Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Grappillons quelques bons vins de saison – et abordables!

9 Commentaires

En cette période ou on ne parle que de « grands vins », de choses chères et parfois rares pour appâter le client, je vais prendre un peu le contre-pied et vous parler de quelques vins plus modestes que j’ai croisé récemment et qui m’ont semblé exemplaires, chacun selon son type et pour des prix abordables. Ce ne sont pas de premiers prix, mais aucun ne dépasse 20 euros la bouteille et le niveau moyen se situe autour de 12 euros. Cela vous fera un repas de fête réussi et peu onéreux, ou si c’est trop tard, une sélection pour les mois à venir, quand vous ne voulez plus vous ruiner. J’ai opté pour une gamme qui peut remplir toutes les cases ou presque d’un repas de fêtes (ou autre): une bulle et un liquoreux, trois blancs et trois rouges. De quoi faire quelques beaux accords avec les mets de saison.

La bulle

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Crémant de Bourgogne, cuvée Vive la Joie 2008, Cave Bailly Lapierre

J’ai dégusté cette cuvée, dans différents millésimes, à plusieurs reprises et j’ai toujours été impressionné par sa plénitude et le plaisir immédiat qui est fournie par ce caractère délicatement fruité qui remplit la bouche et la laisse impatiente pour la prochaine gorgée. C’est presque le prix de certains Champagnes bas de gamme mais sa qualité leur est nettement supérieure.

Prix public environ 13 euros

 

Le liquoreux

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Ninon, Muscat à Petit Grains 2015, Vin de France, Cave d’Alba

Il y a de plus en plus de vins intéressants qui sortent du carcan parfois trop rigide des appellations, et ce vin d’Ardèche en fait partie. Le vignoble a failli disparâitre mais il revit grâce à ce vin très aromatique (on s’en douterait vu le cépage) somptueux par sa texture, presque luxuriant mais parfaitement en équilibre par une belle pointe de fraîcheur.

Prix public 12,50 euros

Les vins blancs

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Muscadet Sèvre-et-Maine, Froggy Wine 2015, Pierre Luneau-Papin

C’est parce que la parcelle s’appelle « Les Grenouilles » que Pierre Luneau-Papin, régulièrement l’un des meilleurs vignerons du Muscadet, a ainsi nommé sa cuvée et j’aime bien la touche d’humour dans le nom et l’étiquette. Je suis fan de ses vins, comme de bien d’autres des meilleurs producteurs de cette appellation si injustement décriée, depuis un moment. Celui-ci peut parfaitement remplir son rôle de rafraichir et d’ouvrir le palais en accompagnant huitres ou autres fruits de mer, mais il est bien plus qu’un somple accompagnateur. Son fruité fin et sa belle rondeur se laissent boire tout seul. Vaut bien des vins blancs plus chers.

Prix public environ 10 euros

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Sauvignon Blanc Spielfeld 2014, E & W Polz, Sud-Steiermark, Autriche

Je trouve que les meilleurs Sauvignon Blancs d’Autriche, qui viennent tous de la Styrie, font partie de plus accomplis des vins de ce cépage au monde. Un verre de ce vin-ci, dégusté au prix de 5 euros dans un bar à vin à l’aéroport de Vienne (et qu’est-ce qu’on attend pour présenter un choix de vins au verre de ce niveau et à ces prix dans les aéroports en France ?), m’a semblé parfaitement illustrer ce propos. Il arrive a combiner l’intensité fruité d’un Sauvignon de Marlborough (NZ) sans l’accent parfois caricaturalement expressif avec la texture légèrement râpeuse mais finement ciselé d’un Sancerre. Le vin est long sans aucune lourdeur. Cela doit être le climat semi-montagneux, combiné à une vinification très précise et un long élevage dans des contenants en bois assez volumineux et pas neufs. Cette dimension tactile qui colle à la langue est une des choses que j’apprécie dans ce vin, outre son équilibre entre fruit et acidité.

prix public en Autriche environ 17 euros : ce n’est pas un premier prix, mais d’autres sauvignons dans la gamme de cet excellent producteur sont disponibles à partir de 9 euros.

