Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Influenceur ? Non, juste journaliste en vin.

24 Commentaires

Récemment, dans un voyage de presse, j’ai rencontré une blogueuse lifestyle. Impressionnant: pas besoin de littérature, en quelques tweets, photos ou vidéos, cette fille touche quelques milliers de «suiveuses». Et bon nombre d’entre elles, apparemment, achètent le maquillage, les fringues, les accessoires vantés par la blogueuse.

C’est ce qu’on appelle «une influenceuse», en langage marketing. Mais comment définir, quantifier et qualifier cette influence supposée ?

La preuve par le Soave

Sur le site de Harpers, je lisais l’autre jour un petit article de Jo Gilbert sur la renaissance (sinon avérée, du moins espérée) du Soave au Royaume-Uni.

Le Soave, c’est cette dénomination de blanc du Veneto qui a tout d’une grande, sauf que malgré de gros efforts de qualité, elle s’est fait doubler par le Pinot Grigio, plus facile, ou même le Sauvignon néo-zélandais – toute ressemblance avec ce qui s’est passé avec notre Muscadet… n’a rien de fortuit.

Parfois, vous avez beau faire tous les efforts possibles et imaginables, baisser les rendements, écarter les zones moins qualitatives, adopter des cahiers des charges contraignants, si vous n’êtes plus «fashionable», ça ne passe pas.

Et même les meilleurs communicateurs n’arrivent pas toujours à convaincre le consommateur. Ainsi, dans ce même article, l’auteur souligne que depuis quelque temps déjà, «des influenceurs comme Jamie Goode ou Jancis Robinson» écrivent que la qualité a fortement augmenté, que le Soave est sous-évalué.

Mais quelques lignes plus loin, le même Harpers nous dit que ni les distributeurs, ni les importateurs, ni la presse généraliste ne les ont suivis jusqu’ici. C’est pour ça que le Consorzio du Soave va se payer une campagne de promotion auprès des professionnels, sous la forme de dégustations et de masterclasses, avec le concours de Masters of Wine.

C’est à se demander si les influenceurs ont une quelconque influence. Soit les influenceurs n’étaient pas des influenceurs. Soit il n’y a plus d’influenceurs. Dans le vin, en tout cas.

A titre d’exemple, je prendrai mon propre cas. Je ne demanderais pas mieux que mes articles débouchent sur une progression des ventes des vins dont je parle en bien – même si ce n’est pas le but (je m’estime déjà heureux d’avoir la possibilité de les publier).

Mais je vous l’avoue, rares sont les producteurs qui m’ont dit avoir réalisé une vente grâce à moi.

A l’inverse, des produits dont j’ai eu l’occasion d’écrire que je ne les apprécie pas – voire qu’ils usurpent le nom de vin, comme les «vins sans alcool» et les «rosés-pamplemousse», ont vu leurs ventes exploser ces dernières années.

Consommateur… et commentateur

Mais peut-être les influenceurs ne sont-il pas là où on les attend. Je veux dire, ni parmi les journalistes, ni parmi les éditeurs de guides ou de lettres d’information sur le vin, ni parmi les sommeliers-vedettes qui cachetonnent lors des foires aux vins ou qui facturent leur passage dans des régions de vin, ni même parmi les blogueuses de mode, mais plutôt parmi les acheteurs des grandes enseignes de la distribution.

Ou encore, parmi les consommateurs eux-mêmes, via des sites comme Vivino, qui, selon ses dires, réunit près de 23 millions d’utilisateurs. Pensez donc, ces consommateurs, qui ne sont même pas payés pour le faire, ont déjà posté sur le site plus de 3,5 millions de commentaires de vins !

Les superstars abordables françaises de Vivino

D’après mon confrère Robert Joseph, de Meininger, les producteurs s’y intéressent de plus en plus, «car c’est l’occasion pour eux de toucher directement le public, avec un impact plus facilement mesurable que dans le cas des journalistes et critiques de vin».

