Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Vins mutés (ou pas) (4): Les Malaga de Telmo Rodriguez

18 Commentaires

  1. Un peu d’histoire

Grand vignoble de vins passerillés et mutés issus de PX et de Muscats, Malaga un des noms les plus importants de l’histoire viticole de l’Espagne. Les Grecs et les Phéniciens y ont introduit les vignes dans les années 600 A.C, la production a été maintenue même pendant la période musulmane et après la « Reconquista »; quelque temps plus tard, en 1615, y fut créée l’Hermandad de Viñeros de Málaga.

Les vins de Málaga ont rapidement acquis une notoriété mondiale, ils étaient très recherchés par les Cours européennes et de nombreux auteurs célèbres comme Dostoïevski ou Stendhal les mentionnèrent dans leurs œuvres. Málaga était considéré comme le vin de Muscat le meilleur et le plus pur par les consommateurs éclairés du XVIII ème siècle. C’est au milieu du XVIII, que devint populaire à Londres un vin doux naturel de Malaga que les anglais appelaient Mountain Wine. Malheureusement, avec le temps et les changements de mode, le Mountain Wine perdit de sa popularité. Sa décadence fut pratiquement totale en 1878, quand le phylloxera ravagea la presque totalité du vignoble. La chute du Tsar en Russie (l’un des principaux marchés d’exportation au début du XXe siècle) et plus tard la guerre civile marquèrent la fin du négoce vinicole. Le raisin sec a commencé à prendre une importance croissante, reléguant le vin à un second plan dans l’économie locale et par la suite, comme cela s’est produit pour la majorité des vins doux, la demande a chuté au XX ème siècle : la mode des vins sucrés était passée.
La DO Málaga fut crée en 1932: elle protège les vins fortifiés ou de liqueur produits principalement avec des raisins Moscatel(Muscat) et Pedro Ximenez, cultivés dans la Montagne de Málaga, Axarquía, Antequera, la côte ouest, les Serranía de Ronda et Cordoba les municipalités de Benamejí et Palenciana.  La zone de production est d’environ 1320 ha à une altitude moyenne de 600m, et  en 2014, 45 bodegas étaient recensées. Elle a conservé une grande variété de styles, d’où,   une certaine confusion pour le consommateur. Essayons donc de mettre un peu d’ordre dans tout ça.

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  1. Comment lire une étiquette de Malaga.

On distingue 2 styles de vins:

1.Les vins de liqueur, de 15% vol. à 22%,  qui sont mutés et qui peuvent être secs, demi-secs, mi-sucrés ou sucrés. En fonction du moment de l’ajout d’alcool dans le mout, et de sa provenance, raisin frais ou sur mûri, on obtient différents types de vins doux :

-Vin doux naturel: Obtenu à partir de moût de raisins frais. La fermentation est arrêtée par addition d’alcool de vin.

-Vino Maestro: Obtenu à partir de raisins frais auquel on ajoute de  l’alcool de vin avant le début de la fermentation, mais  dans une quantité suffisante pour lui permettre d’être très lente et incomplète, laissant le vin doux , il reste plus de 100g/l sans fermenter.

-Vino Tierno provient de raisins longuement ensoleillés qui donnent des moûts dont la teneur  en sucre est supérieure à 350g/l. La fermentation est arrêtée par ajout d’alcool de vin.

2.Les vins sans ajout d’alcool, parmi lesquels on trouve les doux à partir de 13% vol., ceux élaborés à partir de raisins sur muris, ou provenant de raisins passerillés. Il s’est développé de complexes codifications liées à la couleur ou à densité du sucre avec ajout d’Arrope ou sans, sans compter celles liées au vieillissement :

  • Málaga Pálido, 0 meses
  • Málaga, de 6 a 24 meses.
  • Málaga Noble, de 2 a 3 años.
  • Málaga Añejo, de 3 a 5 años.
  • Málaga Trasañejo, superior a 5 años

Toutes ces dénominations sont très complexes et rebutent les consommateurs.

