Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Où en est le Mourvèdre en Roussillon?

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Le Mourvèdre est un cépage typique des bords de la Méditerranée. On dit que pour exprimer toutes ses qualités, il doit regarder la mer et être à l’abri du vent. Ça ne se vérifie pas à Jumilla, où sans voir la côte, il donne pourtant de très jolis vins !

Cépage historique de la Catalogne, le Mourvèdre ou « Mataro » serait originaire de la côte catalane. Son nom lui viendrait d’ailleurs des villes de Mataro, près de Barcelone ou de Murviedro dans la province de Valencia. Il avait presque disparu du paysage viticole français après l’invasion phylloxérique, accusé de plusieurs maux et non des moindres : irrégularité, dégénérescence, manque de production… il a été délaissé lors de la reconstitution du vignoble pour sa production capricieuse et ses faibles rendements.

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Après la crise des Vins Doux Naturels, le Roussillon s’est tourné vers la production de vins secs et « d’aucuns » ont pensé que ce vignoble avait besoin de cépages dits « améliorateurs » : ils ont alors fortement recommandé la plantation de syrah et de mourvèdre. Ce dernier a été considéré comme très intéressant pour les vins d’assemblage dans une optique d’apport de structure, afin qu’il apporte au  vin puissance et charpente . Il était amené à être le partenaire idéal du grenache et du carignan, peu reconnus dans ces années-là.

En complément des 3 cépages rouges phares du Roussillon, le Mourvèdre a été planté sur un peu plus de 5% du vignoble. Il devait être ajouté dans les assemblages par petites touches pour renforcer la structure et la complexité aromatique (notes de poivre, de truffe et de fruits noirs) .On le recherchait:

-pour la finesse de ses arômes ; fruits murs (raisins, cerises) et fruits rouges, notes épicées, sous-bois et violette, peu de notes florales, fruits secs, grillé, tabac…plutôt torréfaction.

-pour ses qualités de bouche , tant au niveau de l’intensité et de la persistance aromatique, qu’au niveau de la qualité des tannins, veloutés et au grain très fin, devaient compenser la rusticité et le coté oxydatif des grenaches de l’époque.

Assemblé avec le Grenache, le Mourvèdre était censé compenser la tendance à l’oxydation de ce dernier. On a l’a donc tout naturellement introduit dans les encépagements des appellations.

  • Les Collioure ont le Mourvèdre à titre de cépage principal depuis leur passage en A.O.C en 1971,
  • Il a été rendu obligatoire avec la Syrah à concurrence de 10% en 1985 dans les Côtes du Roussillon et Côtes du Roussillon Villages.
  • C’est un cépage très accessoire (pour moins de 10% de l’encépagement, ou en complantation) pour les appellations Banyuls,Banyuls Grand Cru; et, comme cépage complémentaire, dans les Roussillon et les  Maury.

Pourquoi je vous parle du Mourvèdre aujourd’hui ? Tout simplement, parce que, récemment j’ai eu l’occasion de gouter 4 cuvées particulièrement réussies qui m’ont donné envie de regarder ce qu’il se faisait à partir de ce cépage à l’heure actuelle dans le Roussillon. Son encépagement est d’environ 500 ha., sous réserve, apparemment ça n’est donc pas un cépage qui a rencontré auprès des vignerons le succès escompté par les techniciens.

J’ai parlé avec plusieurs vignerons dont Jean Gardiès, Benoit Danjou et Serge baux : ils m’ont tous expliqué à peu près la même chose : en plein renouveau dans le Roussillon, ce cépage a souffert pendant longtemps d’une mauvaise réputation due à des implantations sur de mauvais porte-greffes, il y a avec le mourvèdre un vrai problème de matériel variétal, les clones ont été mal sélectionnés au départ, ils sont trop productifs, et la taille des grappes est bien trop grosse, certaines peuvent atteindre jusqu’à 800gr. Des sélections clonales ont permis d’élever sa production de 25-30 hl/ha jusqu’à 50-70 hl/ha mais il perd alors beaucoup de son caractère et sa qualité baisse rapidement.  En outre, elles donnent des jus denses mais avec un coté rêche. Avec les années, ça se calme, mais il faut beaucoup de temps. En plaine, à rendement élevé et sur des terroirs inadaptés, il perd toutes ses qualités et devient au mieux quelconque.