D’ailleurs, le site propose aux importateurs et négociants de s’affilier, afin que les consommateurs convaincus par les commentaires de vins et par le système Vivino puissent leur commander du vin (un petit lien suffit). Vous vous intéressez au Malbec, pour accompagner une viande rouge? Vivino vous a concocté une sélection. En quelques secondes, vous pouvez sélectionner un vin, lire les commentaires d’autres utilisateurs (classés par ordre décroissant, c’est plus vendeur), et accéder au site de vente du marchand de vin qui livre dans votre pays. Pratique, non?

Malheureusement, et c’est la rançon du succès, les avis ne sont pas tous «autorisés»:  quand on lit dans un commentaire sur Mouton-Cadet (classé 1er au classement des Vins Français Abordables de Vivino), qu’il s’agit d’un «Beautiful Burgundy», on se prend à douter…

 

Mouton Cadet: « Beautiful Burgundy »

Et puis, il y a consommateur et consommateur. Imaginez que je sois Californien, que mon vin quotidien soit le Turning Leaf Zinfandel de Gallo, que j’achète par hasard une bouteille de Mouton-Cadet dans mon Walmart (où il y a plus de chances que je trouve ce Bordeaux-là plutôt que le Clos du Marquis) et que je dépose mon avis sur Vivino (même si je suis loin d’être un expert). Aurai-je une quelconque influence sur les achats d’un vrai passionné de Bordeaux de Leeds, de Bruges ou de Romorantin?

Est-il même souhaitable que j’en ai une ?

En matière de vin non plus, ce n’est pas la taille (de l’échantillon) qui compte. Il y a aussi la crédibilité.

Quant aux rédactionnels qui «emballent» les différents thèmes, on ne peut pas dire qu’ils brillent par leur sens critique; ainsi, dans son article «Most popular French Wines», grosso modo, Julien Miquel se borne à énumérer les résultats du «classement» Vivino.

Puis-je lui faire remarquer que son n°1, le Mouton-Cadet, justement, n’a qu’une note de 3,3/5, alors que le n°39 (Cheval Blanc) est à 4,6/5 ? Pour moi, il faudrait un peu mieux définir le concept de popularité – le pondérer par l’indice de satisfaction; ou créer des catégories. Car ces deux vins ne jouent vraiment pas dans la même division: le premier est listé à 13,93 euros, le second à 925 euros. Difficile de croire que ses consommateurs sont les mêmes.

Mais M. Miquel n’est pas un de ces pinailleurs de journalistes. C’est un Wine Influencer on Social Media. Enfin, c’est ce qui apparaît à la lecture du joli tableau posté sur son site Social Vignerons, et que je reproduis ci-dessous.

Le même jour, je découvre son existence, et le fait qu’il s’agit du troisième influenceur au monde sur les médias sociaux dans le domaine du vin. Décidément, j’ai bien besoin d’une mise à jour!

Julien Miquel est d’abord un consultant. Social Vignerons offre (ou plutôt vend) une large gamme de services rédactionnels et graphiques, proposant aux producteurs de faire déguster leurs vins pour la modique somme de 29 euros par échantillon (le paquet complet avec profil du producteur revenant lui à 149 euros).

Tout est clair, tout est net, aucun reproche à faire, d’aucuns diraient même que les producteurs en ont pour leur argent. Mais cela n’a rien à voir avec le travail d’un critique indépendant, a fortiori journaliste.

Quoi qu’il en soit, pas de succès commercial sans disponibilité de l’offre. Et si des avis de consommateurs, habilement relayés par des consultants appointés, et un lien vers le site de vente, permettent de doper les sorties de vin, quel producteur fera la fine bouche? Je ne suis pas envieux, ni particulièrement critique; je veux juste souligner que je ne fais pas le même métier. Que tout ne se vaut pas.

Une race en voie d’extinction?