En outre, on peut se poser la question : pourquoi quelques uns des vins sont-ils si foncés alors qu’ils sont issus de raisins blancs ? Il y a 2 raisons essentielles :

  1. certains subissent un élevage oxydatif, plus ils vieillissent et plus ils sont sombres.
  2. On peut ajouter à certains Málaga de « l’arrope ». C’est un moût de raisin réduit soit directement sur le feu, soit au bain marie. Plus il y aura d’arrope, plus ils vieilliront et plus foncés ils seront.

Ils  pourront s’appeler :

  • « Dorado ou Golden », sans arrope. La couleur sera apportée par l’élevage, elle pourra aller du doré à l’ambre.
  • « Rojo dorado ou Rot gold », jusqu’à 5% d’ arrope se sont des vins dont la couleur va de l’ambre à l’ambre foncé avec des reflets rouges-dorés.
  • « Oscuro ou Brown », entre 5 et 10% d’ arrope, se sont des vins qui peuvent aller de l’ambre obscur à l’acajou foncé.
  • « Color”, entre 10 y 15% d’ arrope se sont des vins qui peuvent aller de à l’acajou foncé à l’ébène.

Certains vins peuvent recevoir des noms complémentaires en fonction de leur élaboration et de leurs caractéristiques organoleptiques: les Secs peuvent s’appeler Dry Pale o Pale Dry, est un vin de liqueur sans arrope, dont la teneur totale en sucre ne dépasse pas les 45 g/l.egro o Dunkel », plus de 15% d’arrope la couleur va de l’ébène au noir.

les Doux peuvent recevoir les mentions Naturalmente Dulce, Dulce Natural, Tierno y Maestro, ou  Dulce Crema o Cream(c’est un vin de liqueur ou vin doux naturel avec plus de 100g/l de sucre, mais inférieur à 140g/l, vieilli et dont la couleur pourra aller de l’ambre à l’ambre foncé ), Pale Cream et Sweet.

Comme on peut le constater, rien n’est simple, sans compter qu’il existe aussi le Pajarete et le Lagrima…

Le Pajarate, c’est tout simplement le nom d’un vin doux populaire de Málaga. C’est un vin de liqueur  avec une teneur en sucre comprise entre 45 et 140 g / litre, soumis à un vieillissement minimum de 2 ans, sans ajout d’arrope et dont la couleur peut aller du doré dorée à l’ambré foncé.
Le Vino de Lagrima, lui, est un vin issu d’un moût obtenu sans aucune pression mécanique, tandis que le Lagrima Christi est un vin de Lagrima avec au moins 2 ans d’élevage.

En 2004, le Conseil Regulador a également  incorporé la DO Pasas de Malaga, pour les raisins secs, dont la production est fortement enracinée dans la province, en particulier dans l’Axarquía, fief du muscat d’Alexandrie.

Quelques domaines tentent de faire renaître le grand Malaga passerillé d’antan.  Et c’est d’un de ceux-là que je veux vous parler aujourd’hui.

Si le plus gros de la production de Malaga est aujourd’hui mutée (voir plus haut), jusqu’au milieu du XVIIIème siècle, ce n’était pas le cas; les authentiques  Malaga n’étaient pas mutés et leurs producteurs étaient très fiers de ne pas avoir besoin du mutage pour voyager.

Pour ce billet, j’ai donc préféré mettre en avant des non mutés; j’ai choisi ceux de Telmo Rodriguez, qui sont parmi les plus intéressants de  l’appellation.

