Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Marqués de Griñon

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A la faveur du colloque « Terroirs » de l’Abadia Retuerta, dont je vous ai parlé voici quelques semaines, j’ai fait une belle rencontre: celle de Carlos Falco, Marqués de Griñon.

Monsieur le Marquis est un homme affable, polyglotte et ouvert sur le monde. Un homme de culture. Et d’agriculture, aussi: après des études d’agronomie, en Belgique puis en Californie, il revient en Espagne et décide de céder au virus du vin qui l’avait contaminé tout petit, chez les Bons Pères. 

Il parle avec mesure, choisissant ses mots avec soin, comme s’il les goûtait. C’est qu’il se passionne pour les terroirs. Terroirs d’histoire et terroirs en devenir, comme celui qu’il révèle au Dominio de Valdepusa, le domaine familial, depuis le début des années 1980.

Et comme il pense plus loin que son propre intérêt, il est également un des fondateurs de l’association Grandes Pagos de España. Celle-ci  regroupe une trentaine des meilleurs crus d’Espagne, et a la particularité de compter en son sein des vins hors DO. Le système espagnol permet en effet à des vins d’exception d’obtenir leur propre mention, même s’ils ne sont pas dans une zone d’appellation (un peu à l’image de la catégorie des vins exceptionnels chère au regretté René Renou).

Le Dominio de Valdepusa est justement un de ces vinos de pago, qui ont leur dénomination particulière; il se situe dans les monts de Tolède, longtemps plus réputés pour leur huile d’olive que pour leur vin.

Ce relatif incognito, cette page quasiment vierge permet au néo-vigneron d’expérimenter; sur les conseils d’Emile Peynaud, il choisit de planter sur son domaine, non pas du Grenache ou du Tempranillo, mais du Cabernet Sauvignon – des analyses récentes ne montrent-elles pas que les Carménets sont d’origine espagnole? Puis il rajoute du Petit Verdot et de la Syrah. Depuis les années 90, il développe aussi un cépage local, le Graciano, qui monte peu à peu en puissance dans certains vins du domaine.

C’est peut être un peu « bateau », mais  je trouve que son vin est à son image – je parle en particulier de sa cuvée AAA 2010, nommée non pas en référence aux agences de notation financières, ni aux andouillettes, mais aux 3 initiales de ses enfants. C’est celle que j’ai dégustée à l’abbaye de Retuerta.

Grinon

Est-ce le fort pourcentage de graciano, un cépage riojano présentant une belle acidité naturelle, qui explique la belle fraîcheur de ce vin?  Il a d’autres atouts, en tout cas; notamment sa puissance si joliment contenue – ce grand seigneur de Castille à la forte personnalité, presque sauvage, enfile des gants de velours, je veux dire, des tannins tout lisses. On ne s’étonnera pas d’y trouver, perçant sous le vernis, de beaux épices (romarin, pimentón fumé). Malgré cette abondance se sensations, cela reste mesuré, équilibré, raffiné. ¡Bravo, Señor!

Hervé Lalau

Auteur : Les 5 du Vin

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