C’est un cépage qui aime les terroirs calcaires, et pour qu’il commence à bien s’exprimer, il faut que les vignes aient au moins 25 ans. La proportion des pépins est très développée, donc ça amène des tannins. En conséquence les résultats n’ont pas été ceux escomptés, et donc il n’a pas bénéficié de l’amour du vignoble et pourtant selon Jean Gardiès, c’est un cépage de vigneron.

C’est aussi un cépage réducteur, pour faire une cuvée non sulfitée.

La première cuvée que j’ai goutée est celle du domaine Gardiès, une exploitation familiale qui se trouve au cœur du terroir d’Espira de l’Agly, adossé aux contreforts des Corbières dans les Pyrénées et bénéficiant du climat Méditerranéen. Les 30 hectares de vignes sont en conversion biologique. Jean et son fils travaillent avec conviction, le mourvèdre depuis longtemps :

– Je cherche le ciel 2014 – Côtes du Roussillon Villages

En plus, je l’ai gouté chez lui dans la vigne, sous un ciel bleu magnifique, c’était presque magique. Quel joli nom pour un vin qui nous embarque dans les nuages. Jean m’a expliqué qu’il l’avait trouvé justement au milieu de ces vignes, alors qu’un matin de grisailles, il cherchait à percer le ciel pour voir si le temps allait se lever : « je cherche le ciel » dit-il à son fils », qui aussitôt lui répondait : » ce sera le nom de la cuvée. J’ai découvert en pleine nature, à cet endroit même ce vin qui m’a séduite d’emblée : il embaume les fruits rouges mûrs avec ses arômes de cerises noires et de prunes, il répand quelques senteurs florales, et quelques touches d’herbes fraiches. Je l’ai senti tout entière imprégné de la vigne qui l’a vu naitre. J’ai gouté une chair diserte croquante, et juteuse, aux tannins veloutés et, d’une belle intensité aromatique Un vin gouleyant, enjoué, équilibré au charme redoutable !Voilà un mourvèdre que l’on n’attend pas, presque atypique, à boire dans les 3 ans.. Ah, j’allais oublier de mentionner tellement on ne s’en aperçoit pas que c’est un vin sans soufre !

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PVP :22€

La deuxième cuvée toujours de chez Gardiès est dans un tout autre esprit, plus classique avec ses 18 mois d’élevage, dont les rendements ne dépassent pas 25hl/ha :

La Torre 2013

Un vin complexe, élégant et bien équilibré !

Un nez très expressif révèle de généreuses nuances de fruits noirs murs(cassis), relevées de notes épicées et toastées. Avec de délicieuses sensations la bouche révèle une texture dense, soyeuse, sur des saveurs de fruits noirs, des notes fraîches balsamiques, accompagnées par des tanins murs et juteux. Le tout est parfaitement équilibré par une belle fraîcheur minérale et relevé par une élégante touche épicée. Ce vin est une réussite, la preuve que le mourvèdre bien conduit peut donner dans le Roussillon un vin racé.

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PVP :34€

Peu de temps après, Au Vins de mes Amis, j’ai eu l’occasion de gouter chez les frères Danjou Banessy, la cuvée Roboul 2014, côtes du Roussillon Villages.

Le domaine est situé tout près de d’Espira de l’Agly à quelques kilomètres de Perpignan et possède une mosaïque de terroirs exceptionnels dont les Terres Noires qui sont des débris de schistes noirs déposés en couches plus ou moins profondes sur du calcaire.

C’est une cuvée d’assemblage mourvèdre/grenache, dans laquelle le mourvèdre est dominant. Les vignes sont assez jeunes entre 10 et 30 ans, plantées dans le lieu-dit « Roboul » dans la continuité du Crest avec un sols argilo-calcaires constitué de galets roulés et d’argile et les rendements ne dépassent pas les 25hl/ha là aussi.
Travail parcellaire en phases lunaires, sélection des bourgeons lors du travail en vert.

Levures indigènes. Elevage en fûts de 12 à 14 mois selon l’année.
Mise en bouteille par gravité. Vin non levuré, non acidifié, non chaptalisé, non collé, non filtré. Possibilité de dépôt naturel en bouteille.

