Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Guide des Vins Bio 2017: un de plus !

27 Commentaires

N’ayant pas le talent nécessaire, étant en plus d’un naturel plutôt aimable, je déteste me lancer dans l’exercice de la critique.

Mais voilà, lorsque je reçois un livre par la poste, en «service de presse» qui plus est, je me dis que ceux qui ont décidé cet envoi ont bien entendu dans l’esprit (et l’espoir) que j’en parlerais… en bien comme en mal, peu importe. Sinon, à quoi bon se donner la peine d’un envoi ?  Résultat, voilà que je me coltine un guide de plus ! Qu’on se rassure, en cette rentrée, il ne sera question ni du Bettane-Dessauve, ni du Guide de la RVF qui a rajouté deux vignerons languedociens au panthéon des grands vins (Marlène Soria et Basile Saint-Germain, rejoignent enfin Olivier Jullien !), ni du best-seller d’Hachette. Je ne les ai pas reçus à ce jour et cela n’a aucun caractère de gravité pour les avoir décortiqué ici plus d’une fois. En revanche, pour la première fois – normal c’est leur première livraison – je reçois le Guide Amphore des Vins Bio réalisé par deux gars, l’un que je ne connais ni des lèvres ni des dents, Christophe Casazza, qui se présente comme «créateur culinaire» tout en étant très porté sur le vin, l’autre que je rencontre de temps en temps lors de diverses manifestations journalistiques, Pierre Guigui, qui fut naguère responsable du vin chez Gault & Millau.

Pas de doute, la première partie de l’ouvrage, soit au pifomètre une trentaine de pages sans compter les photos, ne manque pas d’intérêt, même pour un «professionnel de la profession», espèce dont je crois faire partie. On apprend tant de choses bonnes à savoir sur l’histoire du mouvement bio que l’on se prend à regretter que les auteurs n’aillent pas plus loin en mentionnant, par exemple, quelques domaines pionniers qui ne figurent pas par ailleurs dans la seconde partie du guide. On voudrait un livre ne traitant que de cette épopée glorieuse, que de ce sujet – les pionniers du bio – et l’on se prend à croire qu’avec un joli brin de plume et de bons portraits un tel ouvrage pourrait être palpitant.

Parfois, non sans une certaine audace, l’ouvrage nous embarque aussi dans des considérations plus techniques. Chose appréciable et ma foi fort utile pour des commentateurs qui se disent « avisés » et qui affirment souvent tout et n’importe quoi, sur les réseaux sociaux notamment. Certains lecteurs aussi, j’en suis sûr, pensent encore qu’un vin se fait tout seul, comme par enchantement. Alors, ce genre d’article montre, à condition de le lire, combien la technique, la connaissance de la chimie aussi, ont leur importance dans la conception d’un vin. Avec au passage quelques rappels à la Loi – même techniques – qui, eux, là aussi, ne sont pas inutiles à connaître. Mais une fois de plus on aurait aimé que les auteurs, plutôt que de vanter les vins du Concours Amphore (en gros 60% du livre) dont ils sont eux même les initiateurs et organisateurs, explorent pour nous un peu plus profondément certains registres autour des vins bio et biodynamiques.

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Comme le sujet brûlant des sulfites ou des vins dits « naturels » que bien des consommateurs confondent encore avec les vins bios en général. J’ai eu beau chercher, je n’ai rien trouvé là-dessus. Autre sujet important où une explication même technique s’imposait, l’apport de levures « indigènes » souvent préférées par les bio et biodynamistes aux levures sélectionnées aussi dites « commerciales ». Bref, il y a du bon comme du moins bon dans ce livre à la gloire du Concours Amphore (encore lui !), de ses «450 meilleurs vins bio du monde» (sans commentaire…) et de ses plus de 200 vins médaillés (sans commentaire non plus…). Et plein de questions. Outre leur médaille, qu’est-ce qui justifie  leur présence dans ces pages ? Pourquoi certains domaines bénéficient d’une description élogieuse pour un unique vin sans médaille probablement au détriment d’autres ? Qu’ont payé les vignerons par échantillon pour participer au concours? Ont-ils de nouveau déboursé pour avoir l’honneur de figurer dans le guide ? Pourquoi ne pas rappeler l’encépagement des vins que l’on décrit ? Pourquoi tant de mystères sur l’élevage? Et quid de cette mention relevée en fin d’ouvrage : «L’abus d’alcool est dangereux, etc» ?

