Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Chardonnay et Syrah à Bordeaux

16 Commentaires

Dans sa Chronique Vineuse du 3 janvier 2009, notre ami Hervé Lalau nous l’annonçait déjà : «Syrah et chardonnay bientôt expérimentés à Bordeaux?» et s’étonnait que la demande vienne des AOC.

En 2010, Jean-Luc Thunevin, personnage devenu incontournable à Saint-Emilion, toujours à la recherche de nouvelles expériences œnologiques, a décidé de planter  un hectare de Chardonnay, puis 60 ares de syrah, aux fins d’élaborer deux vins mono-cépage, sur des parcelles de Saint-Genès-de-Castillon,. Bien que produits sur un vignoble voisin de Château Valandraud, ces deux cuvées sont en appellation Vin de France puisque élaborées à partir de cépages non encore autorisés dans le Bordelais.

Bien entendu, ces vins ne peuvent qu’éveiller ma curiosité, j’avoue que l’idée ne me viendrait pas d’aller chercher une syrah ou un chardonnay dans le Bordelais, alors que je n’ai jamais hésité à aller les trouver en Argentine ou en Afrique du Sud…Cherchez l’erreur! Sans doute suis-je trop conventionnelle; enfin, tant que ces cépages ne peuvent pas revendiquer l’AOC, ça ne me dérange pas trop. J’imagine que l’idée de Thunevin, outre son désir d’innover, était de compléter sa gamme Bad Boy, qui connaît un vif succès, surtout à l’étranger ; la possibilité de sortir le chardonnay et la syrah en Vin de France lui en a donné l’occasion.

J’ai pu les déguster dernièrement, alors voici mes premières impressions.

Bad Boy Chardonnay 2014

Il semblerait que Thunevin ait été parmi les premiers à s’intéresser au chardonnay à Bordeaux. La vigne, 1ha, a été plantée en 2010 sur un terroir argilo calcaire exposé au Sud. Cette parcelle jouxte celles dédiées aux cépages bordelais qui permettent de créer le Valandraud blanc et le Virginie de Valandraud.

C’est le deuxième millésime de ce vin, le premier, le 2013 avait vu le jour avec 600 bouteilles uniquement. En 2014, la production est passée à 6.000 bouteilles et à 3.000 en 2015. Jean-Luc Thunevin annonce : «Pour  2016 on devrait être dans ce genre de production, le bas de la parcelle plantée sur terroirs argilo-calcaires ayant gelé au printemps.»

C’est donc un 100% Chardonnay, issu de vendanges manuelles en 3 passages successifs, selon la maturité des grappes. Le rendement est faible pour un vin de la catégorie Vin de France : 50 hl / ha.  La fermentation alcoolique est effectuée 1/3 en barriques neuves, 1/3 en en barriques de 1 vin, 1/3 en barriques 2 vins. Le vin est ensuite élevé sur lies en barriques pendant 12 mois.

Sa robe est jaune pale brillant, le nez est très agréable, bien que pas très complexe, mais délicat et fin, marqué par des notes de fruits blancs, et un boisé très fondu ; la bouche est fraiche, ronde, légèrement vanillée. C’est un vin facile à boire, rafraîchissant, mais pas seulement, il ne manque pas de distinction.

Je ne sais pas où je l’aurais situé dans une dégustation à l’aveugle, pas dans le nouveau monde, c’est certain, j’aurais certainement procédé par élimination; j’aurais peut-être identifié un Chardonnay, mais je ne l’aurais surement pas placé à Bordeaux ! C’est un vin moderne, de très felle facture, on peut lui reprocher de manquer de personnalité ou d’identité, ou encore de complexité, mais pas d’élégance. Attendons les prochains millésimes.

Si on le compare à d’autres vins de cépage de pays d’Oc ou du Nouveau Monde, son prix de 18€ est plus élevé. Seule l’originalité et la faible production pourrait le justifier aux yeux de certains consommateurs.

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Bad Boy Syrah 2014

On n’attend pas de la Syrah à Bordeaux, même s’il est vrai que c’est un cépage facilement adaptable, elle est quand même très rare dans cette région. Au château La Lagune, Caroline Frey a associé la syrah du Domaine Thalabert, au Cabernet Sauvignon des vignes produisant le second vin de la Lagune, pour créer la cuvée Evidence.

Comme Thomas Duroux, de Château Palmer, avec sa cuvée : «Vin historique du XIX siècle», elle a ainsi renoué avec une tradition bordelaise remontant à la fin du XVIIIe siècle, à une époque où apparemment, l’ajout de Syrah du Rhône Nord dans les vins de Bordeaux a été une pratique assez courante, en particulier dans les millésimes les plus faibles, pour aboutir à un vin qui était dit « Hermitagé ». Il semblerait aussi que plusieurs vignobles bordelais cultivaient eux-mêmes des vignes de syrah qu’ils assemblaient au cabernet-sauvignon pour donner plus de puissance à leur vin.