Un rouge méditerranéen à l’état pur surprenant et captivant. L’association du mourvèdre/grenache lui confère une puissance agréable et une personnalité typée : une dominante fruitée intense petits fruits rouges (framboise, fraise), sur des notes florales : une gourmandise charnue et juteuse aux parfums épicés. Une belle fraicheur porte l’ensemble, une grosse surprise que ce rouge qui malgré sa vigueur passe en douceur. Il est totalement charmeur, fin et élégant, donnant une grâce incroyable au cépage Mourvèdre. A déguster dans sa jeunesse.

 

PVP :14 euros

MATARO BOY 2015

Cette cuvée nous vient du Mas Baux, à quelques pas de la mer entre Perpignan et Canet-en-Roussillon, le domaine s’étend sur 20 hectares, dont 12 hectares de vignes, bordées de garrigues, le tout cultivé en BIO. Sa parcelle de mourvèdre fait 3ha, une sélection massale qui lui donne des petites grappes et beaucoup de travail à la vigne.

En cuve inox jusqu’à la mise en bouteille le 21 janvier 2016

Serge Baux a deux passions, le rugby et la vigne, sans compter un grand faible pour le mourvèdre : c’est son cépage préféré !

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Vous comprenez mieux maintenant le pourquoi de l’étiquette : c’est lui qui est en photo, il a voulu traduire toute la force, la virilité et l’élégance du vin ; pour lui, le rugby et le mourvèdre ne font qu’un, c’est une jolie histoire. Oui, je sais certains assimileront ce sport à la brutalité, pas moi, j’ai baigné dedans petite avec mon père et je comprends ce que ressens Serge, et je trouve que son vin l’exprime très bien. C’est un 100% mourvèdre, encore très jeune, il faut l’être pour jouer au rugby, un fruité éclatant émane du verre, il s’en échappe de beaux arômes de fruits de fruits noirs, avec une pincée de poivre blanc. Un très léger co2 en attaque, il a certes la carrure d’un rugbyman, mais l’étonnement vient de sa chair lisse et coulante, malgré sa vigueur, il glisse en douceur, c’est un vin rond, équilibré, les tanins sont très fins et murs. Il a marqué un essai transformé ! Voilà un rouge bio, élégant, digeste qui renferme les atouts majeurs d’une très pure expression méditerranéenne d’une totale fraicheur.

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Pour un prix plus que raisonnable, avec des rendements de 25hl/ha.

Production : environ 5000 bouteilles

PVP :14 euros

Je sais qu’il y a d’autres cuvées de mourvèdre, notamment le Clos du Moulin du domaine du Mas blanc qui était une vraie réussite il y a des années en arrière et que je n’ai pas eu le temps de gouter pour ce papier, ainsi que Domaine de l’Edre – Carrément Mourvèdre 2015 – Côtes Catalanes je les garde pour un autre papier, avec des cuvées catalanes du Sud.

Un constat quand même, par rapport à Bandol, les mourvèdres du Roussillon sont très fruités-

 

Hasta pronto,

Marie-Louise Banyols

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Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

9 réflexions sur “Où en est le Mourvèdre en Roussillon?