Les résumés de dégustation ne lésinent pas sur les mariages mets et vins, tandis que le guide s’achève ne laissant que quelques pages à des vins argentins, allemands, chiliens, italiens ou autres (on déplore l’absence de l’Espagne et du Portugal, acteurs de plus en plus présents en bio), ainsi qu’une liste de bons cavistes spécialisés dont un seul, affilié à la région Sud-Est (!) représente le Languedoc et le Roussillon.

«Garde-toi bien de critiquer tes confrères, car ils ne manqueront pas de nous renvoyer l’appareil un jour». Voilà ce que me disait un rédac-chef dans une revue où j’officiais jadis. Alors, je vais cesser de chercher la petite bête tout en tentant d’être bref dans ma conclusion. S’il y avait au moins une bonne raison d’acheter ce guide (20,90 €, aux Éditions de La Martinière), ce serait pour l’interview édifiant d’Olivier Humbrecht sur l’acidité dans les vins en biodynamie. Enfin, cela est assez rare pour être signalé, j’en profite pour faire remarquer que cet ouvrage ne comporte aucune faute d’orthographe sur les appellations et les noms du vin.

Michel Smith

 

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

27 réflexions sur “Guide des Vins Bio 2017: un de plus !

  1. Michel, tu nous a déjà fait pas mal de bons papiers dans ta chienne de vie. Oui, même du temps où c’était pour Mme Lecouty ou Paris-Match. Celui-ci figure parmi cette catégorie. Pas d’excès, les bonnes questions … On sent la sérénité du bonhomme, tout à sa nouvelle vie héraultaise. Ils sont cool les Héraultais, enfin, souvent.
    Une seule remarque à propos de tes remarques: je fais encore toujours partie de ceux qui pensent que le vin se fait tout seul, comme les enfants ou les chevaux. On ne fait que les « guider », donner des directions, empêcher les déviations et les déviances et maintenir un minimum de propreté. Peut-être parce que moi-même je n’ai pas « appris ».
    Ca se discute, je suis d’accord.

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  2. J’encourage tout lecteur de cet excellente critique d’aller suivre le lien en bas de page vers un autre papier de Michel, Smith intitulé « Bio? Nature?……. », puis, peut-être, d’aller danser le twist.

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  3. Bonjour Michel, une complément du terrain. J’ai participé au concours des Amphores avec deux 2015 du Domaine de Provensol. Pour l’inscription, le tarif était de 50 euros par échantillon. Le premier échantillon était gratuit compte tenu de ma participation au Marché des vins Bio de Montreuil. L’un des vins, le Cléduny 2015, a été distingué par une médaille d’argent, notre première médaille d’argent. Assemblage 80 % grenache, 20 % syrah. Ce n’est pas une grande médaille, je n’y croyais pas mais c’est devenu pour nous un passage obligé pour présenter les vins aux distributeurs paresseux ou indécis.
    Quant à Léon Luc, je partage complètement votre sentiment « le vin se fait tout seul ». Probablement parce que comme vous je n’ai jamais « appris ». Probablement aussi parce que je ne développe pas souvent un sentiment de possession qui s’exprime dans l’expression « mes vins ». A mon âge, je reste persuadé que la liberté est une vertu cardinale et j’ai l’habitude d’écrire que mon objectif est de donner à mes vins mais aussi à mes vignes autant de liberté que possible. Toute la difficulté étant non pas de contrôler cette liberté mais de donner aux vignes ainsi qu’aux vins la possibilité d’exercer cette liberté pour conjuguer nos efforts et arriver à nos fins : obtenir simplement de bons vins. Où se trouve le bon équilibre ? En plaisantant, je dis parfois que je suis paresseux et que j’en fais le moins possible. Pas dans la tête en tout cas ! Résultat, cette année, avec un traitement anti-mildiou trop tardif sur mes vignes bio + pas de mistral après la pluie + la coulure, j’ai perdu plus de la moitié de mes grappes de grenache. Des vignes et des vins en liberté demandent finalement beaucoup plus de soin, d’exigence et de travail. C’est peut-être le prix à payer pour le vigneron un tant soit peu libertaire.

