2015, l’assemblage est composé à 65% de macabeu, à 30% de grenache gris et à 5% de muscat provenant de cinq parcelles différentes, aux alentours de Montner, de Maury et du Mas de las Fredas. La cuvée “L’Année” représente les caractéristiques d’un millésime donné plutôt que les spécificités d’un terroir. Subtil, élégant, et présent.
      • L’extrême blanc 2015, IGP Côtes Catalanes, une cuvée issue de vieilles vignes plantées en 1898, sur 1 ha de marnes schisteuses dans la vallée de l’Agly. L’assemblage est composé à 70% de grenache gris, à 20% de grenache blanc et à 5% de grenache noir. 1200 bouteilles. La couleur est jaune paille foncé, le nez est intense avec une pointe de volatile qui n’est pas désagréable, en bouche, c’est gras, riche, la matière est soutenue par une superbe fraicheur. La finale quant à elle, est vraiment longue et salivante. PVP 33€
      • Le Rosé 2015, l’assemblage est composé à 95% de mourvèdre et à 5% de grenache, l’élevage se fait en barrique. Je l’ai beaucoup aimé, pour sa couleur, son intensité. Coup de cœur de la journée PVP 13€
      • Mire la Mer 2013 Corbières, l’assemblage est composé à 65% de mourvèdre, à 30% de carignan et à 5% de grenache, un vin ample et riche ouvert aux délicieuses notes de garrigue. 3000 bouteilles PVP 22€
    • IMG_1689
      • L’Extrême Rouge 2011, IGP côtes catalanes, l’assemblage est composé à 70% de lladoner pelut et à 30% de syrah. Un vin sérieux, concentré, serré qui ne demande qu’à s’exprimer. PVP : 23€
      • Vignoble Réveille France Crispeels,

        OLYMPUS DIGITAL CAMERA

        photo Michel Smith

        8,6 ha de vignes en culture BIO, situées sur les terroirs frais de la Haute Vallée de l’Agly. J’avoue que je ne connaissais pas ce domaine et j’ai trouvé cette femme très convaincante. Impossible d’oublier les étiquettes, assez atypiques, mais pleines d’informations

      • Ce Franc Tireur 2014, un 100%vieux carignan, IGP Côtes Catalanes, m’a bien plu, assez rond, souple, gouteux et gourmand, le tout pour 11€ la bouteille.
    • IMG_1693
      • Elan 2014 est un Côtes du Roussillon, un assemblage de carignan syrah et grenache, j’ai aimé la belle maturité de ce vin à la fois ciselé et frais. PVP 22€
      • White Spirit 2015 IGP Côtes Catalanes, un 100% macabeu, beaucoup de finesse et d’élégance dans cette cuvée.IMG_1692
      • Domaine de Cambis, 12 hectares de Saint-Chinian, à Berlou.

      • Le chant des Griots 2015 Vin de France, Viognier (60%), Rousanne (40%), offre une jolie complexité aromatique PVP : 7€
      • La Vie en Rose 2015, un Saint-Chinian fait à partir de vieux cinsaults et de syrah. C’est un rosé élégant, frais et gourmand. PVP : 7€
      • Les Jardins suspendus 2014, AOP Saint-Chinian Rouge, Grenache (60%), Syrah (40%), un vin floral,fruité ample et frais pour un PVP de 10€
      • Rock de Carignane 2014, vignes de Carignan ont plus de 80 ans et la plus vieille vient d’atteindre les 110 ans, fruité, épicé, intense et soyeux pour un PVP de 13,50€
      • Carnet de voyage 2013, AOP Saint-Chinian rouge, Syrah (70%), Grenache (20%),  Carignan (10%), les meilleures vignes de l’exploitation. C’est la grande cuvée du domaine, je l’ai trouvé un peu trop marquée par le bois, c’est dommage. PVP 16€IMG_1698

      Enfin, j’ai gardé pour la fin:

       

      IMG_1700

      Le Fameux Carignan Corner de notre ami Michel Smith

       

      OLYMPUS DIGITAL CAMERA

      Nos amis de Come Majou, photo Michel Smith

      IMG_1702

      Copain comme Cochon de Joseph Parcé

    • IMG_1706

      Et, mes CHERS RANCIOS….

