Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Experiencia VEREMA Barcelona 2016

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La 4ème Expérience Verema Barcelona 2016  s’est tenue  lundi  14 novembre au Museu Marítim de Barcelona.  Une petite centaine de bodegas nationales, des distributeurs et des professionnels du secteur s’y étaient donné rendez-vous. J’y étais aussi.  Ma première impression a été celle d’un Salon en perte de vitesse, elle s’est confirmée après un premier tour de salle : la moitié des domaines exposants étaient catalans, avec une forte présence du Penedès et des Cavas, l’absence des «stars», la faible visibilité du Priorat, de Montsant, et de l’Empordà, pratiquement pas de nouveaux venus, et quelques rares domaines du reste de l’Espagne.  A Verema, j’attendais plus de découvertes, plus de petits producteurs, plus de fraîcheur, enfin plus de participation nationale. En réalité, j’ai comparé avec la liste de l’année dernière et c’est pratiquement la même, sauf nos amis de Toro qui étaient absents.  Tout ça au final, est assez normal, beaucoup de domaines se sont fait représenter par leurs distributeurs catalans, ce qui est à la fois moins onéreux et moins prenant pour eux, mais un peu frustrant pour les visiteurs!  Je n’avais pas établi de planning de dégustation car je ne pensais pas pouvoir y participer. Je m’en suis donc remise au hasard des sollicitations et de mes envies.  Je vous livre quelques unes de mes sensations:

Ma première halte a été pour  le Celler Lafou (Terra Alta) qui appartient au Groupe Ramon Roqueta, j’y ai dégusté :

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Oenologue et ambassadeur du Groupe

  • Lafou Els Amelers 2015, un vin 100% grenache blanc dont j’ai aimé la vivacité, la légèreté de son parfum, son onctuosité et  sa fraicheur. Jolie structure dans une bouche tendue par une bonne acidité, le tout offrant un équilibre élégant.
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PVP : 13,50€ ça m’a paru un bon rapport qualité/prix

  • Lafou El Sender 2014  Garnacha, Syrah, Morenillo, sa couleur peu profonde annonce un vin léger, nez très agréable de fruits noirs frais, bouche gourmande, fruitée et épicée, finale assez vive et légèrement tannique. Un vin de soif  facile à comprendre et à boire.
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PVP : 9,95€ J’achète.

  • Lafou de Batea 2010 Garnacha, Syrah, et Cabernet Sauvignon

Le nez est parlant, fruits rouges, notes balsamiques, fruits secs, des touches de sous-bois, il est relayé par une bouche profonde et fraiche à la finale persistante. Dommage qu’il manque un peu de personnalité car le prix est élevé !

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PVP : 36,45€

Tout près, Edetària, un autre domaine de Terra Alta que j’aime beaucoup, c’est par ailleurs la référence incontournable de l’appellation, je  m’y suis arrêtée, attirée par 4 cuvées mises en avant sur sa table et que je n’avais jamais goutées. Joan Àngel Lliberia, m’a expliqué qu’il avait voulu se faire plaisir, et qu’il s’agissait de micro-cuvées.

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Joan Angel Lliberia, le vigneron

  • Finca La Terrenal D’Edetària 2014,  issu de vieilles vignes de grenache blanc sur argile.  Le volume est là, l’onctuosité aussi accompagnée d’une intéressante complexité,  le tout prolongé par une finale fraiche.

PVP: 37,90€

  • Finca La Guenuïna d’Edetària 2014, un rouge issu d’une sélection des meilleures vignes de grenache “fina”, se serait un clone de grenache propre à la Terra Alta. Un nez de garrigue et de fruits rouges, une bouche mure, un rien de rusticité qui ne m’a pas déplu, un air du midi, des tanins doux.

PVP : 37,90€

  • Finca La Pedrissa d’Edetària 2012, 100% carignan de vignes de plus de 80ans. Un nez  intense à la fois floral et fruité, l’attaque en bouche aimable est trompeuse, elle cache la puissance du vin. J’ai aimé ce vin plein et gourmand, il m’a rappelé certains grands Corbières.

PVP: 37,90€

  • Finca La Personal d’Edetària 2014, un rouge issu d’une seule parcelle de garnacha tinta “peluda”, de plus de 60 ans,  une mutation du grenache adaptée à la Terra Alta. Il n’en resterait que 50ha en Catalogne et 5 sont chez Edetaria. Un vin très méditerranéen avec ses notes de garrigue, et balsamiques, la bouche est très fruitée fraiche et persistante.

PVP: 37,90€

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  • Edetària Selecció 2014, issu d’un assemblage de garnacha peluda 60%, garnacha fina 30% et carignan 10%. J’aime beaucoup cette cuvée sans prétention qui pourtant ne manque pas de caractère. Elle a tout pour plaire, le fruité, les épices, suffisamment de structure mais avec des tanins lisses, la gourmandise et un zeste de complexité élégante. Son prix est aussi plus doux : 21,90€.

