Les 5 du Vin

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Du rififi chez Freixenet : vers un dénouement !

1 commentaire

En mai dernier, je vous parlais ici même des incertitudes qui se faisaient jour chez Freixenet, quant à la continuité de l’actionnariat (ICI)

Les Freixenet ont profité de l’été pour essayer de résoudre leur différent:  les Hevia, les Ferrer et les Bonnet sont tombés d’accord sur une solution qui apporterait des liquidités aux membres de la famille qui veulent quitter le capital, en s’appuyant notamment sur le groupe Henkell & co. Le géant vinicole allemand (déjà propriétaire des Cavas Hill) et les actionnaires actuels du groupe catalan Freixenet – les familles Ferrer (42% du capital), Bonet (29%) et Hevia (29%) – ont signé un accord de principe aux termes duquel Henkell & Co acquerra en 2018 une participation de 20% du capital du producteur de cava, également propriétaire de nombreuses bodegas dans le monde et de la maison de négoce bordelaise Yvon Mau. Ces 20% lui seront cédés par la famille Hevia ; et ensuite, en 2019, le groupe allemand pourrait prétendre à 9% de plus encore dans les mains des Hévia, il serait alors en concurrence avec les Ferrer, qui ont une option d’achat.

A partir de là, la paix peut revenir chez Freixenet, la participation des Ferrer passera de 42% à plus de 50%, ils augmenteraient leur contrôle actionnarial, on prévoit qu’en plus des Hevia, deux des frères Bonet peuvent partiellement désinvestir, alors que Henkell entrera avec près de 25%, et le reste se répartira entre les quatre frères Bonet.

Les Ferrer et Henkell seraient donc les acheteurs dans l’opération. L’intention des actionnaires est de fermer un pacte d’intentions avant la fin de l’automne et de formaliser ensuite l’opération.

Pour l’instant, l’objectif de la multinationale est d’aider Freixenet à s’implanter mieux en Chine, au Japon, dans le sud-est asiatique, et améliorer la distribution en Allemagne.

José Luis Bonet, président de Freixenet, n’a pas voulu confirmer les détails de l’offre, mais annonce que les prix augmenteront cette année, et qu’il  prévoit une augmentation des ventes de 5% pour ces prochaines fêtes de Noël.

Mais, en parallèle aux négociations avec Henkell, Freixenet a contacté le géant japonais Suntory pour qu’il formule une offre alternative ou complémentaire pour intégrer le capital. Le japonais en pleine expansion internationale, n’a encore adopté aucune décision officielle. Suntory et Freixenet  sont de vieilles connaissances, puisque le groupe nippon est son distributeur dans le pays. Le président mondial de Suntory connaît personnellement les membres de la famille, il est venu dans le Penedès et c’est un grand du cava Casa Sala, la cuvée  haut de gamme de la marque.

Cette opération permettrait à Freixenet d’une part de laisser partir les actionnaires du groupe qui veulent vendre (surtout la famille Hevia Ferrer) et, d’autre part, il renforcerait son actionnariat avec deux partenaires avec qui il pourrait développer des amples synergies sur le plan commercial.

Affaire à suivre donc…

C’est l’occasion pour moi de vous parler d’un nouveau cava que Freixenet a lancé au mois de mars dernier durant le salon Alimentaria.

 La cuvée de prestige Garnatxa Subirat Parent 2013  

Cette nouvelle création est venue s’ajouter à la gamme des Cuvées de Prestige de Freixenet. L’œnologue, M. Buján explique que l’idée était de vinifier tous les cépages autorisés par le Consejo Regulador du Cava, mais avec la signature Freixenet de manière à donner naissance à des cuvées très spéciales et uniques.

C’est la première fois qu’on utilise le grenache pour élaborer un cava blanc de noirs, c’est un cépage qui est normalement réservé aux rosés. Ici, il a été associé à la Subirat Parent ou Malvasía Riojana qui est un cépage plus fragile, l’assemblage est convaincant, l’équilibre est atteint.

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J’ai aimé sa différence, on sent bien l’impact du grenache en bouche: elle est puissante, son expression reste percutante.

Les bulles sont fines  à l’œil comme en bouche, le nez est présent,  on y trouve des fruits rouges,  associés à des fruits secs et des notes légèrement balsamiques. La bouche est généreuse, charnue et gourmande avec une reprise des notes de fruits rouges. Très bonne persistance finale, j’apprécie que les bulles soient bien intégrées.

C’est un Cava parfait pour accompagner tout un repas, son rapport qualité prix est excellent, la maison le recommande à l’apéritif, mais je ne suis pas convaincue.

PVP 11,50 €

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Hasta pronto,

MarieLouise Banyols

 

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

Une réflexion sur “Du rififi chez Freixenet : vers un dénouement !

  1. Merci, Marie-Louise, de nous faire ainsi entrer dans l’univers capitaliste des bulles catalanes ! Pour ma part je trouve que Henkell se débrouille pas mal avec son Saumur qui doit être au prix du Cava.

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