Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

L’actualité du vin : les dernières nouvelles qui m’ont fait réagir (volet 2) !

2 Commentaires

Suite de ma revue de presse…

Le Reserva Real 2011 de la Familia Torres reconnu par James Suckling comme le meilleur vin du Penedès, dans son reportage “La fascinante fraîcheur de l’Espagne ”  (97 points)

Vin icône de la Maison, il avait déjà été retenu comme meilleur vin de cépages bordelais, dans le Decanter World Wine Awards 2016, obtenant ainsi pour la deusième année consécutive, la plus haute récompense, Platinum Best in show, dans les « Best Red Bordeaux Varietals » de plus de 15 £ avec un excellent score de 96 points en battant les autres assemblages du monde entier.

200_torres_producto_reservareal_large_1

Sept autres vins de la Famille Torres obtiennent plus de 90 points dans cette large dégustation de 1200 vins.

  • Mas La Plana 2012 (DO Penedès) et Grans Muralles 2010 (DO Conca de Barberà) avec 95 points;
  • Perpetual 2014 (DOQ Priorat) y Purgatori 2013 (DO Costers del Segre) avec 94 points,
  • Salmos 2014 (DOQ Priorat) avec 93 points,
  • Les vins Altos Ibéricos Reserva 2012 (Rioja) et Celeste Crianza 2014, (Ribera del Duero), obtiennent respectivement 94 et 92 points.

Christian Millau, critique gastronomique et co-auteur du célèbre guide Gault et Millau, est décédé samedi dernier à 88 ans

Il avait révolutionné la critique culinaire, et, avec Henri Gau, ils ont réussi à concurrencer le Michelin. Ils ont lancé le courant de la nouvelle cuisine, plus légère, et mis en avant de nombreux chefs, comme Michel Guérard et Joel Robuchon entre autres. Grâce à eux, les chefs ont été mis à l’honneur, leurs commentaires personnels étaient autant recherchés que redoutés.

On prenait du plaisir à les lire et ils nous faisaient saliver. Je me souviens de notre première parution dans le Guide, c’était la première année d’ouverture pour la table du Relais Saint-Jean, nous avions récolté un petit 14 avec quelques égratignures. Nous avons évidemment été très déçus, mais nous nous sommes dits que nous allions tout faire pour au moins décrocher un 15 l’année suivante, car nous trouvions leurs critiques assez justifiées. Et, nous avons obtenu le fameux 15 recherché un an plus tard. Et ainsi de suite, les clients qui venaient avec le Gault et Millau n’avaient pas le même profil que ceux du Michelin, n’avaient pas les mêmes exigences non plus. Bref, entre les partisans de l’un et l’autre guide, on ne risquait pas de s’endormir. Nous étions passionnés par notre métier; de toute façon, il ne peut en être autrement, sinon on ne peut l’exercer.

Un vrai style, une vraie connaissance de la cuisine, nous lui devons beaucoup.

images

Benjamin Rothschild et Vega Sicilia inaugurent leur bodega en Rioja alavesa pour y élaborer un “vin de légende”

Le Roi Juan Carlos a présidé  l’inauguration officielle de la bodega, située sur un terrain de 45.000 mètres carrés à Samaniego (Álava), où un maximum de 350.000 bouteilles de Macán et Macán Clásico seront produites.

DCbkO1nU0AE0hYj

J’aurais l’occasion de vous en reparler.

macan-bouteille-vinfiche

La baisse prévue de la production de vin français (-17%) sera-t-elle une opportunité pour les vins espagnols ?

C’est une question que se pose la Presse espagnole ! Le malheur des uns fait le bonheur des autres, vieux comme le monde ! Encore plus de violences en perspective ? Ce qui rejoint cette autre information :

Tensions autour du vin : les ministres de l’Agriculture français et espagnol se rencontrent.

Nous en avons largement débattu autour des articles d’Hervé, et tout  a été dit, mais le fait nouveau, c’est qu’un comité mixte présidé par les 2 ministres de l’Agriculture français et espagnol s’est réuni le mardi 15 juillet à Paris, pour tenter de trouver une solution. Depuis des mois que les actions de protestation violente se multiplient dans l’Aude, l’Hérault, le Gard et les Pyrénées-Orientales, ils se décident enfin à se pencher sur la question. Qui est responsable de cet état de fait ? Pas le vigneron espagnol, évidemment; pourtant, je peux comprendre cette colère, à l’encontre des vins espagnols : si l’on s’en tient aux faits : irrigation, utilisation des produits phytosanitaires interdits chez nous, salaires à 7€de l’heure charges comprises, permettent aux vignerons espagnols de mettre sur le marché des vins 35% à 50% moins chers que les nôtres, entre 20 et 30cts le litre. Si on ajoute à cela les emballages trompeurs de la GD qui laissent croire à des vins français, (voir l’article d’Hervé) les étiquettes affichent des marques françaises et « Vins de la Communauté Européenne » rien d’illégal à cela, mais, les vignerons français ont peu de chance de remporter des marchés. Mais, la faute à qui ? Aux acheteurs des grandes surfaces qui ne recherchent pas la qualité, le prix étant le seul argument qu’ils connaissent? Aux vignerons qui n’ont pas su s’adapter à ce marché de vrac bon marché recherché par la GD ? Les importations des vins Espagnols ont augmenté de 40% en deux ans, selon les statistiques du dernier FranceAgriMer Janvier. Entre 2015-2016, la France a importé 5,56 millions d’hectolitres de vin espagnol contre 5,17 millions d’hectolitres entre 2014-2015 et 3,98 millions entre 2013-2014.

