Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Cave de Plaimont 2/2

7 Commentaires

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Voici la deuxième partie de ma dégustation des vins (une partie seulement) de l’excellente Cave de Plaimont dans le Gers, qui couvre plusieurs appellations de la région (voir carte ci-dessus). Je n’ai pas dégusté les vins doux à cette occasion, ni les Madirans. La semaine dernière, j’ai parlé des vins blancs secs. Je vais passer sur les rosés de ma dégustation, qui sont corrects mais qui ne m’ont pas emballés, pour vous parler cette semaine uniquement des vins rouges. J’ai émis quelques conclusions à la fin de cet article.

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Les vins rouges de Plaimont

Favori de Gascogne 2014

(Merlot et Cabernet Sauvignon / Prix 3 euros)

Couleur rubis clair. Nez net, avec des notes d’une intensité moyenne de fruits rouges et des touches de sous-bois. Un fruité très plaisant en bouche pour ce joli vin qui est même remarquable à ce prix-là. 

Rive Haute 2014

(Merlot et Tannat / Prix 4 euros)

Robe proche du vin précédent. Les tannins y sont plus présents, donnant une structure un poil plus austère. Plus qu’honnête à ce prix.

Corolle 2015

(Merlot et Cabernet Sauvignon / Prix 4,70 euros)

Je n’aime pas la forme du flacon qui rappelle certains rosés de Provence. Vin tendu et un peu amer en finale. Le plus faible de la gamme, de loin.

Nature Secrète 2014

(Vin bio : Merlot et Cabernet Sauvignon / Prix 5,20 euros)

Le nez est net, à la différence de la version blanc de ce vin. Un vin pimpant et frais qui possède aussi une petite structure aux tannins fins bien suffisante pour cadrer son joli fruité. Encore un excellent rapport qualité/prix.

Domaine de Bazin 2014

(Merlot et Syrah/ Prix 5,40)

Couleur rubis, de moyenne intensité. Assez aromatique autour de fruits rouges, de prune et une touche d’épices. L’attaque est assez ronde et la texture soyeuse. Un vin plein avec une bonne longueur. Tout à fait remarquable à ce prix et bon en tout cas. 

Béret Noir 2014, AOC Saint Mont

(Tannat, Fer Servadou et Cabernet Sauvignon / Prix 6 euros)

L’encépagement lui donne une forte coloration sud-ouest. Le Fer Servadou s’appelle Pinenc dans cette région, et Braucol à Gaillac et il fait partie de la famille des carmenets. Vin vif, ayant du relief. Il est même un peu anguleux à ce stade. Un bon gascon à l’accent rocailleux mais qui viellera bien trois à cinq ans.

 

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Moonseng 2015

(Merlot et Manseng Noir / Prix 6,20)

Issu d’une parcelle à côté de Lectoure, voici un vin qui possède une vrai originalité (y compris dans le nom et dans l’habillage qui font probablement allusion à Fleurance, ville voisine de Lectoure qui consacre les astres chaque année) avec l’emploi d’un cépage rare qui a été remis en production par Plaimont : le manseng noir. Le volume reste encore confidentielle en attendant l’arrivée en production de nouvelles plantations mais l’avenir est prometteur car ce vin semble avoir trouvé son marché et est en rupture de stock chaque année. Il fait dire que c’est une vrai réussite : vivacité et caractère sont au rendez-vous, avec des tannins fins et une bonne présence de fruits noirs en bouche. Fin et assez long, c’est un très bon vin qui pourrait même se vendre plus cher. Mais c’est tout à l’honneur de Plaimont de le maintenir à un prix plus que raisonnable. Voici un petit film sur le Manseng Noir.

 

Domaine de Cassaigne 2014

(Merlot et Syrah / Prix 7,20)

Ce vin m’a semble trop marqué par le bois au nez. La matière est belle cependant, mais l’élevage reste bien trop dominant. Je ne suis pas un phobique du bois cependant, mais trop, c’est trop !

Les Hauts de Bergelle 2012, AOC Saint Mont

(Tannat, Fer Servadou et Cabernet Sauvignon/ Prix 6,20 euros)

Robe dense entre le rubis et le grenat. Le nez a des notes de fumé et d’épices au-dessus de sa base de fruits rouges. Dans ce cas l’élevage a bien joué son rôle en arrondissant la matière tannique, qui reste quand même bien présent. Bonne longueur. A conseiller sur des mets salés pour réduire l’impact du tannins et faire ressortir son fruit. 

Château Saint Gô 2011, AOC Saint Mont

(Tannat, Fer Servadou et Cabernet Sauvignon / Prix 9,20 euros)

Le nez est fondu et le bois bien assimilé. Une belle structure et une superbe qualité dans la matière. Vin harmonieux et complet dans son genre. J’en déguste de ce niveau de qualité qui valent deux fois ce prix !

Monastère de Saint Mont 2010, AOC Saint Mont

(Tannat, Fer Servadou et Cabernet Sauvignon / Prix 15,30 euros)

Un vin riche et très gourmand qui apparaît encore d’une jeunesse étonnante. La matière est dense, voire un peu épaisse. Je me demande même si l’extraction n’a pas été trop appuyée dans ce cas. Très belle longueur mais à attendre encore de préférence, sauf si on les aime massifs.

 

Aussi dégustés, à une autre occasion dans la même semaine :

Château de Sabazan 2014, AOC Saint Mont

(85% Tannat et le reste en Cabernet Franc / Prix 15 euros environ)

La mise est récente pour ce vin issu de ce qui est considéré comme un grand millésime localement. C’est puissant et l’acidité est bien présente (un des marqueurs du tannat). C’est même un peu mordant car il a pour effet de durcir les tannins. A oublier pendant 4 ou 5 ans à mon avis, et là il devrait se révéler pleinement.

