Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

La double passion de Jean Rijckaert est devenue celle de Florent Rouve

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Vinifier à la fois des vins du Mâconnais et du Jura, voilà qui est original. Mais quand on est Belge, on ne réfléchit pas, on se passionne !

Parti de Belgique sans autre bagage que son envie furieuse de faire du vin, Jean Rijckaert est arrivé dans le Mâconnais dans les années 1980. Ave un autre Belge, Jean Marie Guffens, il fonde la société de négoce Verget, à Sologny, et apprend le métier. La vinification de quelques appellations en vue les propulsent à l’avant de l’affiche. Les affaires évoluent. Puis, Jean Rijckaert reprend son indépendance. Il s’installe, seul, à Leynes, dans le Sud Mâconnais, y achète quelques arpents de vignes et prend le parti de faire des vins les plus soignés possibles.

Jean en Jura

En voyage dans le Bon Pays, Jean craque ! Les paysages jurassiens, la sagesse des paysans l’interpellent. Son regard se tourne vers le sol, son intuition vers le terroir. Il en évalue rapidement le potentiel et se persuade qu’ici, aux alentours d’Arbois, on peut réaliser de grands vins. A l’époque ses possessions en mâconnais restent faibles, l’acquisition de quelques parcelles jurassiennes semble évidente. Le millésime 1998, son premier, l’enchante et confirme sa conviction. Ensuite, à la tête de 4 ha en Jura, il joue la carte de la vinification parcellaire, soit la mise en évidence du terroir du raisin à la bouteille.

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Jean Rijckaert et Florent Rouve

La retraite

En 2013, Jean décide d’arrêter et passe progressivement la main à Florent Rouve – la suite Hervé nous l’a fournie ce mercredi, pour la partie mâconnaise. Je pourrais ajouter que si Jean élaborait des vins «tranchants», vifs à en saliver longtemps, Florent propose des cuvées plus amples, qui font la part belle à cet équilibre entre acidité, gras et matière. Après, tout est une question de goût. Jean avait ses inconditionnels, Florent les aura, s’il ne les a pas déjà. 

13732118_1670577763268021_1892018934_nFlorent Rouve devant ses créations

Côté Jura: le comparatif

Deux terroirs, deux parcelles, deux vignerons, à 12 ans d’intervalles…

Vignes des Voises 2002 Côtes du Jura

Doré clair, à l’infime note aillée, mais très amande, caractéristique des sols de marnes grises. En bouche, une acidité franche tend la structure du vin et met en évidence les arômes de citron vert, d’amande amère et un rien de vanille. Un soupçon de terre humide rappelle la marne. Gras, minéral et fraîcheur façonnent son élégance et sa droiture. 2002 pour un viticulteur est une année de rêve, en Jura comme en Bourgogne

Vignes des Voises 2014 Côtes du Jura

Jaune vert lumineux, il se parfume de camomille et de gelée de pissenlit, avec l’impression de respirer du calcaire mouillé par la pluie. Un rien de fougère et d’aubépine renforce encore le côté floral. La bouche par contre préfère les agrumes et les fruits blancs qui apportent tout de go une agréable fraîcheur. Citron, poire et groseille à maquereau distillent leurs jus vifs et gourmands. Le tout coulé dans une matière dense. 

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En Paradis Arbois 2001 et 2002

D’un doré lumineux à l’oeil, le 2001 confit son citron au nez et propose une structure agréable en bouche pour ce millésime plutôt moyen. Avec son étiquette verte, qui signe l’achat de la parcelle, le 2002, lui, présente des notes grillées, confites; avec sa pointe de beurre noisette, il ne peut renier son cépage. Iodé en bouche, il séduit par sa profondeur et sa puissance. Sa masse fruitée et ses parfums floraux, soutenus par une fine amertume, lui donne de la race. «Je colle et je filtre les vins sur terre blanche, nous disait Jean; les levures passent au travers, pas les bactéries. Les vins ne sont jamais soutirés et restent sur lies jusqu’à la mise, sauf pour les Savagnins qui sont soutirés une seule fois. Le Jura est un vignoble à taille humaine. Ici, on peut sortir du lot, ailleurs, le vigneron émerge difficilement de l’anonymat».

En Paradis Arbois 2014

La robe est d’un vert très pâle; le nez est à la fois minéral et fleuri, avec des accents de citron vert, de feuille de menthe et un éclat de guimauve. Le minéral s’accentue en bouche et gratouille les papilles. La fraîcheur installe les arômes: un pétale de violette et de pois de senteur, un zeste de citron confit et une noisette de confiture de mirabelle. En finale se perçoit l’amertume racée et délicate qui apporte son quota de fraîcheur et soutient la longueur, avec son goût de réglisse et de poivre.

Certes, le vigneron imprime sa marque, son style, mais dans des terroirs forts, il lui faut composer avec le sol qui donne souvent le la.

www.vinsrijckaert.com

 

Ciao!

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Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

Une réflexion sur “La double passion de Jean Rijckaert est devenue celle de Florent Rouve

  1. J’ai rencontré ce jeune vigneron, autour de quelques verres de son vin. J’étais impressionnée par sa qualité de « passeur ». Il porte avec lui l’héritage d’un grand, il le sait, le respecte et l’honore. Le vigneron Jean Rijckaetr, est devenu une partie de lui. Il poursuit le même chemin avec talent, et c’est ce qui fait que les vins commencent à lui ressembler. Comme une forme de plénitude et de fondant, « plus ample » comme tu dis Marco. La patte d’un nouveau maître. Et une histoire de succession réussie.

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