Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Chocolat et Porto, un doigt ?

6 Commentaires

Le chocolat, une passion

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Le chocolat, c’est comme l’amour : chaque fois unique et chaque fois différent ! Il y a mille et une circonstances possibles pour faire l’amour, mille et une nuits promises, de l’amour ludique d’un soir à l’amour passion d’une vie ; de l’amour dévorant de jeunes amants qui se découvrent, à l’amour tendresse de vieux amants apprivoisés ; de l’amour secret qui consume à l’amour fatal qui envoûte. Mais, il n’y a qu’une façon d’aimer, c’est de décliner tous les possibles. Pour le chocolat, c’est pareil : il faut céder à la tentation, fût-elle motivée par la gourmandise. Du palet fondant comme une hostie à la bouchée pralinée si délicieusement écœurante, de la mousse onctueuse au polaire soufflé glacé, des si délicates et raffinées quenelles aux tartes élégantes et aux bons gros gâteaux débonnaires, il faut oser goûter ! »

Extrait du livre « Le savoir-vivre du Chocolat », par Blandine Vié (Editions Minerva)

 Mariage* gourmand

Hiver ou été, à l’appel d’un doigt de Porto escorté d’un chocolat (une praline, en Belgique), personne ne peut résister !

Huit Portos et des chocolats pour une dégustation précise : l’expérience du plaisir.

*Portos et chocolats ou humain, c’est pareil, il faut trouver chaussure à son pied. Les huit candidats lusitaniens se sont vus présenter une quarantaine de partis. De la croquante, de la craquante, de l’onctueuse, de la mousseuse, de la noire, de la peau de lait, de la fruité, de la ténébreuse… quarante pralines (chocolats en France) qu’il a fallu déguster en toute équité.

Entremetteur, c’est pas facile comme métier !

Couples, ménages, aventures, concubinages…

…qu’ils soient heureux !

Premier rendez-vous

Java fondant et Otima Tawny 10 ans  

Le Java est un cône plat, décoré de brisures de cacao sur un tiers de la face supérieure, fourré de ganache chocolat mélangé de cafés arabica et robusta. Il croque sous la dent et libère ses arômes de café et de beurre.

Le Tawny 10 ans, arbore son ambre rouge parfumé de noisette, de café et de poivre, c’est un Porto aérien au joli goût sucré.

Une soumission

Facile à deviner que l’accord parle d’amertumes. Le vin catalyse les notes de café et de cacao. Il sert de faire valoir et installe une grande fraîcheur au sein du couple.

otima-10-ans

www.warre.com

Deuxième rencontre

Verveine et Taylor’s Tawny 10 ans  

 Le Verveine est un cône plat enrobé d’une couverture lait paré de quelques déchirures d’or, une crème à l’infusion de verveine parfume l’intérieur.

Le Tawny 10 ans d’un ambre rouge prononcé flambe d’alcool juste maîtrisé par les gelées de fruits rouges, structuré par ses tanins et séduisant par la franchise de sa cerise.

Une harmonie

Un accord délicat, très floral où la verveine se mêle de fruits, où les fruits se mélangent de verveine, c’est très long en bouche.

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www.taylor.pt

Troisième tête-à-tête

Pâte d’amande à la pistache et Niepoort Tawny 10 ans

 Petit carré haut, marqué d’une balafre diagonale, verdi d’un fin concassé de pistache, au coeur onctueux et très aromatique.

Tawny 10 ans, ambré et très épicé, bien sucré et bien amer dans le même mouvement, avec du gras et de l’alcool balancé d’une grande fraîcheur.

Une hégémonie

La puissance du Porto se met au service de la pistache qui glisse en finesse sur la vague alcoolique et aromatique du lusitanien.

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www.niepoort-vinhos.com

Quatrième duo

 Truffe du jour et Fonseca Bin 27 Ruby

 La Truffe s’enrobe de poudre de cacao pour mieux dissimiler sa ganache vanillée. Trois textures différentes : le poudreux du cacao, le cassant de la couverture caraïbe et l’onctueux du cœur.

Le Vintage, grenat cramoisi, goûte la compote de cerise, la noix, l’amande et comme pour se rapprocher de son partenaire, le cacao. Un Porto gourmand.

Une fusion

Sensuel, voire érotique, les deux se mélangent en douceur, en onctuosité, une entrée en matière lascive. Puis, tout s’accélère et c’est la puissance de l’amertume qui parle.

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www.fonseca.pt

Cinquième complicité

Equateur et Noval Fine Ruby

 L’Equateur, rectangle haut de la série des crus d’origine, fourré de ganache amère dosée à 72% de cacao.

Un Porto rubis carminé au goût de liqueur de cerise et de fraise, aux tanins très présents qui donnent de la mâche au vin. Pas trop de sucre et beaucoup de fraîcheur.

Un piédestal

Le Vintage exacerbe la race du cacao et s’efface. Les tanins du vin renforcent l’amertume du cru. Des arômes de caramel et de tabac en surgissent.

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www.quintadonoval.com

Sixième connivence

Caraque fondant et Taylor’s LBV 1999  

 Grand carré plat et sombre.

