Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Marco bio

12 Commentaires

Quelques lecteurs nous l’ont demandé, je suis le dernier, je crois, à me « mettre à poil », comme l’ont fait mes chers condisciples des 5. Pour le coup, bio veut dire biographie et non  biologique, quoique la biologie nous relie tous.

Un petit bonhomme

 

Il était une fois un petit bonhomme, né à Bruxelles (le con qui m’ajoute ‘une fois’ je le frappe, c’est mon côté violent) et qui déjà à l’âge de 5 ans déménagea pour la proche banlieue en territoire flamand; mais j’allais à l’école à Bruxelles, plus précisément à Anderlecht qui fait bien partie de l’agglomération bruxelloise.

Cursus sans trop de problème, une année de math préparatoire pour entrer en école d’ingénieur industriel, je voulais être ingénieur brasseur; la bière, ça m’a toujours plu. Mais j’ai bifurqué vers ‘prof’ de sciences, trop de math, ça lasse. Me voilà à la fin de mes études, un diplôme de prof de physique, chimie, bio (encore) et géographie en poche (aujourd’hui le choix des matières n’est plus le même). De la chimie, il m’est resté l’appréciation assez juste des pH dans le vin; de la bio, la biochimie de la vigne; de la physique, la force physique qu’il faut pour arpenter les parcelles surtout quand elles penchent et qu’elles sont en altitude; enfin, de la géographie, un intérêt pour la géologie et le grand bonheur d’en parler assez régulièrement en live avec Georges Truc.

Marc, le prof

J’ai exercé peu de temps, surtout fait des remplacements, ce qui n’est guère plaisant. Il m’en est resté, quand j’écris un article, l’envie d’expliquer les choses d’une façon didactique et d’avoir une ligne conductrice du début à la fin.

Marc, le fritkot

Le peu de place pour les agrégés de sciences à l’époque, fin des année 70 et début des années 80 m’ont fait quitter l’enseignement… pour le commerce des frites. J’ai en effet repris une friterie avec un pote, un fritkot place de la Vaillance, à Anderlecht. J’y suis resté sans doute trop longtemps, mais je vous rassure, je ne sens plus la frite.

C’était aussi le temps où la BD m’attirait, j’en ai fait lecture ardue et grande collection.

Le même un peu plus grand

J’aimais aussi faire du ski, comme en témoigne cette photo prise à Crans Montana, dans le Valais à la fin des années 70 – j’ai bien changé!

Le vin

On n’entre pas dans le vin comme ça, il faut passer par une sorte de séminaire, ce que j’ai fait. J’allais tous les vendredis soirs à un cours d’initiation à la conduite de la vigne, sa biologie, la vinification; le cours se terminait par une dégustation, c’est là que j’ai assimilé beaucoup de choses, complétées par des lectures et aussi appris à déguster, à prendre conscience de mes capacités olfactives (j’en ai un peu perdu en cours de route, c’est l’usure de l’âge). Et c’est aussi là qu’une vieille envie est réapparue, faire quelque chose dans le vin. J’y ai même eu Luc Charlier comme prof, faut dire…

Quand j’étais petit, un feuilleton passait de temps en temps sur la RTF (avant l’ORTF qui précéda les chaînes actuelles), ce feuilleton parlait de cuisine au vin, faite par chaque fois par un chef différent et dans une région différente; avec un secret, quel vin était employé ? Un inspecteur se chargeait de l’enquête et la fin de l’épisode révélait le vin choisi. C’est comme ça que j’ai eu mon premier coup de cœur pour un vin que j’allais découvrir bien plus tard, le Vin Jaune.

Mais que faire dans le vin après mes cours, mes rencontres régulières avec d’excellents amateurs chez un caviste de renom, mes lectures ? J’ai pris différents contacts, envisagé d’en faire commerce, mais c’est la dégustation qui m’attirait le plus. Les différents contacts m’ont tous dit : «faites journaliste». La seule chose que je ne voulais pas faire, la trouille, le manque de confiance en moi et mon écriture – pas folichonnes, mes tournures.

En attendant, j’avais intégré le jury de dégustation de la revue In Vino Veritas. Après une année de jury, le rédac Chef, Philippe Stuyck me proposa d’écrire pour le magazine. J’ai franchi le pas; aidé pour l’écriture par mon épouse, j’ai pondu mon premier article en 1997. La rubrique s’appelait et s’appelle toujours « Le Corbeau et le Pinard » et traitait des accords d’un fromage et de 4 vins, mais raconté comme une histoire à chaque fois différente.

Une série d’épopées fromagères, un challenge à chaque fois. Puis, début de l’année suivante, mon premier reportage, le Vin Jaune. Là je recollais avec mon fantasme d’enfance, j’allais dans le Jura, j’y dégustais du Vin jaune. Le Rhône a suivi dans les périples journalistiques, puis petit à petit d’autres régions de France, surtout la façade est, du Beaujolais à la Corse, mais aussi le Roussillon, le Languedoc et moins souvent l’Ouest. Et puis, d’autres pays, d’autres contrées selon les années.

Aujourd’hui, j’écris toujours pour IVV (où j’ai rencontré notre ami Hervé), mais j’ai également une rubrique fromage et vins dans la revue Terre de Vins, quelques articles paraissent dans un magazine médical et il y a les 5, une belle rencontre.