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    • Merci de cet éclairage. J’appartiens quant à moi à la catégorie de ceux qui parlent de « mes » vins, parfois « nos » vins car j’y associe Christine. J’ai vinifié deux millésimes sans elle au début et je pourrais continuer mais cela me serait beaucoup plus difficile. Les vins seraient différents sans son aide aussi. Ayant exercé 3 autres professions (voisines entre elles mais non agricoles) auparavant, avec un relatif succès social mais sans aucune satisfaction personnelle, je suis en fait très FIER (vanité, orgueil, présomption, simple fierté ….?) du travail accompli et de son résultat. Voilà la justification de l’adjectif possessif, même si je suppose que les pédagogues post-Mitterrandiens « en charge » de l’instruction n’appellent plus cela comme ça.
      En 2014, je n’ai presque pas eu de vin sur certains secteurs, à cause du mildiou également. C’est la première fois depuis que je suis ici qu’il m’atteignait, cependant.
      Je ne suis pas paresseux (me semble-t-il) et souhaite diriger gentiment les choses, par petites touches. Mais ce sont les raisins qui donnent la trame et la substance et ma manière de faire – je ne parle pas d’influence, c’est un peu le hasard, par nécessité – occasionne les petites spécificités « extra-naturelles ».
      Libertaire … Comme pour les nombreux « Sonnenuhr » des vignobles en bordure de la Moselle, chacun voit midi à sa porte et ce terme, galvaudé (mais qui me plaît), revêt des significations diverses, proches de l’extrême gauche pour certains (je ne vois pas pourquoi) et proche de l’apolitisme et de l’applanissement des affects pour les autres. Un vieil ermite bouddhiste, Siméon Le Stylite et Proudhon sont, dans leur genre, des libertaires … si on veut.

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  4. C’est surréaliste! Je retourne me coucher.

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    • Moi j’aime bien le Guide des Vins Bio de Pascal Patron – et pas seulement parce que c’est un copain. Ses choix sont subjectifs, comme tous nos choix, mais toujours de bonne foi, et à l’usage, je me rends compte que j’aime beaucoup des vins qu’il sélectionne.

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  5. Bon papier Michel, merci. Autant que je sache toute l’organisation du concours Amphore est benevole, et pour l’essentiel c’est l’oeuvre et le travail de Pierre Guigui. Le guide qui en decoule est comme toute selection subjectif, mais plus que probablement sans aucun critere mercantile. J’ai le plaisir de participer comme jure au concours Amphore depuis des annees et je dois dire que c’est le concours ou on rencontre le plus de jures a l’esprit ouvert. Ce fut aussi le premier concours pour les vins bio a une époque ou ils avaient bien besoin de reconnaissance.

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  6. Curieux commentaire de Michel, qui ne cesse, tout au long de son exposé, d’égratigner les auteurs et disant qu’il aurait mieux valu êtres plus exhaustif ici, moins silencieux là, moins prolixe sur tel sujet, etc…et dont la conclusion tient en une mise en valeur de l’interview de Olivier Humbrecht sur l’acidité dans les vins en biodynamie…Pour ma part, je trouve que tout cela représente une critique habilement voilée et ce n’est certainement pas l’une des meilleures contributions de Michel. Lorsqu’on se lance dans l’examen critique d’un ouvrage, le plus simple consiste à parler de ce qu’il contient et non pas de regretter ce qu’il ne contient pas. Entre deux bouffés de cigare, il va me répondre à sa façon.

    Autre sujet, abordé par Luc et Dominique sur « le vin se fait seul » ou pas. En mode biodynamique plus que tout autre, j’aime à considérer que le vigneron « accompagne » sa vigne et l’édification du vin beaucoup plus qu’il « n’intervient ». L’accompagnement diffère de l’intervention ; différence subtile, me direz-vous ? Certes, l’aune qui permet de mesurer cette différence est personnelle. L’accompagnement permet de veiller au bon déroulement des processus qui caractérisent le croissance de la vigne, la vie des sols, la cueillette du raisin, sa fermentation, sa macération ; une déviance se manifeste-t-elle ? Une correction peut se mettre en place de façon douce ; même différence entre le conseil et l’ordre. L’intervention vise trop souvent à modifier profondément ces processus, de la vigne au vin. On connait mille exemples de ce genre. Ce qui donne, entre autres, des vins typiques d’oenologues…

    Fierté : la fierté possède pour fidèle compagne la vanité et je n’aime pas du tout…On peut éprouver une joie sans limite tout en restant dans l’humilité ; les facteurs qui favorisent d’heureux résultats sont aussi bien d’ordre personnel qu’externes surtout dès lors que l’on s’adresse à une matière si fortement influencée par des paramètres naturels sur lesquels on n’exerce aucune influence (nota : né en 1942, je n’ai rien d’un pseudo – pédagogue post-mitterandien décérébré).

