Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Une verticale sur 10 ans de trois domaines médocains

8 Commentaires

CA Grand Crus, filiale du Crédit Agricole, possède un certain nombre de domaines viticoles, surtout à Bordeaux. Si cette entité a récemment vendu le Château Rayne Vigneau à Sauternes, il lui reste, dans le Bordelais, les châteaux Grand Puy Ducasse à Pauillac, Meyney à Saint Estèphe, La Tour du Mons à Margaux et Blaignan dans le Médoc, ainsi que le Clos Saint Vincent à St. Emilion, puis, en Bourgogne, le Château de Santenay: soit près de 350 hectares de vignes en tout. Cela en fait, non pas un géant de la viticulture, mais un des « institutionnels » ayant une véritable politique de vin. La Directrice Technique des domaines est Anne Le Naour et le Directeur Général Thierry Budin.

capture-decran-2014-11-25-a-15-51-48

J’ai eu la chance de pouvoir participer, la semaine dernière, à une très intéressante dégustation verticale, parfaitement organisée, qui présentait 10 millésimes de trois de ces propriétés : Meyney, Grand Puy Ducasse et La Tour de Mons. La période couverte par cette dégustation allait de 2006 à 2015, ce dernier étant représenté par des échantillons en cours d’élevage. Cet article sera un compte-rendu de ma dégustation avec quelques mots de présentation des domaines et une conclusion.

Les prix des vins

Voilà un sujet qu’il ne faut jamais éluder lorsqu’il s’agit de vins en général, et de grands vins de Bordeaux en particulier, tant cette catégorie a été soumise à des effets spéculatifs déraisonnables ces dernières décennies. Une bonne nouvelle en ce qui concerne ces trois vins : les prix restent raisonnables pour le secteur. Pour les millésimes que j’ai dégusté, les prix de Château Meyney (Saint-Estèphe) vont de 25 à 40 euros selon le millésime, le plus cher étant le 2010 qui est devenu difficile à trouver en France. Le magnifique 2006, par exemple, ne vaut que 30 euros, ce que je pense être une excellente affaire; ce vin est du niveau d’un cru classé mais à des prix autrement plus abordables. Pour Grand Puy Ducasse, cru classé de Pauillac, la fourchette est de 35 à 50 euros, et pour La Tour de Mons, cru bourgeois de Margaux, elle se situe entre 15 et 25 euros. Vu ces prix et la dégustation que j’ai faite, Meyney en particulier représente une très bonne affaire en ce moment.

Les vins chateau-meyney-saint-estephe

Château Meyney

Je commencerai par Meyney car ce fut mon vin préféré des trois pour l’ensemble des millésimes dégustés. Le Château Meyney est l’une des plus anciennes propriétés du Médoc. En 1662, les propriétaires en étaient les Pères Feuillants, artisans des premières plantations. Aujourd’hui, le vignoble de 51 hectares d’un seul tenant s’étend sur des croupes qui dominent la Gironde. Outre les graves qui composent le sol, on observe ici, comme à Petrus, une veine d’argile bleue en sous-sol, à environ 2,6 m de profondeur sur quelques 3 m d’épaisseur. CA Grands Crus a racheté la propriété en 2004 et Hubert de Boüard en est l’œnologue conseil.

Je sais bien que les notes ne sont pas une panacée mais elle me semblent très utiles pour juger de la qualité relative d’un vin dans un contexte donné et, dans ce cas, tous ces vins sont comparables car venant de la même région et utilisant les mêmes cépages. Ma note moyenne pour les 10 millésimes dégustés de Meyney était de 16,9/20, ce qui est très élevé, surtout compte tenu du fait que deux millésimes dits « faibles » (2007 et 2013) faisaient partie de la série.

