Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

100 ans après

4 Commentaires

On a parfois du mal à comprendre l’acharnement des anti-alcools contre le vin, boisson alcoolisée, certes, mais dont la consommation ne fait que baisser ces 30 dernières années, et qui est de moins en moins la cause des phénomènes d’addition alcoolique que les hygiénistes prétendent combattre.

C’est qu’il faut remettre la chose en perspective : il y a 100 ans, le premier octobre 1917, en pleine guerre, donc, entrait en vigueur une nouvelle loi visant, non seulement à réprimer l’ivresse publique, mais également à contrôler les débits de boissons, qui se voient interdire de faire crédit et de vendre de l’alcool aux femmes.

Or, à l’époque, la principale boisson consommée dans les bistrots, c’est bel et bien le vin – l’absinthe est interdite depuis 1915, et les grandes vedettes des alcools d’aujourd’hui (whisky, vodka, rhum…) sont peu connues des masses populaires. C’est donc bien d’abord avec du vin qu’on s’enivre, en 1917, qu’on soit en ville, à la campagne ou au front. Responsable de l’Alarme, une association qui lutte contre l’alcoolisme, M. Finot ne finasse pas quand il déclare que le vin empoisonne le pays et que son interdiction serait une solution tout à fait admirable.

100 ans ont passé, mais dans l’esprit des abstinents, le vin est toujours la cible à abattre. Vous avez dit « rétrogrades » ?

Hervé Lalau

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

4 réflexions sur “100 ans après

  1. C’est avec la bière le produit le plus répandu et le plus accessible pour une poignée d’euros. Les abstinents ne vont pas plus loin…et persistent à supposer que le bon peuple possède la capacité de s’enivrer grâce à la facilité avec laquelle on peut s’en procurer. Cela n’est donc pas prêt de changer…

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  2. Non Hervé, c’était bien de l’alcool distillé qu’on accusait de poison. On cherchait à l’interdire pour ses effets dévastateurs et le vin était considéré comme « la boisson alcoolisée la plus hygiéniste » disait Pasteur. Il y a eu des campagnes de communication dans les écoles montrant les ravages de l’alcool industriel et les bienfaits du vin. Rappelons aussi qu’au début du XX° siècle les morts par alcoolisme étaient les plus nombreux dans les régions non productrices de vin, comme la Bretagne ou l’Auvergne.

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  3. Pas tout à fait d’accord avec toi, Nadine. Les archives montrent que l’armée distribuait 2 litres de vin par soldat et par jour en 1917 – et aussi de la gnôle, il est vrai. Mais le vin (naturel ou frelaté) était la boisson n°1 à l’époque, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Et dans un sens, tant mieux, car en ce qui me concerne, ce n’est pas le vin aliment ou le vin carburant que je défends, ni le vin d’ivresse, mais le vin plaisir, le vin de qualité.

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  4. Petit complément d’info: les soldats anglais et américains ont apporté avec eux en France d’autres habitudes et d’autres types d’alcool, notamment le whisky, le bourbon et les cocktails, qui se développent en France après 1917 et surtout après la guerre…

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