Face à ces violences, l’Espagne a exprimé sa « forte condamnation » parce qu’elle estime « inacceptable » que leurs produits ne puissent pas circuler librement, le secrétaire général de l’agriculture, M. Cabanas, a commenté l’attitude du gouvernement français, jugée passive, et lui a demandé de condamner les attaques, « de les prendre au sérieux , d’enquêter et de reconnaître que le problème n’est pas dans le vin espagnol ». Les critiques face aux réactions des forces de l’ordre ne manquent pas: « la police française devrait regarder comment travaille l’espagnole, parce que en regardant les images des attaques on peut voir «les gendarmes très détendus »…

Evidemment, le protectionnisme n’est pas la solution, il faut tirer tout le monde vers le haut, pas de nivellement vers le bas, facile à dire, il faut harmoniser les règlementations européennes, combien de temps cela va-t-il prendre ? Il faut exiger plus de transparence au niveau des étiquettes, que le consommateur sache ce qu’il achète et ce qu’il va boire. Responsabiliser ces mêmes acheteurs, serait-ce un doux rêve que de leur demander de ne plus fréquenter les grandes Surfaces ? Chaque jour, on peut lire les nouvelles arnaques auxquelles se livrent ces enseignes ! La solution pour beaucoup serait de produire plus qualitatif et de vendre au juste prix, encore un doux rêve.

La prochaine réunion plénière du Comité aura lieu avant juin 2018, à Madrid. L’objectif du nouveau comité sera de « partager des données économiques, d’améliorer la connaissance du marché et la rémunération des producteurs », selon le représentant français. D’ici-là, que va-t-il se passer, de nombreux vignerons continueront de galérer et d’autres  mettront la clef sous la porte ? Non, ça n’est pas la faute des Espagnols, ni des Roumains, ni des Marocains, si les vignerons du Sud de la France sont désespérés…

Bonnes vacances quand même,

Hasta Pronto,

Marie-Louise Banyols

Badalona_0

La Plage de Badalona

 

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

2 réflexions sur “L’actualité du vin : les dernières nouvelles qui m’ont fait réagir (volet 2) !

  1. L’irrigation en Espagne a fait l’objet de très importants investissements qui ont contribué à établir la richesse de régions qui étaient relativement pauvres. A partir de 1968, j’ai commencé à travailler en Espagne, dans le Levant (Alicante – Elche – Orihuela – Mar Menor – Murcia) sur un sujet qui n’a rien à voir avec le vin : les salines littorales de Santa Pola et autres systèmes évaporitiques proches. Un de mes collègues et ami participait à la réalisation du canal allant du Tage à la Segura. J’ai donc pu suivre ces travaux gigantesques et voir, en quelques années, se transformer le paysage : des collines sèches, modelées en banquettes pour accueillir des plantations d’agrumes, des milliers d’hectares de serres s’étaler à un point tel que, vues d’avion, avant d’atterrir à Alicante, il semblait qu’un lac venait de se former. Pesticides à outrance…bien entendu. Comme vous l’avez souligné, que ce soit le vin, les légumes ou les fruits, l’Espagne nous bat à plate couture : prix de revient très bas, produits phytosanitaires toujours autorisés. Comment peut-on lutter ? Impossible dans un tel contexte. Première mesure, toutefois : tous les produits sur lesquels des traces de pesticides non autorisés sont découvertes repartent d’où ils viennent ; cela calmerait déjà beaucoup d’exportateurs. Quoique : des agriculteurs français du Sud vont en Espagne acheter des produits interdits en France !! C’est un trafic bien connu, mais peu dénoncé ni suivi. La morale et le droit sont bafoués…
    Bonne fin d’été, car nous n’avons pas fini de faire de doux rêves…

    J'aime

  2. Eh, oui, vous avez raison de le rappeler, j’auaris du le mentionner, les agriculteurs du Sud vont en effet en espagne, acheter des produits interdits en France. Bonne fin d’été pour vous aussi! MLB

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s