Dans la cuvée Bad Boy, la Syrah ne vient pas d’ailleurs; en plantant ces 60 ares, Jean-Luc Thunevin a t-il voulu voir comment  ce cépage allait pouvoir murir à Saint-Emilion, avec le réchauffement climatique?

2014 est le premier millésime, les vignes plantées en 2010 sont jeunes, c’est pourquoi on y a jouté 10% de merlot, pour rendre le vin plus gourmand.

Ici aussi, les vendanges sont manuelles, la fermentation alcoolique s’est faite dans des fûts  de 500 l. Le vieillissement a eu lieu dans les mêmes fûts, ainsi que dans des fûts de chêne neufs de  225 litres  pendant 18 mois. Vol:12,5%

La robe est très noire, profonde, le nez est légèrement fruité, plutôt floral, assez variétal, se terminant sur une note vanillée, grillée. La bouche est onctueuse, moyennement corsée, bien équilibrée, la finale est épicée. Un joli vin.

Le prix public est le même que pour le chardonnay : 18€
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En guise de conclusion:

Cette incursion bourguignonne et rhodanienne dans le Bordelais est intéressante. J’ai beau avoir mes régions de prédilection, en tant qu’acheteuse, ces vins m’auraient intéressée car, il faut bien le reconnaître, nous sommes toujours à la recherche d’originalité. D’autre part, la signature est très fiable et reconnue, le packaging moderne, susceptible d’attirer l’œil sur un linéaire; d’autre part, la production est très faible. Le prix est élevé, mais reste abordable. En outre, ces vins sont  peuvent facilement se vendre pour les inclure dans des dégustations à l’aveugle. Enfin et surtout, ils sont très commerciaux, et ça n’a rien de péjoratif, je veux simplement dire qu’ils sont  capables de plaire au plus grand nombre.

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J’ai vu que le Château Thieuley proposait également ces 2 cépages en Vin de France aussi: Les Truffières Chardonnay et Les Truffières Syrah, mais je ne les ai pas goutés. Le prix public est de 12€, ce qui semble plus raisonnable et les vins ne sont vendus qu’au domaine.

On peut imaginer qu’à l’avenir si la production augmente, les prix baisseront.

Hasta pronto,

 MarieLouise Banyols

 

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

16 réflexions sur “Chardonnay et Syrah à Bordeaux

  1. Mais quel est l’intérêt de procéder à de telles opérations ? Car il y a bien un intérêt sous-jacent. Simple expérience ampélo-oenologique ? Coup de pub ? Pied de nez aux décrets des AOC ?
    Mettons-nous à la place d’un acheteur lambda, qui ne connaît pas la signature Bad Boy ; il examine l’étiquette de la bouteille de Syrah : il lit que c’est un négociant qui a mis en bouteille de la syrah ; réaction : encore un vin de négoce qui a été acheté dans la vallée du Rhône hors d’une aire d’AOC pour être commercialisé en vin de France. Avantage ? Intérêt pour l’acheteur de mettre 18 € dans un tel flacon ? Aucun, strictement aucun.

    Ceci étant, expérimenter en France la plantation de cépages hors de leur aire « naturelle » de développement optimum est intéressant, mais à condition que cela soit encadré par des paramètres de type expérimental.

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    • Bonjour Georges,
      Je crois que l’intérêt est triple: être parmi les premiers à innover et à voir ce que ça donne et surtout un intérêt commercial. La gamme Bad Boy n’est pas très connue en France, mais à l’étranger, si,ce qui permet à Jean-Luc Thunevin de compléter sa gamme et d’offrir à ses importateurs un éventail plus large; désormais, ils n’auront plus besoin d’aller chercher des chardonnays ou des syrahs aiileurs. Enfin, du point de vue marketing, c’est bien joué, il confirme la réputation de « mauvais garçon » que lui avait donnée Parker pour son vin de garage: il ose planter des cépages interdits dans le Bordelais, dans la zone de Saint-Emilion. Ça a un coté amusant qui plaît aux acheteurs étrangers qui ont moins de prégujés ou d’ a priori que nous.
      Ce vin n’est pas destiné à un acheteur lambda, la production est bien trop faible, il est réservé à une clientèle étrangère d’initiés qui connait bien Thunevin et sa gamme Bad Boy.