    Libertaire : terme fumeux, utilisé par des utopistes de tous les bords, faux philosophes, et autres engeances. Dominique a sans doute utilisé ce terme à la fin de son intervention pour signifier qu’il laissait à ses vignes un certain degré de liberté, qu’il les laissait vivre, ce qui lui a valu cette année de louper un traitement contre le mildiou ; pas la faute de la vigne, qui n’a pas pu se défendre de façon efficace, mais de Dominique. Il parle surtout de la liberté d’expression qu’il donne à sa vigne et à son vin, ce qui n’a rien à voir avec les connotations actuellement attachées au mot « libertaire ».

    Courage à tous les vignerons : l’eau nous a fait défaut cette année dans le Sud-Est ; on rentre des degrés très élevés (14,5° sur des Marsanne, 16° sur des grenaches) ; beaucoup de fin de maturité sont bloquées. Et la pluie n’est pas annoncée. Ou alors, trois gouttes, ce que l’on appelle « un pipi de rat ». Qui plus est, le mycélium de la truffe noire est resté privé d’humidité au mois d’Août et le risque de manquer de l’estimable Tuber melanosporum en Décembre et Janvier est très élevé.

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    • Oui, Georges, « le plus simple consiste à parler de ce qu’il contient et non pas de regretter ce qu’il ne contient pas ». Il me semble que c’est un peu ce que j’ai tenté de faire si vous prenez la peine de me relire. Sinon, j’ai perdu mon temps. Mais j’aime bien dire au Lecteur « ma » vérité, « ma » vision des choses. Beaucoup de guides me semblent inutiles – j’ai été moi-même auteur de plusieurs guides avec plus ou moins de succès – pour le simple fait qu’ils font figure de simple répertoire d’adresses, qu’ils oublient, à force de synthétiser, le sens de la découverte, de l’enthousiasme, de la poésie.

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      • Michel, on sait que vous n’avez pas aimé ce guide ou « pseudo-guide ». J’ai relu votre billet. Je retiens que 60 % du contenu de l’ouvrage sont constitués d’une sorte de compte-rendu du concours Amphore. Mais le reste est fait de remarques et de questions. On sait également que « les résumés de dégustation ne lésinent pas sur les mariages mets et vins ». Comment le conte,u est-il organisé ? Par régions viticoles, par AOC ? P

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      • Bonjour. Oui enfin la conclusion sur l’interview d’Olivier Humbrecht « édifiant »… Sur l’acidité des vins en Bd. On aimerait tout de même savoir en quoi est-ce édifiant ?
        Bien cordialement

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  7. Désolé pour les fautes qui se sont glissées dans ce commentaire ; le clavier des ordinateurs doit posséder une vie propre…

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    • Les claviers libertaires, peut-être?

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    • Je poursuis la rédaction de la réponse ci-dessus destinée à Michel, tronquée non pas à cause du clavier mais d’un clic malencontreux : Comment le contenu est-il organisé ? Par régions viticoles, par AOC ? Par ordre alphabétique des nom de domaines ? Comment les vins sont-ils analysés, décrits ? Est-ce pertinent ? Lisible ? L’information est-elle accessible pour le simple amateur de vins ? Et ainsi de suite…Les pb de financement sont ubiquistes ; les soulever n’apporte rien à l’information délivrée par les guides ou autres papiers. Je me mets à la place du quidam lecteur ; il va rester indécis : cela vaut-il la peine de se le procurer, ou non ?

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    • Georges, pour l’organisation du guide, c’est classiquement classé par région en commençant par l’Alsace. Mais ce qui me paraît plus important en tant que « critique », c’est le contenu. Bon, on ne va pas épiloguer là-dessus éternellement. Vous n’aimez pas ma critique et de mon côté, hormis le début, je ne vois pas l’utilité du reste du guide. Point.