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Les Malaga de Telmo Rodriguez

Telmo Rodriguez est un des plus célèbres œnologues Espagnols. Il a étudié à Bordeaux et fait des stages à Cos d’Estournel, mais aussi dans le Rhône et en Provence (Chave et Trevallon) puis il a travaillé 10 ans dans la propriété familiale Remelluri en Rioja. Il s’en occupe de nouveau avec sa sœur depuis quelques années. C’est un personnage très attachant, cultivé, passionné, brillant, rebelle aussi, et très jalousé ; ça fait presque 20 ans que le connais et j’ai une grande estime pour lui et le travail qu’il a accompli dans tout le vignoble espagnol. En 1994, il a crée avec Pablo Eguzkiza son associé et compagnon d’études, la  Compañia de Viños Telmo Rodriguez, elle a pour mission de mettre en valeur le patrimoine agricole espagnol méconnu.  Tous les projets partagent l’objectif de faire revivre d’anciens vignobles au travers des cépages autochtones et des modes de culture traditionnels. Telmo  avec sa Compagnie, produit des vins dans neuf régions d’Espagne, Rioja, Ribera del Duero, Toro, Galicia, Cigales, Rueda, Celebros, Valdeorras et Malaga, partout, il a su dénicher une magnifique collections de vignes, et,  dans chacune d’elle, il marque la tendance.

Avec Pablo Eguzkiza, ils ont fait renaitre le vin de Malaga. C’est le projet qui traduit le mieux l’esprit de la Compagnie : il avait depuis longtemps en tête la volonté de faire revivre un grand vin doux. Malaga lui a donné l’occasion de réaliser son rêve. Le phylloxera et les différentes crises économiques avaient pratiquement provoqué l’extinction de ce vin, jusqu’à ce que Telmo avec sa compagnie s’attaque à la récupération de l’historique Mountain Wine issu de l’Axarquia. C’ est une région située dans la partie orientale de la province de Malaga,  entre les neiges des montagnes de Grenade et la mer Méditerranée; c’est plus qu’un territoire physique, c’est aussi un territoire spirituel, cultiver la vigne dans cette région accidentée est une tâche héroïque. Les montagnes parsemées de vignobles avec vue sur la mer et les villages perchés comme Competa, Sayalonga, Moclinejo et Almáchar entre autres rappellent un passé mauresque, avec leurs rues étroites et leur blanc immaculé. Cette zone concentre 65 % des hectares cultivés de toute la province. C’est un paysage sauvage aux pentes dramatiquement vertigineuses allant jusqu’à 60% impossible à mécaniser, qui ne convient pas à ceux qui souffrent de vertige. Les sols d’ardoises et de schistes sont de profondeur moyenne en raison de l’érosion et pauvres en matière organique (azote et  phosphore). Ils gardent l’humidité, voilà pourquoi les souches d’âge considérables sont très résistantes à la sécheresse, parce que leurs racines sont profondément introduites dans les couches inférieures du sol, où il y a des réserves d’eau suffisantes.

Les vignobles escarpés de Muscat se sont maintenus grâce à l’industrie du raisin sec, et Telmo les a fait revivre pour cette fois utiliser les raisins pour élaborer ses vins. En même temps qu’il cherchait des vieilles vignes de muscat dans cette zone, Telmo voulait trouver des gens du coin connaissant les méthodes de culture traditionnelles, il s’est installé à Cómpeta avec le producteur local Pepe Ávila qui lui, s’appuyait encore sur une viticulture ancestrale et oubliée. Avila, qui n’avait jamais connu les vins mutés, était convaincu que le vin doux se faisait dans la «pasera» car c’est là que le degré grimpe.

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Paseras

Avant leur arrivée, les vignes étaient à l’abandon, les bodegas historiques se mourraient, Telmo s’est  battu pour que cette zone historique récupère une position qu’elle n’aurait jamais du perdre, d’où l’importance du succès du Molino Real, désormais, la vie est revenue dans le vignoble. Plusieurs années de recherche pour trouver le meilleur équilibre de fermentation, donnèrent naissance au Molino Real, qui n’a jamais voulu être un nouveau vin, sinon le reflet d’un vin qui avait déjà existé.  Molino Real, c’est la récupération d’une tradition viticole, mais c’est aussi un puissant stimulant pour l’économie de la région.