Château Meyney 2006

Nez resplendissant, très expressif et d’une intensité de fruit assez exceptionnel pour un vin de 10 ans. Cela se confirme en bouche, donnant un vin riche, raisonnablement charnu et éclatant de vie. Très beau vin d’une grande finesse et qui donne un plaisir immédiat maintenant. (18,5/20)

Château Meyney 2007

Le nez est assez torréfié et les tanins semblent denses pour un millésime relativement léger. Du coup ils tendent à assécher un peu le palais en fin de bouche. Mais pas de trace de saveurs végétales. (15/20)

Château Meyney 2008

Ce millésime fait partie de ceux qui se trouvent, et depuis un moment, en phase austère, voire fermée – et ce vin ne fait pas exception à la règle. jugeons-le plutôt sur sa belle charpente et sa longueur prometteuse. Certainement à attendre encore un bout de temps. (16/20)

Château Meyney 2009

A côté d’autres vins de la région dans ce millésime un peu atypique par son exubérance, celui-ci se la joue droit et fin. Il contient néanmoins une belle richesse de matière qui donne une texture charnue et une grande longueur. (17/20)

Château Meyney 2010

Comme bon nombre de vins de ce très grand millésime, celui-ci est en train de se fermer. Mais on sent une très belle fraîcheur qui s’accompagne de beaucoup d’intensité dans les saveurs. La longueur impressionnante annonce un très grand classique. (18,5/20)

Château Meyney 2011

La structure est ferme et ce vin semble aussi dans une phase austère. Bonne précision dans les saveurs, même si cela semble un peu mâché pour l’instant. (15,5/20)

Château Meyney 2012

Une vrai réussite que ce vin fin, précis et long en bouche. J’ai beaucoup aimé son équilibre quasi-parfait entre tanins et fruit. (17/20)

Château Meyney 2013

Un bien joli vin dans un millésime difficile. Précis et fruité, assez soupe et agréable dès maintenant. (16/20)

Château Meyney 2014

Encore une fois la qualité du fruit ressort. La matière a clairement plus de potentiel que pour le 2013, et, logiquement, l’extraction est plus importante. Du coup le fruité exalté est souligné par une belle structure et prolongé par une excellente longueur. (17,5/20)

Château Meyney 2015

Encore plus d’intensité que le 2014. Il faudra attendre la mise en bouteille définitive mais ce vin est très prometteur, complet et long. (18,5/20 : note provisoire)

gpd_1

Château Grand Puy Ducasse

Les 40 hectares du vignoble de ce Grand Cru Classé sont répartis sur trois grandes parcelles dans l’aire de Pauillac. On doit cette configuration originale à son fondateur, Pierre Ducasse, qui a rassemblé sous un même nom ce vignoble au XVIIIème siècle. Fait unique parmi les crus classés de cette appellation, les bâtiments, dont la belle maison 18ème, se trouvent dans la ville de Pauillac et regardent l’estuaire à travers la rue qui longe les quais (voir photo). Il appartient à CA Grands Crus depuis 2004 et Hubert de Boüard en est l’œnologue conseil, comme à Meyney.

Château Grand Puy Ducasse 2006

J’ai été gêné par une pointe d’amertume en finale ainsi que par un profil sec et anguleux de ce vin. Ce n’est pas un mauvais vin, mais il est loin de la qualité de Meyney dans ce millésime. (15/20)

Château Grand Puy Ducasse 2007

Joli fruité et un vin assez complet qui me semble bien réussi dans ce millésime. (15,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2008

A toute l’austérité qui est si typique de ce millésime; A attendre impérativement car peu de plaisir pour l’instant. (14,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2009

Le profile atypique est chaleureux de l’année l’aide beaucoup par rapport aux trois millésimes précédents. Long et intense, bien fruité, mais avec juste une pointe d’alcool en finale et une petite touche d’amertume dans les tanins. (16/20)

Château Grand Puy Ducasse 2010

Vin aussi intense que complet. Très belle équilibre entre fruité, acidité et structure tannique. Aussi beau que long. Facilement le meilleur millésime de ce château dans cette série. (17,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2011

Très bon aussi, dans un millésime qui n’a guère attiré des louanges pourtant. J’aime aussi son équilibre qui repose en partie sur un refus de trop extraire. (16/20)

Château Grand Puy Ducasse 2012

Le bois domine trop le nez pour le moment, et la matière me semble anguleuse avec une finale très sèche. Préférez le 2011 ! (14/20)

Château Grand Puy Ducasse 2013

Bien plus harmonieux au nez que le 2013. Vin juteux et frais, donnant encore une réussite dans un millésime pas évident. (15,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2014

Le fond est puissant mais il embarque avec lui un très joli fruité et des tanins murs. Très bon équilibre. (16,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2015

On sent davantage de densité qu’avec les autres millésimes sauf le 2010. Mais il est austère pour l’instant et les tanins finissent un peu sec. A voir plus tard (pas noté car je suis incapable de le juger à ce stade).

