Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

LE VIN DE MES AMIS (volet 2)

2 Commentaires

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Le Vin de mes Amis, un petit salon de producteurs de vins vivants sélectionnés par Charlotte Sénat (domaine Jean Baptiste Sénat en Minervois), réservé aux  professionnels, mais ouvert aux amateurs. Depuis 2004, Charlotte réunit un groupe d’amis vignerons ayant une même philosophie de travail, plus de 80 exposants cette année, et un millier de participants. Le droit d’entrée est de 10 euros, le verre Italesse est offert, ainsi qu’un accès au buffet, qui vaut le détour. Ça n’est pas tout à fait le même style que les Affranchis, le lieu d’abord, beaucoup plus chic, puisqu’il se tient au Domaine de Verchant à Castelnau le Lez, l’assistance ensuite, elle y est beaucoup plus nombreuse, c’est le plus fréquenté des OFF, les vignerons enfin, un peu moins natures, et un peu plus « Stars »,  il est souvent difficile de les rencontrer ailleurs. Bravo à Charlotte, pour la sélection et la qualité générale de sa manifestation ; et quand j’entends les visiteurs se plaindre parce qu’il y a la queue au buffet, franchement, je trouve ça déplacé ! C’est certainement le seul salon où l’on peut se restaurer  aussi bien et à ce prix. Que les grincheux laissent leur place ! S’il est vrai qu’il y a parfois un peu trop de monde et qu’il faut jouer des coudes pour déguster, l’ambiance détendue, l’atmosphère très conviviale fait qu’on n’y prête que peu d’attention. Ici non plus, je n’ai pas pu faire le tour de tous les vignerons présents, mais comme je suis restée diner le soir, j’ai quand même eu accès à un maximum de vins. Comme chaque année, ils étaient tous là nos amis vignerons, les prestigieux comme les nouveaux

Dans les  découvertes :

  • Emmanuel et Bérénice Ruppert, Champagne Ruppert Leroy.

Bénédicte Ruppert et son mari Emmanuel Leroy ont hérité d’un vignoble Bio de 4 ha, situé dans l’Aube, plus précisément à Essoyes. Ils l’ont converti à la biodynamie et proposent 6 cuvées, Fosse-Grely Brut Nature, assemblage 50% Pinot Noir, 50% Chardonnay (40€), Papillon Brut Nature pur pinot noir, Les Cognaux Blanc de Noirs Brut Nature (44€), et Martin-Fontaine Blanc de Blancs Brut Nature(48€) qui portent le nom de parcelles, un Rosé Saignée des Cognaux Brut Nature(49€) saignée de pinot noir, et enfin la Cuvée 11, 12, 13… assemblage de Chardonnay et Pinot Noir de toutes leurs parcelles, cuvée perpétuelle des millésimes 11,12,13 et 14.

Des champagnes Nature, puisque sans addition ou presque de SO2, du pressoir à l’embouteillage. Leur philosophie : une cuvée par année en séparant les parcelles ; à l’heure actuelles sont disponibles les cuvées de la récolte 2014. J’en ai gardé une impression générale de champagnes friands, très fruités marqués par une belle vinosité, la bouche est aérienne, fringante, la bulle est crémeuse, la longueur tient,  jolie découverte, mais ils ont déjà plus de demande que de bouteilles disponibles.

  •  Champagnes Clandestin, présenté par Bertrand et Hélène Gautherot et Benoit Doussot 

Ils sont partie prenante dans ce champagne, en association avec Benoit Doussot, futur gendre de la famille, selon ce que j’ai cru comprendre. L’entreprise CHAMPAGNE CLANDESTIN a été créée en janvier 2017, donc tout récemment.  J’ai gouté une cuvée  parcellaire, récemment dégorgée, « Les Semblables » qui réunit les raisins de vignes de plusieurs producteurs de la région avec le même terroir, la même exposition… Des raisins « semblables » donc pour une cuvée très prometteuse. A suivre de très près. Elle sera 30%moins chère que la cuvée Fidèle.