  1. Beaucoup de généralités qui, comme toutes les généralités, souffrent plein d’exceptions. De 1987 à 2001-2002, j’ai passé la plus grande partie de mon « temps libre » sur l’appellation Bandol. C’est l’équipe du Galantin (Achille et Jérôme Pascal) qui m’a appris à tailler, et puis Agnès Henry (Tour du Bon) qui a accepté que je continue à « m’entraîner » sur sa propriété. Je pense que le prix du vignoble (jusqu’à 150.000 € l’hectare à certains endroits) a été le facteur qui m’a empêché de m’y établir. On ne peut me soupçonner de ne pas aimer ce cultivar et j’ai rencontré par deux fois l’emblématique et mythique Lucien Peyraud avant qu’il ne rejoigne les dieux des ceps.
    En Roussillon, le mourvèdre est capable des mêmes prodiges. Et ceux que vous citez, MLB, le prouvent. En même temps, ils sortent là des mains de vignerons attentifs et intuitifs, soucieux d’élaborer le meilleur. Jean Gardiés (avec un accent aigu!) combine la double casquette: gentleman et winemaker, c’est un gentleman-winemaker. Je répète depuis que je l’ai goûtée que sa Torre est le meilleur vin du département, si cette affirmation veut dire quelque chose.
    Mais … si le mourvèdre supporte bien la chaleur (mieux que la syrah, moins bien que le carignan), il a besoin d’humidité. Et c’est là que certaines zones du département ne lui conviennent pas.
    Enfin, pour être précis, le décret de nos appellations na jamais imposé du mourvèdre. Il est exact que, jusqu’en 2009, il fallait autre chose que grenache et carignan dans l’encépagement et cet autre chose, à hauteur de 25 % pour les CDR-V, pouvait être soit du mourvèdre, soit de la syrah, soit un mélange des deux.
    J’avais moi-même récupéré une petite parcelle de mourvèdre (fermage gratuit) à l’abandon depuis 3 ans, et pas mal travaillé dessus, sur la route de Paziols, à Tautavel (limite Estagel), près de la petite centrale EDF. C’est un bon secteur, d’ordinaire. Mais, elle a été grêlée entièrement une première fois, et n’a reçu aucune eau l’année suivante … Je comprends pourquoi on l’avait délaissée et j’ai dû faire de même. De nombreuses heures de pelle, de cisaille et de binette (houe) pour rien!
    Du temps d’André Parcé (le « docteur »), j’étais toujours le bienvenue au Mas Blanc alors que tout nous séparait. Depuis que Jean-Michel a repris les rênes, la qualité de l’accueil n’a pas changé, mais je n’ai plus de temps pour l’oenotourisme … et lui non plus. A cette époque, la cuvée-phare avec une certaine quantité de mourvèdre s’appelait « Cosprons-Levant » et ce vin, très fauve (réducteur effectivement) me plaisait énormément. Je crois que c’est le 1982 qui avait été fabuleux. Après l’individualisation du Clos du Moulin, c’est cette cuvée qui est devenue « madame mourvèdre » au domaine. J’ai un souvenir somptueux du 1993, si je ne me trompe pas.

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    • Vous avez raison, des généralités car j’ai manqué de temps pour approfondir le sujet, je voulais d’ailleurs vous appeler pour en parler avec vous, mais là encore, j’ai été prise de cours. Mon propos en fait átait de parler des vins que j’avais gouté dernièrement et qui étaient à majorité de mourvèdre. J’ai aimé ces vins et voilà. On trouve peu de littérature sur le mourvèdre en Roussillon, Pierre Torrès à lépoque en parlait beaucoup, il y avait eu quelques études de faites en 1991, mais je ne sias pas ce qu’il en est aujourd’hui.

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      • C’est fort aimable. Je ne me pose nullement en autorité sur le sujet. Pierre Torrès a fait tant d’observations utiles pour notre département. On ne lui en a pas toujours su gré. Je ne connais pas le Mas Baux, sinon pour sa bonne réputation. Pour tous les autres vins cités, mon avis rejoint le vôtre.
        Je monte couper encore quelques derniers sarments de syrah (en cordon) au-dessus d’Estagel cet aprem, car un petit début de bourgeon apparaît par-ci par-là et il ne faut plus trop attendre. Entretemps, je vous offre une anecdote. Vous savez que j’en raffole.
        Un voyage de presse offert à In Vino Veritas (le canard d’Hervé) par le CIVR m’a vu débarquer à Vingrau et rencontrer la douce Christine Gardiés pour la première fois. Son mari devait me recevoir mais était coincé à … Brive-la-Gaillarde après avoir été acheter une voiture d’occasion dans le nord de la France. J’étais un peu grognon car je n’aime pas les RV manqués. Quelques mois plus tard, Jean était de passage à BXL et c’est moi qui l’ai hébergé. Nous sommes devenus amis en quelques heures. Comme j’étais chroniqueur, il a réussi à me faire accepter un pot de vin: un carton de sa magnifique Torre, déjà! Pour certains, il faut passer chez Arnys mais je ne suis pas encarté chez les gaullistes, moi. Quand j’ai songé à m’établir ici, trois personnes m’ont été d’un grand secours par leurs conseils et leur aide: Jean Gardiés, justement, Pierre Piquemal (et ses beaux schistes d’Espira) et Jean-Hubert Verdaguer (+ Brigitte), le pape du Rivesaltes ambré/rancio/sec de grande qualité. Putain, déjà 15 ans ou presque!
        PS: lors du même voyage, j’ai découvert un dessert fait de Roquefort, de crême fraîche, de cerneaux de noix, le tout posé sur du pain d’épices et arrosé de vieux Rivesaltes. C’est le pâtissier de messieurs Banyols et Plouzennec qui l’avait confectionné. On m’a dit qu’il vous arrivait de … tremper votre index dans l’appareil au moment de présenter les assiettes! Triste état de cette belle villa à présent.