18393-640x480-etiquette-chateau-la-tour-de-mons-rouge-margaux

 

Château La Tour de Mons

Les 48 hectares du vignoble de ce Cru Bourgeois sont répartis dans la partie Nord de l’Appellation Margaux, sur les bords de la Garonne. Le vignoble est planté ainsi: 56% merlot, 38% cabernet sauvignon, 6% petit verdot. Le domaine est administré par CA Grands Crus depuis 2012 seulement, donc seuls les 4 derniers millésimes dégustés ont été réalisés sous sa responsabilité. L’œnologue conseil est Eric Boissenot.

Château La Tour de Mons 2006

Un joli nez fumé et un palais intense mais trop austère. Finit sèchement. (13,5/20)

Château La Tour de Mons 2007

Plus souple, ce qui donne un vin agréable qui exprime un fruité arrondi dans ce millésime peu côté (14/20)

Château La Tour de Mons 2008

Plus complet que le 2006, mais il garde le profil austère typique de l’année. (14/20)

Château La Tour de Mons 2009

Le richesse de ce millésime lui fait du bien. Il n’abandonne pas son carapace austère mais il a plus de fruit et une belle longueur. (14,5/20)

Château La Tour de Mons 2010

Le nez est fin et les arômes sont empreints d’élégance. Si la structure reste ferme à ce stade, l’équilibre est là. Un bon vin. (15/20)

Château La Tour de Mons 2011

Je découvre un peu ce millésime dont on parle si peu et je trouve encore un très joli vin avec un fruité joyeux, de la finesse et une belle structure qui joue les prolongations. (15,5/20)

Château La Tour de Mons 2012

Peut-être est-il en phase de fermeture mais ce millésime me parait serré et assez austère, bien que les saveurs aient une bonne précision et que les tannins soient fins. (15/20 ?)

Château La Tour de Mons 2013

Vin plus claire, dont l’extraction a été allégée à juste titre. C’est une réussite dans ce millésime. (14/20)

Château La Tour de Mons 2014

Un très joli vin, avec un beau fruité et des tanins raisonnables, donc en phase avec la matière. (15/20)

Château La Tour de Mons 2015

Le potentiel est bien là, avec de l’intensité, beaucoup de fraîcheur et une bonne longueur. (16/20)

 

Conclusion

Trois domaines manifestement très bien gérés et dont les progrès, en matière de précision et de finesse, m’ont semblé évident sur les derniers millésimes.

Cerise sur le gâteau : les prix sont très abordables pour leurs catégories respectives.

 