Quelle est donc notre raison d’être, aujourd’hui, à nous autres journalistes du vin? Est-ce d’influencer les vrais influenceurs, importateurs ou distributeurs, en les incitant à s’intéresser à certains types de vins, et donc, à les référencer? Ou de servir d’alibi plus ou moins haut de gamme pour des sites «aggrégateurs» d’avis, comme Vivino ou Winesearcher ?

Dit comme ça, cela n’est pas très valorisant. D’autant que cela ne nous rapporte rien, notez le bien, si ce n’est le plaisir de savoir que notre enthousiasme pourra, le cas échéant, être partagé par certains consommateurs.

Mais c’est un fait. Peut-être le journaliste de vin est-il appelé à disparaître, faute de débouchés, faute de modèle rentable pour écouler sa prose. Peut-être est-il juste en sursis, le temps que l’offre concurrente – le consulting, ou l’utilisation des consommateurs eux-mêmes, à titre gracieux– ne se professionnalise. Et que le consommateur ne fasse plus la différence.

En attendant, ne comptez pas sur moi pour faciliter la tâche à cette concurrence. Je me battrai. Avec nos seuls atouts, qui sont l’expérience et l’indépendance.

A nous de prouver que nos commentaires sont avisés, étayés, professionnels ; et que nous ne sommes pas «vendus». C’est notre différence, et je sais qu’il est encore des consommateurs et des producteurs pour l’apprécier. Peut-être pas la grande masse. Mais assez pour avoir le sentiment de rendre service, sans pour autant être servile.

Hervé Lalau

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

24 réflexions sur “Influenceur ? Non, juste journaliste en vin.

  1. Hervé ton article est un véritable chef d’œuvre, je suis totalement d’accord avec toi et je te remercie d’avoir exprimé mes idées que sont le tiennes.
    Tes mots m’ont donné une grande émotion: oui je le pense comme toi: « Je me battrai. Avec nos seuls atouts, qui sont l’expérience, et l’indépendance.
    A nous de prouver que nos commentaires sont avisés, étayés, professionnels ; et que nous ne sommes pas «vendus». C’est notre différence, et je sais qu’il est encore des consommateurs et des producteurs pour l’apprécier. Peut-être pas la grande masse. Mais assez pour avoir le sentiment de rendre service, sans pour autant être servile ».
    Je vais signaler ton article, pas ton post, c’est un véritable article, sur Vino al vino et mes pages sur Twitter et Facebook.
    Nous sommes anciens pour chacun, mais nous avons encore beaucoup à dire et nous le dirons, jusqu’à la fin…
    Merci mon ami

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  2. Excellent article en effet qui fait poser pas mal de questions. N’étant pas journaliste du vin, je n’ai pas les mêmes obligations, néanmoins, la problématique reste bien de trouver un modèle économique…que personne n’a semble t’il encore trouver parmi ceux écrivant sur le vin. Mais finalement, Hervé, le journaliste et le blogueur en vins est en soi un influenceur, non? ,-)

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  3. Emmanuel, je pense qu’un journaliste sérieux comme Hervé est quand même un influenceur, mais avec la grande différence qu’il veut rester journaliste et qu’il écrit pour les lecteurs consommateurs pas pour les producteurs grands ou petits qu’il soient…

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  4. Pingback: Jerez Amontillado Viejo Botaina de Domecq y sardela! Quanto me gusta! | Blog di Vino al Vino