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  8. L’avis de Denis Boireau, qui fait contrepoids, ne parle pas de la même chose que Michel. En plus, il a le mérite de ne mettre l’accent sur rien de particulier … Cette sotte saillie (d’humour) indique que Denis, que je tiens pour un très honnête homme et qui se définit aussi comme un libertaire et l’est à plus d’un titre, utilise un clavier QWERTY (c’est vrai). Je ne doute pas de son témoignage et il s’inscrit dans le sillage d’amis chers qui ont collaboré au concours du Mondial du Vin (à BXL ou ailleurs), et aux Bacchus à Perpignan (ou ailleurs). Moi-même, il m’arrive d’être juré au guide Hachette. Dans tous ces cas, nous avons l’impression que ce qui se passe aux tables est clean. Et ce l’est probablement. Les manipulations, s’il y en ou lorsqu’il y en a, se passent en amont (sélection des vins pour chaque jury) et surtout en aval, à l’échelon du rédactionnel. Et il est douloureux pour nous tous, bénévoles comme on l’a fait remarquer, de seulement même envisager qu’il y ait eu magouille ailleurs. C’est un peu le syndrome de Stockholm: nous prenons fait et cause pour les ravisseurs de notre propre intégrité! Decipimur specie recti!
    Ainsi aussi dans la recherche biomédicale: peu d’investigateurs trichent dans le recueil des données cliniques , ni n’inventent des cas. C’est la validation des rapports, leur analyse statistique, le compte-rendu et enfin le « peer review » qui introduit les biais, volontairement (souvent) ou de manière plus fortuite ou insidieuse.
    Ce qu’écrit Michel n’est pas antinomique du vécu de Denis: la dégustation au niveau des tables se passe sans parti-pris ET la sélection finale des vins décrits (vantés) répond apparemment à une logique de chapelle sur la foi des chiffres présentés par celui qui affirme « je suis d’un naturel plutôt aimable » (je confirme, pour le côtoyer de temps à autre) alors que M. Mauss l’appelle « le grincheux de service ». J’avoue l’avoir déjà vu bougon aussi, notamment quand on lui sert son carignan trop chaud.

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  9. Donc, si je comprends bien, ces gens qui publient des guides de vin en France font aussi des salons de vin et/ou des concours où ils font payer les vignerons pour y présenter leurs vins.
    Ils reçoivent ainsi de l’argent de ceux dont ils sont censés critiquer les produits !
    Vont-ils donner de mauvaises notes à ces gens qui leur donnent de l’argent ?
    N’y a-t-il pas apparences de conflits d’intérêts?

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    • C’est toute l’ambiguïté d’un système que je voulais souligner – hélas, sans le faire franchement – sans chercher à écorcher ou à blesser, mais simplement pour faire comprendre au lecteur de l’inutilité d’un tel guide. À moins qu’il ne soit (le lecteur) à la recherche d’un guide qui lui dit ce qu’il faut boire, le vrai guide est pour moi celui qui prend par la main, explique, donne envie et propose.
      Mais soyons honnêtes : on ne sait toujours pas si les heureux élus bio du vignoble ont payé leur place dans le guide.
      Quant au tarif de l’inscription au concours, il me semble correspondre à ce qui se fait d’honnête ailleurs.
      C’est pourquoi je pense qu’il y a deux sujets dans ce pseudo guide, le plus intéressant se trouvant dans les pages du début et qui aurait mérité, selon moi, un livre à lui tout seul… pas un guide, un livre.

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  10. Georges, pour les fautes d’orthographe faites comme en biodynamie : ne cherchez pas à les corriger ! Ou bien glissez sous les touches une pointe de silice, à la lune montante bien sûr pour qu’elles ne restent pas enfoncées. Si ce n’est pas un clavier libertaire, il devrait comprendre.

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    • Suggestion de silice, effectivement préférable à celle de bouse de vache prélevée dans une corne enterrée…Merci d’avoir opté pour un conseil relevant de la première solution.

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  11. Ainsi, si ces «critiques de vin» reçoivent de l’argent des vignerons, ils n’ont aucune crédibilité.
    Je vous suggère donc de consulter plutôt les guides Phaneuf (Nadia Fournier), Aubry et Lapeyrie.
    Ces trois personnes ne touchent pas d’argent des producteurs de vin.

