Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

7 Proseccos de la GD au banc d’essai

3 Commentaires

Le Prosecco est « la bulle qui monte », en Europe. Depuis 2013, il s’en vend plus que de Champagne. Pour vous, nous avons testé l’offre présente dans trois grandes enseignes belges (Delhaize, Carrefour et Colruyt).

Petit rappel terminologique

Le Prosecco se décline en deux grandes familles: le Prosecco DOC (une vaste appellation de 23.000 hectares, s’étendant sur 9 provinces de Vénetie et du Frioul) et le Prosecco DOCG. Ce dernier est issu d’un territoire beaucoup plus restreint, divisé en plusieurs sous-dénominations: Asolo (au Nord-Ouest de Trévise)  et Conegliano Valdobbiadene (15 communes au Nord du   Piave, toujours en provence de Trévise), avec, en outre, quelques sous-types (Rive, pour 43 coteaux identifiés de Conegliano Valdobbiadene, et Cartizze, pour un bloc de 107 hectares sur la commune de Valdobbiadene). Les plafonds de rendements sont plus bas en DOCG.

Pour être complets, notons que le Prosecco produit non seulement du Spumante (celui qui nous intéresse aujourd’hui, et auxquel on pense généralement), mais aussi du vin frizzante et du vin tranquille.

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La zone de production des Prosecco (Photo Passion Prosecco)

Quelques remarques générales 

Les deux DOCG de notre échantillon (deux Conegliano Valdobbiadene, en l’occurrence) ont fait l’unanimité. Mais un de nos Proseccos DOC a fait jeu égal avec eux.

Plus important, pour la segmentation des produits, est le dosage, nous semble-t-il : quatre des Proseccos dégustés étaient de qualité Extra Dry (entre 12 et 17 grammes de sucre). Les trois autres étaient des bruts (moins de 12 grammes). Au goût, ceprenant, deux des trois nous ont parus proches de ce plafond, au point que la différence avec les extra-dry n’était pas si évidente.

Ceux qui préfèrent les vins très peu ou non dosés ne trouveront donc pas facilement chaussure à leur pied dans notre échantillon. Ceux qui s’attachent plutôt à l’équilibre du vin, ou n’ont pas d’a priori sur le dosage, seront plus à leur affaire. Sans oublier ceux qui apprécient le fruité mûr – une qualité du cépage Glera, au moins dans sa jeunesse. Un cépage qui prend parfois, pour moi, de faux airs de Chenin.

Les degrés d’alcool sont assez faibles (entre 11 et 12°)

Notons pour finir qu’il s’agissait a priori de vins issus de la méthode Martinotti (aucun en tous les cas, n’indiquait le contraire).

 

Notre classement s’établit comme suit :

-Trois produits de grande qualité,

-Deux autres, non dénués d’intérêt,

-Deux autres encore, sans vice ni vertu.

 

img_0589-2Les vins dégustés

Nos préférés 

Mionetto Prosecco Superiore Conegliano Valdobbiadene DOCG Extra Dry

Bulle assez fine, régulière. Au nez, ce Prosecco ajoute à la pomme une touche plus tropicale (ananas, mangue) ; le sucre (léger) et l’amer s’entrelacent, le contraste devient harmonie. Longue finale aux notes de rhubarbe. Un Prosecco très équilibré, où le dosage est très bien intégré (il s’agit d’un Extra Dry). 15/20

Delhaize

San Simone Perlae Leonis Brut Millesimato 2015 Prosecco DOC Brut

Belle effervescence. Nez très fin de pomme golden, bouche riche et crémeuse, avec quelques notes de tarte Tatin) ; beaucoup de vivacité en filigrane ; finale très longue avec une pointe d’amertume très agréable. Brut, dit l’étiquette, mais la différence avec le précédent n’est pas évidente. 15/20

Carrefour

Villa Antinoni Prosecco Superiore Conegliano Valdobbiadene DOCG Extra Dry

Bulle fine, cordon régulier. Le nez évoque la mirabelle ; la bouche, aux accents de miel et de fleurs d’acacia, est à la fois gourmande et croquante ; la finale revient sur les fruits jaunes, bien mûrs. Le sucre est très bien intégré. 15/20

Colruyt

Également appréciés

Borgo Santo Prosecco DOC Brut

Un Prosecco assez vineux, dans un style plus sérieux, moins exubérant. Quelques jolies notes de miel d’acacia, tout de même. Dommage que l’amertume ressorte un peu trop en finale. Pour ce Brut, nous avons bien identifié un caractère plus sec. A noter que ce vin est produit pra le même producteur que le Perlae Leonis, San Simone. 14,5/20

Carrefour

Baccio della Luna Prosecco DOC Brut

Peut-on être trop aromatique ? C’est la question que nous nous sommes posée, tellement le nez de ce Prosecco (poire, coing, miel) était exubérant – un de nos dégustateurs a dit « envahissant ». Rien à redire, cependant, sur la bouche assez grasse, crémeuse, presque beurrée.  Présenté comme Brut, ce vin ne nous a cependant pas semblé plus sec que les autres au goût. 14/20

Colruyt

Ni vice ni vertu

Martini Prosecco DOC Extra Dry

Riccadonna Prosecco DOC Extra Dry

Deux produits sans défaut, deux Proseccos marchands, mais assez simples et manquant un peu de relief. Ils ont cependant plu aux deux jeunes dégustatrices (20 et 25 ans) auxquelles nous les avons présentés: elles les ont trouvés gourmands et faciles à boire.