  5. Hervé, au moment où M. Fillon a « rencontré » la justice française, toi tu as « rencontré  » une blogueuse lifestyle. Petit coquin! J’espère qu’elle était bonne au moins! Bon, sérieusement, après cette entame à la Gainsbarre (classieuse), qui va encore m’aliéner 250.000 pseudo-féministes, si on savait comment réellement « influencer » son marché (réel ou espéré, potentiel), tout le monde suivrait le procédé. Les gens de marketing me pèsent (ils sont lourds) mais parfois ils m’amusent aussi. Tous ont leur méthode, infaillible, mais aucun ne se lance dans une entreprise, qui aurait du succès, forcément. Non, ils préfèrent rester des conseillers/conseilleurs/consultants, rétribués par leurs clients. C’est plus confortable. Dans notre milieu, je les appelle les « parasites » des vignerons.
    J’ai passé, tu le sais, deux décades de ma vie dans un monde où les ventes (dont je ne m’occupais heureusement pas directement, cela aurait été une catastrophe pour les actionnaires) dépendent en premier lieu de l’image qu’on a su projeter, principalement au travers de « meneurs d’opinion », un peu la même chose qu’un influenceur. Ce qui fait la différence entre un bon résultat et un échec, c’est la multiplication, la reproduction, le cumul des messages. En un mot, le budget (s’il est bien utilisé). Je suis persuadé que le métier dont tu continues courageussment à te réclamer et qui disparaît, tu as raison, sera remplacé par une organisation mathématisée, modellisée, algorythmisée du réseau de blogueurs. On « s’appropriera » des centaines de commentateurs, payés pour cela et jugés sur des critères de contact, de rebond … Je n’ai rien inventé, c’est déjà comme cela pour bon nombre d’autres branches de la consommation, (matériel photo, hi-fi, électro-ménager, parapharmacie, fooding …).
    Revenons un peu sur un sujet désuet, éculé, dont un maranne exilé à Amsterdam s’est fait le chantre, jadis. Oui, vous avez deviné de quoi on parle. Je trouve immoral de se faire payer pour donner son opinion, aussi experte soit-elle, afin qu’on la répande pour promouvoir telle ou telle occupation, tel ou tel article. Un collègue installé dans le Roussillon m’a qualifié publiquement de « vrai con » parce que je ne me suis pas joint aux pleureuses à la mort de M. Coffe. Je lui reprochais essentiellement d’avoir été le héraut de Leader Price. En Belgique, ce sont les restaurateurs, journalistes, sommeliers devenus clairons de la GD qui me battent froid. Ecouter David Russsel est un vrai bonheur, mais je coupe le son quand il commence à faire la pub pour son luthier du moment.
    Ecrire à propos du vin est agréable (enfin, à mes yeux). Le faire bien n’est pas facile et mérite des éloges lorsque c’est le cas. Pourquoi faut-il que cela soit un gagne-pain? Idem pour les musiciens qui se plaignent de ne pas pouvoir vivre de leur musique, des comédiens qui ne touchent pas suffisamment de cachetons etc. Qu’ils choisissent un AUTRE métier, en parallèle, une vraie profession rétribuée.
    Un urologue belge de renom, qui présida même aux destinées de l’union professionnelle de sa spécialité, est un EXCELLENT batteur de jazz, qui fut sideman de musiciens célèbres, à l’occasion. Mais il tire sa subsistance de ses compétences en zizilogie, pas en musicologie ou en harmonies. Ne me fais pas dévier, à l’inverse, sur certains musicologues qui seraient aussi experts en … zizi, qui auraient le chibre comme …. violon d’Ingres, si je peux me permettre cette formule. Ce serait de très mauvais goût.
    Merci pour ton article, qui fait réfléchir.

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  6. Bravo Hervé, tu a visé juste et bien.
    Je constate, en lisant la liste des « TOP 20 Influencers », qu’il y a au moins deux producteurs de vins dans la liste : Veuve Clicquot et Randall Grahm. Peut-être il y en a d’autres que j’ignore. Comment alors accorder le moindre crédibilité à une telle liste ? Demain il y aura Donald Trump peut-être, grâce a ses « alternative facts » sur les vins.

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  7. David, cette liste est crédible comme peut l’être Monsieur Macron comme homme du nouveau. Il y a un Italien, bon, il vaut mieux que je n’en parle pas….