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J’en ai profité pour gouter Textures 2014, la nouvelle cuvée de Vouette & Sorbée: 100 % Pinot blanc, elle a été élevée 3 mois en futs et 7 mois en amphore géorgienne enterrée, impressionnante ! De la finesse avec beaucoup de fraicheur et de caractère. PVP 65€

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  • Sylvain Pataille, Marsannay.

On parle beaucoup de lui, il est presque devenu incontournable à Marsannay, il conduit ses 14 hectares  en agriculture biologique certifiée, et il propose plusieurs marsannays. J’ai gouté le soir à table la cuvée Clos du Roy 2008, je l’ai trouvée remarquable, d’une grande finesse, droite, savoureuse et d’une très belle pureté aromatique. Très beau vin.

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  • Patricia Brongo et Jeanine Moraza, bodega Moraza, 

Nous voici dans la Rioja Alta, à San Vicente de la Sonsierra, 18 ha en Bio sur différentes parcelles, je n’ai pas gouté leur blanc 4 Caminos de Viura, mais les cuvées de Grenache non boisée et de Tempranillo, j’ai préféré le Grenache. Je n’ai pas vraiment été convaincue par ces vins, il faudra que je les goute à nouveau avant de porter un jugement définitif.

  •  Bières Alarik,

Une brasserie artisanale bio située au cœur du Languedoc, entre Montagne Noire et Méditerranée. Jean-Olivier Rieusset Bonfill et Sébastien Alary ont ouvert leur brasserie en avril 2016, ils proposent : une blonde bio 5%, légère et fruitée ; une ambrée bio 5,5% ronde avec une pointe d’amertume ; une blanche bio 4,5%,   une brune bio 7,5%, une double bio 7%, je n’ai pas gouté ces trois dernières, trop de bousculade. Elles sont toutes élaborées avec de l’eau, du malt, des houblons biologiques et de la levure : c’est tout. Bonne impression générale.

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Parmi les habitués, je n’ai pas manqué de faire une halte :

  • Chez Jacquesson

Des coups de cœur permanent  pour ces champagnes très complexes, fins, tendus et vifs.   Tandis que Jean-Hervé me faisait découvrir la 739, l’assemblage comprend 57% de chardonnay, 21% de pinot noir et 22% de pinot meunier. Les vins de réserve comptent pour 31%. Dans un style vineux tout en finesse et en élégance, racé, structuré, frais, d’un très grand équilibre. En prime, beaucoup de personnalité, je suis une inconditionnelle !

  • Chez Michèle Aubéry et Maxime Laurent,

Je m’y suis délectée, symbole des vins nature, Michèle  et son fils offrent des vins francs, droits et éclatants de fraicheur.

  • Mention spéciale  pour Thomas Pico et ses chablis, pour Olivier Rivière et ses Rioja, pour les Roussillonnais Benoit et Sébastien Danjou Banessy, pour les Sancerre de Vacheron, les Macon de  Philippe et Cécile Valette , à eux seuls, ils valent le déplacement .

Thomas dont 15 hectares qui ont été grêlés entre 75% et 100%, le reste entre 0 et 30%, une année 2016 sinistrée et pourtant il ne se résigne pas. Il faut le soutenir pour qu’il puisse continuer à nous fournir des chablis purs, séveux, vivifiants,  différents de la plupart de  ceux que l’on trouve sur le marché.

Olivier Rivière, présentait ses Rioja. Depuis le début, j’ai aimé son style, je sentais qu’il allait nous étonner,  ça se confirme millésime après millésime, son  Blanc Jequitiba 2015, maccabeu et grenache m’a enthousiasmé. Toutes les cuvées de rouge sont très réussies : très fruitées, racées, gourmandes, fraiches, si peu sur l’élevage, elles n’ont rien à voir avec les Rioja traditionnels.