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L’Axarquia

Telmo Rodriguez a sorti son premier Molino Real “Mountain Wine” en 1998.

Pour élaborer ce vin, il s’est appuyé sur des traditions ancestrales de vendanges et de séchage du raisin.

Le vin fit sensation, je n’ai jamais eu  l’occasion de le gouter, mais, la critique est unanime, il parait que c’était un vin d’une grande personnalité dont l’équilibre douceur/acidité  était surprenant. Il a gardé le nom que lui donnait les londoniens au XVIII.

Aujourd’hui vous trouverez sur le marché les vins suivants :

Molino Real 2012

Molino Real est un ensemble de Muscats issus de 9 ha de vignes travaillées en organique, sur la commune de Cómpeta. Il est vinifié comme l’étaient les vins liquoreux de la région jusqu’au 17e siècle, sans mutage à l’alcool, après un passerillage des raisins en extérieur (asoleo). Le processus du séchage relève d’un savoir faire très artisanal. Après avoir vendangé des vignobles très pentus (40 à 60%), les raisins intacts sont placés délicatement dans des caisses, puis sont étendus méticuleusement sur les paseras et ensuite ils sont tournés régulièrement  pour leur assurer une déshydratation homogène. Il faut 10kgs de raisins frais pour obtenir 2,5kgs de raisins passerillés !

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Le temps d’exposition au soleil déterminera les différents niveaux de déshydratation des raisins et les différents types de vins. Plus la concentration de sucre sera élevée, plus il sera difficile de réaliser la fermentation. Fermenté avec des levures indigènes dans des fûts de chêne de 225 litres, le vin est ensuite  élevé pendant 20 mois en fûts de chêne français et mis en bouteilles en juillet 2013.

Un vin doux très aromatique aux jolies saveurs qui rappellent les gâteaux aux fruits secs, les herbes et les abricots. La bouche est complexe , riche et nette,  onctueuse, mais  fraiche, pas trop sucrée, sans aucune lourdeur aromatique ni alcoolique, avec suffisamment d’acidité pour maintenir l’ensemble.  Une très longue finale. Un grand muscat élégant, somptueux et raffiné, une très belle expression des muscats non mutés qui témoigne de la fraicheur des terroirs d’altitude de Málaga…

La production totale a été de 8159 bouteilles de 500ml

PVP: 39,50€

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-Old Mountain 2005

Old Mountain est issu de 2,4 hectares de vignes en propriété et en Bio, situées dans l’ Axarquía à 550m d’altitude. Les raisins sont exposés au soleil pendant environ 7 jours, la fermentation à partir de levures indigènes se déroule dans des fûts de chêne français de 225 litres et vieillit plus de 7 ans en fûts de chêne français. Cette élaboration correspond à l’interprétation que fait Telmo des anciens Mountain Wines.

Mis en bouteille en aout 2013, la production totale a été de 515 bouteilles.

Vol. 15%

Sa belle robe d’un doré brillant, annonce le moelleux de la bouche. On succombe facilement à un nez intense, envoutant, aux parfums de fruits jaunes, de peaux d’oranges, mêlés aux effluves de roses. La pureté de la bouche est attrayante, sa douceur, sa texture onctueuse, jamais écœurante, la fraicheur de fond, son grand équilibre, son fruité, en font un grand vin doux complexe. On oublie que c’est un Muscat, tellement il est élégant.

