Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Le poids des habitudes, le choc des étiquettes

13 Commentaires

La Sommelière en chef de l’Elysée, Virginie Routis, expliquait récemment à l’AFP que « Si on reçoit un chef d’Etat étranger, on va miser sur une valeur sûre, un grand bourgogne blanc, un grand bordeaux rouge; mais pour d’autres déjeuners on peut aller voyager en Alsace, Cahors, Corse… »

J’ai peur de comprendre: l’Alsace, Cahors et la Corse ne sont donc pas des valeurs sûres?

Au fait, à partir de quel niveau de prix est-on une valeur sûre? Ou bien faut-il être classé au Who’s Who de 1855?

Les vins d’Alsace, de Cahors et de Corse seraient-ils tout juste bons à abreuver les Sous-secrétaires d’Etat à la Ruralité Heureuse, les Chargés d’Affaires Non Urgentes, les Amicales de Pêcheurs de Voix, ou les Comités Théodule?

Ou bien encore, les réserve-t-on aux élus de leurs régions respectives, histoire de ne pas trop les dépayser?

L’exemple vient d’en haut, dit-on. Mais quel bonheur est-ce pour moi, petit journaleux apolitique, de ne pas avoir à choisir les vins que je mets sur ma table en fonction de leur tarif ou d’une notoriété plus ou moins méritée!

Je me priverais de tellement de bonnes surprises… Et mes invités aussi.

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Tiens, mardi, j’ai servi à mon beau père – digne médecin en retraite, plutôt adepte des grandes régions de tradition, le sparkling anglais de Coates & Seely (La Perfide 2009, un Blanc de Blancs Millésimé).

En le lui versant, je lui ai dit: « Docteur, vous n’ avez probablement jamais bu un vin de cette origine ».

Il a humé, il a goûté, il a avalé, puis il m’a dit en souriant: « J’aime beaucoup ». Moi aussi, d’ailleurs – plus creamy-crisp que ça, tu arrêtes de boire!

Je lui ai montré l’étiquette, je lui ai expliqué que l’Angleterre devenait une nation viticole respectable, les terroirs, le réchauffement climatique, les transferts de savoir-faire…

Il m’a écouté gentiment. Mais en définitive, plus que l’étiquette, c’était le vin qu’il appréciait. Alors je l’ai resservi.

N’est-ce pas là le plus important?

Hervé

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

13 réflexions sur “Le poids des habitudes, le choc des étiquettes

  1. Sans aucun doute, Hervé. Mais boire du vin britannique de ce genre exige des voies digestives en très bon état…Après ingestion, seuls les médecins sont capables d’apporter des solutions régénérantes…Vous aviez pris vos précautions. Le toubib était là.

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  2. Very funny, Georges. J’essaierai de vous en apporter une bouteille quand on se voit à Cairanne! Nous souffrirons ensemble!

    A propos de sparkling britannique, saviez-vous qu’il y a plus d’heures de soleil dans le Kent qu’à Reims? 1766 à Brighton contre 1700 à Reims. Etonnant, non?

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  3. Tu fais l’effarouché Hervé en faisant mine de découvrir que c’est toujours Bordeaux rouge/bourgogne blanc la valeur sûre???? Le monde social est plein de préjugés. Le vin est bien placé dans la série des opinions toutes faites. Malgré vos excellents articles, il en faudra encore beaucoup pour qu’un Cahors ou un Languedoc ou un vin de la Loire, soit servi aux V.I.P.

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    • C’est tout sauf une posture de ma part. Juste une illustration de mes goûts

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    • Sans illusion sur mon influence, ni même le souhait d’avoir une influence

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      • Et pourtant! Par où passe la renommée? A qui la doit-on? Vous êtes des acteurs significatifs dans cette histoire. Les médias font et défont la réputation dit-on. Intéressons au positif. Vous pouvez faire découvrir des appellations. Même si les médias ne sont pas les seuls responsables, ce serait une erreur de nier leur influence. On ne te demande pas de faire du militantisme (quoique!) mais tu pourrais assumer ton influence. ça n’enlève rien à ta modestie.

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      • Mais j’assume mes choix. Sinon je n’écrirais pas. Et je suis heureux de les partager. Mais je ne veux pas imposer. Et soyons réalistes, je ne pense pas que mon article fera vendre une bouteille de plus. Ceux qui ont l’esprit ouvert aux vins de toutes régions et pays y trouveront un écho à leur inclination, les autres camperont sur leur hiérarchie de valeurs.

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  4. Les effervescents anglais d’Exton Park, vinifiés par la talentueuse Corinne Seely, sont disponibles chez Soif d’ailleurs, bien sûr. Nous vendons leur rosé 100 % pinot meunier, une rareté et un délice.

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