L’ami Marc me dit qu’il existe une autre cuvée de Prosecco Martini (étiquette argentée), qu’il a eu l’occasion d’apprécier. Dont acte.

Carrefour

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En conclusion

Cette dégustation a été une bonne surprise. Et compte tenu des prix constatés (entre 6 et 10 euros), on peut dire que le Prosecco n’est jamais vraiment une mauvaise affaire. Si les dernières années ont vu la consommation de bulles augmenter, un peu partout en Europe, c’est justement grâce à des produits comme ceux-là, que l’on consomme à présent tout au long de l’année. Et la vogue du Spritz n’a fait que renforcer un succès déjà bien amorcé.

Il serait bien sûr intéressant de pouvoir déguster une sélection de Proseccos de cuvées plus ambitieuses (dont certaines, assez rares, sont obtenues par la méthode traditionnelle). Curieusement, au vu de la progression des ventes, la promotion du Prosecco (autre que par les prix) est très faible. A titre personnel, je n’ai jamais pu participer à une dégustation professionnelle de Prosecco. Raison pour laquelle j’ai choisi de l’organiser moi-même, avec les moyens du bord.

Pour terminer, chers lecteurs, recevez mes meilleurs voeux pour le Noël qui arrive, que vous décidiez de l’arroser au Prosecco… ou pas.

Hervé Lalau (avec le précieux concours de Marc Vanhellemont)

 

 

 

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

3 réflexions sur “7 Proseccos de la GD au banc d’essai

  1. Alors, aucune réaction, même pas des aficionados du Champagne?

    J'aime

  2. Je comprends la déception de l’auteur. Il y a les billets « informatifs » (je l’ai lu avec attention) où on absorbe (ou pas) l’info, et puis il a les billets qui font débat car ils contiennent une partie qui va à l’encontre des idées reçues. C’est une forme de provoc’ (je m’y connais) dans un monde où l’idée reçue est la règle, et la « vérité » (ça veut dire quoi?) très difficile à établir. Le monde du vin suit de très près les grandes règles du marketing: c’est un monde de menteurs, de faux-semblant et de gurus auto-proclamés. Du « vrai commerce », quoi.
    David est un paradoxe: il a passé une grande partie de sa vie dans le milieu qui vend du vin (ou en fait la promotion) et il a pourtant une vue très détachée du marketing sur le vin. Il pose les bonnes questions et quand il n’obtient que des … mauvaises réponses, il les stigmatise et ne s’en satisfait pas. C’est d’ailleurs la ligne éditoriale du blog des « 5 du vin » et c’est pour cela que je vous suis avec fidélité, au-delà de la sympathie que j’éprouve pour tel ou tel d’entre vous, séparément et en bloc.
    Je pense que le moment est mal choisi pour le Prosecco. Il fait toujours figure – à tort, on est d’accord – de champagne du pauvre et la saison est à la fête, au « luxe ». Les gens préfèrent, pour Noël, dépenser 30 euros pour une crasse ignoble comme du Chouette& Bandon ou de l’Aïeule de Krankoff que 15 euros pour un Prosecco qui sera délicieux (ou un Cava, ou un Limoux, ou tout autre crémant que vous choisirez).
    Enfin, avouez que tester ce que vend la GD, ça ne fait pas très « sexy ».
    Pourtant, cette démarche a un mérite: elle renseigne l’acheteur potentiel sur ce qui sera, willy-nilly, le plus gros volume de vente de ce secteur, effectivement: la GD. Car si certains me suivent, en paroles du moins, quand je propose de boycotter ce secteur de la vente, la plupart des gens finissent quand même par y mettre les pieds, en cachette ou pas.
    J’ai failli, ce matin, glisser que je buvais de plus en plus de bulles. Sans doute 2 ou 3 fois par mois, contre 2 fois par an jadis. Il y a à cela au moins trois raisons. Je bois beaucoup plus de blanc que de rouge (ça a toujours été mon cas). Or, j’en produis très peu et une seule cuvée, en plus. Je dois donc boire celui des autres, mais n’ai pas d’argent pour en acheter, du moins du bon. Or, pour un petit prix (à vous de définir la limite) on obtient des effervescents « sympas » alors que les bons blancs sont (très) chers. La deuxième raison, c’est le … spritz. J’aime cela, non pas avec les bitters tout faits et merdiques qui sont à la mode, mais avec un mélange que j’élabore moi-même (sur base de campari ou d’un autre vermouth). Enfin, le gaz carbonique me fait roter … et ça me plaît!

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  3. Pingback: Prends ça dans les dents! | Les 5 du Vin

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