Trois vins et une autre bête noire

On va faire court aujourd’hui. C’est la période des vacances après tout !

Dans ma liste de choses qui m’énervent un peu (ou beaucoup), et dont les sens des mes remarques certains lecteurs n’ont pas tout compris (voilà ce qui ne change pas), j’aurais du ajouter les bouchons en liège massif. Mais qu’est-ce qu’on attend pour interdire cette escroquerie organisée, qui vole les gens en les privant des plaisirs dûs et, souvent, chèrement payés ?

Mais cette semaine j’ai décidé de choisir un peu au hasard trois flacons de ma petite cave dans ce beau pays gascon ou il fait une température très raisonnable ce dimanche. Il y a un rosé et deux rouges. Tous viennent du sud, mais aucun du sud-ouest : c’est un peu la loi du hasard, mais pas entièrement. Il s’agit d’échantillons offerts par les producteurs ou leurs attachés de presse, mais le choix de ces trois-là est un peu le fruit du hasard.

Les trois grâces de cette chronique, prises un peu au hasard

1). Vin rosé

AOC Bellet, Château de Bellet, Baron G, 2016

(Prix 27 euros)

Petite appellation près de Nice et un des très rares domaines qui porte le nom de son appellation sans être en situation de monopole, comme Château Margaux. Il porte aussi le label bio européen et sa couleur est assez profonde, ce qui constitue un plus pour moi. Son prix me semble élevé, mais cela doit être la rareté (bouteille numérotée et petitesse de l’appellation). Nez très frais et friand, qui me fait penser à des fraises et framboises mêlés, avec un zeste d’écorce d’agrumes, mais je ne connais rien aux nez des vins. Ce soupçon d’amertume se traduit aussi en palais avec un vin qui est structuré, très légèrement tannique et parfaitement sec. Aucune impression d’alcool, ni de sucre qui traine, comme dans tant de rosés du sud. Ce côté ferme et savoureux le destine clairement à la table et même avec des mets relativement puissants. Un très bon rosé.

Les plus : sa couleur soutenue, sa structure, son équilibre, son caractère

Les moins : son prix, un bouchon liège

 

2). Vin rouge

AOC Côtes du Roussillon, Mas Janiel 2016 (François Lurton)

(prix : 16 euros)

L’étiquette porte la mention « sans soufre », ce qui devrait plaire aux inconditionnels du genre. Celui-ci est propre, c’est à dire qu’il sent le fruit et non pas l’écurie. Robe violacé, nez assez fruité plus un accent entre bois et épices. C’est bon et parfaitement défini, mais ni exubérant ni exceptionnel comme certains prétendent être un résultat inéluctable d’une vinification sans soufre. Charnu par son fruité, mais aussi encore ferme par la jeunesse de ses tanins, ce qui est logique vu le millésime. Avec un plat légèrement salé cela s’arrange bien (n’est-ce pas Marco ?).

Les plus : la qualité globale, bon fruit simple et directe

Les moins : le prix (vu l’absence de complexité), bouchon liège

 

3). Vin rouge

Coule Majou, La Loute 2012, cépage Carignan, Vin de France

(prix, sous réserve : autour de 25 euros)

J’avais des réticences à parler d’un vin d’un ami (Luc Charlier), mais pourquoi pratiquer le ghetto des ses amis vignerons? Je suis largement capable de dire que je déteste ce vin si je le pensais.

Bouchon en verre, donc déjà un très bon point. Robe encore très jeune pour un vin qui targue les 5 ans. Nez intense, davantage que le vin précédent qui est pourtant plus jeune et de la même région, mais pas du même cépage probablement. Cele évoque les baies sauvages, le sous-bois, l’iris et la réglisse. Magnifique texture en bouche, alliée à une très belle fraîcheur. Aussi long que gourmand, avec une très belle finale en parfaite équilibre. Un excellent vin avec de la finesse et une sacré présence, qui fait mentir plein de médisances sur le carignan en particulier et les vins du sud en générale. Je vais tacher de connaître son prix pour en acheter mais je crains qu’il n’y en ait plus! Nous avons fini la bouteille avec un chili con carne pas trop épicé, et cela allait très bien.

Les plus : l’intensité des arômes et saveurs, la fraîcheur, l’originalité, le bouchon en verre

Les moins : r.a.s.

David

(la vieille 998 avait perdu ses flancs de carénage ce jour-là mais elle marchait bien)

12 réflexions sur “Trois vins et une autre bête noire

  1. David, il reste environ 180 bt de ce carignan (vigne datant de 1922 pour la majeure partie, non désherbée et sans engrais ==> petit rendement). Le prix public est de 35 € départ cave mais très peu de particuliers en ont acheté. Je pratique un « prix préférentiel » scandaleuseement favorable pour mes amis , m

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  2. Désolé, je suis en froid avec votre logiciel, qui publie TRES intempestivement la majorité de mes interventions. On continue: … pour mes amis, ma famille et des clients de longue date, souvent flamands! Sinon, le restaurant La Barbacane (Hôtel de la Cité à Carcassonne) et la Commanderie d’Eybens (à Grenoble) sont les deux réserves de ce vin, grâce à leurs sommeliers respectifs: Baptiste Ross-Bonneau et Guy de Beaumont.
    Je précise qu’on pense généralement que La Loute (2011 et 2012 tout spécialement) est le meilleur vin de mon domaine. Pourtant – ou justement pour cette raison – je ne fais RIEN pour l’élaborer, sinon garder la cave propre. Je taille cette vigne les jours défendus par Steiner, J’évite soigneusement les levures indigènes, j’égrappe totalement, je foule au pied dans une cuve inox, je ne colle pas (même pas au blanc d’oeuf fermier pourri chez le producteur), je soutire à peine 3 fois, je ne filtre pas du tout et je mets en bouteille sans attendre, dès que la FML est finie. Je sulfite (3-4 gr/hl) dès l’arrivée du raisin au chai et puis … plus du tout. Ce n’est pa

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  3. Troisième tentative: je pense qu’on me sabote chez Worpress. Ce n’est pas un vin sorti de mes mains, c’est réellement ce formidable carignan qui fait tout. En 2014: 100 % de mildiou (une seule fois en 13 ans d’exploitation) car je ne fais pas de prévention (veux pas de cuivre à la vigne) et donc pas de récolte. En 2015, seulement 200 kg de raisin et donc pas de cuvée. En 2016: pas de raisin du tout, sans doute à cause de la sécheresse (pas de maladie apparente et floraison pourtant « normale », pas de signe de sanglier dévastateur). Ou alors des envieux m’ont piraté.
    Si l’auteur de ce billet du lundi arrête d’encenser Macron – comme c’est un garçon intelligent il finira par voir qu’on l’

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  4. David, je ne me suis pas encore penché sur les réactions sel et tanins, acide et tanins et pendant que j’y serai, j’ajouterai peut-être sucre et tanins et amertume et tanin. Mais ce sera de la dégustation de labo, les mets sont en général complexes, même les plus simples et le mélange des saveurs peut parfois tromper les impressions gustatives. Mais ce sera un bon test. Marco

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    1. Je ferai d’abord labo pour limiter les paramètres et puis, je mettrai en pratique avec un plat industriel qui est à la fois salé, sucré et acide + l’amertume due aux conservants. Marco

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  5. Luc, non lo sapevo per la Vespa, ce qui est nom un peu curieux… je parle de Faro Basso, c’est pour éclairer en-dessous des jupes… et le Ciao, c’est pour après.
    Saluti Marco

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