Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Les Baux, quelques miettes en plus

3 Commentaires

Après l’article d’Hervé très complet et empli d’enthousiasme pour les vins de ce coin de Provence, voici quelques bribes supplémentaires, certes tout aussi enthousiastes. L’AOC Les Baux exploite enfin son potentiel. En une dizaine d’années, l’entité s’est bien homogénéisée, point de vue qualité. Après, si quelques dérives existent toujours, elles sont bien plus « buvables » qu’avant. Je parle ici de l’extraction et de l’élevage sous bois.

Il y a encore peu, il était bon d’avoir pareille cuvée à son tarif. Les temps ont changé comme les mentalités, autant celle des vignerons que des consommateurs et nous voici avec des Baux de belle tendance, aimant le fruit et l’élégance. Avec toutefois du caractère, celui de la Provence, terre bien plus souvent inhospitalière qu’il n’y paraît vu depuis nos brumes nordiques. Le Mistral peut en plus de nous décoiffer, nous frigorifier, voire nous glacer les os. À l’image, les vins des Baux possèdent cette fraîcheur naturelle due en partie à leur sol calcaire, chaud la journée, froid la nuit, mais aussi un ensemble d’orientation qui permet de jouer avec l’ensoleillement et une vendange à maturité juste.

img_3673Et puis, côté prix

Il est amusant de constater que le prix moyen de la bouteille est particulièrement bas par rapport à la tonne de touristes qui se déversent chaque année dans cet endroit privilégié. Tout y est cher, sauf le litre de bon vin qui y coûte moins cher que l‘huile d’olive, certes bonne mais particulièrement onéreuse. C’est du luxe ! Pas le vin qui s’affiche entre 8€ et 15€ pour les blancs et ajoute quelques euros pour les rouges, mis à part quelques cuvées « prestigieuses » qui franchissent le cap des 20€.

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Quelques coups de cœur en plus

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En plus de celles sélectionnées par Hervé, choix que je partage.

 Cuvée tradition 2013 Mas de Gourgonnier

Un vin juteux, tout en fruit, aux tanins fins comme l’organdi, certes un rien rêche pour lui renforcer le caractère, puis le poudrer de cacao. Au nez comme en bouche, on en retrouve la fève un rien torréfiée, ça nous fait ganache cassis groseille couverture chocolat noir, c’est à croquer. (7,20€)

L’Affectif 2011 Jean-André Charial  

En voyant la bouteille et en connaissant son géniteur, je me suis dit « ouh là là, bonjour le bois! ». Mais pas du tout, il lui reste certes cette texture ligneuse qui renforce sa trame, mais pas de «goût de bois», tout l’inverse, de l’élégance et un fruit bien dessiné qui s’applique en ample esquisses sur la soie tannique aux contours tissés d’épices.  (22€)

L’Affectif 2009 Jean-André Charial 

Grenat, un nez de pruneau, de figue sèche, épicé de sauge et de réglisse, on se dit, il va séché en bouche, pas du tout, la belle surprise c’est qu’il a absorbé son bois et qu’aujourd’hui, il se boit avec plaisir, plaisir dû à la fraîcheur et au caractère certes affirmé, mais qui s’ouvre généreux à qui sait lui parler. ( ?€)

Réserve du Mas 2014 Mas de la Dame

Un rouge affriolant au fruité des plus sympas. Aux tanins certes présents mais soyeux et enrobé de la chair des baies. Un rien de garrigue pour la note provençale et une longueur gourmande qui croque sous la dent. (9,10€)

La Stèle 2013 Mas de la Dame

 Grenat carminé, le nez bien toasté avec des notes de foin sec, on se dit imbuvable, que nenni les notes végétales se transforment en bouquet de thym et de romarin qui parfume les pâtes de fruits. Longueur et densité argue du potentiel de ce vin. (13,80€)

Roussanne 2013 IGP Alpilles Mas Sainte Berthe

 Nous avions dégusté le millésime 2015 un rien plus tôt dans la journée, le voici avec deux années de plus, la Roussanne s’est légèrement confite pour nous donner des airs de pêche au sirop, d’abricot qui baignent dans une texture suave heureusement tendue plus par l’impression minérale que par l’acidité. (13€)

Romanin rouge 2015 Château Romanin

D’une teinte vermillon, il séduit d’emblée par sa densité hyper fruitée, c’est comme je l’appelle, un « vin dangereux » dont la première gorgée appelle toutes les autres jusqu’à… y en a une deuxième ? Du fruit, du charme, une texture veloutée, de la fraîcheur, que demander de plus (9,80€)

Château Romanin 2009

Grenat, un nez de fruits secs qui rappelles les dattes, la figue noire, poudré de cacao et souligné de réglisse, encore la croûte de pain. Malgré ces quelques années passées et le millésime plutôt chaud, il garde fraîcheur et élégance. (25€)

Avec les infos d’Hervé ajoutées aux miennes, il y a de quoi faire son marché dans les Baux. On peut y ajouter l’huile très réputée de l’AOC Vallée des Baux de Provence, certes comme dit plus haut relativement chère, à l’image des huiles d’olive françaises, mais savoureuses et bien caractéristiques de chaque région.

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CastelaS fruité noir ou vert ?

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 CastelaS Fruité Noir Huile d’Olive Vierge AOP Vallée des Baux de Provence

Couleur : d’un vert mordoré.

Nez : chômé, c à d fermenté, aux accents de chair d’olive noire, de tapenade, voire de confiture d’olive avec des notes de cacao, champignon, truffe, sous-bois et d’artichaut cuit.

Bouche : elle retrouve les arômes sentis, ajoute la vanille, la noix, le fenugrec et le pruneau, envahissant le palais qu’elle tapisse de sa texture très crémeuse.