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  8. Alors je le ferai, Franco; il s’agit d’ANDREA GORI, qui se présente ainsi: « ANDREA GORI, SOMMELIER INFORMATICO
    Sommelier, oste, giornalista (per Business People), scrittore, organizzatore di eventi God Save the Wine e blogger, tra le venti figure al mondo più influenti sul web per quanto riguarda il vino. Laureato Biologo, scopre molto prima la tecnologia e l’informatica e solo da “grande” il vino, quando entra a lavorare nella trattoria di famiglia. Coniugare le due passioni diventa naturale e nasce il “sommelier informatico” ovvero la comunicazione del vino ai tempo di oggi usando e sperimentando ogni nuovo mezzo di diffusione ».

    Je ne le connais pas, mais cela me gêne qu’il se présente à la fois comme sommelier et journaliste, qui sont deux métiers respectables, mais différents, et qui ne sont pas astreints aux mêmes contraintes.Je déteste le mélange des genres.

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    • Hervé, sois gentil et publie la liste des sommeliers, rien que chez les francophones, qui tiennent à la fois une chronique, ou un blog, ou un site de vente, ou font du consulting, ou organisent des concours …. Tu vas t’en faire, des amis. Il y en a même qui sont vignerons (et bons vignerons). On me répond: il faut bien vivre et je ne le conteste pas. Ce que je conteste, par contre, c’est que la qualité de sommelier (ou sa formation) soient FORCEMENT un gage de compétence dans les autres disciplines. Parfois, par hasard, cela coexiste, mais ce n’est pas automatique. Connaître très bien une cave et la cuisine d’un chef, pour conseiller les clients à table, c’est une chose. Gagner des concours d’éruditon vinique en est une autre. Parler des langues pour pouvoir interviewer les vignerons, nombreux, qui ne manient pas l’anglais en est encore une autre. Savoir écrire autre chose que du charabia en est encore une différente (et souvent défaillante). J’arrête là.
      A propos, j’aimerais beaucoup t’offriri un costume de fine étoffe, taillé à Paris, par amitié. Comme cela, tu pourrais aller faire des reportages dans l’Alto Adige. Tu serais sur ton Trentin!

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      • Juste pour l’exemple: je ne crois pas que notre ami commun Eric Boschman, sommelier de formation (n’est-ce pas, Gérard?) et qui a pourtant une très bonne plume, se présente comme journaliste. Il a bien d’autres cordes à son arc que l’écriture et que la sommellerie, d’ailleurs – il donne même des spectacles, et c’est très bien.
        Je m’en voudrais que quiconque, à me lire, croie que j’estime que le journalisme est un métier supérieur aux autres. Ce n’est pas le cas. Tous les métiers du vin sont respectables si on les exerce de manière honnête. Ce que je veux dire, c’est que mon métier m’oblige (c’est en tout cas ce que j’ai appris à l’IPJ) à l’indépendance, à la recherche de la vérité, etc… Or les autres métiers du vin ne l’exigent pas. Cela ne veut pas dire que ceux qui les exercent sont moins compétents (il y a même des exemples contraires), et cela ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas écrire, et bien – même dans les magazines de vin. Cela veut juste dire qu’ils doivent se présenter pour ce qu’ils sont. Et le cas échéant, déclarer ce qui les lie par ailleurs. Un sommelier qui joue les égéries d’un discounteur pour une foire aux vins, contre espèces sonnantes, n’est pas le mieux placé pour venir ensuite parler des vins vendus chez ce même discounter, par exemple.
        Et ça veut dire aussi que nous autres journalistes du vin, si l’on veut qu’on nous respecte, devons respecter notre déontologie.