Le LBV 99, rouge sombre, sent le moka et goûte les épices, le tanin se remarque au grain laissé sur la langue.

Une évasion

Un mariage épicé où les partenaires goûtent à l’orient comme à l’occident, curcuma, gingembre, anis, céleri,…

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www.taylor.pt

Septième entente

Madagascar et Barão de Vilar LBV 2000

 Haut rectangle de la série des crus, le Madagascar contient 72% de cacao. Un chocolat puissant à l’amertume envoûtante.

Grenat rouge, le LBV mêle son cacao et ses cerises aux épices douces.

Une suprématie

Le cacao se dissout dans des liqueurs de plantes, un instant rien ne se passe, puis fusant de l’alcool, le chocolat dessine des arabesques suaves et directrices.

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www.baraodevilar.com

Huitième couple

Carbe et Niepoort LBV 1999  

Un carré doré s’inscrit sur la face supérieure du Caraïbe. Sous la couverture sombre, la ganache vanillée avoue 70% de cacao.

Très fruité, le LBV macère ses fruits dans un mélange capiteux d’épices et d’eau-de-vie.

Wedding

Un mariage britannique aux goûts de cake plein de raisins de Corinthe, de cerises confites, de poires cuites, de cannelle, de poivre et de gingembre.

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www.niepoort-vinhos.com

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Adeus

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Marco

 

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

6 réflexions sur “Chocolat et Porto, un doigt ?

  1. Slurp: quelle magnifique série de portos!
    On ne comprend pas bien – euh, je ne comprends pas bien, peut-être les autres y arrivent-ils – ce qui revient au livre de Mme Vié et ce qui te revient à toi, Marc. Ave, Vanhelmontus, chocolaturi te salutant …
    De qui sont les « pralines »?
    On va se glisser dans la peau d’un Cobbold (lanceur de diatribe): les associations « vin » et « mets » c’est de la rigolade. Pourtant, j’avoue personnellement raffoler du couple chocolat-vin doux mais je pense qu’à peu près n’importe quel vin doux (pas le muscat, NB) est délicieux avec ce dessert.
    Attention, mon propos n’est certainement pas de me faire l’avocat de « on peut boire n’importe quoi avec tout », mais je pense qu’une expérience personnelle est difficilement transmissible, càd avec des mots, même si en l’espèce tu t’en tires très bien. Et elle n’est probablement pas transposable non plus, car nos palais sont différents.
    C’est l’époque des « foires au truffe » par chez nous (à peu près une vente chaque dimanche) et le prix a baissé de 30% depuis les fêtes. On en mange donc un peu à présent. Sur le même plat, j’ai associé un Kabinett de riesling de la Saar (1991!) et un Pomerol de très bon niveau (1988). Les deux furent succulents.

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    • Luc, ce qui est extrait du livre de Blandine, c’est le premier petit paragraphe au début, sur l’amour et le chocolat. Quant au chocolatier, je ne l’ai pas cité, parce qu’il est difficile de trouver ses pralines hors d’un petit périmètre et je préfère que le lecteur tente de trouver des chocolats de belle facture et fasse lui-même ses associations. Comme tu dis, la dégustation d’une personne est difficilement transposable à une autre, mais mon papier électronique démontre simplement que ça marche. Donc mon précepte est: achetez des chocolats et des Portos et faites l’expérience des accords, si ça a marché pour moi, ça marchera pour vous.
      Marc

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  2. Le Porto, est-ce avec un dessert au chocolat qu’il s’accorde au mieux ?
    Il se marie tellement bien avec un fromage ou en apéritif.
    Je vous suggère de découvrir les Porto Colheita J. W. Hart sur le site de Vintage and Co …
    http://www.vintageandco.com/vins.appellation.porto.html

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  3. Enjôleur !! tu nous fait rêver. A Gigondas, existe la Chocolaterie de Lencieu, excellente maison qui travaille avec des bases remarquables. Ce sont des personnes originaires du Nord, qui doivent avoir des habitudes belges…Un très vieux Gigondas sur une ganache à la verveine donne un mariage inattendu mais très réussi.

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  4. Trois expériences « récentes » (= dans l’année).
    La première à Limoux: un Toulousain, passé par la Corse, a ouvert une pâtisserie-chocolaterie au début de la grande rue commerçante qui commence au parking bordé d’arbres et mêne jusqu’à la place centrale de Limoux. Son chocolat « de base » vient tjs de chez Valrhona (plusieurs variétés), acheté avec un ami car le représentant ne peut (veut?) lui fournir que des « grands » sacs (je les ai vus). Le produit fini est excellent.
    La deuxième: sous les arcades à Villefranche-de-Rouergue: une chocolaterie (ai blogué sur eux) tenue par un couple bien rouergat et qui se fournit chez un torréfacteur français de renom: excellent.
    La troisième, dans la vieille ville de Provins (splendide ville de foire médiévale en Brie champenoise): d’une délicatesse incroyable. Se fournit chez … Mary (ouf, l’honneur belge est sauf).
    Je crains bien que d’autres nationalités soient capables de faire du bon chocolat aussi. Léon l’internationaliste s’en réjouit.

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