J’ai quand même fait part aussi bien à Joan Ramon de Lafou, qu’à Joan Angel  de mon désaccord sur les prix, en effet, je trouve le prix de leurs cuvées spéciales un peu élevé, ça les a fait rire à tous les deux, la production étant anecdotique entre 1200 et 1500 bouteilles, elles ne sont pas là pour être absolument vendues ; elles servent surtout à les positionner en qualité : c’est leur cuvée haut de gamme ! Mais elles se vendent bien quand même, ont-ils ajouté !

Après la Terra Alta, à la table voisine, le Priorat avec Clos Figueras,

Christopher Cannan était là avec sa fille, l’occasion de partager un moment amical, il ne faut rater ces instants privilégiés. Il m’a confirmé ce que j’entends chez beaucoup de domaines  : les ventes sont reparties, en ce qui les concerne ils manquent même de vins, ça fait plaisir à entendre car il n’y a pas si longtemps que ça, le discours n’était pas le même.

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Christopher Cannan avec sa fille Ann

  • Serras del Priorat 2015, Garnacha, Cariñena, Syrah, Cabernet Sauvignon.  Un vin qui témoigne de l’évolution du Priorat, qui peut surprendre mais en aucun cas laisser indifférent. Il a su garder les accents du Priorat, mais allégés, rajeunis, beaucoup de fruits rouges sauvages, une structure des plus aimables, pas chargé en alcool, une fantastique fraicheur. Un vin fin, élégant et équilibré que beaucoup n’attendent pas dans le Priorat et encore moins à ce prix :

PVP : 15,50€

  • Font de la Figuera 2013, Grenache, Syrah, Carignan et Cabernet Sauvignon issu des vignes les plus jeunes. Un vin puissant qui offre une grande expression fruitée, la bouche est riche mais fraiche, il vaut mieux le boire jeune pour profiter de ce fruit frais.

PVP: 24,50€

  • Clos Figueres 2012, Carignan, Syrah, Mourvèdre, et Cabernet Sauvignon  issu d’un terroir exceptionnel, de vieilles vignes  avec un carignan qui domine l’assemblage et qui donne au vin beaucoup de son caractère. C’est un Priorat très séducteur, un grand classique revu pour gagner en élégance et en fraicheur. Il garde la personnalité des vins de la zone, tout le fruit, la minéralité, les épices, la structure, le volume, le tout accompagné d’une magnifique acidité. Le boisé est très bien intégré. Un grand vin pour un prix raisonnable, on a tellement reproché aux Priorat d’être hors de prix !

PVP : 48,50€

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J’ai choisi de continuer avec le grenache, chez  Bodega Mustiguillo

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j’ai retenu sa toute dernière création La Garnatcha 2015, une cuvée qui annonce sa couleur, il est vrai que chez ce domaine on s’attend plutôt à boire du Bobal, qui est sa spécialité(le domaine se situe à UTIEL). Cette fois-ci Toni Sarrión a sans doute voulu  lui aussi, répondre à la demande du marché, mais surtout tel que je le connais se mesurer avec ce cépage, et voir ce qu’il était capable d’en faire. Il a choisi pour élaborer sa Garnatcha, une parcelle à 800 mètres d’altitude plantée en gobelet sur des sols crayeux d’origine dolomitique, cultivée en BIO. Il la définit lui-même par rapport aux autres Grenaches : entre le style méditerranéen et le style atlantique, sans l’exubérance des grenaches d’Aragon, moins raffinée que celles de Mentrida ou de Madrid, moins puissante que celle du Priorat ou de Montsant…. Pourquoi pas, mais personnellement, je n’ai pas cherché à la comparer aux autres grenaches espagnols, mes repères sont plutôt le Rhône ou le Roussillon. Le nez est subtil et frais avec une maturité confinée  et quelques arômes floraux et fruits rouges. La bouche est délicate, de densité moyenne, les tanins  sont fins, la texture crayeuse caractéristique des sols riches en calcaire, la finale ne manque pas de nerf et révèle, le tout est équilibré une bonne acidité. Ça me rapprocherait plutôt du Rhône. 12.400 bouteilles produites

Ne contient que 13,5% d’alcool…

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PVP: 17,15€

Allez, abandonnons les grenaches, j’ai trouvé sur mon chemin un petit domaine de la Rioja, profitant de la présence du vigneron dont j’entends beaucoup parler, mais que je ne connaissais pas encore, j’ai posé mon verre et je l’ai écouté. Il fait partie des « NATURES », je le savais, mais sa causerie me l’a confirmé.

El Vino Prodigo, c’est en 2011 que Pedro Peciña a créé son domaine à San Vicente de la Sonsierra, son village natal. Les raisins, du tempranillo,  proviennent de petites vignes voisines plantées en gobelet, il y a 37 ans à 550m au dessus du niveau de la mer.