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    • Mon cher ami, l’honnêteté intellectuelle m’impose, en considérant que ce Monsieur se présente comme « sommelier et journaliste », de vous faire connaître, à toi et tes lecteurs, mes rapports avec lui. Il faut donc lire ça
      http://www.lucianopignataro.it/a/andrea-gori-denuncia-pugno-in-faccia-da-franco-ziliani/95304/
      ça
      http://www.vinoway.com/approfondimenti/attualita-wine-a-food/fatti/item/4778-franco-ziliani-ammetto-di-aver-sbagliato.html
      et enfin ça
      http://www.lemillebolleblog.it/2015/10/12/giornata-champagne-2015-le-mie-pubbliche-scuse-ad-andrea-gori/

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  9. Bravo Hervé, de mon côté je vise la transcription et le partage d’émotion si un consommateur déguste le même jus. Je sais que certains cavistes, sommeliers, oenophiles lisent les articles de bloggeur, de presse ou autres et organisent une partie de leurs voyages en terre viticole. Il y découvrent parfois d’autres cuvées que celles mises en avant. En discussion avec plusieurs, même après avoir reconnu la lecture, ils ont toujours clamé et affirmé que c’était leur découverte. Si des groupes, des interprofessions veulent des publi reportages, ils savent à qui s’adresser. Quel que soit notre rôle, ne gâchons notre plaisir de partager nos émotions.

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  10. Lu sur Les Echos du Vin: « Internet a libéré la parole sur le vin » explique Ophélie Neiman, plus connue sous son nom de blogueuse Miss Glou Glou. « Autrefois, on avait les gourous du vin dans les médias traditionnels, les guides » explique-t-elle. « Avec Internet, c’est tout l’inverse, une génération de blogueurs a émergé, sur les forums les gens proposent des vins moins connus. Aujourd’hui on inscrit le vin dans la culture, comme le cinéma, la littérature. »
    Internet mène à tout, cependant: Ophélie Neiman est maintenant journaliste au Monde.
    Moi, c’est un peu l’inverse; j’étais et je reste journaliste, mais je suis aussi devenu blogueur.

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  11. Balayons devant notre porte de journalistes. Quand on lit le genre d’articles ci-après, même pas signés (qu’est-ce que la « Rédaction lifestyle »?), dans deux journaux à fort tirage, « on » se demande où est le journalisme, la recherche de vérité, voire la recherche tout court:
    http://www.dhnet.be/lifestyle/food/au-resto-c-est-mieux-de-choisir-la-bouteille-de-vin-la-moins-chere-58c9216fcd705cd98df4d933
    http://www.lalibre.be/lifestyle/food/au-resto-c-est-mieux-de-choisir-la-bouteille-de-vin-la-moins-chere-58c91faacd705cd98df4c082
    La grande misère de la presse ne justifie pas tout. Mieux vaut encore ne rien publier que de publier anonymement des resucées de sites de business américains, sans aucune mise en perspective.

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  12. Le poids de blogueurs ou blogueuses (quel vilain mot quand-même !), « lifestyle » ou pas, reste à évaluer. En tout cas certains responsables de la communication, producteurs, syndicats ou même pays entiers, semblent être étrangement convaincu de leur importance. Je faisais récemment partie d’un voyage des professionnels de vins en Australie et, au dîner très chic organisé autour du lancement de leurs derniers millésimes, il y a avait à mes côtés une blogueuse « lifestyle » à qui on avait payé non seulement le billet depuis New York, mais aussi donné une rémunération (j’en ignore le montant) !. Elle était certes jeune et jolie et court vétu, mais je ne l’ai plus vu dans les visites du vignoble ou dégustations qui entouraient ce dîner. Comme disait un regretté comique, « tu te demandes »…

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  13. Une photo, David, pour qu’on puisse se faire une idée?

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    • Au secours, je ne sais plus où j’en suis? Ancienne sommelière, puis acheteuse et maintenant blogueuse!!! Je ne sais pas si je suis crédible, mais personne ne m’ayant encore jamais rien offert, ni voyages ni costumes, peut-être quelques échantillons et encore pas nombreux, je commence à me poser des questions. Enfin, une chose est sûre, je n’ai jamais été journaliste.
      Merci une fois de plus pour ton papier Hervé qui soulève beaucoup de commentaires.