PVP : 129€

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-MR 2012

Le MR est son jeune Moscatel. Compte tenu des coûts élevés de production du vin, ils ont lancé une deuxième marque MR, dans laquelle le bois n’est plus présent, assez différent du reste des muscats de ce segment. La cuvée Malaga MR 2012 est issue de muscats provenant de plusieurs parcelles sur la commune de Cómpeta. La vigne conduite en gobelet est plantée sur des coteaux escarpés, à une altitude d’environ 550 mètres. Les sols caillouteux et peu profonds sont de nature calcaire avec des schistes noirs du Paléozoïque. Les vendanges sont manuelles en cagettes, la fermentation se fait en cuve à partir des levures indigènes. Mis en bouteille en juillet 2013, la production a été de 22000 bouteilles.

C’est un vin destiné à être bu jeune, il conserve le caractère du Molino Real, avec ses notes de pêche et de laurier, il est frais très variétal, mais élégant.

Il offre un bon volume en bouche, les notes miellées, balsamiques et citriques se mélangent, la bouche est suave, onctueuse,  marquée par des arômes d’abricots,  de coing, de laurier, fruitée et douce. La finale légèrement amère et fraiche s’apprécie. Je dois dire que je comprends le succès de ce vins il sait séduire  par sa délicatesse, la pureté du muscat, la suavité de ses aromes et sa gourmandise. Le raisin très mur laisse place à une fraicheur  et une légèreté surprenantes, que l’on pense impossible dans un tel vin.

Il ne  vous en coutera que 15, 95€ pour avoir accès cette très jolie bouteille.

Vol 13%

 

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Mountain Wine 2007 Coleccion 75 Aniversario Vila Viniteca
Lors de la soirée de Quim Vila, Telmo avait sorti l’emblématique Mountain Wine 2007 de Malaga  élaboré pour la  Colección 75 Aniversario Vila Viniteca.

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L’année 2007 avait été humide, les vendanges se réalisèrent en 2 fois, les 14 et 26 septembre et le passerillage sur les pentes de l’Axarquia a été long. Après un élevage de 27 mois en barriques de chêne français, il a été mis en bouteille le 21 décembre 2009, la production fut de 1050 bouteilles à 13%vol.  L’étiquette est très élégante, riche, la bouteille est bordelaise et bien que se soit un vin doux, le format est de 75cl. Je n’en avais pas beaucoup dans le verre, mais assez pour apprécier son intensité aromatique, la bouche était particulièrement intense, offrant une liqueur très nette, splendide, onctueuse, soyeuse et gourmande, je me rappelle d’un vin fascinant, d’arômes de marmelade d’orange, de thym, de laurier et de camphre, des épices aussi. Le plus remarquable étant son grand équilibre acidité/sucre.-  Je me considère comme très privilégiée d’avoir pu gouter ce nectar!

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En guise de conclusion:

Logiquement, le coût de production de ce style de vins est élevé et les prix aussi. Malgré cela, ces vins ne sont pas rentables, il ne faut donc pas s’étonner de les voir disparaître au profit des vins secs, les producteurs misant notamment sur le potentiel des Muscats secs ou effervescents. Il faut espérer que cette production plus commerciale et plus proche des goûts des consommateurs actuels pourra aider à préserver le trésor que représentent les vins doux de Malaga.

Hasta pronto,

Marie-Louise Banyols

 

 

 

 

 

 

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

18 réflexions sur “Vins mutés (ou pas) (4): Les Malaga de Telmo Rodriguez

  1. Merci, Marie-Louise! J’ai eu l’occasion de visiter la région il y a quelques années en compagnie de Stephen Spurrier.
    J’ai adoré l’Axarquia, pour ses paysages comme pour ses vins doux. J’ai notamment apprécié ceux de Jorge Ordoñez.
    En Montes de Malaga, près de Ronda, j’ai aussi aimé Schatz, Chinchilla et surtout Descalzados Viejos – notamment pour leurs rouges d’une étonnante fraîcheur, la marque de l’altitude, sans doute
    Je n’ai jamais eu l’occasion de les retrouver en Belgique, malheureusement.