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Montagny 1er Cru, Les Bassets 2014, Laurent Cognard & Co

Je ne connaissais pas ce producteur et j’ai reçu cette bouteille en tant qu’échantillon envoyé par une agence de presse. D’après ce que j’ai pu glaner comme information, il s’agit d’un jeune vigneron qui a pu acheter un peu de vignes tout en travaillant comme salarié avant 2006, puis il en a repris d’autres parcelles à la retraite de ses parents qui étaient en cave coopérative. Vendanges manuelles, pressurage douce, levures « indigènes », malos faites et une association de vinification/élevage en cuves et vaisseaux en bois de différentes tailles. En tout cas le résultat m’a semblé très probant, avec un mariage intéressant entre rondeur et vivacité, de la pureté dans les saveurs fruites et une bonne longueur. Heureusement pas de « minéralité » à l’horizon (private joke) !

Prix public : autour de 20 euros : ce n’est pas exactement donné mais cela vaut d’autres blancs de Bourgogne à 30/35 euros

Les vins rouges

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Beaujolais Nouveau, cuvée Vieilles Vignes 2016, Pierre-Marie Chermette

Ce producteur (ci dessus, montrant qu’il ne mouille pas que sa chemise pour faire ses vins), qui fait aussi d’excellents vins dans les crus Brouilly, Fleurie et Moulin-à-Vent, produit chaque année ce qui sont pour moi des vins exemplaires du type primeur issu de l’appellation Beaujolais. Là aussi on a le choix entre différentes cuvées : Les Griottes et Vieilles Vignes. Cette année j’ai acheté et bu une bouteille de la deuxième cuvée, peu de temps après la sortie de ces vins. Ce vin m’a enchanté par son fruité très croquant, son allégresse sur la langue et l’impression de joie de vivre (et de boire) qu’il m’a transmis instantanément. Et il a tout ce qu’il faut pour tenir encore un an si jamais cela vous inquiétait.

Prix en boutique à Paris: environ 8 euros.

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Côtes du Roussillon Mas Baux, Grand Red, 2015

Pas la première fois que j’apprécie les vins de ce très bon producteur non plus. Sur le plan stylistique, c’est bien évidemment très différent du précédent, plus riche mais également très fruité et gourmand à souhait mais avec la dimension chaleureuse qui parle de ses origines sudistes en plus. Beaucoup de vin pour ce prix.

Prix public : 8,50 euros

 linsoumiseDes jeunes couples qui font d’excellents vins très abordables à Bordeaux, cela existe et ce n’est pas rare du tout. Que les « non-pensants » arrêtent avec leur stupide « Bordeaux bashing » ! 

Bordeaux Supérieur, Château l’Insoumise cuvée Prestige 2014

Voulez-vous du classique et du pas cher ? Voici un parfait exemple que j’ai choisi récemment à l’aveugle parmi 25 vins de cette appellation et dans ce millésime. C’était un de mes trois vins préférés de cette série et le moins cher des trois. Il vient de la région de Saint-André de Cubzac (rive droite) et son assemblage donne une part moins important au Merlot que la plupart de ses concurrents: 60% pour 35% de Cabernet Sauvignon et 5% de Cabernet Franc. Le résultat est un vin droit, net et très classique au nez avec un boisé encore présent dans un ensemble relativement puissant et structuré mais sans aucun excès. C’est clairement du Bordeaux et c’est très bien fait.

Prix public 8 euros

Bonnes fêtes, ou ce qu’il en reste

David Cobbold

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

9 réflexions sur “Grappillons quelques bons vins de saison – et abordables!

  1. Je confirme: la Cuvée Vive la Joie! de Bailly Lapierre a été un de mes grands coups de coeur en bulles, cette année. Idem pour le Montagny de Laurent Cognard, en blanc « tranquille » (il faut aller le voir, et découvrir cette appellation sympathique et étonnamment homogène).