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  • Placeres Sensoriales 2015: un vin de tempranillo, nature, une macération carbonique traditionnelle qui donne un vin étonnant, très fruité, très frais et très expressif. La bouche est savoureuse, plutôt gourmande. Pedro explique que son seul objectif est celui de reproduire le travail, la façon de faire de ses grands-parents  dans un temps où l’on n’avait pas recours à l’œnologie ni à la technologie et où les vins avaient réellement le gout de vin ! Ce discours est très à la mode en ce moment dans le vignoble espagnol : retrouver le gout du vin des anciens. J’ai toujours envie de leur demander s’ils l’ont vraiment gouté ce vin là ? Sincèrement je ne le crois pas, mais moi oui, mon oncle en faisait, et la plupart du temps c’était de « la piquette » qu’on aimait certes parce qu’on s’y était habitué, mais de la piquette quand même,  plus proche du vinaigre que du vin. Pas de technologie, un vin nature, quoi ! Mon premier émoi en matière de vin ! Ça n’est pas le cas chez Pedro, son vin est convaincant, mais ne ressemble pas à celui élaboré par nos aïeux, il est bien meilleur. Tant pis si je lui fais de la peine.
  • La Viña de la Merce 2013, entre classique et moderne. Il a appelé ce vin Merce, le prénom de sa mère, il a été élevé 14 mois en barriques de chêne français, et ce boisé légèrement toasté ressort au nez accompagné de notes balsamiques. Le fruit arrive à passer par-dessus,  mais n’est pas très intense. La bouche est aimable, assez ronde, le boisé est assez bien intégré, c’est un vin moderne, frais,  facile à boire.
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PVP: 9,40€

  • Prodigus Venit, toujours des vieux Tempranillo de 80ans d’âge plantés à 550m, issus d’une vigne pré-phylloxérique, fermentation, macération et stabilisation en cuves béton, suivi d’un élevage en barriques mixtes neuves de chêne américain et français de 9 mois.  Pedro nous martèle son discours une fois de plus: éviter que l’œnologie moderne n’intervienne au moment de l’élaboration. C’est toujours le même but qui est recherché « satisfaire les amateurs de vins à la recherche de l’essence de la tradition d’une zone exclusive… » Je vous laisse méditer.  La production est limitée à 3800 bouteilles, tant mieux car ça n’est pas un vin tout public ! La bouche est dense, structurée, les fruits noirs et les épices se mêlent à des notes de sous-bois, les tanins sont encore fougueux, la finale est fraiche. Un vin qui ne laisse pas indifférent, surtout si on le goute avec Pedro : l’homme est passionné, sincère et, il arrive à faire passer de l’émotion dans ses vins. Il faudra que je le déguste en dehors de sa présence, pour voir vraiment ce que j’en pense, je me méfie  souventde ma première impression.
  • PVP : 21,70€ pour un «  vin d’auteur », c’est un prix raisonnable!

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Ce domaine a été une bonne surprise, un air de fraicheur dans cette salle ! C’est ce genre de domaines que j’espérais trouver en plus grand nombre dans ce Salon. Vendu en France par Vinosofos

Je vous passe les dégustations des domaines connus, je n’y apporterai rien de nouveau. J’ai terminé par un cava.

Chez Cavas Torelló, un domaine familial du Penedes, j’ai gouté entre autres la dernière cuvée haut de gamme:

  • Cava Torelló by Etsuro Sotoo, un Hommage à leur propriété de Can Martí, d’où sont originaires leurs vins et cavas. Etsuro Sotoo, est un  sculpteur japonais de la Sagrada Familia. Elaboré à partir des cépages traditionnels du cava, Chardonnay: 29%, Xarel·lo: 26%, Macabeo: 24%, Parellada: 21%  de la Finca de San Marti, il s’agit d’une édition spéciale limitée à 10.000 bouteilles.     La bulle est fine et persistante, la bouche est aimable, crémeuse, structurée, la bulle est très bien intégrée ; c’est une cuvée complexe, riche, mure, elle est restée 50 mois sur lies en bouteilles, c’est donc un Gran Reserva, un cava qu’il faut plutôt réserver à la table.

12% Vol.

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PVP :39€

En guise de conclusion :

J’ai quand même pu constater que beaucoup de domaines avaient sorti une cuvée de Grenache, confirmant ainsi la forte poussée de ce cépage en Espagne, depuis le succès des grenaches de Gredos ! Il y a même une association qui s’est créée en 2012, plusieurs de ses membres étaient présents: Clos Figueras (DOQ Priorat), Edetària (DO Terra Alta), Lagravera (DO Costers del Segre), La Vinyeta (DO Empordà), Masia Serra (DO Empordà), Viladellops (DO Penedès) Vinyes Domènech (DOQ Priorat i DO Montsant). Tous sont de bons domaines.

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Hasta Pronto

Marie-Louise Banyols

 

 

 

 

 

 

 

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

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