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  14. Le sempiternel débat entre Journalistes Versus influenceurs. J’adore !
    Je suis d’accords avec toi sur un point. Vous ne faites pas tout à fait le même métier. L’un est payé par un employeur pour respecter une ligne éditoriale, l’autre par des marques pour parler d’elles.
    Merci Emmanuel pour ton intervention que je trouve très juste. A un moment donné l’influenceur doit bien trouver un « business model » s’il veut vivre de sa passion. Est-ce que cela veut dire qu’il va parler en bien des marques qui lui demandent de tester leurs produits ? Non, loin de là. Heureusement d’ailleurs sinon ils perdraient leurs communautés qui les nourries. La neutralité n’est pas l’apanage des journalistes. Je me suis d’ailleurs désabonné de certains magazines « vin » à cause de ça.
    Si un journaliste était toujours neutre, est-ce qu’un article publié dans Libération ne le serait-il pas dans Le Figaro ? On sait bien que non et le passionné s’efforcera de croiser les infos. C’est pour combler en partie ces problèmes et gagner en neutralité que les systèmes d’avis se sont d’ailleurs créés !
    J’en viens donc à Vivino. Rappelons-le, l’application permet de lire les avis d’une communauté sur un vin. Mais pas uniquement ! Je m’en sers surtout pour stocker MES AVIS et ne pas me faire avoir deux fois. Ou encore pour retrouver un vin que j’ai aimé.
    Et c’est surtout là où je ne suis pas d’accord dans ton article ! Le nombre fait très souvent la force.
    Si une ou deux personnes mettent des conneries, ou un avis à côté de la plaque… oui ça arrive souvent… mais si 1500 ou 2000 personnes émettent un avis positif ou négatif, cela revient-il à dire que tout le monde se trompe ? Que tout le monde à des gouts de M…. ? Perso je ne pense pas.
    Les articles et classements dont tu parles poussés par Vivino sont deux choses différentes. Il y aura forcément une logique commerciale derrière les emails qu’ils envoient. En revanche les fonctions premières de l’outil restent d’avoir un avis neutre sur un vin après l’avoir scanné. A partir d’un certain nombre d’avis, l’appli est à mon sens une bonne indication pour le néophyte ou même l’amateur. Surtout parmi les centaines de vins proposés parfois dans les grandes surfaces. Heureusement nos chers cavistes sont là pour conseiller ceux qui ne connaissent pas l’application ;0)
    D’ailleurs on parle de vivino mais je pense la même chose pour un Tripadvisor dans le voyage. « La taille de l’échantillon et du nombre d’avis est la clef ». Même si ce sont des néophytes.
    D’ailleurs pour parler vin, c’est aussi pour cette raison que de nombreux prix se voient dorénavant décernés par des jurés composés de particuliers. C’est parce que c’est un bon indicateur du « gout du moment » du grand public.
    Bref tu t’en douteras, je suis plus Digital et génération internet. Cela ne m’empêche pas d’aimer certains journalistes. D’ailleurs ne va pas dénigrer la portée de tes articles. Je peux clairement te dire que j’ai commandé plusieurs fois des bouteilles après avoir lu tes articles. Bon ok j’ai souvent abandonné car impossible de les acheter par Internet mais pour ceux que j’ai pu retrouver, beaucoup ont terminées dans mon gosier ;0)
    A+
    Julien

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  15. Pingback: Perché Carrera e Cronache di gusto raccontano balle? | Blog di Vino al Vino