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      • Merci ; je vois ; c’est l’intérêt commercial qui prime : les consommateurs fidélisés achètent du Bad Boy, une marque en quelque sorte, et peu importe d’où vient la syrah, ce qu’ils sont incapables de savoir à la seule lecture de l’étiquette ; ce procédé me gêne car cela frise une sorte de « malhonnêteté par défaut ». Son site doit établir la « vérité », je n’en doute pas, mais encore faut-il s’y plonger. L’étiquette doit être porteuse du maximum d’informations essentielles.
        Parenthèse fermée : ces plantions ne possèdent aucun aspect expérimental capable de servir la collectivité vigneronne.

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  2. suite (clic malencontreux …)
    Sans quoi, il s’agit d’une aimable fantaisie…sans lendemain.

    Autre suite : Thunevin dixit : « le bas de la parcelle plantée sur terroirs argilo-calcaires ayant gelé au printemps ». On est bien avancé. Argilo-calcaire, l’une des pires locutions descriptives : s’agit-il d’une marne lourde, collante au semelles (marne = 50 % calcaire, 50 % argile) ? D’un cailloutis à galets calcaires, accompagné d’un certaine quantité d’argile ? Un peu de pitié pour le consommateur curieux qui souhaite s’informer et estime recevoir des données fiables ; c’est la moindre des choses, non ?

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  3. Très bel article de Marie-Louise, informé, précis, comme d’habitude. Cela dit, Georges, l’actuelle affaire des « vins de la Lune », qui met en cause des producteurs de Lalande-Pomerol, de Saint-Emilion, de Listrac, un négociant et des courtiers, prouve qu’il n’est pas nécessaire d’acheter des vins rhodaniens pour « arranger » la production girondine. Le Bordelais se suffit à lui-même.

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  4. Merci Marie-Louise pour la qualité de vos articles. J’adhère totalement à votre approche : ouverture d’esprit, peu de préjugés, de clichés, réaliste par rapport au marché, à l’aspect commercial que de nombreux aficionados ont tendance à nier ou rejeter alors que c’est une réalité avec laquelle il faut compter indépendamment de tout jugement de valeur, votre critique constructive et mesurée, la mention de nombreuses données utiles pour mieux comprendre un vin, un producteur, une problématique… Et l’indispensable humilité qui fait parfois (souvent?) défaut aux rédacteurs d’articles vin (journaliste vin est trop restrictif).

    Bref, continuez comme ça !

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  5. Georges Truc, vos questions sur l’intérêt de réaliser ces vins à Bordeaux sont, pour moi, un encouragement à continuer, à persévérer dans ce que je fais depuis -quand même – maintenant plus de 25 ans et je vais essayer de vous informer puisque c’est de cela dont il s’agit.

    La création de Valandraud en 1991 n’allait pas de soi et était en son temps capable de déclencher des commentaires tels que les vôtres aujourd’hui sur ces quelques pieds de Syrah et de Chardonnay. Pourquoi faire ? Y a-t-il un intérêt ? Mais oui, je ne suis pas masochiste, si je fais ce genre de chose c’est que :
    1/ ça m’amuse, ça m’occupe et m’empêche de trop réfléchir à la fin inéluctable de notre passage sur terre.

    2/ J’aime ces vins réalisés dans leurs terroirs acceptés en France en AOC, mais aussi les Chardonnay de Limoux, ceux de Napa (Helen Turley) et les Syrah australiennes ou californiennes. Alors n’y aurait-il que les étrangers qui auraient le droit d’en faire ?
    En plus ces vignes sont créatrices de richesse et de travail dans le vignoble, dans mes magasins ou pour mes collaborateurs qui les vendent dans le monde entier, et bien sûr source de profit pour mon entreprise qui préfère payer des impôts que d’accumuler des pertes. Le succès n’est pas un péché et l’argent non plus. Sans doute que mon côté Catholique par ma mère a été contre-balancé par l’influence de mon père Protestant ?

    3/ Pour ce qui est de l’expérience, et bien oui, c’est intéressant de goûter ces raisins pour savoir le goût qu’ils ont, décider de la date de vendange et, enfin, être surpris par ce que l’on connaît peu.

    4/ Coup de pub ? Au bout de 25 ans, il me semble que je n’ai pas à me plaindre d’être toujours un bon client pour les médias, mais pas sûr que cela surpasse ce que j’ai fait jusque -là, non ?

    5/ Pied de nez aux AOC ? Non, pas vraiment, je suis heureux de la possibilité de faire ce genre d’expérience en Vin de France. Cela me suffit. Je suis un plus critique quant à l’opposition que font ces AOC à l’expérimentation des cépages résistants. Nous prenons du retard par rapport à l’Italie, la Suisse, etc….

    6/ Votre questionnement sur l’acheteur lambda qui ne connaît pas Bad Boy me fait tout de suite penser à l’histoire de la chauve-souris de Bigard, et en plus pour une bouteille à 18 euros !