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  2. Le fait que le Monastrell et le Mourvèdre/Mataro soient un seul et même cépage est assez discuté; ici même, notre ami Marc l’avait mis en doute, notant que le Monastrell et le Mourvèdre avait des caractères très différents à la vigne comme au chai. Certains auteurs pensent que le Monastrell serait en fait le père du Mourvèdre, ou que le Mourvèdre aurait muté. On évoque aussi une relation avec le Moristrel d’Aragon. Notre confrère québécois François Chartier évoque la question dans cet article de La Presse:
    http://www.lapresse.ca/vivre/200809/19/01-667565-monastrell-espagnol-c-mourvedre-provencal.php

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  3. Ne s’agit-il pas de controverses d’un autre âge? Quand on dispose d’un profil génétique – ce qui coûte assez cher mais ne pose plus d’autre problème – on peut aisément montrer le « pourcentage de similitude, d’homologie ». Il existe des critères, variables pour chaque spécialité du vivant, au-delà desquels on peut affirmer l’appartenance au même genre, à la même espèce, voire à la même « race » (= cultivar). L’ampélographie de papa, par ailleurs fort sympathique, qui était essentiellement descriptive, morphologique, a vécu. Quant au « goût » des choses, tant de facteurs l’influencent.
    Ce qui est certain, MLB a raison, c’est que de délicieux mourvèdres, ou assemblages de mourvèdre, existent fans les P.O. J’avais tendance à croire que les zones maritimes (en AOC Collioure) d’un côté, et les zones plus « argileuses » (= caricature) ou en tout cas plus imperméables du côté de Tautavel, Vingrau ou Opoul lui convenaient mieux. Je ne connais pas bien la géologie de la zone de Canet, en dehors des jolies parcelles de galets roulés de mes amis Sisqueille mais il y là conjonction entre les embruns (vent marin) et sols un peu plus humides parfois. Quant à Espira, avec ses célèbres schistes tout « calcinés » et métamorphiques, si propices à des grenaches de grande expression, c’est étonnant comme ils nourrissent le mourvèdre.
    Hervé, la soixantaine qui m’a rattrapé et le péril salafiste que tu vilipendes si vigoureusement se sont donnés le mot pour rapprocher mon point final. Et plus je vieillis, moins j’ai de certitudes absolues. Oh, ne crois pas que je devienne agnostique. Sur ce point, je te rassure: pas d’au-delà, pas de création, pas besoin de surnaturel. Vivre le « organic farming » mais non aux ésotérismes agricoles.

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  4. Dans Wine Grapes (comme chez Galet), on écrit que le Monastrell et le Mourvèdre sont deux noms pour le même cépage. Mais différent du Graciano, alias Moristell ou Morrastel, avec lequel des auteurs l’avaient un temps confondu sur la foi d’analyses ADN apparemment mal ciblées.

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  5. Hervé, comme tu le sais, on reconnaît des « portions d’ADN » capables de s’hybridizer avec des « sondes » (« probes »). C’est le choix et la disponibilité de ces sondes qui fait la justesse de l’analyse. On ne peut pas « séquencer » un ADN comme cela, out of the blue. Certaines sondes sont générales, et d’autres plus discriminantes. Si les sondes ne « ciblent » pas la fraction du chromosome (ou de tout autre forme de matériel génétique, dans les virus p.e.) qui diffère entre les échantillons analysés, on ne reconnaît évidemment que la partie commune, et on déduit qu’il s’agit de la même espèce, sous-espèce, cultivar etc…

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  6. Tu es gentil, mais j’ai fait sciences (très) faibles, et je n’ai pas ta connaissance des sondes. Mais merci quand même.

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  7. Merci Marie-Louise, pour ce beau voyage…C’est un cépage que je suis avec attention dans la vallée du Rhône méridionale, où il a été souvent implanté sans trop d’examen préalable des conditions de milieu (sol et sous-sol, abri, orientation, vent…). Ce qui donne des produits très variables d’un secteur à un autre. Les meilleures situations livrent des vins magnifiques, très aromatiques, dont les tannins sont très fins. Très rarement embouteillés seuls ; presque toujours en assemblage avec du Grenache, moins avec de la Syrah (le ménage est moins heureux). Il a un bel avenir dans cette région, de même que la Counoise, beaucoup plus rare, hélas…

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