  16. Merci pour le post!
    Bravo.

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  17. Bonjour Hervé, merci pour cet article intéressant qui pose en effet toutes les bonnes questions. Le monde change, les lignes bougent sous l’influence de la sphère digitale, c’est vrai dans le vin comme dans d’autres industries, et peu, voire personne, ne sait quelles seront les nouvelles positions dans quelques années. Il est intéressant donc de se pencher sur des nouveaux phénomènes comme tu l’as fait ici.
    Comme tu l’as souligné, ma démarche est transparente. Effectivement, je demande parfois un soutien financier extrêmement modeste à l’industrie pour pouvoir travailler et vivre de mon travail. Mais c’est me semble-t-il ce que font quasiment toutes les publications, avec pour tout le monde des questions sur d’éventuels conflits d’intérêts. A chacun de prouver son professionnalisme et sa ‘neutralité’. Je travaille aussi pour aider certaines marques qui ont à cœur de s’impliquer et de mieux comprendre les changements qu’engendre le nouveau monde digital.
    Ces activités me permettent effectivement de produire et partager du contenu, de la connaissance, et mon enthousiasme passionné pour le monde du vin sur Social Vignerons et mes réseaux sociaux.
    Donc non, je ne suis pas journaliste, mais blogueur et consultant, et ça n’est pas le même métier. A aucun moment n’ai-je prétendu être journaliste. Mais cela veut-il dire que ce que j’écris est moins intéressant ?
    Ma foi, ce n’est pas à moi d’en juger. J’ai tendance à penser, parce que j’ai étudié le vin pendant plus de 5 ans à un bon niveau, et parce que je travaille dans le vin depuis près de 15 ans, que j’ai des choses intéressantes à partager. C’est aussi le feedback que je reçois. Quand je parle d’un vin espagnol, j’ai tendance à penser que je peux donner une opinion valable, parce que j’ai travaillé dans ce pays pendant plus de deux ans. Quand je goute un vin Néo-Zélandais également, car j’ai passé plus de six ans là-bas. Les crus classés de Bordeaux ne me sont pas inconnus puisque j’ai travaillé dans un Premier du Médoc. Et l’on pourrait parler de l’Italie, de l’Australie, de la Californie, du Languedoc-Roussillon et de quelques autres. Ce que l’on apprend rapidement en œnologie c’est l’humilité, parce que le vin est fragile, sujet aux éléments naturels incontrôlables, et surtout subjectif. Chacun a son opinion, et toutes sont respectables. En tout cas c’est ma conviction et mon approche.
    Pour ce qui est de la liste des ‘influenceurs sur les réseaux sociaux’, comme le souligne mon article, il s’agit d’une mesure ‘non parfaite’ du niveau d’intéraction de l’audience sur les réseaux sociaux avec le contenu publié. Force est de constater que certains investissent la sphère digitale plus que d’autres, avec plus ou moins de succès. Cela dit, beaucoup de personnalité du monde du vin ont une influence sur des supports qui ne sont pas mesurés ici, c’est indéniable. Il faut lire cette liste pour ce qu’elle est.
    Quand à mon article sur Vivino à propos des vins français populaires sur la plateforme. Si je lis correctement, la critique principale est que je me borne à énumérer le classement par popularité, et que je devrais « créer des catégories » pour séparer des vins qui ne jouent pas dans la même classe. Or c’est précisément, exactement, la totalité de mon article, qui subdivise les vins en catégories : Bordeaux, Champagne, petits prix, etc. La preuve même dans l’infographie que tu as publiée qui reprend les vins populaires et abordables, dans lequel ne figure pas Mouton-Rothschild, Cheval Blanc ou autre mais bien des vins simples et abordables, mais appréciés par les consommateurs dans le monde entier. J’apprécie toujours l’échange et la critique constructive. Je l’écris sans animosité aucune, mais le point de vue ici ne me semble pas objectif sur cet article.
    Un grand merci à Julien Malique pour ses commentaires pertinents ci-dessus, dont je partage beaucoup de points.
    Merci en tout cas de ces perspectives intéressantes Hervé, et d’avoir posé les bonnes questions. C’est le travail que l’on attend effectivement d’un bon journaliste, et c’est ici un très bon exemple 😊 Merci aussi de me donner l’occasion d’y apporter mes éléments de réponse.
    Julien

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