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    • Oui, ceux de Georges Ordoñez, plutot de sa soeur Victoria, sont excellents aussi, et les producteurs de vins secs que tu cites sont incontournables, je travaillais avec eux . Les productions sont très faibles et les prix élevés ce qui pourrait expliquer que tu ne les retrouves pas en Belgique.

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  2. Aïe, aïe, aïe, MLB: vous aussi avez succombé au charme de Telmo. Alors que je rendais visite pour la première fois à Eloi Dürrbach, pendant les vendanges 1990 (je crois), son épouse m’a ouvert le portail à l’heure dite … légèrement vaseuse. Le banquet de fin de vendanges battait son plein et farandole plus moult picole étaient de règle. Elle a été très soulagée lorsque j’ai proposé spontanément de revenir le lendemain! Et le lendemain, Telmo pigeait un foudre de rouge, en prenant appui sur un madrier posé en travers du sommet de la cuve. Il portait très peu de vêtements (litote). Ma compagne de l’époque (devenue l’année suivante la mère de la Loute) et les autres assistant(e)s l’ont trouvé très bien fait. Bon, pour moi, il n’avait rien de spécial … Un macho de la Vieille Castille, c’est tout (joke!). Peu d’années après, alors que je foulais les lagares de Quinta do Noval à Vale de Mendiz, je suis tombé dans le moût (grâce à l’aguardiente) et il m’a fallu me doucher « on the spot » à la lance d’arrosage pour me débarrasser du jus tout collant de sucre. Là, dans cette contrée à peine sortie des affres du salazarisme et de l’emprise des cathos, ma nudité passagère a fait un mini-scandale. Pourtant, aucune assistante n’a donné naissance à un petit Germain l’année suivante !!!!

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  3. Oui, je le reconnais j’ai succombé aux charmes de Temo, mais pas que, j’ai beaucoup d’admiration pour le travail qu’il a fait notammement en Galicia et à Gredos. Ne soyez pas jaloux, vous avez vous aussi de nombreuses « FANS ». Ceci dit, c’est peut-ètre un charmeur, mais il se bouge vraiment, je ne l’ai jamais vu dormir sur ses deux oreilles. C’est un inquiet permanent et je le crois très sincère.

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  4. Il y a presque 30 ans, il faisait l’effet d’un stagiaire très dynamique et posédait effectivement un charme dévastateur. Il me semble que c’est sa soeur qui gérait Remelluri à ce moment-là et les vins y étaient un peu « durs ». Ils sont plus aimables à présent.
    Pour l’heure – j’ai « fait » 60 ans comme on dit dans les P.O., tout comme d’autres « font » bar mitzva – le seul faon qui m’intéresse encore est celui qui échoue dans mon assiette, tendre et cuit même pas bleu (encore tiède au centre). Le rôti de Bambi m’enchante. Je ne suis pas trop végétarien, même si cette engeance a raison, d’un point de vue moral, social et écologique.

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  5. Alors une fois de plus, nous nous rejoignons, je ne suis pas trop végétarienne non plus.

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  6. A noter un beau muscat sec (Mountain bianco), que l’on peut confondre avec un Torrontes argentin (ou à un muscat sec du languedoc).

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  7. Les muscats secs dans cette zone, se multiplient, et sont pour la plupart excellents, c’est une façon de compenser le manque de rentabilité des doux.

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  8. Il y a aussi Botani, d’Ordoñez (qui fait de succulents liquoreux, sur 3 cuvées différentes).

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  9. Effectivement, tant les liquoreux que les secs d’Ordoñez sont excellents, cette bodega fait partie des meilleures.

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  10. Merci donc pour tous ces rappels utiles.

    J’ai eu l’occasion de goûter il y a qq années un décoiffant Toro Albala PX Arrope 2002 à 900 grammes de S/R …

    Sur Malaga, j’ai aussi apprécié ce vin, à base de Pedro Ximenez : Malaga Bodega Antigua Casa de Guardia Pajarete 1908 NM (proche pour moi d’un cream andalou).