    A propos du « Bordeaux bashing ». D’accord avec toi qu’il y a de bons petits producteurs honnêtes à Bordeaux, et qu’il faut le dire. Mais comment ignorer l’indécence les grands crus hors de prix, qui sont souvent mis en avant, au dépends des bonnes affaires de Bordeaux?
    Nonobstant, j’ai dégusté hier un excellent Pessac-Léognan, le Château Olivier, en 2010, que je recommande.

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  2. Merci pour ces bons tuyaux,je ne connaissais ni le crémant, ni le liquoreux! Et bien sur, je suis d’accord avec toi arrêtons le Bordeaux bashing, ça n’a pas de sens!

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    • Moi, cela fait très longtemps que j’ai arrêté le car washing: notre Partner, modèle 2001, a 393.000 km au compteur et n’a JAMAIS été lavée, ni dedans, ni dehors. Pour les véhicules du domaine, je suis en biodynamie. J’attends que le vent et la lune fassent leur travail; et même pas de cuivre non plus.

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  3. un peu de purée d’orties dans le moteur de temps en temps, non ?

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    • Tu as tout compris, David. Mais ce n’est pas exprès. Je ne change le filtre à air que quand les bestioles l’ont bouffé. Un diesel, ça accepte tout. Avant, quand je roulais en Yam RD 350 (celle à air, pas le RD lc), il suffisait d’un brin d’herbe ou d’un coup de vent pour appauvrir le mélange et … trouer un piston (je l’ai vécu!). La purée d’ortie a un avantage net sur l’huile de ricin: l’odeur. Les purins, c’est de la merde, et ça sent la merde. Le ricin,ça sent la compétition: Guy Ligier a fait croireà la France entière qu’il construisait des voitures de course. En fait, en suçant Mitterrand (au figuré), il préparait déjà ses voiturettes sans permis qui permettent aux « Evangélistes » – c’est comme ça qu’on dit – (sans permis aussi) d’aller élire la droite depuis 50 ans dans le sud de la France. A pied, ils n’iraient jamais jusqu’au bureau de vote.

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  4. David, j’attendais le souper (dîner à Paris et un peu ailleurs) pour ouvrir le Mercurey de Laurent Cognard, les Terres 2014, un joli Pinot noir que Laurent fait aussi bien que ses Montagny. Depuis que je le connais, je n’ai jamais bu quelque chose de quelconque, il y a toujours dans ses vins du caractère et de la saveur.
    Quant à Bailly Lapierre, tout aussi d’accord, même dans les cuvées « moins hauts de gamme », c à d encore moins cher, si on
    recherche le prix.
    Le vin peut être chargé d’émotion, quelque soit le prix de la bouteille. Et j’aime autant ouvrir une belle bouteille d’un certain prix, qu’une gourmandise bien moins cher. C’est un peu comme le bio, le chimique, le biodynamique, le traditionnel, le nature, c’est dans le verre que le vin s’apprécie.
    Noyel joyeux David
    Marco

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  5. Ah, l’odeur de l’huile de ricin ! Cela me rappelle bien des souvenirs de course à Brands Hatch, Snetterton, Thruxton ou Oulton Park, sans oublier l’Ile de Man .
    Tiens, j’ai dégusté ce midi, dans un restaurant chic à St. Pancras (Londres), ou les autres vins étaient pourtant bons, un vin dit « nature » d’Autriche, trouble, sentant le foin en fermentation et le cidre pas propre et qui aurait pu encrasser tes injecteurs comme il le faut. Quand est-ce qu’on va arrêter avec ces conneries imbuvables ?

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  6. Brands, j’y suis allé plusieurs fois, et Silverstone aussi. Pour le TT, il ne m’a été donné que de voir des vidéos et des belles photos: Mike the Bike pulvérisant « the ton » etc. Creg-ny-Baa, Bungalow Bridge,Signpost Corner …

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