      La semaine prochaine, je vous parlerai de la conférence de Freddi Torres sur les cépages rares d’Espagne.

       

    • Hasta Pronto,
    • MarieLouise Banyols 

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

12 réflexions sur “LA FÊTE DES VIEUX CÉPAGES 2016 A TRILLA

  1. Merci, MLB, de mettre ainsi en évidence le salon annuel de notre discrète association. Sous l’impulsion d’André Domine, de sa compagne Mechtild (conseillère municipale) et de toute l’équipe de Trilla autour de son maire, dont une autre conseillère, Laurence Billon, ce qui était à l’origine (2011) une modeste présentation de vins ne faisant pas appel aux sirènes de la « modernité ampélographique » devient petit à petit un rendez-vous prisé des amateurs. Les ténors de l’appellation nous ont rejoints de bon coeur. Je signale par exemple l’arrivée cette année du fils de mon ami Jean Gardiés. Tout le monde a adoré les vins « spéciaux » qu’il a tenu à présenter, mais aussi la gentillesse de l’exposant. Je le dis d’autant plus facilement que je n’ai pas eu le temps matériel d’aller le saluer, visiteurs obligent.
    Et un peu de nombrilisme – ceci fera plaisir à ceux qui nous apprécient moins: en découvrant la coquine photo que Michel Smith, le néo-Biterrois, avait prise de nous en 2015, je m’aperçois que j’avais déjà la même tête de con et un polo jaune (pas le même), et que Christine avait également mis une robe claire à motifs colorés (pas la même non plus). par contre, la monture de ses lunettes diffère. Ah, le journalisme d’investigation a encore de belles heures devant lui! We need to take a CLOSER look at things.

    J'aime

  2. En tout cas, en tant qu’article de journalisme d’investigation, chapeau bas à Maire-Louise.

    J'aime

  3. Merci à tous les deux, vous avez une fois de plus raison Luc, j’aurais du préciser que la photo était de 2015.
    Mea Culpa.

    J'aime

    • Aucune « culpa ». Le document est amusant (je ne le connaissais pas) et je n’ai remarqué le « subterfuge » qu’aux bouteilles présentes sur la table. Hélas la cuvée La Loute 2007 et 2008 n’existe plus à présent dans ces millésimes anciens, même au domaine. C’est Baptiste, le fin sommelier de La Barbacane, qui m’a piqué les dernières.

      J'aime

  4. J’insiste sur le travail exceptionnel réalisé par l’équipe rassemblée par le journaliste allemand André Dominé, installé dans ce village isolé du Fenouillède. C’est lui qui, par son enthousiasme, a convaincu la plupart des vignerons – certains fidèles et des vignerons stars venus de très loin – d’exposer leurs raretés ampélographiques. C’est cette même équipe de bénévoles qui se donne du mal pour trouver des intervenants et proposer des conférences sur des sujets passionnants.
    Personnellement, j’ai pu faire le plein comme chaque année, de mon vin d’été favori, les « Oeillades » de l’ami Thierry Navarre à Roquebrun, un vigneron authentique et exigeant de Roquebrun dans le Saint-Chinianais. Un gars qui devrait servir de modèle à bien des jeunes vignerons qui se lancent parfois un peu trop la tête en l’air. Quoiqu’il en soit, merci Marie-Louise pour ce compte-rendu de première !

    J'aime

  5. André, c’est un bon, et si modeste avec cela.

    J'aime

  6. Like et Luc, cela pourrait faire Likey Luke ?

    J'aime

  7. Voilà un article comme on les aime. Sérieux sobre et concis bravo et bonjour à tous ces fantastiques vignerons qui font vivre les traditions. MLB j’attends avec impatience l’article sur les vins Espagnols.

    J'aime

    • Salut Gérard (de la part de la fantastique tradition qui tente de faire vivre les vignerons sobres et concis). Il y a ici une jeune femme (en stage traiteur pdt deux mois dans les P.O) que je connais bien, qui habite maintenant près du CHR de Namur (tu connais?), qui vient de finir la 1ère année (chef d’entreprise Horeca) à l’ifapme et se rapproche de la ville au Cheval Bayard. Pour info. Quant au talentueux Olivier Strebelle (voir le même Cheval Bayard), il boit régulièrement de la Cuvée Majou en famille.

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s