Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Deux Rhône de France, Jaume et Trapadis …

2 Commentaires

Pour en trois mots indiquer l’origine et le type des vins, Rhône de France semble le mieux indiqué, du moins dans cette petite rubrique, loin de moi l’idée d’une quelconque suggestion aux instances officielles qui savent.

Rhône de France, tout simplement parce que les deux vins évoqués sont deux cuvées très récentes élaborées dans le sud de la Vallée et qui m’ont plus dès la première gorgée.

Rhône SYRAH 006

La première, un rouge friand fait que de Syrah, au fruité généreux, rien à voir avec les Syrah du nord, c’est pas le but.

Rhône SYRAH 008

L’autre plus particulière et peu usitée à Rasteau, un naturellement doux blanc, rien à voir avec un Doré, c’est vraiment pas le but.

 

SY-RAH Family Vin de France 2015 Vignobles Alain Jaume

Rhône SYRAH 004 

Christophe Jaume, son géniteur, m’avait prévenu, l’étiquette peut choquer les âmes sensibles. Voir autant de rats sur une étiquette frise le cauchemar éveillé, j’ai mis un certain temps à la prendre en main… trop mignons, j’avais trop peur de les écraser.

Pourpre violacé, il explose de fruits, ceux dessinés sur l’étiquette (pour une fois que ça correspond…), myrtille et cassis ne font pas dans la dentelle mais dans l’abondance, soulignées de poivre et de réglisse, une fragrance de violette, la bouche s’attend à mille délices.  Elle n’est pas déçue et les papilles affolées n’arrivent plus à se contrôler, tant la gourmandise est au rendez-vous. Fraîcheur acidulée au goût délicat de citron, tanins légèrement hérissés qui étoffent la structure, fluidité au juteux généreux bien épicé, forment un trio efficace pour nous apporter une jouissance gustative spontanée. Un vin de plaisir pur, mais qui ne manque ni de fond, ni de longueur, ni de densité. Bref, une bouteille « dangereuse » qui se vide allègrement (j’ai mis des guillemets à dangereuse pour ceusses qui…).   

Revenons à l’étiquette qui fait partie du concept, elle nous rappelle les magasins de bonbons et leurs boîtes décorées de personnages imaginaires, petite madeleine délicatement parfumée qui encourage nos sens à nous rappeler les plaisirs de notre enfance.

Vignobles et signatures 30 ans 063

http://vignobles-alain-jaume.com/

Les Ponchonnières (blanc) 2014 vendange de novembre Vin de France Domaine du Trapadis

 Rhône SYRAH 007

Le tout premier millésime dégusté des Ponchonnières était le 2003, en version rouge ce naturellement doux offrait paradoxalement vu le millésime, une fraîcheur à tomber tellement elle apportait une succulence inaccoutumée. À chaque rencontre avec Helen Durand, le concepteur, j’en profitais pour déguster les millésimes suivants, en général, chaque fois différents, mais toujours aussi inattendus et succulents. Mais voilà qu’Helen a décidé d’en faire en blanc, bonne initiative, et puis indubitablement bien meilleur que les affreux Doré qui font encore long feu.

La robe jaune aux reflets vert doré se parfume illico de poire au sirop, de pêche jaune et de Corinthe, une note d’anis et de réglisse accentue les perceptions fruitées. On s’attend à une bouche intense, sucrée, pas du tout, ici tout n’est que raffinement, touche subtile, douceur fraîche à la texture onctueuse. Tout commence par les arômes floraux de guimauve et de rose blanche qui se distillent doucement. Suivent les fruits en gelées de poire, de raisin et de groseille blanche macérées dans un rien de liqueur d’amande. Fleurs et fruits se poudrent d’épices, épices qui en soulignent la saveur. Poivre, cumin, mélisse et légère réglisse s’en donnent à cœur joie et prolongent notre allégresse devant autant de délicatesse.

Par contre, je ne connais pas l’assemblage, je demanderai à Helen quand on se verra.

Rhône Rasteau sols 001

https://fr-fr.facebook.com/DomaineduTrapadis/

Sympa tout ça !

 

Ciao

IMG_2477

Marco

 

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

2 réflexions sur “Deux Rhône de France, Jaume et Trapadis …

  1. Marc, tu casses à juste titre du … sucre sur le dos des « Doré ». Mon nouveau statut ne me permet plus de déguster autant que jadis les vins des autres. Toutefois, à des fins commerciales et récréatives, je sillonne pas mal le Luberon et aussi le sud de la Drôme. Les restaurants proposent souvent des VDN … à l’apéro. Je me mets en devoir d’y goûter et c’est vrai que les dorés, qui devraient être des espèces d’ambrés sinon des rancios, sont souvent atrocement décevants. A l’inverse, les « cartagènes » ou autres ratafias de l’Hérault et de l’Aveyron sont de meilleurs en meilleurs. Pourtant, il est diablement plus difficile d’équilibrer une mistelle (à cause de sa sucrosité) qu’un vin muté. Bizarre.

    Aimé par 1 personne

  2. Rarissimes sont les restaurants à proposer des VDN à l’apéritif…cela fait des années que cela ne m’est pas arrivé. De façon générale, si l’on décline les apéritifs classiques, le personnel propose du vin (des blancs ou des rosés), ce qui est de loin préférable. Les « Dorés » vous ont chagriné ? Curieux. Qu’est-ce vous appelez « doré » ? Rien à voir avec des rancios ; éventuellement, avec des ambrés. Les cartagènes sont des vins très familiaux ; chacun en faisait chaque année une bonbonne de 20 ou 30 litres ; leur seul charme tenait au fait que les recettes variaient d’une famille à l’autre et que l’on se faisait passer le mot : « le cartagène (chez nous, ce mot était masculin) de untel est fameux, tu devrais aller leur dire un petit bonjour ». Et puis cela évitait d’acheter un apéritif (Dubonnet, Byrrh, St-Raphaël, Bartissol, Vabé, Cinzano…) jugé coûteux et industriel.

    A Rasteau, tout au moins, les VDN de grenaches noirs, gris et blancs se rangent selon une organisation particulière : avec le grenache noir, on peut élaborer une première teinte « grenat » ; élevage très court en bois (# 4 mois) ; le côté oxydatif n’est pas du tout privilégié. Puis, par saignée ou pressurage, on obtient des rosés ; qui sont mis en bouteille le plus tôt possible ; les ambrés sont des vins issus de grenache rouge (saignée ou pressurage) ou blanc, élevés 12 à 18 mois minimum en barriques ; côté oxydatif recherché ; les tuilés subissent un élevage de 30 mois en barriques (grenache rouge – ce sont des grenats élevés avec recherche du côté oxydatif). La catégorie des « hors d’âge » exige un élevage/vieillissement de 5 ans minimum (pour les trois couleurs, blancs ambré, rosé ambré, rouge tuilé) ; enfin la mention rancio (très rare) s’applique à des vins ambrés des trois couleurs qui atteignent ou dépassent les 5 ans d’élevage et bénéficient de l’action de levures donnant des goûts classiques de noix et autre fruits secs. J’espère ne pas avoir commis trop d’erreurs…

    C’est un peu compliqué, mais quelle richesse extraordinaire !! Pour tous les moments d’un repas. Sauvons ces VDN en voie de déclin ; ils le méritent et les vignerons qui s’accrochent à ces méthodes d’élaboration ainsi qu’au maintien en bon état de vie de très vieilles parcelles de grenache devraient être aidés…

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