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    • Bonne connaissance des vins de l’Andalousie, je n’ai jamais eu l’occasion de gouter le Malaga dont vous parlez, je vais essayer de le chercher, les PX sont vraiment interressants, d’ailleurs certains affirment que les Old Mountain étaient élaborés avec des PX et non des Muscats. …

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  11. interview, en français s’il vous plait >>

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  12. Merci pour cet apport.

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  13. J’adore le « en français svp ». Vous êtes un peuple incroyable. Dès que cela se passe dans votre idiome (dont la zone d’influence se rétrécit comme peau de chagrin) , cela acquiert une plus-value (taxée à 30 % NB) à vos yeux. Brassens avait foutrement raison: « Les imbéciles heureux qui sont nés qq part …). L’espagnol est une langue parlée par sans doute 10 x plus de monde dans le monde que le français, mais c’est Telmo qui fait l’effort !!!! Shame on you! En même temps, quand on est diplomé de Talence … Tous les soviétiques ayant értudié à Cuba

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    • … ayant étudié à Cuba parlaient TB l’espagnol. Et toutes les Chinoises (bcp plus de filles que de mecs) qui fréquentent la « fac » de Perpi se débrouillent très vite en français. Ne me demandez pas ce qu’elles apprennent à cette « université ». Les « sciences de la Méditerranée », la « communication » etc … Pas de médecine, pas de polytechnique, pas de biologie, ni chimie, ni physique, pas de lettres … rien que du soft.
      Je n’ai pas de sympathie particulière envers M. Trump, mais les critiques qu’il encourt de la part de vos « intellos » pourraient tout aussi bien s’appliquer à Hollande, ou, pire encore, à Macron. Décidément, même si je plaide pour ma chapelle, le roi des cons n’est sûrement pas flamand!

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  14. Revois tes chiffres, Luc:

    La Francophonie, ce sont 290 millions de personnes (France, Suisse romande, Belgique francophone, Québec…- et surtout une bonne partie de la population de l’Afrique dite francophone, et un peu le Cambodge et le Vietnam, sans oublier quelques pays de l’Est, notamment la Roumanie).
    L’Hispanophonie, ce sont 382 millions de locuteurs. Plus, donc, que le français – mais pas 10 fois plus!
    Un autre classement met même la langue française devant l’espagnol, non pas en nombre de locuteurs, mais en influence.

    Et puis, le nombre ne fait pas tout: des langues comme le mandarin et l’hindi sont plus parlées que le français, mais le sont assez peu hors de leurs pays respectifs, ce qui diminue leur importance au plan mondial.

    Source: Populations du Monde, 2005

    http://populationsdumonde.com/classements/les-10-langues-les-plus-parlees-dans-le-monde

    Par ailleurs, je trouves que tu te contredis: apprécier qu’un Espagnol s’exprime dans notre langue, ce n’est pas du chauvinisme ni de la connerie d’être né quelque part, c’est tout le contraire: c’est de la reconnaissance pour quelqu’un qui fait l’effort de parler une langue dont nous savons bien qu’elle perd en influence. Tout le monde est loin de faire, cet effort, en Espagne – un pays voisin, pourtant. Ceci qui est non seulement regrettable pour notre langue et pour nous, mais aussi pour les Espagnols, en définitive; compte tenu de notre proximité, n’ont-ils pas plus de raison de vouloir parler avec nous?
    Comme il est regrettable que nous autres Français ne soyons pas plus curieux envers les langues des pays voisins, plutôt que de nous borner à baragouiner un anglais basique et utilitaire, car pour moi, la langue est vecteur de culture.

    Enfin, même si tu as raison de nous brocarder pour notre faiblesse en langues étrangères, sois juste: les Anglais et les Américains ne sont pas meilleurs que nous.

    Aimé par 1 personne

  15. Muchas gracias ! Hervé……

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