Ardence : très faible.

Cette huile est le jus de 4 variétés d’olives : Salonenque, Aglandau, Grossane et Verdale cueillies à pleine maturité et stockées avant d’être pressées.

Utilisation : à froid, elle aromatise très agréablement le carpaccio de bœuf, se marie avec grâce à l’ail dans les salades, est surprenante en mayonnaise ; en filet, elle s’attiédit et livre ses parfums sur les confits, les fricassées de champignons et la purée de pommes de terre.

À l’opposé

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CastelaS Huile d’Olive Vierge Extra, AOP Vallée des Baux de Provence

Couleur : jaune vert lumineux.

Nez : bien végétal comme il sied au fruité vert, elle décline les parfums herbacés de l’artichaut cru, d’herbe coupée, de feuilles de tomate froissées, y ajoutant amande et poivre.

Bouche : pareille que pour le nez, le vert s’exprime en premier, laissant les fruits secs et les épices venir ensuite compléter la ronde aromatique. Bien équilibrée, elle séduit le palais par son onctuosité et sa légère amertume racée d’écorce de pamplemousse.

Ardente : bien marquée sans être trop intense.

Comme la précédente, elle assemble Salonenque, Aglandau, Grossane et Verdale cueillies à maturité optimale et pressée dans la foulée, maximum 6 h après la récolte.

Utilisation : elle apporte sa complexité aux plats chauds de poissons et de légumes. La vinaigrette lui convient parfaitement et relève alors le goût des salades de carottes, de courgettes, de tomates, d’artichauts. Elle est particulièrement bien adaptée aux mariages avec les fromages de chèvre, du chèvre frais à l’affiné, simplement en condiment ou en marinade.

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Les huiles d’olive s’élaborent au sein du Moulin Castelas

Tout a commencé par un petit verger d’oliviers abandonné qui ne demandait qu’à renaître. « Nous avions tout à découvrir ! » explique Catherine Hugues. « Un enchaînement de circonstances heureuses et surtout l’envie d’apprendre nous ont conduit à établir le domaine oléicole du Castelas. Aujourd’hui, le domaine Castelas s’étend sur 45 ha d’oliviers exposés sur les versants ensoleillés des Alpilles et possède son propre moulin à huile d’olive » . www.castelas.com

Et avant de partir, passer aux Olivades à Saint Étienne du Grès

On y propose de superbes textiles et c’est aujourd’hui la seule société à perpétuer en Provence la tradition d’impression sur tissus. L’entreprise est née à Marseille en 1648.

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C’est par la Provence que sont arrivées les premières toiles peintes importées par la compagnie des Indes. Dans la deuxième moitié du 19es, devant le succès de ces tissus imprimés jusqu’alors inconnus des Européens, va se développer en Provence une fabrication locale. D’abord artisanale, elle va être interdite en 1686 par Louvois.
Pour échapper à cette prohibition, les fabricants vont se réfugier dans le Comtat Venaissin en Avignon, territoire papal non soumis à l’autorité royale. Tabac et Indiennes feront alors la fortune des contrebandiers tels que Mandrin et jusque dans la cour de France, il sera alors de bon ton de contrevenir aux interdits royaux.
En 1734, un concordat passé entre le pape et le roi met fin à cet âge d’or Avignonnais. Les fabriques ferment leurs portes et il faudra attendre plus de 60 ans pour que l’impression revienne dans la cité papale. C’est alors le début du renouveau qui donnera naissance à ce que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de tissus provençaux. En 1818, Léonard Quinche, un imprimeur sur tissu d’origine genevoise, s’associe avec deux Tarasconnais et crée une fabrique d’indiennes à St Etienne du Grès, petit village provençal situé aux pieds des Alpilles. Les textiles y sont imprimés à la planche, lavés et séchés sur le pré voisin… La société passe ensuite de mains en mains jusqu’en 1948, date à laquelle elle est reprise et transformée en Société Avignonnaise d’Impression sur Tissus (S.A.I.T) par Pierre Boudin. En 1977, avec l’aide de son épouse Paule, ce dernier crée Les Olivades, entreprise toujours contrôlée et animée par leurs enfants et petits-enfants qui se sont fixés pour but de perpétuer l’art ancestral d’impression sur étoffes dans le Sud de la France, tout en le faisant évoluer et en l’adaptant à la vie actuelle. Pas d’abeilles, ni de rameaux d’oliviers, ni brins de lavande sur les impressions, mais une grande variété de fleurs stylisées dans le plus style provençal (ancien ou bien plus actuel).

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www.olivades.fr

Ciao

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Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

3 réflexions sur “Les Baux, quelques miettes en plus

  1. Après le départ des papes d’Avignon, fin du XIVe siècle, les avantages fiscaux dont bénéficiaient les comtadins ont contribué à faire la fortune de familles bourgeoises ou nobles étant donné que leur territoire appartenait encore au Saint-Siège et qu’il le restera jusqu’en 1791. La contrebande touchait de nombreux produits : le sel, le tabac, les indiennes, les cartes à jouer, les métaux ; le Roi de France en était fort marri. Dans les plaines du Haut Comtat, aujourd’hui en grande partie Enclave des Papes, la culture du tabac occupait de vastes espaces, à tel point que l’on manquait de céréales…
    A propos de XIVe siècle et de vins, cette période a été climatiquement froide, en sorte que le raisin avait du mal à mûrir. L’acidité des moûts était insupportable. Remède : le chaulage, mais additionné d’une solution de plomb. Cette chaux plombifère provoqua la mort de Clément VI (goutte saturnique) et de bien d’autres personnages moins illustres.

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