    7/ Quant au côté éventuellement intéressant d’expérimenter en étant encadré, ce n’est pas mon objectif. Je n’ai pas envie de convaincre les AOC ou mes collègues, chacun fait ce qu’il veut, certains sont très dévoués aux causes syndicales, à la recherche et je suis bien content pour eux.

    8/ Quant au manque de précision concernant le terroir argilo-calcaire où sont plantés mes Chardonnay et mes Syrah – car elles aussi sont plantées sur ce genre de terroir, je ne suis pas spécialiste des sols, ni d’ailleurs des porte-greffes ou des clones mais si je vois bien que les terroirs argilo-calcaires ne sont pas les plus adaptés, je ne peux que répondre à ce genre de question par ceci : à Saint Emilion, il existe une carte magnifique des sols réalisée par Cornelis Van Leeuwens pour le Syndicat des vins, carte que j’ai sous les yeux tous les jours et que, malgré de ce qu’elle dit de scientifique, quand j’achète une vigne… je regarde s’il n’y a pas trop d’eau et pour le reste, je fais avec, sachant que chaque terroir va donner un goût différent et que cela me va bien !

    Merci en tout cas, Monsieur Truc, de bien vouloir convenir avec moi que si l’on plante des vignes, ce n’est pas pour réaliser une fantaisie sans lendemain, ce qui est vraiment impossible quand il s’agit de vigne et de vin. Et il est quand même rare que la malhonnêteté se manifeste en proposant un vin réalisé à 100% par un propriétaire, depuis la vigne jusqu’à la commercialisation en passant par la mise en bouteille pour… faire croire à leurs clients qu’ils achètent un vin de négoce ?!

    Pour conclure, j’ai fait planter sur sol argilo-calcaire à Saint Emilion, des cépages pas trop utilisés comme le Malbec. J’ai sans doute un mauvais clone qui hélas ne donne que du second vin en assemblage. J’ai également planté du Carmenère, et je suis tellement content et heureux des résultats… que j’en ai surgreffé une partie en Merlot, ce qui fait qu’il nous reste juste 20 ares pour réaliser une barrique d’un vin original, mais jusque là aussi utilisé en assemblage dans notre second vin.
    Et j’espère vous faire comprendre que j’ai à ce jour plus de satisfaction avec mes Syrah et Chardonnay, cépages exotiques à Bordeaux, qu’avec mes Carmenère ou Malbec, même si pour le Malbec, je pense qu’il s’agit pour moi d’en replanter d’autres, mais avec un bon clone !

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    • Merci pour votre longue réponse. Votre liberté d’entreprendre ce que vous jugez intéressant vous appartient et on ressent que vous appréciez les résultats obtenus avec ces Syrah et ces Chardonnay. Il s’agit d’une démarche que peu de vignerons effectuent, sans doute hésitants devant la nécessité de devoir, pour ce faire, distraire de leur vignoble des surfaces significatives. Je reste réservé face à cette forme de tentatives étant donné que le sens qui leur est donné est extrêmement variable et que l’on ne peut facilement connaître a priori ce qu’il en est. Vos explications font la lumière sur le sens de la vôtre et c’est une chose appréciable.

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  6. Merci à vous pour vos commentaires encourageants. J’ai toujours essayé de faire mon métier du mieux possible en pensant au consommateur final, c’est la vraie réalité, pour autant, il reste toujours un petit espace pour exprimer ses goûts sans les imposer en permanence..

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  7. Très belle réponse de Jean-Luc. C’est exact que ce n’était pas gagné au début des années 90 de créer un vin dit de garage. Bousculer le vignoble c’est aussi avancer. La Champagne effectue des recherches pour faire évoluer ses cépages (même sur des hybrides). L’évolution climatique joue sa part de rôle. Il faut aussi des hommes hommes capable de bousculer les traditions pour ne pas stagner. Merci aussi à Marie-Louise pour sa pertinence et ses recherches bien fouillées.
    Salut d’Espagne à Hervé.

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  8. Salut à toi, l’ami, et profite bien.

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  9. Evidemment qu’il faut expérimenter, encore et toujours. Sinon tout s’arrête, tout se fige, et c’est la fin de l’histoire

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    • Bien entendu qu’il est intéressant de faire des expériences de ce genre, cf ce que j’ai écrit plus haut : « Ceci étant, expérimenter en France la plantation de cépages hors de leur aire « naturelle » de développement optimum est intéressante, mais à condition que cela soit encadré par des paramètres de type expérimental. » Mais pour que la collectivité des vignerons en tire le meilleur le meilleur parti, il est non moins intéressant d’y associer une démarche rigoureuse susceptible d’apporter des connaissances dont la diffusion soit profitable.

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