La Madeleine 2015, AOC Saint Mont

(100% Tannat / Prix 35 euros)

Un échantillon pas encore en bouteille. Grand potentiel pour ce vin issus d’un parcelle de très vieilles vignes (plus de 100 ans) proche de la ville de Marciac. Beaucoup de volume au nez dominé par les fruits noirs. Le boisé est encore marqué, ce qui est normal à ce stade. On atteint les sommets dans la gamme de prix des vins de Plaimont mais c’est un vin rare et la qualité est bien au rendez-vous. J’attends de le déguster plus tard pour le cerner réellement.

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Conclusions

A partir de sa base historique à Saint Mont (ci-dessus), Plaimont a su se développer d’une manière cohérente en s’associant avec, ou en englobant, plusieurs autres structures coopératives du Gers et des Pyrénées Atlantiques.

Quant aux vins (le nerf de la guerre, quand-même), il s’agit d’une gamme remarquable dans l’ensemble, avec très peu de faiblesses comme j’ai pu le constater. La modestie des prix de la très grande majorité des ces vins n’est pas leur seule attraction, loin de là. Il s’agit de vins de caractère, qui illustrent bien leur climat océanique, et qui jouent habilement sur la grande variété des cépages de la région, et les combinant différemment selon les cas. Je pense que ce dernier point sera augmenté dans les années à venir, à condition toutefois que les autorités nationaux  daignent prendre en compte tout le potentiel de cette diversité pour laquelle la Cave de Plaimont fait beaucoup pour en conserver ce qui peut encore l’être. Sur le plan commercial et local, leurs boutiques de vente sont claires, modernes et très agréables pour le client de passage. On y voit aussi, à côté des flacons en verre, la poursuite d’une vente en vrac, dont une bonne partie aux coopérateurs eux-mêmes qui viennent y remplir leur bidons en plastique. C’est cela aussi la réalité du vin en France.

 

David Cobbold

 

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

7 réflexions sur “Cave de Plaimont 2/2

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  2. Qu’est-ce qui fait la différence entre un Madiran et un Saint-Mont, David? Bien sûr, l’aire géographique n’est pas là même. Mais ça, c’est une décision administrative, arbitraire, mêrme si elle est sous-tendue par des considérations géologiques (?) et surtout, de rivalité commerciale (justifiée ou non, ce n’est pas là que je veux en venir). Tu reproches, oh gentiment, un côté un peu trop extrait, voire rustique, à certains des vins que tu décris, alors qu’ils sont des Saint-Mont. Moi, c’est ce que j’apprécie justement dans le voisin de Madiran en général. Et j’ai pu remarquer que tu préfères des vins un peu plus élégants et civilisés que moi.
    Est-ce que justement, nous ne nous attendons pas à déguster des Saint-Mont qui seraient « comme des Madiran », mais en plus sages et un peu plus passe-partout, susceptibles de plaire à plus de monde? Bandol a suivi cette évolution aussi, mais au sein de l’appellation-même. Et Cahors également.
    Pour le Cahors, cela lui a rendu une nouvelle jeunesse. Et là je sais que nous aimons les mêmes, souvent. Pour Bandol, la mode du rosé brouille les cartes: il se produit beaucoup moins de rouge qu’auparavant (en pourcentage), sans qu’on puisse savoir si c’est parce qu’il faut des raisins pour vinifier suffisamment de rosé ou bien par désaffection du public pour ces vins rouges « solides ». Un peu des deux sans doute
    Enfin, je reviens sur un autre aspect attirant de l’aventure « plaimontienne ». En satellite de la cave, une série d’agriculteurs (retraités ou en activité) ont été encouragés à ouvrir, ou à rouvrir, ou à gérer des chambres d’hôtes et des gîtes, de très bon niveau mais pas exorbitants en prix.
    Je ne suis pas un inconditionnel de l’oenotourisme mais c’est un très vaste débat. Par contre, le fait de pouvoir loger sur place des visiteurs, chez des gens du cru, est bon pour tout le monde: le client aime ça et peut ainsi limiter ses déplacements en voiture alors que le vin a coulé. Et les locaux ont le public « sous la main » et disposent d’une source de revenu complémentaire. C’est notamment le cas à Saint Gô et à Sabazan que tu évoques.
    Tu sais que j’émets certaines réserves (sans acrimonie) quant à l’entreprise de La Clape, liées surtout à sa taille et donc à sa puissance commerciale, mais l’honnêteté force à admettre que l’accueil du public, les possibilités d’hébergement et de restauration, le séjour sur place, sont un atout indéniable.

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  3. Intéressante réflexion sur les différences de style Luc. Mais je pense que c’est davantage une question de choix par cuvée, voire par domaine, que l’affaire de différences fondamentales entre deux appellations voisines. Certes le cépage y joue un rôle aussi : tannat et malbec, quand ils sont bien murs, produisent peut-être plus de matière que le fer servadou. Mais, dans le cas que je cite dans l’article, il y a aussi le très jeune âge du vin et son millésime (2015).

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  4. La piste du fer … Il est autorisé à Madiran aussi, mais c’est vrai que l’on ne l’y voit guère. Ce cépage entre en fait dans pas mal de vins du « Sud Ouest » mais on le « zappe » souvent, à cause de ses dénominations variées (mansois, pinenc, braucol …). Ce serait intéressant de le prendre par ce côté-ci de la lorgnette et de comparer entre eux des vins contenant une quantité significative de fer servadou. Je ne l’ai jamais fait alors que pour le tannat, oui (Irouléguy, Madiran, Cahors,Tursan et …. un Rasteau sans l’AOP).

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  5. Affaire (A fer) à suivre alors…

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  6. Pingback: Plaimont, toujours Plaimont… | Les 5 du Vin

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