Toujours le même un peu plus gris

Quand j’y réfléchis, le vin me tient à cœur depuis ma tendre enfance, quand je voyais à la télévision (en noir et blanc) un vigneron qui faisait déguster son vin à la barrique à un journaliste ou un sommelier, je me disais ‘ouah’, ça doit être génial de pouvoir faire ça. Aujourd’hui, je le fais et de régulièrement je repense à mon enfance et me dis que j’ai de la chance. J’espère faire ce métier encore longtemps.

À côté

Mais la vie ne se limite pas au vin, même s’il y tient une grande place; et puis, je suis Belge, je bois de la bière, de la bonne, pas de l’édulcorée. La musique, qu’elle soit classique ou rock me plaît, j’en écoute un paquet. Je vais, quand je peux, au concert. Quant à mes goûts musicaux, ils ont évolué, le baroque, l’opéra, les Russes comme Rachmaninov, ou plus actuel, le Balte Arvo Pärt, mais je n’ai pas de préférence absolue, tout dépend du moment, de la compagnie, de l’atmosphère, …

Pour la ‘variété’, les années 70 ont été fabuleuses, je suis plus Beatles que Rolling Stones, plus Pink Floyd que Status Quo, tout en aimant Brel, Brassens, Ferré, mais aussi, plus légers, les Fugain, Delpech, Dutronc, Sardou… Ne me demandez pas de choisir.

Et puis, pour parler d’autre chose, j’adore la science-fiction, en BD, films, en bouquin, j’en lis depuis l’adolescence. Rassurez-vous, j’ai lu aussi de la ‘littérature’, ma bibliothèque en témoigne. Et si la fin de mon adolescence m’a vu lire Sartre, le début de mon âge adulte a préféré Jean Giono, pour lequel je garde une grande admiration; pour son écriture à la fois simple (dans le sens d’évidente) et poétique, réaliste et onirique, quelle inspiration…

Que dire de plus ? Merci de nous lire, nous les 5!

J’aime la truffe aussi

Et puis, écrire, ça donne soif, après un moment. Il est temps de se boire une petite mousse ou un bon blanc en préparant le souper (en Belgique, on dîne à midi et on soupe le soir). Alors santé ! comme dirait Jim.

 

Ciao

 

Marco

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

12 réflexions sur “Marco bio

  1. Joli parcours. J’ajouterai que tu as traîné tes guêtres en Suisse, en Autriche, au Chili et en Argentine – je le sais, j’y étais! Et puis en Croatie. Dans l’Etat de Washington, au Maroc, en Espagne, au Portugal et en Italie (dont tu parles l’idiome). Que tu es sans doute le plus grand expert des vins de Macédoine pas grecque (c) de tout le Brabant wallon. Et puis, accessoirement, que sous tes airs d’ours, tu es un très bon pote.

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  2. Beau parcours.Tu n’as pas changé.Toujours aussi prolixe et curieux C’est vrai que le nez faiblit avec l’âge mais je suis certain que tu as de très beaux restes. Bravo. Un ancien de chez Jean Moutarde…

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  3. Super ! Mais j’aimerais bien savoir ce qui te lie à l’Italie ? Pourquoi aussi tu aimes tant les vins de la Botte ? Dans ce résumé de ta vie tu ne dis rien de tout cela…

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  4. Et surtout une très jolie présentation de ton histoire résumée : directe et sans fioritures, typiquement honnête.

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  5. Quel exercice!
    Je te reconnais bien Marco, honnête et sincère.
    Avec toi, comme pour les vins.

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  6. Eh bien, on en apprend des choses, un bien joli parcours, et une belle façon de le présenter. Rien de ce que j’ai lu, ne métonne, et je ne sens pas ton nez faiblir, moi qui ai dégusté avec toi lundi dernier!

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  7. Pardon, j’ai oublier de signer, MLB

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  8. Je ne peux que répéter tout ce qui a été écrit : honnêteté, probité, absence de fioritures, un très joli parcours . Tu déclares que ton olfaction a faibli…Je ne connais personne qui possède une aussi vaste mémoire sensorielle et qui soit capable de décrire les vins comme tu sais si bien le faire, avec autant de finesse et de poésie. Quel bonheur d’être ton ami !

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  9. Merci pour vos commentaires, ça me fait chaud au cœur, je vous embrasse.
    Marco

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  10. Je ne savais pas que tu as exercé à la Dapperheidsplein, Marc. Mon frère était « en kot » à la rue des Bassins (Cureghem) de 1978 à 1982, par là. Et moi j’allais promener mon cocker au Parc Astrid. Chier sur le RSCA m’a toujours attiré. Enfin, le Chinois de la place de la Résistance, cette fois, nous accueillait souvent. Beaucoup de glutamate mais bon.

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    • Tonnerre, zut alors, ai a nouveau fait une fausse manoeuvre, alors que c’est la fin qui compte: la voici. Nous nous sommes donc côtoyés souvent, sans le savoir, à cette période-là. Il me semblait bien que les frites donnaient à la Maison d’Erasme un côté particulier, éthéré, comme un parfum de fougère qui déploie ses feuilles au lever du jour, comme une pluie de juin qui transporte du fenugrec, comme un pistil (gynécée si tu préfères) d’iris qui hésite encore à devenir safran, ou comme un safran de 470 dont la voile claque au vent qui se sait pas s’il est gouvernail ou dérive …. Clin d’oeil amical, Marc.

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  11. Relisant nos commentaires à tous, pour autant que mes cornées défaillantes le permettent – car si ma lame criblée à moi est OK, mes yeux, eux, souffrent de la maladie de Fuchs – je remarque qu’Hervé tient Marc pour un ours. Il veut sans doute dire que sa matière grise lit!

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