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  12. Seuls les québécois seraient-ils honnêtes alors ?

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    • Il y a probablement des auteurs de guide de vin en France qui ne reçoivent pas d’argent des vignerons.
      Dites-moi lesquels.

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      • Salut Marc-André. Hachette, à mon avis, est le plus « clean » même si ce n’est pas mon style car, comme les auteurs sont (ou étaient) pour la plupart des « agents » des comités interpro dans chaque région qui s’occupent de l’organisation de la sélection, cela fait partie de leur budget relations publiques. Et comme les dégustateurs sont invités bénévolement à la sélection ce sont tous des « amateurs » mais aussi des oenologues, des acheteurs ou des retraités fonctionnaires de la viticulture. Dans le Roussillon, il y a même un ancien douanier retraité ! Je le connais et il goûte pas mal. Le plus dur dans ce concept est la synthèse. Je ne parlerai pas des autres guides très connus à qui j’ai déjà taillé un costard les années passées car ils sont tous liés peu ou prou à des salons qui font payer très cher leur participation au vigneron.

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  13. 1) Alors là, mes petits amours … Je ne pense pas que les vignerons soient capables de payer qui que ce soit. L’agro-alimentaire, oui!
    2) Au-delà des différends d’ordre personnel qui m’opposent à Truc – on ne s’est jamais rencontrés – nous sommes à l’unisson au moins sur un point: quand l’obscurantisme peut être évité, et qu’il y a une explication tangible (= scientifique ou au moins rationnelle), nous aimons tous deux à nous y raccrocher. Si Baudouin premier, pour qui je n’avais aucune estime, et sa charismatique moitié préféraient le cilice, je reconnais bien volontiers des vertus à la silice, mais pas en quantité homéopathique.
    3) Tout tourne autour de l’argent. Le plus surprenant est que les protestants (anglicans y compris) l’ont admis (j’allais écrire « confessé ») depuis Weber et d’autres, et sont DE LOIN plus honnêtes que les cathos de confession (pratiquants ou non). Il n’y a pas de pire mercantile qu’un marchand du temple. Je vous salue Marie, pleine d’agios et de dividendes …

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  14. Je vous invite à lire le livre de A à Z afin de vous faire une opinion. En ce qui concerne la participation au guide elle est gratuite bien évidemment. Par contre celle au concours est de 50 € par vin (et depuis des années gratuite pour les vignerons en difficultés et cette année en plus un vin est gratuit pour ceux qui participent à un salon « ami »).
    Nous pourrions parler des levures, de la vinif, des vins natures… peut être pour une prochaine édition ? Sachant que le dénominateur commun aux vins est la « certification bio » au delà des querelles de chapelles (nature, levurage etc). Comme une idée d’approche plus fédératrice.
    Dans ce guide la parole est donnée (outre à Olivier Humbrecht) à Paul Barre sur la biodynamie (ce qui est très rare) et François Veillerette (génération future) (ce qui est rare également). La parole est donnée aussi à des sommeliers, un caviste, quelqu’un de la concurrence et des Fraudes, Marc Jolivet … Le dossier représente un tiers du guide ce qui est mieux que rien…
    La sélection des vins ? être médaillé (donc jugé par 4 professionnels du vin, ce qui est quand même mieux que l’avis d’un seul pro) ou avoir un très bon niveau même sans médaille (en effet les concours sont soumis à une réglementation très stricte interdisant la distinction de plus de 33% des vins). Un vin au minimum de sélectionné permet d’avoir un commentaire domaine. Nous pourrions mettre aussi les cépages, le sol etc et même si le producteur porte des bretelles ou une ceinture. Nous mettons une température de service, une garde, si le vin est en biodynamie et/ou en nature en plus d’être en bio. Nous pourrions mettre bcp plus d’info et un autre journaliste nous dirait « mais mon dieu on s’y perd ». Nous pourrions également ne pas mettre d’adresse de cavistes c’est bien aussi un guide sans adresse de cavistes non ?
    Le prochain guide tiendra compte bien évidement des commentaires de nos confrères et du grand public .

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    • Merci Pierre pour ces précisions qui répondent à certaines de mes questions. Je pourrais continuer à chipoter, mais je pense que je vais m’arrêter là. Je me répète, bravo pour le travail « magazine » couvrant les 30 % de l’ouvrage.

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