David

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

8 réflexions sur “Une verticale sur 10 ans de trois domaines médocains

  1. Du temps où Meyney évoluait dans le giron de Cordier (ainsi que Talbot et Gruaud-Larose), ces trois propriétés offraient également de beaux vins … pour le secteur comme tu dis. Meyney représentait alors un rapport prix:qualité intéressant. Mais on parlait de 300 à 400 FB à l’époque (moins de 10 €). En même temps, que toi, si soucieux de nos bourses (à juste titre), soulignes que 30 € ce n’est pas cher pour des crus produits à plus de 50 hl/ha (bien plus si on compte TOUT le vin récolté sur l’ensemble des parcelles) ne manque pas de sel. J’en profite pour égratigner au passage la manière incorrecte de présenter le rendement des propriétés de certaines régions. Je ne conteste pas – n’ayant aucun élément pour le faire – les chiffres annoncés pour le « grand vin » en général. Mais c’est le même domaine, dans son ensemble, qui produit les « deuxièmes vins », appellations communales et encore plus génériques. Le même phénomène s’observe quand on produit sur la même propriété des secs, demi-secs et moelleux par tries successives: la parcelle produit en fait la SOMME de tous ces vins. Il n’y a pas de mal à cela en soi. Cela nous permet de replacer dans son cadre la notion de rendement et de prix de vente. D’un côté, on peut admettre l’idée que le prix ne doit refléter, pour le consommateur, que la notion de plaisir qu’il en retire. C’est défendable. A l’autre extrémité, on pourrait défendre l’idée que le prix ne devrait être que la conjonction du prix de revient (le coût) et d’une marge permettant au propriétaire de vivre, après avoir payé toutes ses charges. Après, c’est l’analyse de ces charges (et notamment des overheads) qui m’intéresse. Le CA – qui est mon banquier d’ailleurs – estime qu’il doit se payer le luxe de consultants célèbres dans le microcosme et, partant, dispendieux. D’autres établissements font construire des chais (et des dépendances et des corps de logis) très haut de gamme. C’est tout cela que le consommateur paie. Tu vas me dire que le monde est ainsi fait et que cela vaut pour tous les produits de consommation, camarade. Et tu as raison. Et c’est cela que Léon réprouve. Les bouchers qui font la promotion du boeuf maturé (par exemple) sont en train de suivre la même voie, ou les vendeurs de jambons extraordinaires. Une denrée de base, sans doute excellente, est promue par des artifices de marketing, profitant de la naïveté des gens (la mienne aussi, NB, j’adore le jambon), de notre soif de nouveauté, de notre intérêt pour l’exclusif, l’exceptionnel. Et elle aquiert une plus-value à mes yeux injustifiée. Dans le cas du boeuf « longue conservation » se pose aussi le problème du GASPILLAGE que cette pratique occasionne, au départ d’un animal produit avec beaucoup de ressources, en bout de chaîne alimentaire ou presque et qu’on a sacrifié souvent de manière cruelle.
    Voilà la petite leçon d’éthique alimentaire selon Saint Léon du lundi matin, après un glissement horizontal partant du tarif d’un Saint-Estèphe!

    J'aime

    • Luc, peut-être que ce sont les intérêt de tes emprunts au Crédit Agricole qui leur permettent faire un bon Meyney.
      C’est ce qu’on peut appeler la solidarité vigneronne volontaire obligatoire (comme la cotisation du même nom!).
      A l’extrême, de même que tous les clients du CA (dont je suis), on peut prétendre que nous sommes tous un peu propriétaires. On pourrait demander un rabais, tu crois?

      J'aime

  2. Luc, deux choses : sur le plan des rendements d’abord, je suis d’accord que la manière habituelle d’exprimer les rendements d’une manière simpliste en hl/ha ne veut rien dire. Comment, en effet, comparer les rendements issu d’un climat qui fournit 900 mm d’eau par an avec ceux d’un autre qui n’en fournit que la moitié ou moins. Et comment comparer le rendement d’un vignoble planté à 10.000 pieds à l’hectare avec un autre qui n’en contient que 2.500 plantes saines en activité? C’est totalement illogique et cela induit les gens dans des erreurs de raisonnement absurdes. Je me souviens de Jean Gautreau, à Sociando-Malet, disant qu’il était fier de produire 60 hl/ha et qui s’il ne le faisait pas c’est qu’il y avait un problème. Mais faire cela dans le Roussillon serait évidemment contre-productif sur le plan de la qualité.

    Maintenant, sur la question de prix. Bien entendu, 30 euros pour une bouteille de vin, ce n’est pas rien quand on considère que le prix moyen d’une bouteille vendu dans ce pays est inférieur à 5 euros en supermarché. Mais j’ai essayé, dans cet article, de comparer ce qui est comparable : le prix de Meyney est bien inférieur à ceux des crus classés issus de la même région et des mêmes techniques de culture et de production et pour une qualité comparable. Je sais parfaitement que le coût de revient d’un vin du Médoc doit se situer, au maximum, autour de 10 euros la bouteille (on pourrait peut-être admettre 15 euros en comptant l’ensemble des frais commerciaux) et que le reste, c’est de la marge pour le producteur et pour le revendeur. Mais, avec ces données-là, 30 euros pour un vin de 10 ans et de cette qualité ne me paraît pas excessif. Il faut aussi le situer par rapport à des vins voisins qui se vendent pour entre deux fois et huit fois ce prix!