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Quant aux frères Danjou, installés à Espira de l’Agly, leurs vignes sont plantées sur des  terroirs exceptionnels (schistes noirs, argiles purs et sols argilo calcaires), travaillées selon les principes de la biodynamie et vinifiées de manière parcellaire ; ça donne des vins éclatants , profonds et complexes.Que du bohneur!

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Les rouges au fruité éclatant comme les blancs purs et élégants, tendus et vifs, du domaine Vacheron étaient superbes. Leurs Sancerre sont devenus des incontournables de l’appellation. Chez les Valette, je voulais gouter la cuvée ET POURTANT en Vin de France, que je ne connais pas encore mais je suis arrivée trop tard: il n’en restait plus. Victimes de leur succès, mais  ça ne les a pas  empêchés de m’offrir  un accueil chaleureux

  • Enfin, je n’ai pas  résisté  au plaisir de m’arrêter  chez nos amis de la Loire, et d’ailleurs .L’Esprit de Loire régnait  chez Catherine et Pierre  Breton,  chez Bertrand et Lise Jousset,  chez Thierry Michon, tandis que chez mon « vieil ami » Vincent Cantié nous  avons refait le monde; j’ai terminé mon tour de salle chez Charlotte et Jean-Baptiste Sénat,  et chez Robert Plageoles  oú, j’ai replongé le nez dans mon  verre pour la dernière étape de la journée.

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Sans oublier tous les jeunes qui assurent la relève avec brio, comme chez Arena, même si leurs vins de Patrimonio sont sublimes, ils ne nous font pas oublier les parents.

Bien sur j’aurais voulu  pouvoir tout gouter, mais on sait bien que c’est impossible,  j’étais même loin du compte,alors, je me suis promis que l’an prochain, je m’organiserai mieux, je n’irai pas voir toujours les mêmes.

A la fin de la journée, les vignerons s’étaient relachés, l’ambiance était décontractée, amicale, on  s’est retrouvé autour d’un verre pour l’apéritif, quel véritable plaisir que de pouvoir échanger des impressions avec eux.  Pendant le dîner qui a suivi, les  vins circulaient de table en table, à un rythme très soutenu, trop à mon gré, j’ai regretté de ne pouvoir les gouter tous, mais j’ai mes limites et je préfère les respecter, de cette façon, je respecte aussi les vins. L’ambiance était à la Fête, encore un moment privilégié,  je n’ai pas eu l’impression d’avoir fait une course à la dégustation comme les autres années et, en plus, je n’aurais pas besoin de faire des choix . Que du bonheur!
Une journée bien remplie, j’avais la tête pleine de vins, je ne remarquais plus tellement ils étaient aboutis que la plupart d’entre eux étaient  à contre-courant des grands classiques. 

Beaucoup de grands vins, oublions les autres.

Hasta pronto,

MarieLouise Banyols

 

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

2 réflexions sur “LE VIN DE MES AMIS (volet 2)

  1. Cela devait être une journée bien remplie entre découvertes et redécouvertes !

    Il serait intéressant de savoir plus précisément pourquoi tu n’as pas aimé les vins de la Bodega Moraza (que je ne connais pas du tout). Nous parlons souvent en détail des vins que nous aimons, mais parfois pas assez des vins que nous n’aimons pas, en donnant des explications sur ce qui nous semble être un manque ou un défaut. Cela peut aider certains lecteurs, il me semble.

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  2. Dire que je n’ai pas aimé les vins de Moraza, est peut-être un peu excessif, je n’ai pas donné davantage de détails car mes notes n’étaient pas très claires. Dans un style plutot moderne, j’ai trouvé qu’ils manquaient d’harmonie dans l’ensembe et de gourmandise. Se sont des vins dont les prix de vente oscillent autour des 10/11€ pour les rouges, et, ils m’ont paru austères et désequilibrés. Mais je vais les gouter à nouveau tranquillement et je vous dirai. MLB

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