    J'aime

  3. David, je suis l’un de vos véritables admirateurs mais, par pitié, sachez que le verbe avoir à la 3ème personne du singulier s’écrit « a » et non « à ». Esthétiquement (entre autres), c’est important 😉

    J'aime

  4. Merci Patrick. Il s’agit davantage d’une faute de frappe qu’une confusion grammaticale, faute dont je suis également coupable de temps à autre.

    J'aime

  5. Est-ce l’automne qui s’installe vraiment? Ici, je veux dire. Toujours est-il que je me plonge avec délice dans une série d’oxydatifs, notamment après ma visite chez Grau, sur votre conseil. Ce n’est pas étranger à ces interrogations, relayées dans vos lignes, concernant le succès (mode ou pas) et le prix relatif de différents vins. Il n’y a rien à dire concernant les rapports entre l’offre et la demande. Ce n’est pas de volonté délibérée: tout ce qui est rare devient cher, si c’est recherché, bien sûr. Vous évoquiez les tarifs très bas des bons « sherries » (pour faire simple). Ce sont des vins au rendement somme toute confortable, malgré la sécheresse andalouse, mais qui nécessitent un assez gros travail de cave (plus que du rosé de pressurage direct vendu dans les 6 mois, le mien y compris), des immobilisations financières considérables et ont un turn-over lent. Malgré cela, s’il est vrai qu’on en trouve à 4-5 euros, les gens hésitent apparemment à sortir de leur poche la somme de 8-15 € qu’il faut pour en avoir de TRES BONS. A l’inverse, on paie autour de 30 euros les champagnes de « grandes marques » dans la GD, et c’est paradoxalement aussi le prix demandé pour le nouvel effervescent de Torres haut de gamme. Enfin, même quand on s’appelle Gardiés, Gauby ou Bizeul, une troïka dont personne ne niera l’éminence parmi les vins du L-R, cette barre ne se franchit que pour le haut de gamme. Et encore, je ne connaîs pas leurs comptes qui ne me regardent d’ailleurs en rien, mais je ne suis pas sûr que ce créneau constitue l’essentiel de leurs ventes.
    David a raison de considérer que 10 à 15 euros constitue le prix de revient maximum de toute bouteille de vin (sorti peut-être de très grands moelleux). Mais il conclut un peu vite que le reste, c’est de la marge soit pour le producteur, soit pour le revendeur (ou la filière). Deux postes doivent être pris en compte: le prix de la dette générée par les emprunts des investissements, ou le manque à gagner de cet argent s’il provient des fonds propres, tout d’abord. Et tous les frais sans rapport avec la production: ceux de l’image et de la publicité, ensuite. Je me fais l’avocat du bord adverse, puisque je ne fais pas mystère de retrousser le nez devant tout investisseur et de ne pas être un fanatique de la propagande. Mais c’est ça aussi que le consommateur paie: l’augmentation de la valeur comptable du domaine, et les frais engagés pour la promotion.
    Il est paradoxal qu’un buveur d’étiquette paie en fait, outre une marge bénéficiaire, tous les frais nécessaires à lui faire payer … cher la bouteille, au-delà de sa valeur « réelle » (costs of good). Et il paie aussi la plus-value réalisée par le domaine. Le CA, ou AXA ou qui on veut, augmentent la valeur de la propriété qui leur sert en partie de garantie (foncière ou liée au stock et aux actifs immobilisés) en investissant une partie de l’argent de ses clients et en les faisant payer très cher en plus la production de ces mêmes domaines. Hervé a raison, tout détenteur de parts sociales du CA est peu ou prou propriétaire de Meyney. mais il doit aussi payer au prix fort le vin qui s’y produit. Dans les caves coop, au moins, les adhérents profitent d’un tarif préférentiel !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s